" Quand y aura-t-il des observateurs qui nous rendront compte de ce que font nos hirondelles au Sénégal et nos cailles en Barbarie ? "
- Comte de Buffon, 1737
" Mal nommer les choses, c'est ajouter au malheur du monde "
- Albert Camus

mardi 31 mars 2015

Février-mars: trois vagues d'harmattan sableux, pffff !...

2015 02 27 matin, depuis le pont Faidherbe: les quais de l'île patrimoniale et le Bou el Mogdad dans le fog saharien...
/ © Photo par Sidiki B. O. pour Ornithondar

Voir aussi ICI sur Facebook, 2015 02 27

* Du Tchad à l'Atlantique via le Ferlo et la vallée du fleuve Sénégal-

23 mars, Journée mondiale de la météo.
Le 29 mars au crépuscule, dans le taxi qui m'emmenait sur l'île de Ndar:
- Il a fait bien chaud, aujourd'hui. Et poussiéreux, dis-je...
- Normal, avec la mauvaise saison des pluies, il n'y a pas d'herbes au sol pour retenir le sable quand le vent se lève !

On devait s'y attendre: après une mauvaise mousson, la saison sèche est immanquablement poussiéreuse et... sèche... Le tapis herbacé, quand il a existé, a vite été avalé ou piétiné par le surnombre des bovins. Et quand l'harmattan survient à la mi-novembre dans l'hinterland, plus tard sur notre littoral sénégalais, le moindre souffle d'orient soulève ses embruns de sables. Il faut imaginer le parcours de ce vent d'est et ce qu'il peut charrier si les conditions au sol lui sont favorables: l'harmattan, ce vent de la saison sèche indissociable du Sahel avec une influence sur toute l'Afrique occidentale jusqu'au Golfe de Guinée... L'harmattan, vent mythique, saloperie de vent, troublant les horizons et les cieux, transportant toutes les particules et autant de germes, dont, entre autres poisses, la mortelle méningite spino-cérébrale*1... Né dans le Djourab tchadien, il balaye plus de 4 500 kilomètres de steppes d'est en ouest, plutôt en diagonale, avalant le peu de bonnes terres pour les jeter à l'Atlantique, ou par-dessus l'immensité océane les offrir comme oligo-nutritifs à la forêt guyanaise et amazonienne, en Amérique du sud*2 - c'est un comble !

*1 Lire Fratmat.info (Côte d'Ivoire), 2014 12 13


Ci-dessus: 2015 02 26 & 28, les bourrasques d'harmattan, du Sénégal à l'Atlantique ! 
Point rouge = Saint-Louis-du-Sénégal / © Photos NASA
- Cliquer sur les photos pour agrandir -

Dans la vallée et le bas-delta du fleuve Sénégal, c'est une saison sèche climatiquement déréglée, en plus de la... sécheresse... Les alizés marins sont plus faibles que les vents d'harmattan, la fraîcheur côtière ne résiste pas aux assauts des mini-crises caniculaires venues de l'intérieur... On ne compte plus les sautes d'humeur du 'fameux' climat saint-louisien. On  se lamente des poussées répétitives et tardives de l'harmattan: pas moins de trois vagues en un mois et demi, depuis fin février, succédant à un mois de décembre déjà fort tourmenté (cf. photos ci-dessous) ! Celle des 26 et 27 février est des plus spectaculaires - les satellites de la NASA ont parfaitement saisi la progression des rideaux de sable qui ont déferlé sur le Sénégal, ses Grande et Petite Côtes puis l'Atlantique jusqu'aux îles du Cap-Vert (cf. photos ci-dessus). Dernier en date des rezzous sablonneux, les 29 et 30 mars - hier... Aujourd'hui, le vent est tombé, il fait lourd: dans la cuisine, l'assiette de plastique qui couvrait le poisson à décongeler n'a pas tenu le choc thermique: froid en dessous, inhabituellement chaud au-dessus... Le couvercle a craqué !

Voir d'autres photos sur Facebook, 2015 02 27

* Voir: Suivi de la production végétale 2014.pdf, in Centre de Suivi Écologique (CSE), Dakar novembre 2014
Ainsi que: Reliefweb.int/sites//Senegal2014.pdf 

Ci-dessous: 2014 12 28 à Saint-Louis-du-Sénégal 
dans le brouillard d'harmattan: l'ex gare ferroviaire et le marché de Sor, le fleuve et le pont Faidherbe, l'île patrimoniale de Ndar 
/ Courtesy © Photos par Eddy Graëff pour Saintlouisdusenegal et Ornithondar

samedi 28 mars 2015

28, fauvettes grisettes, dernier arrêt avant le Sahara

2015 03 28 16h55, fauvette grisette dans un balanites aegyptiaca en fleurs, derrière le Ranch de Bango / © Photo par Frédéric Bacuez

* Le tour du Ranch de Bango-

16h25-18h15-
A pied.
Temps: bien plus chaud qu'hier...

Plus on cause de l'impérieuse nécessité de planter et de préserver le couvert arboré... plus... on coupe et déboise ! Les gens du terrain le vérifient, partout, même si le spectacle industriel de la déforestation amazonienne ou les incendies qui ravagent chaque année les latitudes pré-guinéennes d'Afrique sont plus télégéniques que l'éclaircissement quotidien des petites brousses et le raccourcissement des arbustes dans la savane soudano-sahélienne... Et pourtant ! Jamais on a autant haché, coupé, déchiqueté, décapité, déraciné, et même dessouché, sur les marges sahéliennes ! Jamais les charbonniers et les experts de la machette n'ont autant travaillé ! Seuls les hébétés s'en étonneront: mais l'explosion démographique dont tout le monde se contrefiche, en Afrique, fait son oeuvre - et c'est l'environnement qui en prend plein la gueule ! Comme une lèpre, elle s'étale, s'infiltre partout, gagne tous les terrains... Populations ahuries d'ignorance et de précarité, abandonnées à leur misérable destinée, contraintes de survivre dans des pays qui ne cessent de chanter le "progrès" tcha tcha - son "développement" et sa "croissance"- depuis les quartiers kitsch de la capitale... C'est en tout cas la croissance exponentielle de l'oignon, ici dans le delta sénégalais ! Tout le monde cultive les oignons, on finit même par se demander si on ne les croque pas comme on croquait... les arachides, en d'autres temps ! Pas la moindre parcelle plus ou moins éloignée de l'eau qui ne soit pas débroussaillée pour y faire fleurir le bulbe à la mode ! Petites gens d'un coté manipulées par les prédateurs de toutes les chapelles (chefferies affairistes, religieux immoraux, petits commerçants cupides, fonctionnaires véreux, politicards profiteurs), et de l'autre laissées à leur débrouillardise et aux espérances illusoires qui vont avec, dans des sociétés individualistes au possible et dans lesquelles chacun fait ce qu'il veut, comme il veut, où il veut - et comme il peut. Bref...

