" Quand y aura-t-il des observateurs qui nous rendront compte de ce que font nos hirondelles au Sénégal et nos cailles en Barbarie ? "
- Comte de Buffon, 1737
" Mal nommer les choses, c'est ajouter au malheur du monde "
- Albert Camus

mercredi 22 février 2017

22, Bango-barrage: une Mangouste des marais, dans le jardin de mon ancienne maison !

Ci-dessus:
une Mangouste des marais - Atilax paludinosus, en visite dans le jardin de mon ancienne maison
Berge bangotine du Djeuss saumâtre 2017 02 22, ~22h / Courtesy © photos par Abdoulaye Sow pour Ornithondar

* Bango-barrage, berges du Djeuss coté saumâtre -

NUIT, ~22h-
Abdoulaye S. m'envoie une série de photos prises avec son Smartphone dans la cour de mon ancienne maison des rives du Djeuss en sa partie avale et saumâtre, en face de la mangrove de Thiolet. Sur les images, une Mangouste des marais (Atilax paludinosus, Marsh Mongoose) gambade nuitamment autour de mon ex résidence bangotine (2008-2012), dans le jardin. L'herpestidé semble tout spécialement s'attarder sous les sapotilliers. Abdoulaye suit l'animal à pas feutrés, sans faire de gestes brusques, à peu de distance: la mangouste n'est pas effrayée et s'arrête même pour regarder sans affolement le bipède qui la suit dans la pénombre (cf. photos en haut de notule).

Nota 1: première donnée (bangotine) d'une Mangouste des marais dans l'enceinte de mon ancienne demeure...  A l'époque, nous avions ouvert une chatière dans le muret qui fait office aussi de balustrade, sur l'estran herbacé souvent occupé par les pirogues, avec large panorama sur le marigot et les palétuviers de l'autre rive. Peut-être la mangouste a-t-elle utilisé la meurtrière pour venir marauder dans le jardin ? Nous avions déjà eu le passage, une fois ici et plusieurs fois dans un autre jardin, d'une Genette commune d'Afrique (Genetta genetta ssp. felina); et de deux Phacochères communs (Phacochoerus africanus) dont l'un avait eu la malencontreuse idée de s'aventurer dans le quartier par une venelle voisine et d'aller se faire charcuter à grands coups de machettes dans l'enceinte de la caserne proche, tandis que le second suidé avait échappé à la curée en rebroussant chemin, à la nage par le Djeuss pour disparaître dans la jungle sécurisante de la mangrove... Notre visiteuse du soir, excellente nageuse, nous arrive elle aussi de la mangrove d'en face, sans aucun doute. 
Notre short list des mammifères du bas-delta s'enrichit, petit à petit, de ces quelques données épisodiques de noctambules fort discrets, mais pas obligatoirement farouches. Tout près d'ici, sur la digue qui quitte le village pour traverser les marais et la plaine alluviale, j'ai à plusieurs reprises deviné dans les premières lueurs de l'aube la Civette d'Afrique (Civettictis civetta), profitant de la marée basse sur le bolong de Kaïgga pour faire orgie de gastéropodes, en l'espèce de Tympanotonus fuscatus, reposant par milliers sur les vases deltaïques. La mangrove en zone saumâtre et les typhaies en milieu doux permettent à tous ces petits promeneurs noctambules de trouver refuge même à proximité des Hommes, le jour, sans être trop inquiétés ni dérangés.

Trois espèces de Mangoustes de 'grande taille', 
dans la basse vallée du fleuve Sénégal:
Atilax paludinosus, Ichneumon albicaudaHerpestes ichneumon 

Nota 2: avec cette documentation de Mangouste des marais à Bango, il se confirme que trois espèces d'Herpestidés sont (plutôt bien) distribuées dans la vallée du fleuve Sénégal: la Mangouste ichneumon (d'Egypte, Herpestes ichneumon), la plus commune et la plus fréquemment observée de jour; la Mangouste à queue blanche (Ichneumon albicauda), la plus grande et sans doute la plus rare dans notre région (alors qu'elle est bien commune sous les latitudes soudano-guinéennes), que nous avons eu la chance de rencontrer, avec nos camarades helvètes en novembre 2016* au sud du Gorom (PNOD); et la Mangouste des marais (Atilax paludinosus), probablement la moins vue car la plus... paludicole, mais peut-être pas si rare quand le biotope lui est favorable. Nos visiteurs suisses avaient d'ailleurs noté un cadavre de l'animal sur la route nationale qui longe la réserve naturelle du Ndiaël; Ndiaël dans lequel une équipe de 'chercheurs' du rarissime Phragmite aquatique, à tout le moins de sites potentiellement accueillants pour l'hivernage ouest-africain du plus rare des passereaux d'Europe, avait aussi relevé la présence d'Atilax paludinosus, en 2015. 

dimanche 12 février 2017

Pousse-toi de là que je m'y mette [chez les oiseaux aussi]: rififi et usurpation autour d'une loge de pic goertan

Ci-dessus
Hold-up sur la loge du pic goertan par un barbican de Vieillot lequel rafle aussi la mise aux perruches à collier !
 2017 01 2, 16h13 / © Photos par Frédéric Bacuez

Ci-dessous, de g. à d.:
perruches à collier, mâle et femelle - pic goertan, mâle - barbican de Vieillot apportant des aliments à la loge...
2016 11 27, 10h04 - 2016 12 3, 15h04 - 2017 01 7, 13h50 / © Photos par Frédéric Bacuez

* Berges du Djeuss bangotin -

Novembre 2016 - Février 2017-
Pendant deux mois et demi [du 19 novembre au 12 février], Ornithondar a observé et essayé de documenter toutes les péripéties d'une âpre et stratégique rivalité entre trois espèces d'oiseaux cavernicoles pour l'appropriation d'une loge creusée par un pic goertan dans un prosopis. Ces trois espèces étaient le pic goertan (mesopicos goertae, grey woodpecker), le barbican de Vieillot (lybius vieillotti, Vieillot's barbet) et la perruche à collier (psittacula krameri krameri, rose-ringed parakeet), plus un quatrième larron comme il se doit, mais pas de taille pour la bataille, en l'occurrence un barbion à front jaune (pogoniulus chrysoconus chrysoconus, yellow-fronted tinkerbird). Depuis deux saisons, un mâle de mesopicos goertae, le plus commun et le plus anthopophile des pics présents dans le Sahel, s'échine à creuser une loge dans le tronc d'un vénérable prosopis, dans la cour arborée d'une résidence bangotine. Ce terrain est l'un des derniers du quartier sur lequel la nature n'a pas été trop nettoyée, domptée, remplacée, soumise au désir d'ordre et de kitsch des Hommes (et j'y étais un peu pour quelque chose): piscine, bout de gazon, arbustes exogènes et décoratifs, qui ne font pas de saletés mais quelques fleurs et des fruits comestibles, qui donnent de l'ombre mais pas trop, qui poussent droit et ne s'étalent pas, bref du sur-mesure pour l'Homme émergé, cette plaie du siècle. Partout dans la zone on abat, on tronçonne, on dessouche, on carbonise, on ôte définitivement du paysage le peu de gros et grands arbres qui peuvent encore accueillir des aires de rapaces (dans la canopée) et des loges (dans le tronc) pour les espèces dites cavernicoles, celles qui creusent ou occupent des trous dans les arbres (certains rapaces nocturnes, et surtout les picidés, les lybiidés et les psittaculidés).

Une loge prise d'assaut pour une reproduction anormalement précoce !

Après deux mois de disputes autour de la loge convoitée, ce sera le barbican de Vieillot qui l'emportera, sur le fil... (Lire ci-après). C'est qu'avec la disparition des vieux arbres dans toute la région sahélienne, les possibilités de nidification pour les oiseaux cavernicoles se font de plus en plus compliquées, et difficiles. On imagine volontiers que la concurrence pour s'approprier la moindre cavité disponible s'en trouve particulièrement exacerbée. Et que la raréfaction des loges a obligatoirement une incidence forte sur la natalité et donc la démographie de toutes ces espèces. Comme pour les vautours et les aigles, qui n'ont plus de grands arbres pour y établir leurs aires, on peut donc s'attendre à un déclin, et même à un inévitable effondrement des populations subsahariennes de la huppe fasciée d'Afrique de l'ouest (upupa epops senegalensis), du calao occidental (tockus kempi), du barbican à poitrine rouge (lybius dubius), du barbican de Vieillot, du barbion à front jaune, et de tous les pics. Sans compter les autres cavernicoles non exclusifs (voir ci-après).

