" Quand y aura-t-il des observateurs qui nous rendront compte de ce que font nos hirondelles au Sénégal et nos cailles en Barbarie ? "
- Comte de Buffon, 1737
" Mal nommer les choses, c'est ajouter au malheur du monde "
- Albert Camus

dimanche 7 janvier 2018

4-7, Ornithondar et Senegal Wildlife: 3 jours dans la moyenne vallée - l'essentiel du carnet...

Piste de Richard-Toll par la rive orientale du lac de Guiers
2018 01 4, 15h09 / © Photo smartphone Frédéric Bacuez

* Du bas-delta à la moyenne vallée du fleuve Sénégal-
Ndiambour / Lac de Guiers / Kooya, entre Diéri et Walo, de Richard-Toll à Podor via Dagana / La Doué à Gamadji Saré / Réserve spéciale d'avifaune du Ndiaël / Station d'épuration et lagons du Gandiolais-

Du jeudi 4 au dimanche 7 janvier 2018-
En véhicule type RAV et à pied.
Avec Bram Piot pour Senegal Wildlife; et Filip Verroens (Natuurpunt/Belgique)


Ci-contre: Bram, Filip et Fred sont sur la Doué...
Gamadji Saré 2018 01 5, 16h30 / © Photo smartphone Frédéric Bacuez


Lire et voir, en parallèle: 
Northern Specials (Part I), par Bram Piot pour Senegal Wildlife, 2018 01 21
Northern Specials (Part II), par Bram Piot pour Senegal Wildlife, 2018 01 28
Et sur Ornithondar, étape après étape:
Lac de Guiers rive est: faucons lanier et de Barbarie, érémomèles à dos vert et à croupion jaune, 2018 01 4
Carrière de sable et aérodrome de Richard-Toll, Fort de Dagana: ornithologie tout terrain !, 2018 01 5
Kooya: prinias à front écailleux (diéri), traquets de Seebohm et du Groenland (walo), 2018 01 5
La Doué: 2 pluvians fluviatiles, 2 guêpiers à gorge rouge, 8 cratéropes fauves et plus..., 2018 01 6
Par le Walo, de Ndioum à la grande mare de Ndiayène via Podor, 2018 01 6
Un œil sur les dorures du Ndiaël: pipits rousselines et locustelle tachetée, un aigle botté de la forme sombre, 2018 01 6
A la station d'épuration de Saint-Louis, on voit aussi des oiseaux - y compris des 'secretives' !, 2018 01 7

Jour 1-
Ndiambour: Louga et Keur Momar Sarr-

Dans le triangle des vautours (Kébémer-Mpal-Keur Momar Sarr), on s'est donné rendez-vous à Louga. Bram et Filip remontant par la jolie petite route de Mboro-Lompoul; moi descendant à leur rencontre par Rao et le Ndiambour. Cette idée de convergence a commencé sous les meilleurs auspices. Pour Senegal Wildlife, à la montée, au moins un vautour fauve et une paire de palmistes africains (gypohierax angolensis) survolant les Niayes nordiques de la Grande Côte; et à la descente, un aigle botté. Pour Ornithondar, dans la traversée des dunes du Ndiambour, probablement un (1) vautour fauve (gyps f. fulvus), assurément un (1vautour charognard (necrosyrtes monachus) et neuf (9) vautours africains (gyps africanus) - quelques Rüppell dans la pompe ?
Mais c'est dans la ville même de Louga que le spectacle a été garanti: plus d'une vingtaine (~20) de vautours africains (gyps africanus) au-dessus du quartier que nous traversions pour rejoindre la route de Keur Momar Sarr. Puis trois, et encore deux et quatre vautours indéterminés dans les brumes lointaines. Aux alentours de la forêt (virtuellement) classée de Mpal-Merinaguene, à la verticale du véhicule, au moins seize nécrophages tournoient: deux (2vautours charognards (necrosyrtes monachus), deux (2vautours de Rüppell (gyps rueppellii), onze (11) vautours africains (gyps africanus), et un (1) vautour fauve (gyps fulvus), le dernier à s'éloigner dans un lourd battement d'ailes. Aucun oricou (torgos tracheliotus) malheureusement. Sur l'étroite route bitumée, toujours aussi minée de fondrières, les belles moinelettes à front blanc (eremopterix nigriceps) font leur première apparition; elles ne nous quitteront plus.