Le Ranch de Bango, bientôt un îlot au milieu de... rien

Il y a quelques années, se rendre au Ranch de Bango c'était un peu retrouver Dame nature aux portes de Saint-Louis, au bord du Lampsar et au milieu des boisements de prosopis ou de myrobolans d'Egypte,... Les grands arbres, les jolis chevaux, les p'tits oiseaux, la passée des canards pour aiguiser l'appétit de sa clientèle de Tartarins, sa piscine pour les unes, son bar pour les autres... L'hôtel ressemble aujourd'hui à Fort Bravo, derrière ses murs hérissés de barbelés: alentour, les petites brousses disparaissent, assaillies de toutes parts - inévitablement on entend les coups mortels sur le tronc des arbres... Du coté bangotin, les tas de briques annoncent que les dernières parcelles vierges seront bientôt murées tandis que sur la berge du Lampsar, les terrassements attendent de nouvelles demeures privées, blanches ou noires, avec vue directe sur les typhas... Du coté de Sanar, le maraîchage de subsistance vient buter sur les grilles d'une exploitation de tomates qui change régulièrement de nom mais pas de destination: l'Europe de contre-saison...

Ci-dessous: 2015 03 28 autour du Ranch de Bango, le déboisement s'accélère... Au loin, Sanar s'étend... 
© Photos par Frédéric Bacuez
- Cliquer sur les images pour agrandir -


Les fauvettes grisettes, très sensibles aux aléas climatiques

C'est dans les myrobolans (alias dattiers du désert, balanites aegyptiaca) épargnés par la furia qu'en cette fin de journée, des fauvettes grisettes (sylvia communis ssp. communis) se regroupent après un après-midi bien chaud. Dans un vénérable balanites qui survit à l'angle sud du Ranch, bien que du mauvais coté du mur qui ceinture l'hôtel comme comme un camp retranché (cf. photos ci-dessous et en haut de notule), il y en a jusqu'à cinq ensemble se disputant âprement les proies, se poursuivant comme si la parade nuptiale avait déjà commencé ! Les arbres, hélas symptomatiques de terres dégradées par le bétail, sont en début de floraison; ils attirent donc de nombreux insectes et les fauvettes en profitent pour se gaver avant d'entamer la partie la plus délicate de leur voyage prénuptial vers le nord: la traversée du Sahara. Si la grisette peut se rencontrer de fin août à fin avril partout au Sénégal et dans l'Afrique essentiellement soudano-sahélienne, le bas-delta sénégalais héberge un fort contingent de l'espèce car cette fauvette affectionne tout particulièrement "la steppe arbustive épineuse" (in Morel G. J. & M.-Y., Les oiseaux de Sénégambie); les grisettes françaises sont d'ailleurs réputées hiverner strictement au Sahel. On les rencontrera, avec la fauvette passerinette (sylvia cantillans), y compris aux abords immédiats du fleuve Sénégal, dans les boisements nains de la plaine alluvionnaire. Ce soir, une grisette se permettait de poursuivre une cisticole roussâtre (cisticola galactotes ssp. amphilectus) jusque dans les premiers roseaux limitrophes du Lampsar !

" Elle ne demande rien, la Grisette, 
quelques ronces entourées d'herbes folles suffisent à son bonheur. 
Mais 
son idéal ne cadre malheureusement pas avec celui du 'propre en ordre' helvétique, 
qui ne laisse aucun répit aux moindres broussailles "


Les fauvettes grisettes du jour me paraissent bien maigrichonnes, à l'exception peut-être de l'une de celles qui se sont brièvement poursuivies jusque sur les fils barbelés (cf. photo ci-dessous à g.). Peut-être une majorité de jeunes sujets mais à la vérité pas très dodues pour prendre la voie transsaharienne, dans les prochains jours. La sécheresse qui a succédé à une très mauvaise pluviométrie a certainement eu des conséquences néfastes sur les stocks d'insectes, de larves et autres araignées de la brousse dont se gavent nos grisettes lors de leur séjour subsaharien. On sait que les grandes sécheresses des années '70 et '80 avaient eu un impact désastreux sur la dynamique de population des grisettes, ici au Sahel - avec une forte mortalité subsaharienne- et surtout en Europe dont on sait, depuis peu, que la reproduction des passereaux migrateurs au long cours dépend fortement des capacités d'accueil (alimentation, climat, environnement) sur leurs sites d'hivernage ! Depuis une décennie, après une reprise très nette des effectifs dans les années '90 (on estime le nombre européen de grisettes à 14 millions de couples nicheurs, in BirdLife International 2006), on assiste à un nouveau recul de la fauvette grisette suite à l'uniformisation impitoyable des campagnes, et à l'éradication des buissons, haies, friches, lisières forestières: au cordeau, la vieille Europe hygiéniste comme un parking d'hypermarché ! La France a précautionneusement classé le passereau sur sa Liste rouge nationale des espèces menacées de disparition (UICN/France), dans la catégorie 'NT/Near Threatened-Quasi menacée' tandis que la Suisse n'hébergerait plus qu'un millier de couples nicheurs... L'avenir est gris, pour ce petit oiseau qui a tant inspiré écrivains et poètes (Lire ICI ou ci-après)... Oiseau, poète, à quoi ça sert, ces trucs-là, d'abord ?