Dans la région de Richard-Toll (1960-1980), les Morel en leur temps avaient noté les reproductions du barbican de Vieillot (lybius vieillotti) comme du barbion à front jaune (pogoniulus chrysoconusde mai à août. Des observations plus récentes, il est admis qu'en général la reproduction s'étale d'avril à août, bien que celle-ci peut se prolonger après la saison des pluies dans l'ouest de sa répartition, donc au Sénégal. Dans le cas qui nous intéresse ici, à Bango, je suis étonné de voir un couple de barbicans s'installer si tôt en saison dans une loge. Mieux, tout nous laisse à penser que le couple [hélas juste avant mon absence de quelques semaines, pour d'autres cieux] y a tenté une reproduction, fin janvier-début février ! Les mœurs de cette espèce sub et pré-saharienne (ssp. buchanani, coté mauritanien de la vallée; ssp. rubescens au sud du fleuve Sénégal) demeurent mal documentées: sa nidification dans la bande ouest-africaine des savanes est généralement connue de mai à septembre, aux Togo, Niger, Mali, Burkina Faso, mais aussi de janvier au Libéria, d'avril à juillet et de novembre à décembre au Nigeria etc. Cette possible reproduction [non certifiée car pas observée jusqu'à terme, ndlr.] dans le bas-delta du Sénégal est donc très étonnante - et même à ma connaissance jamais documentée dans notre Sahel à cette période, en pleine saison sèche...

Au Sahel,
de moins en moins d'arbres à loge(s)...
Pas de cavité pas de nichée donc pas de continuité démographique, 
c'est aussi simple que cela... 
A (très) moyen terme, vers un effondrement des populations d'oiseaux dits cavernicoles
- calaos, huppes, barbicans, barbions, pics
mais aussi petits-ducs, irrisors, martins-chasseurs, rolliers, indicateurs ou... anserelles
[ce ne sont pas des Hommes, pas de ces mutants-là, ils ne s'adapteront pas au saccage - tabula rasa !]

Chronique...
- Les 19, 20 et 22 novembre 2016:
le couple local de pics goertan (mesopicos goertae, grey woodpecker) est déchaîné. Hystériques, les deux picidés stationnent beaucoup devant les vitres des fenêtres, qu'ils cognent de leur bec tout en criant de façon saccadée et stridente (cf. photos ci-dessous), en un flot ininterrompu - de jurons ?
un barbican de Vieillot (lybius vieilloti, Vieillot's barbet) profite de cette diversion bienvenue pour jeter un œil intéressé à loge que le mâle des pics creuse et peaufine dans le tronc d'un prosopis (cf. photos ci-dessous). mais seulement par intermittence, très occupé lui aussi à chasser son double dans les vitrages du coin ! 
- Les 24, 25 et 26 novembre 2016:
le barbican de Vieillot, probablement un mâle, gravite autour de la loge que le mâle de pic goertan creuse périodiquement depuis deux ans, par périodes. L'orifice est désormais bien ouvert, un début de loge grossièrement fini... Le barbu réussit même à entrer la tête dans la cavité, c'est dire l'état d'avancement d'un futur nid douillet pour qui saura l'occuper (à temps)... Les deux pics goertan sont toujours obsédés par leur image que reflètent les vitres (de toutes les maisons du secteur)... Ils s'acharnent tout particulièrement contre les baies vitrées d'un étage voisin, contre lesquelles ils s'élancent en criant pour lui asséner de violents coups de bec.

Ci-dessous:
femelle de pic goertan hystérique devant son reflet dans la baie vitrée d'un petit immeuble (16h54-57) - dégage !
Pendant ce temps (16h38), un barbican de Vieillot s'intéresse de plus en plus à la loge que continue de creuser le mâle de pic goertan, lui aussi très occupé à chasser son double fantomatique !
2016 11 22 / © Photos par Frédéric Bacuez
- Cliquer sur les photos pour agrandir -
Ci-dessus:
le barbican de Vieillot, de plus en plus régulier à l'entrée de la loge (25 11, 15h), 
est rapidement importuné par deux puis bientôt quatre perruches à collier (27 11, 10h01-05) 
lesquelles auraient bien les mêmes visées: usurper la place du pic !
2016 11 25 & 27 / © Photos par Frédéric Bacuez

Les 26, 27 et 28 novembre 2016:
un couple de perruches à collier (psittacula k. krameri, rose-ringed parakeet) s'agrippe aux écorces du prosopis pour tenter de regarder l'intérieur de la cavité en cours de percement. C'est la femelle qui a l'initiative et inspecte méticuleusement les bords de la cavité; monsieur est à coté, n'a pas le droit de découvrir l'ouvrage, et se fait régulièrement corrigé (cf. photo ci-dessus)... Le mâle de barbican passe aussi en coup de vent, pour jauger l'état d'avancement des travaux... - et, peut-être, s'il n'a pas été doublé par la concurrence ?
- Le 2 décembre 2016:
jours de très grosse chaleur - jusqu'à 41°. Le couple de pics goertan, aux fenêtres, et à la loge (12h30+) - c'est toujours monsieur qui travaille, madame parfois vient regarder... Immanquablement, le barbican de Vieillot vient faire sa petite inspection dans la foulée - où en sont-ils, les pics ? Il faut croire que les picidés l'ont compris: à partir de ce soir, le mâle de pic goertan est bien plus assidu au boulot: tambourinages, écorçage, éjection des copeaux, arrachage, lissage... Très méticuleux, à l'évidence perfectionniste, le garçon... 
- Le 4 décembre 2016:
après que le pic goertan a travaillé ce matin à la loge, quatre (4) perruches à collier et le mâle de barbican de Vieillot se disputent violemment l'accès à l'entrée de l'orifice ! Le barbican, aujourd'hui, doit abandonner la partie - stratégiquement ?... Dans les jours qui suivent, le quatuor volubile des perruches stationne dans la canopée des prosopis, à l'aplomb de la loge inachevée - mais que fout ce paresseux de pic ? En fait, celui-ci est beaucoup plus préoccupé par son imaginaire rival qu'il ne cesse de corriger dans le vitrage du petit immeuble voisin que par la finition de ses travaux cavernicoles... - Pas le temps de bosser !
- Du 9 au 17 décembre 2016:
le barbican de Vieillot s'aventure à entrer la tête à l'intérieur de l'ouverture qui prend de plus en plus l'aspect d'une loge, désormais. On l'entend même grogner - de satisfaction ? Le mâle de pic goertan tout à son combat contre ses reflets vient plus rarement faire la marteau-piqueur à l'entrée de la loge... Quant aux perruches, elles veillent et jacassent en sourdine (elles grommellent, quoi !) dans la frondaison.
- Les 19 et 20 décembre 2016:
le mâle de pic goertan est à nouveau assidu à la loge - ça commence à bien faire, ce percement ! Il tambourine intensément à partir du 20 décembre.
- Le 23 décembre 2016:
nouveau visiteur à la loge - nouveau candidat ? Un barbion à front jaune (pogoniulus chrysoconus, yellow-fronted tinkerbird), un autre cavernicole du quartier (qui perd ses gros arbres) probablement lui aussi en quête de loge... Un petit tour, un coup d’œil et puis s'en va.
- Le 26 décembre 2016:
le barbican de Vieillot mâle est très actif, entre loge et abreuvoir, et s'autorise de plus en plus souvent à retravailler l'entrée de la loge, tandis que le pic goertan n'en finit plus de se battre contre les vitres du domaine ! Les perruches, aux aguets et prompts à saisir tout relâchement des pics et barbus, ne font que passer...