Lac de Guiers, rive orientale-

Près de Keur Momar Sarr, un bon spot, en l'occurrence une mare, est totalement à sec. Arrêt sur la digue qui traverse le sud du lac, pour assister à la parade des quatre (4) pygargues vocifères (haliaeetus vocifer) locaux - une paire 'vociférante' est perchée sur un pylône haute tension dont les pieds bétonnés trempent dans le lac de Guiers. Avec Bram, on est toujours invité à écouter: ces rousserolles, effarvattes (acrocephalus scirpaceus) ou africaines (acrocephalus baeticatus) de la très locale race guiersi ? A l'orient de l'immense retenue d'eau, nous traversons une région année après année toujours plus déboisée et conquise par l'agriculture. Quelques rapaces subsistent, surtout ceux qui ne s'y reproduisent pas et se contentent de venir passer l'hiver dans notre Sahel: là-bas un (1aigle botté (hieraeetus pennatus), tout de même deux (2élanions blancs (elanus caeruleus), et, surtout, un (1faucon lanier (falco biarmicus ssp. erlangeri), perché, et un (1faucon de Barbarie (falco pelegrinoides), en vol. Du coté des passereaux, deux attractions se feront remarquer durant tout le périple: la pie-grièche (méridionale) du désert (lanius -meridionalis/elegans- elegans) et le traquet du Groenland (oenanthe oenanthe ssp. leucorhoa), l'une des deux races du traquet motteux particulièrement recherchées des ornithos dans la vallée du fleuve Sénégal - et nous les verrons toutes les deux (leucorhoa et seebohmi) en sus du classique et abondant motteux nominal (oenanthe oenanthe oenanthe).
Deux arrêts à l'orient du lac de Guiers, le premier pour un mouvement de petits oiseaux qui me sont familiers, le second pour un frugal casse-croûte: belle perspicacité collective ! C'est d'abord un groupe de sept (7érémomèles à croupion jaune dites du Tchad (eremomela icteropygialis ssp. alexanderi) au milieu duquel deux (2rémiz du Soudan (anthoscopus punctifrons) pendouillent en tout sens comme à leur habitude - une première pour Bram (et Phil'), hé oui, ça peut arriver ! Le plus petit de nos oiseaux est l'une des rares espèces emblématiques du biome sahélien, avec le pic gris (que nous verrons aussi, demain) et quelques autres, que tout ornito' tient à trouver sous nos latitudes - ça, c'est donc fait. Puis, dans un vénérable bosquet d'acacias, une fauvette orphée (sylvia hortensis) et, surtout, des érémomèles à croupion jaune en minorité au sein d'un groupe de huit (~8érémomèles à dos vert (eremomela pusilla), normalement peu fréquentes dans notre Sahel. Absolument pas communs à l'ouest du lac de Guiers et dans le bas-delta, notre premier vol d'astrilds cendrés (estrilda troglodytes) en annonce d'autres dans la moyenne vallée. Enfin un premier boulis en eau, puis un second: confirmation officielle de ce que je pensais, par Bram: c'est une année à chevaliers stagnatiles (tringa stagnatilis). Ici sur ce point d'eau, trois des onze (11grèbes castagneux (tachybaptus ruficollis ssp. capensis et ruficollis ?) arborent un plumage nuptial très afrotropical.

Autour de l'aérodrome de Richard-Toll-

A l'orée de Richard-Toll, les falaises d'une ancienne carrière de sable ont été colonisées par les guêpiers de Perse (merops persicus) depuis les années 60' du siècle passé (in Morel & Morel, 1990). Il y a là des dizaines de terriers qui doivent en saison de reproduction (juin/août-septembre) attirer des centaines et plus de ces magnifiques vagabonds des confins saharo-sahéliens. Un couple de traquets bruns (myrmecocichla aethiops), rien de surprenant; et, partout au sol, les moinelettes à oreillons blancs (eremopterix leucotis), comme à front blanc (eremopterix nigriceps). 
Fin de journée pédestre près de l'aérodrome de Richard-Toll, un spot bien connu des ornithos de passage, avec ou sans leurs guides Nik Borrow, Carlos and Co. On ne verra pas l'oedicnème criard (burhinus oedicnemusrécemment coché par ici, mais quelque vingt-cinq espèces tout de même dont huit cent dix (810) alouettes calandrelles (calandrella brachydactyla ssp.), une soixantaine (~60) de gangas à ventre brun (pterocles exustus), un (1) faucon de Barbarie (falco pelegrinoides). Le pipit observé n'était qu'un rousseline (anthus campestris); et la passerinette (sylvia/curruca inornata ssp. inornata ou/et iberiae) houspillée par une fauvette orphée (sylvia hortensis) après le coucher de soleil n'était pas, hélas, une fauvette de Moltoni (sylvia/curruca subalpina)...