Huit espèces de fauvettes dans le bas-delta

Au Sénégal, c'est le bas-delta du fleuve, entre le lac de Guier et la vallée fossile du Ferlo, à l'est, et le Gandiolais, à l'ouest, qui accueille en hiver le plus grand nombre d'espèces de fauvettes paléarctiques: jusqu'à 8 espèces, dont certaines y stationnent en nombre considérable, comme la fauvette passerinette. Trois d'entre elles ne seront observables au Sénégal qu'ici, dans cet extrême nord-ouest du pays: la fauvette à lunettes; la fauvette mélanocéphale; et, éventuellement, la fauvette babillarde.

Par ordre de fréquence:
  1. Fauvette passerinette (sylvia cantillans ssp. cantillans et inornata): début août/fin avril; rares estivantes. La plus commune des sylvidés, parfois très commune, en particulier dans le bas-delta et le Walo.
  2. Fauvette grisette (sylvia communis): fin août/fin avril. La "population considérable" qui hivernait dans la vallée du fleuve a... considérablement décliné, depuis les années '70 du siècle passé.
  3. Fauvette à tête noire (sylvia atricapilla): pas avant le 15 octobre/printemps. Populations fluctuantes en fonction de la rigueur hivernale dans le bassin méditerranéen. Hiverne notamment dans la vallée du fleuve, avec une préférence pour les jardins. Quelques non reproducteurs estivent.
  4. Fauvette des jardins (sylvia borin): bien visible lors de la migration postnuptiale (mi-septembre/fin novembre), moins au printemps (avril/début mai). Si elle hiverne au sud de la zone soudanienne, elle vagabonde volontiers à l'automne et même à partir de février dans la vallée du fleuve Sénégal, lors de la remontée.
  5. Fauvette orphée (sylvia hortensis): passage postnuptial, mi-septembre/fin octobre; migration prénuptiale, mars/mai. Hivernage localisé dans les steppes arbustives et en particulier sur les cordons dunaires arborés du Dieri où elle peut être alors assez commune.
  6. Fauvette à lunettes (sylvia conspicillata): période de stationnement imprécise, peut-être plus erratique qu'hivernante; certaines années, pas rare. Notamment dans le Gandiolais.
  7. Fauvette mélanocéphale (sylvia melanocephala): peut-être novembre/mars, rare hivernante, affectionnant les buissons de tamarix et de salicornes, par exemple dans la plaine alluvionnaire, mais aussi, parfois, les jardins.
  8. Fauvette babillarde (sylvia curruca): rare à épisodique hivernante (octobre/mars), exclusivement dans la basse vallée du fleuve, de la vallée du Ferlo au Walo, évitant le littoral.
Sources: 'Les oiseaux de Sénégambie', notices et cartes de distribution, par Gérard J. & Marie-Yvonne Morel

Lire aussi: Migraction.net/Fauvette grisette
Et Ornithomedia.com/Distinguer-fauvettes-grisette-lunettes-passerinette

Ci-dessous: 2015 03 28, deux fauvettes grisettes sur les fils barbelés du Ranch de Bango 
/ © Photos par Frédéric Bacuez
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" Elle vole et c'est pourtant un petit fauve, d'où son nom de fauvette, qui se prononce en faisant circuler énormément d'air entre les lèvres. Elle est petite et ses yeux sont souvent tristes à force de voir le monde d'en haut, ce qui n'est pas forcément un avantage, à en croire certains corbeaux qui ne volent que sur le dos. Il est déconseillé de regarder la fauvette droit dans les yeux afin de ne pas se laisser gagner par son humanité de plume, plus rouge que la gorge de la frégate, plus tranchante encore que le bec acéré de l'aigle, plus infiniment délicate que le bleu dont le martin-pêcheur s'entoure. La parure de la fauvette est d'air et de musique d'air, impalpable et gracieuse, et ses yeux tristes se contentent de la chanter silencieusement, avec la constance perçante des vestales et des rancœurs farouches, de celles qu'on ne trouve que dans les flaques d'eau de pluie. Croiser le regard de la fauvette, c'est se retrouver trempé jusqu'aux os d'une vérité plus insupportable que celle que livrent certains miroirs à certaines heures, lorsque la lumière décroît et que le froid s'installe. Il est des fauvettes qui se refusent à voler afin de ne pas froisser la sensibilité extrême des humains qui les fréquentent. Elles cachent alors leurs ailes dans les replis de leur pardessus à capuche, ce qui leur donne un petit air bossu et des grâces de provinciale phtisique dignes de certains personnages de Flaubert. On les reconnaît au fait qu'elles parlent comme on vole lorsque l'on sait voler, avec de brusques changements de cap et des précisions d'avion de chasse britannique. Leur conversation est un enchantement et la douceur de leur propos donne envie de leur caresser les plumes d'une main prudente, pour ne pas les ensauvager."
- Michel Hardy

OISEAUX / 35 espèces cochées, 4 sp. entendues
MAMMIFÈRES / 1 espèce cochée
REPTILES / 1 espèce vue
AUTRES / 1 espèce vue