Ci-dessous:
le marteau-piqueur du mâle de pic goertan au travail (12 3 & 5, voir aussi vidéos en bas de notule), 
les perruches inspectent et de temps à autre décortiquent des morceaux d'écorce autour de l'orifice (11 27 & 12 4)...
2016 11 27-12 5 / © Photos par Frédéric Bacuez
- Cliquer sur les photos pour agrandir -

- Les 29 et 30 décembre 2016 :
profitant des atermoiements du pic goertan, qui avait pourtant ouvert la cavité, le barbican de Vieillot semble emporter la partie... Il a même résisté aux assauts des perruches ! De plus en plus fréquent à l'entrée de la loge, se familiarisant avec ma présence peut-être sécurisante, il se met désormais délibérément à l'ouvrage, creusant l'intérieur de l'orifice et en extrayant tous les copeaux qu'il y arrache, et jette au pied de l'arbre (cf. photos ci-dessous). A partir du 30 décembre, la partie semble définitivement gagnée: en poursuivant l'oeuvre du pic goertan, le mâle de barbican redouble d'ardeur, tout en bavardant... Les perruches à collier tentent une approche, en vain. L'après-midi, une femelle barbican rejoint le mâle et le couple se relaie à la tâche, pénétrant de plus en plus profondément dans le tronc pour en retirer sciure et débris...
- Les 1, 2, 3 et 5 janvier 2017:
le couple des barbicans de Vieillot fréquente désormais abreuvoir et mangeoire (cf. photos ci-dessous), proches de la loge... Il s'installe ! Au grand dam des perruches à collier (cf. photos ci-après)...
- Le 6 janvier 2017:
le percement de la loge est presque achevé. Victoire pour les barbicans de Vieillot ! Le gros-oeuvre par le mâle de pic goertan, les finitions par le mâle de barbican de Vieillot...
- Les 11 et 20 janvier 2017:
un barbion à front jaune, téméraire ou effronté, entre totalement dans la loge - un bras d'honneur ?... A nouveau le 20 janvier; il n'y reviendra plus - pas à son goût ?

Ci-dessous:
le barbican de Vieillot à l'ouvrage ! (2017 01 2-5)
Sans plus d'hésitation il parvient à entrer plus de la moitié de son corps dans la cavité pour en extraire des becquetées entières de copeaux et sciures...
Les barbicans de Vieillot forment un duo visible, dès lors, qui stationne aux alentours de la loge, sur le fil à linge (01 3) ou sur les rondins qui enserrent mangeoire et abreuvoir du jardin (01 7)
2017 01 2-7 / © Photos par Frédéric Bacuez
- Cliquer sur les photos pour agrandir -
Ci-dessus:
Hold-up !
Main basse par les barbicans de Vieillot sur la loge inachevée du pic goertan 
- pile-poil pour la Saint Sylvestre !

 Inhabituelles
une nichée en janvier au lieu de mai-août,
 l'éclosion début février 
- Pics et perruches s'invitent même au baptême des barbicanets !
Ci-dessous:
Ci-dessus, de haut en bas:
sous le regard incrédule des perruches (01 3) qui n'en peuvent mais, le mâle de barbican est récompensé de sa pugnacité: il parachève lui-même la loge (01 2) - et se l'approprie ! 
Et puis un jour (02 6), c'est le défilé, à l'entrée de la loge... Tandis que le mâle barbican convoie des aliments vers la cavité d'où n'émerge que la tête de sa femelle, le couple de pics goertan vient rendre visite aux heureux occupants de leur loge (10h39-46). Madame pic tend même de la sciure agglomérée (humectée et enrobée de toiles d'araignée ?), pendue au bout du bec, comme s'il s'agissait de présents ou d'appâts... afin de vérifier s'il y a bien des occupants, et surtout une nichée, à l'intérieur, au coeur obscur du tronc d'arbre !
2017 01 3-6 / © Photos par Frédéric Bacuez
- Cliquer sur les photos pour agrandir -

- Le 23 janvier 2017:
étrange, car hors-saison, une couvaison pourrait avoir débuté ces jours-ci, au fond de la loge. A tour de rôle, sans interruption, mâle et femelle se relaient à l'intérieur...
- Le 31 janvier 2017:
amusant et significatif, une amarante du Sénégal (lagonosticta senegala, red-billed firefinch) cherche à voir ce qui se passe, dans ce trou sombre... Les oiseaux adorent s'intéresser à la progéniture des autres !
- Les 3 et 4 février 2017:
au tour des perruches à collier que d'être mues par une irrésistible et débordante curiosité; les voilà défilant aux abords de la loge, s'agrippant comme elles peuvent à l'écorce du prosopis. A l'écoute, elles hésitent longtemps avant de tenter l'intrusion, jetant fugacement un œil dans l'obscurité, et se retirant tout aussi prestement de peur de se faire agresser par l'un des deux couveurs... Pendant ce temps, là-haut sur la branche, monsieur et madame pics goertan copulent ! La femelle n'en oublie pas d'attaquer une baie vitrée, aussitôt après.
- Le 6 février 2017:
il faut croire que des oisillons ont éclos (en général deux à trois poussins): la femelle de pic goertan vient au seuil de la loge, puis ce sont les deux barbicans qui se succèdent avec des aliments, entrant et sortant de l'orifice. Dans l'après-midi (16h+), les perruches à collier sont tellement curieuses qu'un des barbicans est obligé de les attaquer en piqués répétés, pour se dégager l'accès à la loge (cf. photo ci-après) ! Le jour décline et le nourrissage se poursuit néanmoins (19h09).
- Les 7 et 8 février 2017:
les perruches sont tellement rongées par la curiosité que certaines arrachent frénétiquement des morceaux d'écorces à l'entrée immédiate de la loge des barbicans, qui continuent d'y acheminer des aliments, imperturbables.
- Le 10 février 2017:
violente altercation à l'entrée de la loge entre un barbican de Vieillot et une perruche à collier - peut-être jugée trop présente, trop curieuse, trop entreprenante...

Ci-dessous:
des perruches à collier à la curiosité débordante...
Comment approcher, et comment voir ce qu'il se passe à l'intérieur de l'arbre et au fond de la loge ?
Trop c'est trop, un barbican de Vieillot finit par foncer sur l'importune !
2017 02 6 / © Photos par Frédéric Bacuez

La suite, hélas - comme précédemment pour la progéniture d'un couple mixte de huppes fasciées eurasienne x sénégalaise- on ne la verra pas, Ornithondar ayant quitté le site, le 12 février, pour des cieux autrement moins tropicaux... Nous ne saurons pas si les oisillons ont survécu. Et si cette reproduction hors saison n'était pas, in fine, qu'un ban d'essai. Dommage...

Résumons...
Des perruches à collier, surtout une femelle, et un mâle de barbican de Vieillot observent un mâle de pic goertan 
en train de parfaire la loge qu'il a réussi à ouvrir dans le tronc d'un prosopis, après deux années de labeur intermittent. 
Tout occupé, comme sa femelle, à pourchasser son image réfléchie dans les vitres du quartier, 
le pic délaisse son ouvrage bientôt repris par le barbican, 
lequel finit ainsi le travail, combat et éloigne les perruches, récupère la loge et y installe Madame ! Et toc !

2016 11 - 2017 02 / © Photos et vidéos par Frédéric Bacuez
Ci-dessous:

jeudi 9 février 2017

9, l’œil fait chance ! De l'Engoulevent à balanciers à l'Aigle de Bonelli et des Cigognes noires sur le départ - plus deux 'Gueules tapées' !

Ci-dessus: 
Aigle de Bonelli - Aquila f. fasciata, sujet de 2e année civile
Toddé 2017 02 9, 16h / © Photo par Frédéric Bacuez 
en haut à g. et à d., Engoulevents à balanciers - Caprimulgus/Macrodipteryx longipennis /
en haut au centrre, Engoulevents à longue queue - Caprimulgus c. climacurus / Par L.J. Filzinger, 1864


* Aire communautaire patrimoniale des Trois-Marigots.
Entre marigot de Khant-sud et marais de Toddé -


Jeudi 9 Février, 6h15-16h45-
A pied. Avec François Marmeys.
Temps: forte amplitude thermique (17°-34°), frais en fin de nuit et début de matinée (lever de soleil, 7h33) puis particulièrement piquant au zénith (UV 10)... Heureusement, vent plein est, 24 km/h - ouf, ça soulage...