Ci-dessous:
à g., carrière de sables (17h04) - à d., près de l"aérodrome (18h36)
Richard-Toll 2018 01 4 soir / © Photos par Frédéric Bacuez

Nuit 1 / Jour 2 -
Fort de Dagana-

Point du jour bleu, face à la berge mauritanienne du fleuve Sénégal, depuis la coursive du Fort de Dagana, joliment réhabilité et transformé en hôtel. Et notre première coche de grand-duc de Verreaux (bubo lacteus) pour la Mauritanie, un et sans doute deux entendus à intervalles réguliers jusqu'à l'aube bien avancée. Gilles, le propriétaire du monument nous confiera qu'un gros hibou vient régulièrement percher sur le toit de la bâtisse. Une trentaine d'espèces d'oiseaux pour le petit matin, c'est une engageante promesse pour la journée. De celles-ci, un (1) faucon lanier à moins qu'il ne s'agisse d'un faucon pèlerin (falco pregrinus ssp.) qui surgit depuis la Mauritanie et pique, ailes repliées, depuis très haut, pour un blitzkrieg, que dis-je une razzia sur le menu fretin plumé de la rive sénégalaise... Et à la verticale du fleuve paisible, le tourbillon chasseur de soixante-dix (70) martinets des palmes (cypsiurus parvus).

Gonakeraies, entre Diéri et Walo: Bokhol, piste de Gaya, Ndioum-

Dans la forêt de Bokhol, on se dit combien il devait être agréable de voir et écouter les oiseaux, jadis, quand sécheresses et pression anthropique n'avaient pas encore dilapidé le capital naturel exceptionnel que sont les gonakeraies (à acacia nilotica), ces boisements faisant le lien entre Diéri (hautes terres, dunaires) et Walo (basses terres, limoneuses). Près d'une quarantaine d'espèces dans et sous les vénérables arbres: outre les deux races de la huppe fasciée (upupa epops epops et senegalensis), le drongo brillant (dicrurus adsimilis ssp. divaricatus), l'irrisor moqueur (phoeniculus purpureus ssp. guineensis), le brubru africain (nilaus afer) et le guêpier d'Orient (merops orientalis ssp. viridissimus) - dans la moyenne vallée, ce dernier supplante progressivement le guêpier nain (merops pusillus)-, on saura maintenant qu'on peut aussi y rencontrer l'emblématique pic gris (dendropicos elachus)... D'énormes nids (3 au total) d'ombrette africaine (scopus umbretta), avec comme il se doit nos rebuts humains pour la déco'. Ici comme sur d'autres sites, la surprise de voir nos petits gravelots (charadrius dubius ssp. curonicus) trottiner sur des terres sèches ou ombragées, loin de l'eau - voudraient-ils imiter les pâtres (charadrius pecuarius) africains ? Et quatre sortes de traquets: outre les motteux 'normaux', un (1traquet du Groenland (oenanthe oenanthe ssp. leucorhoa) et un (1) traquet de Seebohm (oenanthe o. seebohmi); plus un (1traquet oreillard (oenanthe hispanica) - rien que ça !

Au bord du fleuve, vers Gaya: dans le ciel, une (1hirondelle de Guinée (hirundo lucida) - on ne compte plus les sites de la vallée désormais fréquentés par une espèce aussi conquérante que... le moineau domestique indien (passer domesticus ssp. indicus); un (1) élanion blanc (elanus caeruleus) et un (1) faucon lanier (falco biarmicus ssp. erlangeri) ou de Barbarie (falco pelegrinoides), trop vite passé au-dessus de nos têtes. Belles envolées d'astrilds cendrés (estrilda troglodytes), et une hystérie collective d'oiseaux autour d'un danger: c'est un chat ganté (felis sivestris lybica) qui s'éclipse à pas feutrés.