Vu:
  • Cormoran africain (phalacrocorax africanus ssp. africanuslong-tailed cormorant) [Lampsar 'doux']
  • Héron garde-bœuf (bubulcus ibis ssp. ibiscattle egret), 1 ind. en vol AR
  • Héron pourpré (ardea purpurea ssp. purpurea, purple heron), 1 ind. en vol 
  • Milan parasite (milvus parasitusyellow-billed kite)
  • Francolin à double éperon (francolinus bicalcaratus, double-spurred francolin), 1 ind. 
  • Jacana à poitrine dorée (actophilornis africanaafrican jacana)
  • Oedicnème du Sénégal (burhinus senegalensis, Senegal thick-knee), 20+ ind. (cf. photos ci-dessous)
  • Vanneau éperonné (vanellus spinosus, spur-winged lapwing), 2 + 2 + 2 ind.
  • Tourterelle maillée (streptopelia senegalensis ssp. senegalensis, laughing dove)
  • Tourtelette d'Abyssinie (turtur abyssinicus, black-billed wood dove), 1 ind.
  • Pigeon roussard (de Guinée, columba guinea ssp. guineaspeckled pigeon), vols du soir [hinterland>delta]
  • Tourterelle pleureuse (streptopelia decipiens ssp. shelleyiafrican mourning dove)
  • Martinet des maisons (apus affinis ssp. aerobateslittle swift), 6 ind. chassent à la verticale du Ranch
  • Martinet des palmes (cypsiurus parvus ssp. parvus, african palm swift), 2 ind.
  • Martin-chasseur strié (halcyon chelicuti ssp. chelicuti, striped kingfisher), 1 ind. sur le fil télégraphique répond à 1 autre ind. invisible (cf. photo ci-dessous)
  • Alcyon pie (ceryle rudis ssp. rudis, pied kingfisher), 1 à 2 ind.
  • Guêpier nain (merops pusillus ssp. pusilluslittle bee-eater)
  • Guêpier de Perse (merops persicusblue-cheeked bee-eater), plusieurs ind. dans le ciel [du Ranch et alentour]
  • Calao à bec noir (tockus nasutus, african black-billed hornbill), 1 + 2 ind. immatures à la cime d'un grand eucalytus
  • Barbican de Vieillot (lybius vieillotii, Vieillot's barbet), 1 ind. [sur un arbre en lisière de typhaie]
  • Hirondelle de rivage (riparia ripariacommon sand martin)
  • Hirondelle rustique (hirundo rusticabarn swallow), 5 ind. adultes en vol à 18h
  • Bergeronnette grise (motacilla alba, white wagtail), 1 ind. en mue nuptiale [ancien site de tournage du film 'Coup de torchon'] +  1 ind. au bord des herbiers du Lampsar
  • Bulbul des jardins (pycnonotus barbatus ssp. inornatus, common bulbul)
  • Rougequeue à front blanc (phoenicurus phoenicurus ssp. phoenicuruscommon restart), 1 ind. mâle en livrée (quasi) nuptiale [arbustes en lisière des herbiers du Lampsar]
  • Agrobate roux (cercotrichas galactotes ssp., rufous scrub robin), 1 ind. [couvert boisé]
  • Fauvette grisette (sylvia communis ssp. communis, common whitethroat), passereau hivernant le plus commun du jour - dans des balanites aegyptiaca puis sur des barbelés (cf. photos ci-dessus et en haut de notule) !- et 1 ind. poursuivant une cisticole roussâtre jusque dans les premiers roseaux des herbiers du Lampsar
  • Fauvette passerinette (sylvia cantillans, subalpine warbler), 1 ind. mâle en mue prénuptiale dans un ficus [du Ranch]
  • Cisticole roussâtre (cisticola galactotes ssp. amphilectuswinding cisticola), 1 ind. poursuivi par une fauvette grisette !
  • Souïmanga à longue queue (cinnyris pulchellusbeautiful sunbird)
  • Gonolek de Barbarie (laniarius barbarus ssp. barbarus, yellow-crowned gonolek), 1 + 1 ind. dans un balanites aegyptiaca
  • Tchagra à tête noire (tchagra senegalus ssp. senegalus, black-crowned tchagra), 1 ind. au sol dans la brousse ravagée par les Hommes [derrière le Ranch] - tout près des fauvettes grisettes 
  • Moineau doré (passer luteusSudan golden sparrow)
  • Tisserin à tête noire (ploceus melanocephalus ssp. capitalisblack-headed weaver)
  • Amarante du Sénégal (lagonosticta senegalared-billed firefinch), un cc + un cc
Et laridés divers au-dessus du Lampsar 'doux'

Entendu:
Pygargue vocifère (haliaeetus vocifer), 1 ind. / Calao à bec rouge (tockus kempi), 1 ind. / Barbion à front jaune (pogoniulus chrysoconus ssp. chrysoconus), 1 ind. / Crombec sitelle (sylvietta brachyura ssp. brachyura), 2 ind.

Ci-dessous: 2015 03 28, fin de journée près du Ranch de Bango:
à g., martin-chasseur strié, chanteur - au centre et à d., oedicnèmes du Sénégal
/ © Photos par Frédéric Bacuez
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AUTRES:
  • Lièvre des buissons (à oreilles de lapin, de Crawshay, lepus saxatilisscrub hare), 1 à 2 ind.
  • Agame des colons (alias 'margouillat', agama agama), 2 ind. femelles
  • Petit monarque d'Afrique (danaus chrysippus ssp. chrysippuscommon plain tigerlesser wandererqueen butterfly, 'african queen'), 1 ind.

vendredi 27 mars 2015

27, Ranch de Bango: un guêpier à gorge blanche bien précoce !

Guêpier à gorge blanche, zone sylvo-pastorale des Six forages, Ferlo 2011 

* Ranch de Bango -

FIN d'APREM'-
Vu un guêpier à gorge blanche (merops albicolliswhite-throated bee-eater) à la cime de deux prosopis voisins, dans l'enceinte du garage du Ranch de Bango (cf. photo ci-contre): une première fois du coin de l'oeil, l'oiseau remontant du sol dans l'un des deux arbres; puis, par deux fois - y compris dans la longue-vue-, à partir de la diguette du marais proche: le guêpier observait les environs du bosquet, depuis le faîte des prosopis. L'oiseau n'est pas un adulte, les brins de la queue n'étant pas très visibles.

Ci-contre: les prosopis du guêpier à gorge blanche
2015 03 27 17h35 / © Photo par Frédéric Bacuez


Nota 1: le guêpier à gorge blanche est un migrateur intra africain bien connu des naturalistes et des... agriculteurs de l'Afrique soudano-sahélienne. Comme le calao à bec noir (tockus nasutus, Lire ICI sur Ornithondar) ou le coucou didric (chrysococcyx caprius) il annonce la remontée ou le reflux des vents de mousson annonciateurs de la saison humide puis de la saison sèche. Les passages 'printanier' et 'automnal' de ces trois espèces sont groupés et bruyants. A haute altitude comme les guêpiers à gorge blanche: même de la ville agitée, par exemple à Ouagadougou (Burkina Faso), on peut d'en bas entendre leur passée sud-nord dans le ciel surchauffé des mois d'avril et mai ! Au ras des petits arbres ou des champs en train d'être récoltés comme les calaos à bec noir, en vols nord-sud lâches et ondulants... Comme pour nombre d'espèces afrotropicales qui suivent les flux et les reflux de la mousson, le déplacement des oiseaux du Golfe de Guinée vers les confins soudano-sahéliens est plus étalé lors de la remontée sud-nord du Front de convergence inter tropical (FIT) qu'à l'occasion de son repli vers la ceinture forestière. Rien de surprenant quand on sait que l'installation de l'hivernage (la période propice à l'agriculture tributaire des averses de la mousson) est beaucoup plus complexe et aléatoire, lente et capricieuse que la fin des pluies, assez radicale: de mars à juillet voire début août sur les marges sahariennes, dans le premier cas; octobre, parfois même mi-septembre, rarement novembre, dans le second cas.