Ci-contre: François sous le cagnard, dans les bas-fonds de Toddé-N'Galam...
2017 2 9, 13h21 / © Photo par Frédéric Bacuez


Engoulevents, à longue queue... et à balanciers - avec ses filets 'nuptiaux' !!!

"Au crépuscule, j'ai vu voler presque au-dessus de notre case un stupéfiant oiseau. Un peu plus gros qu'un merle; deux plumes, extraordinairement prolongées, forment de chaque coté comme une sorte de balancier, sur lequel il semble prendre appui dans l'air pour des acrobaties d'aviateur."
- André Gide, 1928

C'est quand la nuit va basculer vers les prémices de l'aube que les Engoulevents à longue queue (Caprimulgus c. climacurus, cf. photos ci-après et et illustration en haut de notule) font les yeux ronds, orangés et étincelants comme des pépites d'or. Les noctambules ont chassé toute la nuit et prennent un repos bien mérité, au sol, à découvert, avant de rejoindre leur cachette camouflée (cf. photos ci-après), dans un bosquet, un tas de branchages, un parterre de Tamarix senegalensis ou d'Euphorbia basalmifera. Dans la pénombre, il y en a un qui pousse une ultime stridulation, inimitable, interminable - pas loin de deux minutes sans pause, celle-ci ! A pas feutrés nous sommes en train de localiser la trille pour approcher l'oiseau cryptique, généralement confiant mais tout de même prêt à l'envol si nous dépassons sa ligne rouge... quand, soudain passe comme un cerf-volant chinois dégingandé un Engoulevent qui n'est en rien celui que nous avons habitude d'observer à l'année dans notre région: François et moi avons le temps de nous retourner et béatement de contempler le vol fugace et "fantasque" (Gide dixit), exactement comme sur la photo gambienne ci-dessous, empruntée à Charlie Jackson (cf. photos ci-après)... Pas eu le temps de pointer l'appareil, pour ma part ! On se regarde, incrédules, et en même temps nous nous déclarons, balbutiant d'émotion: " Mais... Mais c'est un Engoulevent à balanciers !!

Suivi par ses deux volants comme une traîne, falbalas et fanfreluches aux quatre vents de l'aube, l'Engoulevent à balanciers (Caprimulgus/Macrodipteryx longipennis) avait poursuivi son vol agité derrière un bosquet dans lequel je découvrirai tout à l'heure un duo de Varans de savane (varanus exanthematicus), endormis à califourchon, pattes pendantes chacun sur sa branche d'un Prosopis (cf. photos en bas de notule)... Durant trois-quart d'heure François et moi rechercherons la météorite ailée, en vain. Revenant de chasser au-dessus des tamaris et des herbiers ou de boire au marigot de Khant, l'Engoulevent à balanciers avait sans doute rejoint un replat arboré, là-bas, derrière le cordon que nous inspectons fébrilement.


"One of the stars of our trip, 
the Standard-winged Nightjar (Caprimulgus/Macrodipteryx longipennis), is a species of nightjar 
in which the males have spectacularly modified primary feathers, that look like flags, 
which they use to impress females and competitors."
In Whitehawkbirding.com/blog/1020/, 2013 02 19


"Deux énormes pennes non garnies et n'ayant que la tige centrale, partent de l'aileron, presque perpendiculairement au reste des plumes. 
A peu près deux fois de la longueur totale de l'oiseau, elles écartent de lui, paradoxalement, deux disques assez larges, à l'extrémité des tiges, que l'oiseau, semble-t-il, peut mouvoir et dresser à demi, indépendamment du mouvement des ailes."
- André Gide, 1928


Nota: notre Engoulevent a été observé par François Marmeys et moi-même un 9 Février. Le sujet, à l'évidence un mâle, portait comme en période nuptiale ses deux longues pennes si caractéristiques (à la neuvième rémige), au bout desquelles deux disques emplumés s'agitaient dans les airs. Immanquables, même dans le clair-obscur ! Or l'Engoulevent à balanciers est un reproducteur des latitudes soudano-guinéennes, pas de la zone sahélienne qu'il ne fréquente qu'hors saison et dont il devrait être absent en Février, en outre. Au Sénégal, l'espèce nidifie au sud du 14°30 mais aussi, peut-être, plus au nord, aux confins du Sénégal à l'est de Matam, du Mali et de la Mauritanie. Les connaissances sur sa répartition, ses périodes de nidification et ses déplacements intra-africains demeurent encore parcellaires. En ce qui concerne sa présence dans la vallée du fleuve Sénégal, on est dans le flou absolu, et même dans les contradictions les plus déconcertantes ! Pour Gérard J. & Marie-Yvonne Morel, cet engoulevent remonte du sud pour fréquenter la basse vallée, à l'aval de Podor et jusqu'au littoral de la Grande Côte au plus loin vers Mboro, "où il ne se reproduit pas, surtout de Juillet à Octobre et rarement avec ses balanciers"*1. Pour Nigel Cleere & Dave Nurney, auteurs d'une remarquable encyclopédie mondiale des Engoulevents*2, l'espèce "occurs August ? to December ? in North Senegal, South Mauritania, Center Mali (north to c. 18°N), South Niger, North Nigeria and Center Chad (north to Ennedi Monts)." Les cartes mauritaniennes de Peter Browne signalent que l'espèce a été observée au moins une fois dans l'Aftout es Saheli, juste au nord du 17e parallèle*3. Le reflux post-mousson semble encore moins connu que la remontée vers nos régions sahéliennes; Cleere, encore: "Return movements are poorly documented." Chez Nik Borrow & Ron Demey, on est encore plus sibyllin: "Moves south in dry season."*4 Bref, si nous savons que cet Engoulevent est par chez nous un non-reproducteur, on ne sait trop quand il arrive, combien de temps il reste (ou vagabonde), et quand il se replie au sud du 15e parallèle ! Observé dans la moitié méridionale du Sénégal et en Gambie "avec ses balanciers de Décembre à Juillet" (in Morel), un sujet au complet a été récemment photographié (Décembre 2016) sur les bords du marigot de Keur Walid Ndiaye, dans la région de Kaolack, par Jacques Buvat. En 1936 déjà, Malbrant notait que le mâle est ainsi habillé "de Janvier à Juin, dans presque toutes les régions du centre Africain."*

*1 Les oiseaux de Sénégambie, notices et cartes de distribution, Ed. ORSTOM/IRD, France, p. 89
*2 Atlas of the birds of Mauritania, par Peter Browne, mars 2016
*3 Nigthtjars - A guide to Nightjars and related nightbirds, Ed. PICA Press, Sussex 1998, p. 283-285
*4 Birds of Senegal and The Gambia, Ed. Christopher Helm, Londres 2011, p. 182

* Lire: L’engoulevent ou l’étrangeté porteuse de malheur (Nord du Cameroun), par Christian Seignobos, in Revue d'ethnoécologie, 1/2012


Ci-dessous:
à g., Engoulevent à balanciers - Macrodipteryx longipennis, mâle nuptial 
Ranch de gibier de Nazinga (RGN), Burkina Faso / Courtesy © photo par Bruno Portier
à d., Engoulevent à balanciers - Macrodipteryx longipennis, mâle nuptial en vol crépusculaire
Georgetown, Gambie 2014 01 21 / © Photo par Charlie Jackson
Ci-dessus, de g. à d. et de haut en bas:
Engoulevents à longue queue - Caprimulgus c. climacurus au repos diurne, à couvert...
Brousses du Khant-Toddé 2017 02 9, 8h35, 11h54, 8h40 / © Photos par Frédéric Bacuez

Engoulevents, Oedicnèmes tachards et Gorgebleues à miroir...