Soir 2 -
Forêt de Ndioum [Walo]-
A la tombée de la nuit en attendant le dîner, une mise en bouche sur l'île à Morphil, dans ce qu'il reste de la forêt de Ndioum... Encore des (5) petits gravelots (charadrius dubius ssp. curonicussur les tannes desséchées, les volées de bergeronnettes printanières (motacilla flava ssp.) du soir (comme ce matin à Dagana) qui regagnent leurs dortoirs dans les roselières - certains abris de la région ont pu accueillir jusqu'à 250 000 oiseaux. Ouf, un (1engoulevent à longue queue (caprimulgus climaurus) décolle enfin, il va faire nuit. Les premiers chiroptères (nyctères ou taphiens ?) passent au-dessus de nos têtes en vrombissant.

Ci-dessous:
dans la forêt de Bokhol 2018 01, 8h51 / © Photo smartphone Frédéric Bacuez


Kooya latéritique et Kooya dunaire [Diéri]-

Deux arrêts dans le Diéri [hautes terres] du Kooya: le premier, sur plateau latéritique et buissonnant avec quelques "baobabs-chacals" (adenium obesum) déjà en fin de floraison, ne nous donnera rien d'autre que des moinelettes; le second, dans les dunes à Leptadenia pyrotechnica, fera mouche: très vite dès la première pente sableuse, voilà les premiers et bavards (4+prinias à front écailleux (spiloptila clamans), l'une des espèces saharo-sahéliennes cibles du petit voyage - ça, c'est fait, aussi ! Là où il y a de l'arbuste-à-balais il y a de l'écailleux, je l'avais annoncé. Et un (1) second traquet de Seebohm (oenanthe o. seebohmi), peut-être un mâle de premier hiver; tout fier.

Jour 2 / Nuit 2 / Jour 3 -
Berges de la Doué [Gamadji Saré]-

Ce sera le point d'orgue de l'excursion. N'étaient les immondices et autres vilenies désormais ventilées sur l'ensemble du site, les berges de la Doué à Gamadji Saré offrent un bien joli panorama sur le défluent du fleuve Sénégal et ses environs. Evidemment, dans les premières brumes du matin ou dans les lumières rasantes du soir, l'endroit n'en est que plus bucolique. L'aérodrome de Richard peut aller se rhabiller: ici on a le décor, et les prinias à front écailleux (spiloptila clamans), au moins trois (3+), et les cratéropes fauves (turdoides fulva ssp. buchanani), huit (8) d'un coup. Pourquoi se fatiguer quand on peut faire simple et accessible, ha ha ha ! De la quarantaine d'espèces d'oiseaux, rien que sur les berges, en bas comme en haut: un (1traquet isabelle (oenanthe isabellina, deux pour tout le voyage), à rajouter aux quatre espèces et sous-espèces déjà observées. Et maintenant, une première surprise: avec les guêpiers d'Orient (merops orientalis viridissimus), deux (2guêpiers à gorge rouge (merops bulocki), pas loin d'être les sujets les plus septentrionaux et occidentaux d'une espèce ailleurs commune dans l'Afrique des savanes et marigots. Second cadeau, et pas des moindres quand on connaît le prestige et la symbolique de cet oiseau dans l'Afrique ornithologique: deux (2) pluvians fluviatiles (pluvianus aegyptius) ! Ornithondar l'avait envisagé, après avoir déjà vu ici un pluvian, mais de loin, le 3 décembre 2015, et c'est Bram qui repère le premier individu de l'heureuse journée. Quant à la troisième récompense, qui pourrait s'avérer plus que surprenante, ou sinon originale, nous ne pouvons pour le moment en dire plus... Il faudra patienter encore un peu - c'est chef Bram qui a dit. Ah oui, deux petites cerises sur le gâteau: un bihoreau gris (nycticorax nycticorax) en très grande partie mélanique, avec l’œil rouge; et le véritable chausse-trappes d'un gigantesque champ de terriers-tunnels à la fois creusés et occupés par des renards pâles (vulpes pallida pallida) et, comme le plus souvent, en partie réquisitionnés par le chat ganté (felis silvestris lybica) ou son alter-ego 'civilisé', le chat haret (felis silvestris catus)...