Nota 2: cette première observation 'printanière' de l'année d'un guêpier à gorge blanche dans le bas-delta du Sénégal est la plus précoce jamais faite par Ornithondar - depuis 2006 en tout cas... A la fin des années 2000 et au début de la décennie suivante nous avions documenté l'arrivée et le départ de deux espèces symboliques dans la zone, chrysococcyx caprius et merops albicollis. En ce qui concerne le guêpier à gorge blanche, nous avions noté que l'arrivée dans le nord sénégalais est progressive et aléatoire comme, en effet, les flux de la mousson... Le départ, là aussi, est plus restreint dans le temps.

2008: du 7/06 au 21/10
2009: du 22/04 au 26/10
2010: du 17/05 au 1/11

2015: premier guêpier albicollis le 27/03 !

Du Golfe de Guinée et de l'équateur (en bleu) au Sahel (en jaune)
/ Courtesy Aerien.ch/

27, très local en Afrique, le prinia aquatique est... bangotin !

2015 03 27 17h50, un prinia aquatique (prinia fluviatilis) dans les typhaies du Lampsar 'doux', près du Ranch de Bango / © Photo par Frédéric Bacuez


* Sur les rives du Lampsar, près du Ranch de Bango-

SOIR, 16h-18h30-
A pied. Avec Abdoulaye Sow.
Temps: disparition totale des vents du nord; ciel bleu, légère hausse de la chaleur d'après-midi.

C'est dans les herbiers inondables, les roselières et les typhaies qui bordent le Lampsar et ses deux affluents, le Ngalam et le Djeuss, qu'on aura le plus de chance d'observer quelques espèces hivernantes et afrotropicales de passereaux paludicoles. Dans le delta du fleuve Sénégal, c'est le site le plus proche de l'océan - et de Saint-Louis- pour découvrir le petit monde très discret des marais. Autour de Bango en particulier, on pourra déambuler sur la digue qui enjambe le marigot villageois et contourne les vertes dépressions inondables du Lampsar jusqu'à Mboubeune et la route de Diama: juste après le village sur la droite, de l'autre coté du bolong de Khaïga, on trouvera peut-être un passage au sec ou on chaussera des bottes pour entrer un peu plus dans le marais et les pâturages verdoyants. Plus loin, peu avant les casiers rizicoles, on s'attardera près du Maroum Diassik, un effluent du Lampsar jadis fréquenté par les crocodiles - il y a fort longtemps... Pour faire plus accessible encore, on restera sur la rive sud du Lampsar et on longera la piste qui rejoint le Ranch de Bango en essayant de trouver la diguette de terre qui s'enfonce vers la typhaie riveraine - malheureusement invasive au point d'obstruer la vue si un incendie providentiel ne la freine pas, provisoirement, dans son irrésistible colonisation des berges - ça a été le cas, en 2014.

Sites à paludicoles sur le réservoir du Lampsar 'doux', Bango

14 espèces de passereaux paludicoles !

Environ treize espèces paludicoles stricto sensu - inféodées aux zones marécageuses- sont régulièrement observables dans le bas-delta du Sénégal, depuis le lac de Guier, au nord-est, jusqu'aux abords de l'embouchure du fleuve, au sud-ouest. On y ajoutera la présence hivernale du passereau le plus menacé d'Europe, le phragmite aquatique (acrocephalus paludicola, aquatic warbler), récemment découvert sur quelques prairies inondées du Djoudj (janvier 2007) et du Diawling (2011), ce qui fait des deux parcs nationaux sénégalais et mauritanien, rien que pour les beaux yeux du petit oiseau, des sites cruciaux pour la sauvegarde de nos migrateurs nordiques - d'autant qu'ils sont à l'heure actuelle quasiment les seuls (avec, marginalement, le delta intérieur du fleuve Niger) à accueillir annuellement près des trois-quarts de l'effectif mondial de ce phragmite-là* ! Des treize espèces plus ou moins répandues dans le delta, six sont des résidentes locales, sept sont des hivernantes d'Europe:

- Hivernantes du Paléarctique:
  1. Gorgebleue à miroir (luscinia svecica)
  2. Tarier des prés (saxicola rubetra)
  3. Locustelle tachetée (locustella naevia)
  4. Locustelle luscinoïde (locustella luscinioides)
  5. Phragmite des joncs (acrocephalus schoenobaenus)
  6. Rousserolle effarvatte (acrocephalus scirpaceus)
  7. Rousserolle turdoïde (acrocephalus arundinaceus)
- Afrotropicales: 
  1. Tarier pâtre d'Afrique (saxicola moptanus)
  2. Rousserolle africaine (acrocephalus baeticatus)
  3. Rousserolle des cannes (acrocephalus rufescens)
  4. Cisticole roussâtre (cisticola galactotes ssp. amphilectus)
  5. Gobemouche des marais (muscicapa aquatica)
  6. Prinia aquatique (prinia fluviatilis)

2015 03 27 17h30,  les vachettes dans le marais... Cherchez le tarier pâtre d'Afrique, un mâle ! / © Photo par Frédéric Bacuez























Le prinia aquatique, un africain seulement connu de trois aires fragmentées !


Documenté pour la première fois des rives du lac de Guier par l'ornithologue français Claude Chappuis, au début des années '70 du siècle dernier, le prina aquatique (prinia fluviatilisriver prinia) ressemble à s'y méprendre à son cousin le prina modeste (prinia subflava, tawny-flanked prinia). Si le second est ubiquiste, un peu comme la cisticole des joncs (cisticola juncidis), fréquentant assidûment les buissons de tamarix senegalensis pas obligatoirement près de l'eau, le prinia aquatique comme son nom l'indique est plus inféodé aux marais sans jamais s'aventurer trop loin dans l'épaisseur des roselières - en particulier des étouffantes et invasives typhaies... Comme chez les paludicoles européens (acrocephalus paludicola et schoenobaenus), on pourrait dire que chez les prinias africains (prinia fluviatilis et subflava) nos prinias du jour sont les phragmites aquatiques de l'Afrique occidentale !