Ci-dessous:
Gorgebleue à miroir blanc - Luscinia svecica ssp. cyanecula, au bord du marais
Brousses de Toddé 2017 02 9, 10h49 / © Photo par Frédéric Bacuez

Au bord de la mare, le cri du Torcol et la curiosité de la Gorgebleue...

Dans le bois qui borde une mare toujours riche d'oiseaux d'eau et de passereaux bavards, aujourd'hui on ne le voit pas mais on l'entend: comme le 31 Décembre dernier, un Torcol fourmilier (Jynx t. torquilla) pousse de temps à autre son cri typique et singulier, ressemblant à celui d'un petit rapace, ici sur un mode aigu - il s'agirait donc d'un mâle- et, semble-t-il, un ton en-dessous de ses vocalises paléarctiques... Borrow & Demey ont beau jeu d'écrire: "usually silent in winter quarters; occasionally a series of loud kêh-kêh-kêh..., recalling small falcon" (in Birds of Senegal and The Gambia), notre hivernant, encore un cryptique, affirme autant sa présence ce 9 Février 2017 que le 31 Décembre 2016. Le Torcol est au sud du Sahara un passereau hivernant "uncommon to scarce Palearctic migrant (November-April)" (in Borrow & Demey), essentiellement dans la bande sahélienne.
Sortant, elle, de l'inextricable végétation qui borde la mare, sous les arbres de la ripisylve et juste au bord de l'eau où les bovins ont l'habitude de venir boire et ont donc dégagé l'accès, voilà qu'une Gorgebleue sautille, s'arrête et s'étire pour mieux nous observer, assis dans la pente ombragée qui mène à l'abreuvoir, à quelques mètres seulement. C'est encore une Gorgebleue à miroir blanc (Luscinia svecica ssp. cyanecula), la sous-espèce d'Europe occidentale théoriquement la moins fréquente des deux qui hivernent dans le bas-delta sénégalais (Lire ICI sur Ornithondar): "rare, in North Senegal", selon Borrow & Demey (ibid)... Décidément c'est une année à Gorgebleues - et un jour de raretés !

Terriers, empreintes, crottoir...

Toujours les terriers d’Écureuils terrestres (xerus erythropus) et de Lièvres des savanes (lepus - microtis - victoriae); les innombrables trous de micro-mammifères nocturnes, surtout, dont les fameuses Petites Gerboises d'Egypte (jaculus jaculus), inconnues de notre zone avant les années '70 du siècle dernier. Mais ce sont les chantiers du Chat ganté (felis silvestris ssp. libyca) comme du Renard pâle (vulpes p. pallida) lesquels, de toute évidence, ne peuvent longtemps vivre loin l'un de l'autre (!), qui nous intéressent et ne laissent d'intriguer. Les deux petits et discrets mammifères sont les vedettes incontestables des Trois-Marigots, faute d'autres prédateurs plus connus mais aujourd'hui disparus et partout au seuil de l'extinction en Afrique de l'ouest. Sur le site où j'ai dernièrement découvert une famille de chat et chatons (Lire ICI sur Ornithondar), les félins s'en sont donné à coeur joie: l'orifice principal creusé dans un tertre avec vue imprenable sur la dépression du Khant a été délaissé; en contrebas, deux belles entrées dans un tumulus coquillier ont été récemment ouvertes (cf. photos ci-après). Plus haut sur le cordon dunaire, presque inévitablement le chantier a attiré le compère renard qui a entamé ici et là le grattage des sols, avec début de percement d'au moins un tunnel à la forme caractéristique, étroite et au rectangle, rejetant le sable entre les pattes pour en faire une paillasse idéale pour y lire les empreintes... 
Sur une très ancienne termitière lessivée au-dessus d'un bas-fond, un imposant amas de fèces, en trois tas de périodes différentes: c'est un crottoir de Genette commune d'Afrique (Genetta genetta ssp. felina), toujours bien en vue comme celui de la Civette... Le cabinet est particulièrement bien garni et utilisé depuis un bon moment; signe que la belle trouve toutes ses aises, dans le coin...

Avant la migration prénuptiale, le regroupement des Milans et Cigognes noir(e)s

Après les quatre-vingt (80) blanches (Ciconia ciconia) du 24 Décembre dernier (Bientôt sur Ornithondar), premiers grands oiseaux paléarctiques à regagner le nord après un très bref séjour au sud du Sahara, les Cigognes noires (Ciconia nigra) leurs cousines sont à leur tour sur le point d'amorcer la migration prénuptiale. Les 'gitanes des bois' qui ont hiverné sur le marais de Toddé sont encore là, s'élevant au zénith (11h45 et 15h30) pour un tour de chauffe avec les Milans des deux espèces, afrotropicale et paléarctique (cf. photos ci-dessous). Car les Milans noirs (Milvus m. migrans) ne sont pas des derniers à traverser le Sahara pour regagner la Méditerranée ou leurs forêts natales d'Europe... Cigognes et Milans ne rechignent pas à se donner le mot pour voyager de concert... En fin de journée cette fois c'est évident, les douze Cigognes noires qui planent en altitude et à la verticale du hameau de Toddé (16h) arrivent du sud et vont faire halte quelque part aux franges du grand désert avant sa traversée décisive... Idem pour le sujet solitaire qui cherche à atterrir derrière le Djeuss (16h30), tandis que nous rentrons à Bango par la digue de Sanar.

Ci-dessous:
Milans - Milvus sp., et Cigogne noire - Ciconia nigra, 'exercices' pré-migratoires (11h40-45)
Toddé 2017 02 9 matin / © Photos par Frédéric Bacuez


Ah ces (foutus) Busards ! Et l'Aigle de Bonelli hivernant de Toddé (ouf !)

Au-dessus des Marigots et voisinage, au total pas loin d'une dizaine de Busards des roseaux (Circus aeruginosus), aujourd'hui; on sent que non seulement les sites humides se contractent mais aussi que la migration prénuptiale va bientôt commencer: les effectifs hivernants locaux sont peut-être renforcés par des sujets remontés du sud ou de l'hinterland en voie d'assèchement, venus se préparer ici à la grande traversée saharienne qui ne débute pourtant que début avril. Toujours une écrasante majorité de femelles, mais le nombre de mâles est en augmentation. Il y en a un, qui nous intrigue, avec des légers rappels de Busard Saint-Martin, et quelques détails du plumage aberrants (à mon humble avis), comme cette tâche marron sombre décalée vers la poitrine, le cou et la face au lieu de se tenir sur le ventre et le bas-ventre, blanchâtre sur ce sujet (cf. photos ci-dessous) ! Peut-être la mue finale d'un individu quasi adulte - je n'en sais trop rien à la vérité... Un jeune sujet (femelle ?) 'tendance' immature de Busard cendré (Circus pygargus) fait aussi deux apparitions: au loin d'abord, de l'autre coté d'une cuvette herbeuse sèche; puis à midi trente (cf. photo ci-dessous à d.), le rapace dégingandé inspecte les dépressions inter-dunaires en voguant d'une aile sur l'autre... En voyant briller les primaires internes des ailes, encore blanches et translucides dans le soleil, puis les couvertures secondaires sombres, j'en avais déduit un peu prématurément (sans même contrôler toutes mes vilaines images a posteriori) qu'il s'agissait d'un Busard pâle (Circus macrourus), la plus rare des trois espèces qui fréquentent notre région en hiver ! Heureusement notre vigilant camarade Simon Cavaillès est venu opportunément m'aligner ses doutes*... et suggérer puis confirmer qu'il s'agit d'un "jeune Busard cendré de 2e AC"... Il y a quatre ans pourtant, dans ces mêmes parages, tandis que fourbus nous étions avec mes gars vautrés dans le sable, sur le bas-coté de la piste de Mengueye-Toddé, un sujet plus jeune encore, probablement une femelle, était passée juste au-dessus de nous, prenant la piste comme fil conducteur de sa chasse*1... Et c'était bien un Busard pâle, l'observation photographique avait été, cette fois, confirmée et certifiée par les plus hautes autorités compétentes, ha ha ha !