Ci-dessous:
sur les falaises ocres de la Doué
Gamadji Saré 2018 01 5,  18h02 (en haut) / © Photos smartphone Frédéric Bacuez
A mes petits camarades haut-savoyards: le 'Trou de la Mouche' version sénégalaise...
Derrière 'Les jardins du Fouta' 2018 01 5, 14h29 (en bas) / © Photo smartphone Frédéric Bacuez


Jour 3 -
Podor et environs [Walo]-

Dans la vallée agricole, aux alentours de Podor, enfin les ombrettes africaines (scopus umbretta), deux (2) puis un (1) sujets sur le bord de mares. Un (1aigle botté (hieraeetus pennatusdans les limbes. Les hirondelles de Guinée (hirundo lucida lucida), cinq (5) en vol, sont à la suite des moineaux domestiques indiens (passer domesticus indicus, ~10 ind.) bien installés dans la cité du Tékrour et ses environs - nous confirmons.

Ci-dessous:
sur les quais, les anciens comptoirs transformés en demeures bourgeoises très alanguies...
Podor 2018 01 6, 11h27 / © Photo smartphone Frédéric Bacuez


Piste et grande mare de Ndiayène [Walo]-

Précocement, les mares et bas-fonds du Walo sont presque à sec, en ce tout début d'année. Deux arrêts, entre vases et ripisylve à prosopis géants et quelques gonaliers. Des limicoles habituels, encore un à deux (2) chevaliers stagnatiles (tringa stagnatilis), décidément, et un (1chevalier arlequin (tringa erythopus). En sous-bois, l'omniprésent agrobate podobé (cercotrichas podobe), des rougequeues à front blanc (phoenicurus phoenicurus), le contact de deux (2brubrus africains (nilaus afer), le tambourinage de deux (2pics goertan (mesopicos goertae). 
La grande mare de Ndiayène est toujours resplendissante, couverte de nympheas, verdoyante, apaisante. Pas aisé de deviner les oiseaux d'eau, au milieu des herbiers et des nénuphars... Trois (3) bécassines des marais (gallinago gallinago) et deux (2) rhynchées peintes (rostratula benghalensis), treize (13) anserelles naines (nettapus auritus), au moins quatre (4+canards souchets (spatula clypeata) [pour Jérémy (!), ndlr.] et plus de soixante (60+) sarcelles d'été (spatula querquedula), six (6) grèbes castagneux (tachybaptus ruficollis ssp. capensis et ruficollis ?) dont un (1) sujet africain en plumage nuptial etc. Et encore ces petits gravelots (charadrius dubius ssp. curonicus) qui caracolent avec du gravelot pâtre (charadrius pecuarius).
Au pont de Ndiayène, une (1ombrette africaine (scopus umbretta); un ouvrage d'art, et voici encore des hirondelles de Guinée (hirundo lucida), cinq (5), entrant sous le pont; ce n'est plus une expansion mais une colonisation systématique.

Ci-dessous:
grande mare de Ndiayène 2018 01 6, 14h22 / © Photo smartphone Frédéric Bacuez


Ndiaël [RSAN]: du canal de Bombol au Nyeti Yone-

Retour dans la basse vallée du fleuve: une superbe pompe de soixante-cinq et plus (65+) milans noirs (milvus migrans migrans) - se regrouperaient-ils déjà pour la prochaine remontée, se demande tout haut Bram ? Milans, busards des roseaux (circus aeruginosus), circaètes Jean-Le-Blanc (circaetus gallicus), et un (1aigle botté (hieraaetus pennatus) de la forme sombre à la verticale du Ndiaël. Dans la réserve d'avifaune du Ndiaël (RSAN), justement, d'abord trois marcheurs au milieu de nulle part, dans cet étrange désert aux belles lumières (quand il n'y vente pas), chacun dans une direction, à la recherche du fameux sirli du désert (alaemon alaudipes), qui s’avérera infructueuse... On ne peut pas cocher à chaque coup, on n'est pas plus doués, ou chanceux, en tout cas pas plus 'hasardeux' que d'autres [quoique..., ndlr.] ! Dans la steppe quand elle est herbacée, du pipit rousseline (anthus campestris), très peu de moinelettes et autant de calandrelles. Une pointe jusqu'aux herbiers voisins du Nyeti Yone, pour la curiosité d'une sympathique (1locustelle tachetée (locustella naevia). Des estrildidés et autres petits granivores toujours abondants sur ce site, un groupe de quatorze (14) serins à croupion blanc (serinus leucopygius). Dans l'étroite mais dense gonakeraie riveraine, c'est l'envolée d'une cinquantaine (50+) de bihoreaux gris (nycticorax nycticorax) tandis que trois (3phacochères (phacochoerus africanus) déboulent derrière nous; ils seront complétés au crépuscule par sept (6 + 1) autres suidés traversant les immensités de la steppe - jamais vu autant dans le sanctuaire... Hélas, comme souvent, le canal de Bombol, lui, est tellement affecté par l'eutrophisation que l'eau gracieusement offerte à la réserve par ses amis riziculteurs commence à empester - malgré la présence tenace des ardéidés et rallidés habituels, dont une douzaine (12+) au moins de gallinules poules-d'eau (gallinula chloropus).