En rappel sur Ornithondar:

" (...) ce sylvidé endémique d'Afrique de l'ouest est aussi le passereau le plus localisé, dans la région soudano-sahélienne: seulement présent sur trois à quatre zones humides, le prinia aquatique - ou fluviatile (à ventre blanc, prinia fluviatilisriver prinia), n'a été décrit qu'en 1974 (cf. Chappuis C. in Alauda, XLII, pages 492-494) et observé au Sénégal, pour l'heure, qu'autour du lac de Guier et dans le bas-delta du fleuve Sénégal (Mauritanie-Sénégal, de part et d'autre du fleuve et sur ses proches affluents), sur le moyen Niger, grosso modo entre Gao (Mali) et Niamey (Niger) puis dans les méandres du fleuve Niger longeant le parc national du W (Niger-Bénin), ainsi que sur le pourtour du lac Tchad (Tchad, nord Cameroun et peut-être Niger). En outre, cet oiseau sédentaire est très difficile à différencier de son cousin le prinia modeste (prinia subflavatawny-flanked prinia), autrement plus répandu et commun sur l'ensemble de l'Afrique occidentale (du Golfe de Guinée aux confins pré-sahariens) car beaucoup moins exigeant pour l'habitat, également herbeux et humide, mais pas exclusivement, se contentant parfois d'espaces broussailleux même asséchés - temporairement.
Les deux prinias ne se différencient en réalité que par le chant et l'habitat. En y regardant plus attentivement, on observera que le prinia aquatique est plus gris dessus, plus pâle dessous, et possède une queue pareillement étagée mais un peu plus longue - mais pas toujours, ah ah... , peut-être plus transparente aussi. Le prinia modeste est plus 'cisticole' d'aspect, le dessus du plumage souvent plus 'écailleux' et brunâtre, avec un trait oculaire sombre - plus visible que chez l'aquatique - dépassant largement l’œil... - mais pas toujours, oh oh... C'est le vrai problème: hors l'habitat et le chant, tous ces critères physiques varient beaucoup d'un individu à l'autre, d'un âge à l'autre... Hi hi ! "
- In Hé hé ! un prinia aquatique !, 2010 11 11

Prinia aquatique, cisticole roussâtre amphilectus et tarier pâtre d'Afrique moptanus

Au seuil de Bango, les prairies inondables et les roselières adjacentes du Lampsar sont d'un grand intérêt ornithologique pour observer dans d'excellentes conditions, outre le prinia aquatique (cf. photo ci-après), les races  moptanus du tarier pâtre d'Afrique (saxicola torquatusafrican stonechat, cf. photo ci-aprèset amphilectus de la cisticole roussâtre (cisticola galactotes, winding cisticola, cf. photo ci-après). Ces deux sous-espèces sont des particularités locales impossibles à observer ailleurs qu'ici, dans le Sahel sénégalais. Si cette cisticole possède un noyau dynamique dans le delta du fleuve Sénégal, depuis le lac de Guier jusqu'à l'estuaire, il est enclavé et éloigné de son aire de distribution plus méridionale qui traverse le pays de la péninsule du Cap-Vert au Niokolo Koba,vers l'est, et à la Casamance, vers le sud. Quant au cousin africain du tarier pâtre paléarctique, sa répartition est plus restreinte que celle de la cisticole roussâtre: au Sénégal, il n'est présent que dans le delta du fleuve, du lac de Guier aux abords de Saint-Louis. Moins commun que la cisticole, on l'observera volontiers de part et d'autre du Lampsar d'eau douce, du coté du Ranch de Bango et au pied de la digue qui mène vers Mboubeune, notamment autour du Maroum Diassik et des casiers rizicoles proches.

* Voir: Acrola.fr/Afrique

Ci-dessous: à g., prinia aquatique, 2015 03 27 - au centre, tarier pâtre d'Afrique, 2013 02 11 - à d., cisticole roussâtre, 2015 03 12
Roselières du Lampsar, rive droite rive gauche... / © Photos par Frédéric Bacuez



OISEAUX / 42 espèces cochées, 2 sp. entendues
SAURIENS / 1 espèce cochée
AUTRES / 1 espèce vue