* " (...) Les photos permettent d'y voir plus clair. C'est bien un Cendré de 2e année. Pour le sexe je ne sais pas. La tête et le haut de la poitrine ont mué, alors que les Busards pâles du même âge ne muent que plus tard sur les zones d'estivage pour la plupart. Il faut faire attention avec le critère des pointes des primaires pâles, en fin d'hiver les plumes sont bien usées et le dessin disparaît.
Là, un jeune Pâle serait en plumage juvénile ou très proche, et une femelle >1 an aurait un plumage type adulte, avec un bord de fuite de l'aile irrégulier (ici les secondaires sont gonflées et le bord de l'aile est propre), et il y aurait une barre blanche subterminale sur les rémiges secondaires.
Les Busards sont très compliqués, les photos sont d'une grande aide pour identifier correctement. "
- Echange avec Simon Cavaillès, 2017 03 6

A 16h, au carrefour des pistes sur la digue qui sépare le Khant-sud du Khant-nord: alors que défile dans le ciel un groupe de douze Cigognes noires (Ciconia nigra) en migration prénuptiale, à la verticale de la piste de Toddé et très haut dans le ciel encombré de particules fines, cercle un Aigle de Bonelli (Aquila f. fasciata), indifférent au jeune et frêle Busard, qui fait riquiqui à coté mais s'est mis en tête d'houspiller le grand et redouté chasseur ! Dans les jumelles, il me semble que l'Aigle de Bonelli est aussi un jeune sujet, de seconde année civile (donc né au début de l'année 2016), en plumage parfait de son âge à l'exception faite de la première rémige qui manque à l'aile droite (cf. photos ci-dessous à g. et en haut de notule). Depuis novembre je m'inquiétais de ne pas observer l'Aigle de Bonelli dans cette zone, hiver après hiver systématiquement occupé par au moins un individu, toujours un juvénile. par deux fois cette saison j'ai eu l'impression que le rapace dans le très lointain était un Aigle de Bonelli mais je n'avais jusqu'à aujourd'hui, 9 février, été rassuré quant à la présence d'un sujet en 2016-2017. Inquiétude légitime quand on sait qu'au minimum une ligne à moyenne tension défectueuse dans le sud-ouest marocain fait un carnage depuis deux ans au moins, en particulier chez les Aigles de Bonelli et les Aigles ibériques (Aquila adalberti)... Pas moins de 40 Aigles de Bonelli ont ainsi péri en 2015-2016 dans la région de Goulimine (Guelmim), retrouvés au pied de plusieurs pylônes, avec des oiseaux morts de six autres espèces. Si l'espèce a une large distribution mondiale, il est devenu dans l'ouest de sa répartition paléarctique le rapace diurne le plus menacé, le plus rare et aussi le plus difficile à protéger. En France, s'il y a un tout petit regain des effectifs (33 couples en 2015), le statut de l'Aigle de Bonelli y demeure extrêmement fragile, valant son inscription à la Liste rouge nationale et européenne UICN des espèces menacées de disparition, dans la catégorie Endangered/END-En danger. C'est dire combien la perte de dizaines d'oiseaux sur un seul site peut remettre en cause toutes les mesures de protection et de réhabilitation de Aquila fasciata.

* Lire:
Cas d’électrocution d’Aigle de Bonelli au Maroc, in Ligue pour la protection des oiseaux (LPO,France), 2016 12 9
Raptor mortality by electrocution in power lines in Morocco (report), in Magornitho 2016 09 4

Lire et voir sur Ornithondar:
*1 Une rareté orientale: un Busard pâle, près du Khant, 2012 12 23
*2 Un Aigle de Bonelli hiverne à Toddé, waouh !, 2011 10 30 et Fidèles du Toddé: un Aigle de Bonelli juvénile et la foultitude des voiliers, 2015 10 25
*3 Première mention sénégalaise d'un adulte d'Aigle de Bonelli, 2016 09 4


Ci-dessous:
en haut, mâle de Busard des roseaux - Circus aeruginosus, quelques détails atypiques... (16h12)
en bas à g., Aigle de Bonelli - Aquila f. fasciata, 2e AC (16h) - en bas à d., Busard cendré de 2e AC - Circus pygargus (12h40)
Toddé 2017 02 9 aprem' / © Photos par Frédéric Bacuez


OISEAUX / 83 + 1 espèces cochées, 5 sp. entendues
MAMMIFÈRES / 4 espèces cochées, 1 sp. entendue
REPTILES / 1 espèce
LÉPIDOPTÈRES / 1 espèce