Ci-dessous:
les immensités désertiques du Ndiaël 2018 01 6, 17h10 / © Photo smartphone Frédéric Bacuez


Nuit 3 / Jour 4 -
Station de lagunage de Saint-Louis [STEP]
Lagons et steppes à halophytes du Gandiolais-

Un petit tour à la Step', la station d'épuration des eaux de Saint-Louis, hotspot ornithologique de la région - c'est un site que le grèbe à cou noir (podiceps nigricollis) a fréquenté plusieurs hivers durant, il y a quelques années; comme quoi la merde, bien étalée, peut ravir les oiseaux. A quand un observatoire au centre (dit) d'enfouissement (dit) technique de Gandon, hein ? Certain qu'on y ferait de sacrées découvertes... Vite, un partenariat; ou ses petits xalis ! A la Step', donc, l'objectif est de revoir la marouette de Baillon (zapornia pusilla) que Bram a récemment photographiée ici; chou blanc, en lieu et place ce seront une (1) bécassine des marais (gallinago gallinago), une (1) rhynchée peinte (rostratula benghalensis), encore un (1) chevalier stagnatile (tringa stagnatilis) et toute la faune habituelle d'anatidés (deux espèces afrotropicales, deux espèces paléarctiques), de rallidés. Tiens, deux (2) foulques macroules (fulica atra) - au sud du Sahara, oui oui, ce sont des sujets de curiosité, pour les ornithologues... Quant aux paludicoles, en sus du prinia aquatique (prinia fluviatilis), trois espèces de rousserolles sont visibles, et entendues, ce matin: la volubile rousserolle des cannes (acrocephalus rufescens ssp. senegalensis), la rousserolle effarvatte (acrocephalus scirpaceus), et la rousserolle africaine (acrocephalus baeticatus, ssp. guiersi ?). Poursuivant un (1pipit des arbres (anthus trivialis) vers une friche, nous nous faisons vertement apostrophés par un homme dans son maraîcher limitrophe: "Dégagez ! Allez, dégagez, nous on n'aime pas ça !!" J'avais préalablement entendu un vieillard du même carré conseiller à sa vieille chère et tendre de réclamer "xalis, xalis"... Mal tombés, avec moi, ceux-là, il y a longtemps qu'aux vociférations je réponds par les mêmes interjections sans protocole. En leur gueulant que je n'éprouve aucun intérêt pour la photo volée d'êtres humains en/à la peine, bref que seuls les picci ont l'heur de me captiver, et que partout dans le monde il y a longtemps qu'on fait la différence entre des jumelles et un appareil photo... S'il y avait eu depuis soixante ans une école digne de ce nom, dans ce pays, nous autres n'aurions pas droit très régulièrement à ce genre d'agression verbale éruptive. Et si les non-racistes blancs anti-colons qui adooorent "ces Africains dans leurs activités traditionnelles" (sic - les bien-pensants humanistes ne verraient pas qu'il se cherche, mon malheureux agresseur excédé) ne braquaient pas systématiquement leurs bridges de chiottes sur leurs exotiques indigènes, les ornithologues ne seraient pas confrontés à ce genre d'aboyeur, l'Homme, pas le chevalier, l'oiseau (tringa nebularia)... 

Ci-dessous:
steppe à halophytes du Gandiolais 2018 01 7, 10h28 / © Photo smartphone Frédéric Bacuez


Hôtellerie et restauration:
Louga - Casa de Italia (café !)
Dagana - Fort de Dagana, avec le délicieux digestif (à base de canne à sucre et de citron vert, un ti'ponch toucouleur, quoi !) gracieusement offert par Gilles
Gamadji Saré - Auberge Les jardins du Fouta, Chez Joseph (là, c'est autre chose: on ne boit pas, je dis bien on n'y boit... rien, pas plus d'alcool que de sucreries ou... d'eau minérale !)
Saint-Louis - Ranch de Bango (hôtel pour les uns, restaurant pour tous, offert par Bram - dans un froid de canard !)

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