Vu:
  • Pélican blanc (pelecanus onocrotalus, great white pelican), plusieurs ind. ici et là dans le ciel du Lampsar et de la plaine alluviale proche
  • Cormoran africain (phalacrocorax africanus ssp. africanus, long-tailed cormorant), quelques ind. émergeant en vol de derrière les typhaies bordant le Lampsar
  • Grand cormoran à poitrine blanche (phalacrocorax carbo lucidus, white-breasted cormorant), 2+ ind. en vol aval>amont du Lampsar 'doux'
  • Crabier chevelu (ardeola ralloides, squacco heron), 1 seul ind.
  • Héron garde-bœuf (bubulcus ibis ssp. ibis, cattle egret), quelques ind. accompagnant les bovins [dans les herbiers]
  • Aigrette intermédiaire (egretta intermedia ssp. brachyrhyncha, intermediate egret), 1 ind. solitaire bien observé en train de 'chasser' dans les herbiers (cf. photo ci-dessous), au milieu des jacanas et des vachettes
  • Héron pourpré (ardea purpurea ssp. purpurea, purple heron), 1 ind. immature en train de 'chasser' dans les typhas épars
  • Balbuzard pêcheur (pandion haliaetus ssp. haliaetus, osprey), au moins 2 ind. immatures - dont ind. en mue- effectuant de nombreux allers et venues au-dessus du Lampsar avec plongeons et piaulements lorsque les deux rapaces se rencontrent ! (cf. photos ci-dessous)
  • Pygargue vocifère (haliaeetus vocifer, african fish eagle), 1 ind. du cc local (17h20)
  • Milan parasite (milvus parasitus, yellow-billed kite), ind. locaux
  • Râle à bec jaune (amaurornis flavirostra, black crake), 1 ind. furtif
  • Gallinule poule d'eau (gallinula chloropus, common moorhen), 1 ind. femelle au gagnage: s'est hissée sur des typhas secs en partie couchés et glane en les escaladant 
  • Jacana à poitrine dorée (actophilornis africana, african jacana), premier groupe de 13+ ind. rejoint par 20+ ind. probablement levés des bords du Lampsar par une embarcation de pêche (cf. photo ci-dessous et Lire ICI)
  • Vanneau éperonné (vanellus spinosus, spur-winged lapwing), 4 ind. dont cc local territorial
  • Chevalier sylvain (tringa ochropus, wood sandpiper), 1 seul ind., chassant dans les herbiers
  • Goéland brun (larus fuscus ssp., lesser black-backed gull)
  • Mouette à tête grise (larus cirrocephalus ssp. poiocephalus, grey-headed gull)
  • Mouette rieuse (larus ridibundus, black-headed gull), réunion au sommet saisonnier au milieu du Lampsar 'doux'...
  • Sterne caspienne (sterna caspia, Caspian tern), 2 à 3 ind. passant au dessus du Lampsar [aval>amont]
  • Tourterelle masquée (oena capensis ssp. capensis, Namaqua dove), 1 ind. en vol passant [amont>aval]
  • Tourterelle maillée (streptopelia senegalensis ssp. senegalensis, laughing dove)
  • Pigeon roussard (de Guinée, columba guinea ssp. guinea, speckled pigeon), 3 ind. à l'abreuvoir + nombreux vols en petites bandes passantes après 17h [amont>aval]
  • Tourterelle pleureuse (streptopelia decipiens ssp. shelleyi, african mourning dove)
  • Martinet des maisons (apus affinis ssp. aerobates, little swift), quelques ind. passant après 18h [amont>aval]
  • Guêpier nain (merops pusillus ssp. pusillus, little bee-eater), plusieurs ind. chassant dans les herbiers à partir des tiges de roseaux épars
  • Guêpier à gorge blanche (merops albicollis, white-throated bee-eater), 1 ind. de 1ère AC perché sur un vieux prosopis du garage du Ranch de Bango ! Précoce migrateur intra africain ! (A suivre sur Ornithondar)
  • Guêpier de Perse (merops persicus, blue-cheeked bee-eater), adultes plutôt solitaires chantant de temps à autre dans le ciel
  • Cochevis huppé (galerida cristata ssp. senegallensis, crested lark), 1 ind. vient boire
  • Hirondelle de rivage (riparia riparia, common sand martin)
  • Hirondelle rousseline (cecropis daurica ssp. rufula, red-rumped swallow), groupe de 3 ind; passant S>N à 18h (cf. photo ci-dessous)
  • Hirondelle rustique (hirundo rustica, barn swallow), surtout avant 17h
  • Bergeronnette ibérique (motacilla iberiae, iberian wagtail), exclusivement de la race ibérique: 1 + 1 + 1 ind.
  • Rougequeue à front blanc (phoenicurus phoenicurus ssp. phoenicurus, common restart), 1 + 1 ind. [sous les arbustes le long du chemin menant vers le Ranch]
  • Tarier pâtre d'Afrique (saxicola torquatus ssp. moptanus, african stonechat), 2 à 3 ind., mâle(s) et femelle - chassant dans les herbiers inondés à partir des tiges de typhas épars (cf. photo ci-dessus)
  • Phragmite des joncs (acrocephalus schoenobaenus, sedge warbler), 1 ind.
  • Crombec sitelle (sylvieta brachyura ssp. brachyura, northern crombec), 1 ind. en vol
  • Cisticole roussâtre (cisticola galactotes ssp. amphilectus, winding cisticola), 1 ind. juvénile/immature au sol, près de l'eau d'un chenal (cf. photo ci-dessus)
  • Prinia aquatique (prinia fluviatilis, river prinia), 2 à 3 ind. furtifs - dont ind. bien observé (cf. photo ci-dessus et en haut de notule)
  • Souïmanga à longue queue (cinnyris pulchellus, beautiful sunbird), 2+ ind. dont mâle immature en mue
  • Moineau doré (passer luteus, Sudan golden sparrow), quelques ind. viennent boire, d'autres en vols passant
  • Tisserin à tête noire (ploceus melanocephalus ssp. capitalis, black-headed weaver)
  • Amarante du Sénégal (lagonosticta senegala, red-billed firefinch)
Entendu:
Pygargue vocifère (haliaeetus vocifer) / Guêpier de Perse (merops persicus) / Perruche à collier (psittacula krameri ssp. krameri) [Ranch] / Prinia aquatique (prinia fluviatilis), plusieurs ind. / Hypolaïs obscure (hippolais opaca), 1 ind. /

Ci-dessous, de haut en bas et de g. à d.: 
Balbuzard pêcheur en mue, plongeant dans le Lampsar - Les parages marécageux du Lampsar 'doux' - Deux balbuzards piaulent en se croisant !
Hirondelle rousseline de la race rufula en migration prénuptiale - Aigrette intermédiaire ssp. brachyrhynchaJacana à poitrine dorée 
2015 03 27 / © Photos par Frédéric Bacuez




AUTRES:
  • Varan du Nil (varanus niloticus, Nile monitor), 2 ind. - un adulte volumineux et un immature sautant dans l'eau depuis l'arbre dans lequel il dormait !
  • Petit monarque d'Afrique (danaus chrysippus ssp. chrysippuscommon plain tigerlesser wandererqueen butterfly, 'african queen'), 1 ind.

jeudi 26 mars 2015

En saison sèche, nos calaos à bec noir sont des immatures

2015 03 1 à Bango, calaos à bec noir immatures, à gauche le garçon, plus jeune que la fille à droite... / © Photo par Frédéric Bacuez