Vu:
  • Pélican blanc (pelecanus onocrotalusgreat white pelican), ~8 ind. arrivant du N'Galam sur le Toddé
  • Pélican gris (pelecanus rufescenspink-backed pelican), 1 ind. en vol solo puis 4 + 2 + 2 ind. nageant ou reposant sur les lagons dégagés du marais [de Toddé] + 5 ind. arrivant sur le marais [de Toddé] à 12h30, en compagnie de Tantales
  • Cormoran africain (microcarbo a. africanuslong-tailed cormorant)
  • Anhinga (roux) d'Afrique (anhinga r. rufaafrican darter), 1 ind. femelle ou immature en vol [marais de Toddé-nord]
  • Crabier chevelu (ardeola ralloidessquacco heron), quelques ind. [marais de Toddé et marigot de Khant-sud]
  • Gardeboeuf d'Afrique (bubulcus i. ibiscattle egret)
  • Aigrette ardoisée (egretta ardesiacablack heron), effectifs désormais en chute libre, mais encore plusieurs ind. par petits groupes qui persistent à rester sur le périmètre...
  • Aigrette garzette (egretta g. garzettalittle egret)
  • Grande aigrette (ardea alba ssp. melanorhynchoswestern great egret)
  • Héron cendré (ardea c. cinereagrey heron)
  • Héron pourpré (ardea p. purpureapurple heron), 2 + 1 ind. ad. en vol
  • Tantale ibis (mycteria ibisyellow-billed stork), 7 ind. arrivent à 12h30 sur le marais [de Toddé]
  • Cigogne noire (ciconia nigrablack stork), 5 ind. arrivent du marais de Toddé à notre verticale, accompagnés par cinq à six Milans des deux espèces (11h45, cf. photos ci-dessus) + 1 ind. cerclant avec un Milan sp. (15h30) [Ndenent-Khant] + 12 ind. en migration prénuptiale S>N (16h+) [Khant-nord>hameau de Toddé>pont de Ndiaowdoune] + 1 ind. au-dessus de la digue de Sanar, cherchant à traverser le Djeuss pour se reposer avant la traversée du Sahara (~16h35)
  • Ibis falcinelle (plegadus falcinellusglossy ibis), quelques ind. [marigot de Khant-sud]
  • Spatule d'Afrique (platalea albaafrican spoonbill), ~6 ind. + 4 ind. au 'balayage' - dont ad. nourrissant encore 2 sujets immatures ! [marais de Toddé]
  • Spatule blanche (d'Europeplatalea l. leucorodiaeurasian spoonbill), plusieurs 'lignes' matinales en vol S>N du marigot [de Khant-sud] + ~220 ind. au repos sur un lagon du marais [de Toddé]
  • Ouette d'Egypte (alopochen aegyptiacaegyptian goose), 8 ind. sur le marais [de Toddé] en compagnie de Pélicans gris, Spatules des deux espèces et divers ardéidés
  • Sarcidiorne à bosse (Canard à bosse, Canard sylvicole, sarkidiornis melanotosknob-billed duck, african comb duck), 8 ind. en vol [marais de Toddé]
  • Oie-armée de Gambie (plectropterus g. gambensisnorthern spur-winged goose), 8 ind. en vol remontant le marigot [de Khant-sud]
  • Dendrocygne fauve (dendrocygna bicolorfulvous whistling-duck), 2 ind. volant au-dessus du marigot de Khant-sud
  • Dendrocygne veuf (dendrocygna viduatawhite-faced whistling duck), une à deux troupes de faible importance, au matin [marigot de Khant-sud]
  • Balbuzard pêcheur d'Eurasie (pandion h. haliaetuseurasian osprey), 1 ind. en vol [N'Galam] + 1 ind. [marigot de Khant-nord]
  • Pygargue vocifère (haliaeetus vociferafrican fish-eagle), 1 ind. ad. en vol [N2, croisement piste de Mengueye-route nationale]
  • Elanion blanc (elanus c. caeruleusblack-shouldered kite), 1 ind. remontant la berge du marigot de Khant-sud (7h48, cf. photo ci-dessous)
  • Milan noir (milvus m. migransblack kite), 20+ ind. se regroupent dans les airs (11h20): premiers rassemblements en vue de la migration prénuptiale + 4 ind. avec des Tantales et Pélicans gris [à la verticale du marais de Toddé] + 2 ind. [N'Galam]
  • Milan d'Afrique à bec jaune (Milan parasite, milvus aegyptius ssp. parasitus, yellow-billed kite), 5 ind. [N2, croisement piste de Mengueye-route nationale]
  • Busard cendré (circus pygargusMontagu's harrier), 1 à 2 ind. immatures, dont sujet de 2e AC au zénith (cf. photo ci-dessus) [Brousses de Toddé]
  • Busard des roseaux (circus a. aeruginosuswestern marsh-harrier), au total pas loin d'une dizaine de sujets - au moins 2 ind. survolant, souvent en duo, le marigot de Khant-sud dès le lever de soleil + 2 ind. mâles ensemble évoluant au-dessus des dépressions herbeuses + 1 ind. femelle [Khant-Toddé] + 1 ind. femelle (subadulte ?) + 1 ind. mâle [Toddé, cf. photos ci-dessus] + 1 ind. mâle et 1 ind. femelle [N'Galam-Khant sud]
  • Aigle de Bonelli (Aquila f. fasciata, Bonelli's eagle), 1 ind. de 2e AC (printemps 2016) avec plumage parfait à l'exception faite d'une première rémige absente à l'aile droite (cf. photos ci-dessus et en haut de notule) - Statut européen UICN: Endangered/EN-En Danger, inscrit à la Liste rouge française des espèces menacées de disparition, dans la catégorie Endangered/EN-En Danger)
  • Faucon crécerelle (falco t. tinnunculuscommon kestrel), 1 ind. en vol passant à l'aube
  • Francolin à double éperon (pternistis b. bicalcaratusdouble-spurred francolin), entend quelques ind. à l'aurore et à l'aube [Khant-sud] + 1 ind. pousse une gueulante en fin de matinée [mare voisine du marais de Toddé] + 3 ind. [bosquet autour d'une mare asséchée sur cordon dunaire]
  • Marouette à bec jaune (Râle à bec jaune, zapornia flavirostrablack crake), 1 ind. [mare voisine du marais de Toddé]
  • Gallinule poule-d'eau (gallinula c. chloropus, common moorhen), 3 ind. vus se poursuivant et d'autres entendus [mare voisine du marais de Toddé]
  • Talève d'Afrique (porphyrio madagascariensisafrican swamphen), 1 ind. en vol sur quelques dizaines de mètres [marais de Toddé]
  • Grue couronnée noire (balearica p. pavonina, -west africanblack crowned crane - Statut mondial: Vulnerable/VU-Vulnérablesur la Liste rouge de l'UICN des espèces menacées de disparition), cc local [marais de Toddé]
  • Oedicnème tachard (burhinus capensis ssp. maculosusspotted thick-knee), 2 ind. [cordon dunaire de Toddé]
  • Vanneau éperonné (vanellus spinosusspur-winged lapwing), dont 4 ind. ensemble
  • Sterne caspienne (hydroprogne caspiacaspian tern), quelques ind. en vols solitaires, au petit matin
  • Ganga à ventre brun/châtain (Ganga sénégalais, pterocles e. exustuschestnut-bellied sandgrouse), 13 ind. levés par quatre Milans sp. et un Busard cendré juvénile + 8 ind. levés + 2 ind. à l'envol
  • Tourtelette d'Abyssinie (turtur abyssinicusblack-billed wood-dove), 1 ind.
  • Tourterelle masquée (Tourterelle à masque de fer, oena c. capensisNamaqua dove) (cf. photo ci-dessous)
  • Tourterelle maillée (spilopelia/streptopelia s. senegalensislaughing dove)
  • Tourterelle pleureuse (streptopelia decipiens ssp. shelleyi, -Nigermourning collared-dove)
  • Tourterelle vineuse (streptopelia vinacea, vinaceous dove), 1 ind. en vol passant
  • Engoulevent à longue queue (caprimulgus c. climacuruslong-tailed nightjar), quelques ind. en fin de nuit - dont sujet entendu pousser une trille interminable ! + 3 ind. reposant dans un bosquet [Khant-Toddé] + 2 ind. toujours dans un bosquet [Toddé] (cf. photos ci-dessus et illustration en haut de notule)
  • Engoulevent à balanciers (caprimulgus/macrodipteryx longipennis, standard-winged nightjar), 1 ind. mâle en plumage nuptial donc avec ses deux filets, en vol venant du marigot passe à faible hauteur et quasiment au-dessus de nos têtes, aux premières lueurs du jour (cf. illustrations et photos ci-dessus et en haut de notule)
  • Martinet des maisons d'Afrique de l'ouest (apus affinis ssp. aerobateswest african little swift), 2 ind. chassant au petit matin avec les Hirondelles de rivage au-dessus des dunes arborées du Khant-sud + quelques ind. en altitude au-dessus de l'Aigle de Bonelli (16h+)
  • Martinet des palmes (cypsiurus p. parvusafrican palm swift), 4 ind. chassant au petit matin avec les Hirondelles de rivage au-dessus des dunes arborées du Khant-sud
  • Martin-chasseur pie (ceryle r. rudispied kingfisher), 1 ind. perché sur Tamarix senegalensis immergé [marais de Toddé]
  • Guêpier nain (merops p. pusilluslittle bee-eater), 3 ind. près de la mare aux Cigognes noires, désormais à sec et recouverte de sels
  • Coliou huppé (à nuque bleue, 'oiseau-souris', urocolius m. macrourusblue-naped mousebird), quelques petites bandes
  • Rollier d'Abyssinie (coracias abyssinicusabyssinian roller), 1 ind. ad. perché sur jeune baobab au-dessus d'un champ d'Euphorbia basalmifera (cf. photo ci-dessous)
  • Huppe fasciée d'Eurasie (upupa e. epopseurasian hoopoe), 1 ind. vu deux fois
  • Calao occidental (à bec rouge, tockus kempiwestern red-billed hornbill), quelques paires
  • Cochevis huppé du Sénégal (galerida cristata ssp. senegallensis, -Senegalcrested lark)
  • Moinelette sp. (eremopterix ssp., sparrow-lark sp.), ~5 ind. en vol passant [cuvette entre Khant et Toddé]
  • Hirondelle de rivage (riparia r. ripariacommon sand martin), centaines d'ind. de bon matin chassant et cliquetant au-dessus des dunes arborées du Khant-sud
  • Hirondelle de Guinée (hirundo l. lucida, red-chested swallow), 1 ind. en vol passant [mare boisée près du marais de Toddé]
  • Bergeronnette grise (motacilla a. albawhite wagtail), 2 ind. en vol passant au petit matin [Khant-sud]
  • Bergeronnette printanière (motacilla f. flavablue-headed wagtail), nombreuses au petit matin dans les sables du cordon arboré [Khant-sud]
  • Bergeronnette ibérique (motacilla flava ssp. iberiaespanish wagtail), quelques ind. [idem]
  • Gorgebleue à miroir blanc (luscinia svecica ssp. cyanecula, white-spotted bluethroat), 1 ind. très intéressé par notre présence, se met à découvert au sol à par deux fois pour nous scruter, cou étiré (cf. photo ci-dessus) ! [mare boisée près du marais de Toddé]
  • Rougequeue à front blanc (phoenicurus p. phoenicuruscommon redstart),  1 + 1 ind. femelle familier [mare voisine du marais de Toddé]
  • Traquet motteux (oenanthe o. oenanthenorthern wheatear), 1 ind. + 1 ind. + 1 ind. en mue prénuptiale (deux plumes en train de se détacher, cf. photo ci-dessous)
  • Agrobate mineur (cercotrichas m. minorafrican scrub-robin), 1 ind. à l'aube
  • Agrobate roux (cercotrichas g. galactotesrufous-tailed scrub robin), 1 ind. peu de temps après le premier Agrobate, et tout de même plus gros
  • Agrobate podobé (cercotrichas p. podobeblack scrub-robin), 2 ind. particulièrement actifs et volubiles, juste à coté de nous [mare boisée près du marais de Toddé]
  • Phragmite des joncs (acrocephalus schoenobaenussedge warbler), plusieurs ind. entendus et 2 ind. bien observés sur mare avec herbiers [près du marais de Toddé]
  • Erémomèle sp. (eremomela sp., eremomela sp.), 1 ind. de gonakier en gonakier [cuvette herbeuse]
  • Pouillot véloce (phylloscopus c. collybita, common chiffchaff), particulièrement bondant en boisements denses, notamment près d'une mare proche du marais de Toddé
  • Fauvette grisette (curruca c. communiscommon whitethroat), 1 ind. au petit matin + 1 ind. femelle 
  • Fauvette passerinette (curruca i. inornata, western subalpine warbler), 1 ind. mâle dans la ripisylve d'une mare [voisine du marais de Toddé] + 1 ind. 
  • Cisticole des joncs (du Nigeria, cisticola juncidis ssp. uropygialisnigerian zitting cisticolafan-tailed cisticola), 2 ind. + 5 ind. ensemble + 1 ind. + 1 ind. + 1 + 1 ind.
  • Pririt/Batis du Sénégal (Gobemouche soyeux du Sénégal, batis senegalensis, Senegal batis), un total de trois couples - un cc + vu 1 ind. mâle hystérique avec (en)vols territoriaux autour de nous et entendu 1 femelle entendue + un cc
  • Souïmanga à poitrine rouge (chalcomitra s. senegalensisscarlet-chested sunbird), 2 ind. en vol passant [piste de Toddé]
  • Pie-grièche à tête rousse (lanius s. senatorwoodchat shrike), au total 1 + 1 + 1 + 1 ind. mâle, déjà en plumage frais prénuptial
  • Corbeau pie (corvus albuspied crow), 1 ind. en vol matinal 
  • (buphage) Piqueboeuf à bec jaune (buphagus a. africanusyellow-billed oxpecker), 2 ind. sur leurs hôtes bienveillantes d'un troupeau de vaches au repos [marais de Toddé]
  • Moineau doré (passer luteusSudan golden sparrow)
  • Tisserin à tête noire (ploceus melanocephalus ssp., black-headed weaver)
  • Travailleur à bec rouge (quelea queleared-billed quelea)
  • Euplecte sp. (euplectes sp., bishop sp.), 1+ ind. en vol passant [mare boisée près du marais de Toddé]
  • Amarante (commun) à bec rouge (du Sénégal, lagonosticta s. senegalared-billed firefinch), quelques ind.
  • Bengali zébré (amandava s. subflavazebra waxbill), plusieurs bandes dont troupe de 30+ ind. dans une dépression herbeuse [Khant-Toddé]

Entendu:
Oedicnème du Sénégal (burhinus senegalensisSenegal thick-knee) / Huppe fasciée d'Afrique de l'ouest (Huppe du Sénégal, upupa -epopssenegalensis ssp. senegalensiswestern african hoopoe), 1 ind. pupule [brousses de Khant-Toddé] / Torcol fourmilier (jynx t. torquilla, eurasian wryneck), 1 ind. avec deux types de sons: le cri de type rapace classique mais beaucoup plus atténué que dans le Paléarctique et de petits appels irréguliers, sans doute le sujet vu et écouté sur ce même site le 31 décembre 2016 / Crombec sitelle (sylvietta b. brachyuranorthern crombec), 1 ind. en sous-bois [mare voisine du marais de Toddé] / Tchagra à tête noire (tchagra s. senegalusblack-crowned tchagra), 1 ind. /

Plumes de rapace sp. dont duvet et rémiges au sol, au pied d'un bosquet: sujet prédaté ?

Ci-dessous, de haut en bas:
à g., Tourterelle masquée - Oena capensis, mâle ad. (7h55) - à d., Elanion blanc - Elanus c. caeruleus, au petit matin (7h48)
à g., Rollier d'Abyssinie - Coracias abyssinicus, sur jeune baobab (9h17) -  à d., Traquet motteux - Oenanthe o. oenanthe, en mue prénuptiale (12h45)
2017 02 9 matin / © Photos par Frédéric Bacuez


AUTRES:

  • Phacochère commun (phacochoerus africanuscommon warthog), 1 seul ind., avec deux belles dents, bas sur pattes [marais de Toddé]
  • Patas 'singe rouge' (erythrocebus pataspatas monkey), 3+ ind. sur la dune arborée qui surplombe le marais [de Toddé-nord] + 20+ ind. dont guetteurs, traversant le lit du marigot [de Khant nord] ici désormais à sec mais bien en herbes, au milieu des vaches et chèvres qui broutent
  • Lièvre des savanes (lepus - microtis - victoriae, african savanna hare), 1 ind. en fin de nuit + 1 ind. à l'aube + 1 + 1 ind. [cordon dunaire de Toddé]
  • Écureuil terrestre du Sénégal (xerus erythropusstriped ground squirrel), 2 ind. en pied de cordon dunaire - ad. et sujet jeune- + 1 ind. [Toddé] + 1 ind. [N'Galam] + 1 ind. [brousses de Toddé-Khant sud]
Entendu:
Chat ganté (felis silvestris ssp. libyca, african wild cat), 1 ind. feule dans la brousse de Ndenent/Toddé, en toute fin de nuit

Terriers (cf. photos ci-dessous): nouveaux trous ajoutés à d'anciens, de Chat ganté (felis silvestris ssp. lybica) et de Renard pâle (vulpes p. pallida) dont site de galeries effondrées, inachevées et/ou abandonnées et une ouverture récemment creusée
Quelques trous d’Écureuil terrestre (xerus erythropus) et de Petite gerboise d'Egypte (jaculus jaculus)
Plusieurs boutis, bauges et salines minérales de Phacochère commun (phacochoerus africanus)
Latrines très garnies en fèces et utilisées depuis plusieurs saisons par la Genette commune d'Afrique (Genetta genetta ssp. felina) - avec vieux dépôt, moins ancien et actuel crottoir (cf. photos ci-dessous)

  • Varan de savane (varanus exanthematicus, savannah monitor), au petit matin, 2 ind. assoupis dans un Prosopis, à califourchon chacun sur sa branche, à deux étages différents... Sujets pas très vieux (cf. photos ci-dessous).
  • (petit) Monarque d'Afrique (danaus chrysippus ssp. chrysippuscommon plain tigerlesser wandererqueen butterfly, 'african queen')
  • Nombreuses araignées aux yeux scintillants dans l'obscurité

Ci-dessous:
Terriers de Chat(s) ganté(s) - Felis silvestris ssp. lybica
cordon dunaire du Khant-sud 2017 02 9, 8h10-23 / © Photos par Frédéric Bacuez
- Cliquer sur les photos pour agrandir -
 Ci-dessus:
Crottoir de Genette(s) commune(s) d'Afrique - Genetta genetta ssp. felina
2017 02 9, 14h38 / © Photos par Frédéric Bacuez

Ci-dessous:
deux Varans de savane - Varanus exanthematicus, au point du jour endormis à califourchon dans le Prosopis
2017 02 9, 7h24-27 / © Photos par Frédéric Bacuez
- Cliquer sur les photos pour agrandir -


* Bango-élevage-

  • Oedicnème du Sénégal (burhinus senegalensis), quelques ind. aux abords du réservoir du Djeuss (~5h)
  • Effraie d'Afrique (tyto alba ssp. affinis, african barn owl), 1 à 2 ind. chuintent autour de 5h du matin et de la citerne 'Coup de torchon'

Ci-dessous:
au lever du soleil, derrière le marigot de Khant-sud et la mosquée de Mengueye
2017 02 9, 7h41 / © Photo par Frédéric Bacuez

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