* Sahel. Bas-delta du Sénégal -

Sans eux, la brousse ne serait pas ce qu'elle est avant tout: un auditorium. Tous ceux qui ont fréquenté les latitudes soudaniennes associent à la chaleur et aux senteurs poussiéreuses de la saison sèche le roucoulement de toutes les tourterelles, la ritournelle monocorde, et monotone, de l'invisible barbion immanquablement au rendez-vous du zénith le plus torride, la crécelle croassante du francolin furtif. Dans les savanes plus sahéliennes, les oreilles sensibles retiendront le vibrato sifflé du martin-chasseur strié, dès le point du jour. Quant au mélancolique chant du tchagra - à nul autre pareil, mon préféré, on se dit que dame nature a bien du s'amuser en organisant son orchestre: à celui-ci le soprano cristallin, à celui-là le baryton hululé ! Voilà la grosse caisse, la flûte traversière et le violon; toi tu feras le Dhafer Youssef ('Birds requiem') et toi l'histrion d'une confrérie ndar ndar... Indissociables de l'ambiance, surtout, les vocalises crescendo des calaos qui finissent inévitablement en staccatos hystériques - tiens tiens, comme chez nos mystiques soufis !- quand les duos s'interpellent de loin en loin dans la brousse. Quant aux paysans, tous savent que la saison change dès lors que certaines espèces subsahariennes, dont les migrations inter tropicales sont bien visibles, passent dans un sens ou dans l'autre sous les regards informés, des zones guinéennes ou pré-guinéennes vers le Sahel et les marges soudano-sahéliennes, et vice versa: les guêpiers à gorge blanche piaillent haut dans le ciel en remontant avec les flux de mousson vers nos confins pré-sahariens (avril-mai); les calaos à bec noir en troupes lâches à quelques mètres au-dessus du sol refluent nonchalamment de leur vol papillonnant et glissé vers le sud avec le même front intertropical (octobre)...

Garderie sahélienne pour les calaos à bec noir immatures

Après la reproduction, qui s'étire de décembre à avril (en Afrique de l'ouest), les calaos à bec noir (tockus nasutus, african grey hornbill) de l'année, qui peuvent sortir du nid dès leur 20e jour, s'envolent pour une courte migration, soit en moyenne 500 à 1000 kilomètres de déplacement vers le nord et ses biomes soudano-sahéliens. Ces migrations partielles - nombre d'individus adultes restent dans leur aire de reproduction- dépendent en fait de la qualité des pluies au-delà du 15e parallèle et de l'émergence consécutive d'insectes: la densité d'acridiens (sauteriaux) est capitale pour attirer les troupes vagabondes de ces calaos, mais aussi de rolliers d'Abyssinie, et, dans l'hinterland, de busards des sauterelles, des grandes outardes et des bucorves, ou, plus à l'est encore, des cigognes d'Abdim. Les insectes ailés et les araignées forment 70 à 80% du régime alimentaire des calaos à bec noir, complété de grenouilles, de quelques petits rongeurs, et de fruits. A défaut, les calaos malins n’hésiteront pas à satisfaire leur faim à la mangeoire des jardins (cf. photos en haut et en bas de notule)... où ils viendront temporairement repousser bulbuls, tisserins et autres moineaux dorés pour ingurgiter leurs restes de tiep bou dien...

En saison sèche donc, en ce qui concerne le bas-delta du fleuve Sénégal, les petits groupes de calaos immatures stationnent de préférence dans les mangroves et dans les jardins arborés riverains des cours d'eau (cf. photo ci-dessous en bas). On peut les voir chasser sauterelles et libellules jusque dans la plaine alluvionnaire (cf. photo ci-dessous en haut) dont ils reviennent vite pour déguster leurs proies dans la profondeur des bosquets de palétuviers.

2015 03 7 8h30 du matin dans la plaine alluviale du Sénégal, calao à bec noir, femelle immature / © Photo par Frédéric Bacuez


2012 12 18 sur la berge du Lampsar 'doux', trois calaos à bec noir immatures / © Photo par Frédéric Bacuez








































Les calaos à bec rouge sont sédentaires et territoriaux

A la différence de leurs erratiques cousins à bec noir, les calaos à bec rouge (tockus erythrorhynchus kempi, western red-billed hornbill, race endémique d'Afrique de l'ouest) défendent vigoureusement un territoire contre toute intrusion... de leurs semblables ! Moins communs au Sahel qu'en zone soudanienne, ils n'en restent pas moins faciles à observer, dans toutes sortes de milieux légèrement arborés. Beaucoup moins exigeants que les calaos à bec noir, on les entendra glousser autant dans le Walo (basses terres) que dans le Dieri (hautes terres) de la vallée du fleuve Sénégal. A tous les coups par paire - ils sont monogames comme leurs cousins à bec noir. Et comme eux les mâles murent la cavité dans laquelle la femelle nidifie, incube, nourrit les oisillons éclos et mue avant sa libération, dans une quasi obscurité pendant près de trois mois: de l'intérieur de sa prison volontaire, elle ouvre une fente verticale quasiment imperceptible, afin de permettre au mâle d'apporter toute la nourriture nécessaire, En dehors de la saison de reproduction, les calaos à bec rouge vagabondent, parfois en bande nombreuse, d'arbre en arbre qu'ils utilisent comme affût pour scruter le moindre déplacement alentour, surtout au sol: les calaos à bec rouge sautillent à terre plus volontiers que leurs cousins à bec noir.


Ci-dessous: à g., calao à bec noir, femelle immature - à d., calao à bec rouge, mâle 
/ 2015 03 1 & 2 à Bango. © Photos par Frédéric Bacuez
- Cliquer sur les images pour agrandir -

lundi 23 mars 2015

23, Sal Sal: le vent du nord freine la migration prénuptiale

2015 03 23 9h50 au large de la plage de Sal Sal, goéland leucophée en migration prénuptiale sud-nord / © Photo par Frédéric Bacuez


* Plage de Sal Sal. Bosquet des filaos, frontière Sénégal-Mauritanie -

8h45-14h45-
Avec Moïse Guiré et Abdoulaye Sow.
Temps: pas aussi frais que prévu mais très venteux avec des alizés du nord/nord-ouest très soutenus, avec forte houle. Sables dunaires soulevés par les bourrasques obligeant l'équipée, vers midi, à quitter le front de mer pour les bords herbeux du lagon fluvial...

" Trois heures d'observation statique (ou presque) de la migration des oiseaux marins depuis la dune aux filaos frontaliers... de la Mauritanie. Extras: fous de Bassan 1ère et 2eme années, un puffin des Anglais et au moins un labbe parasite. En lisière des séchoirs de pêche et au bord des lagons, en arrière de la plage, le gros des troupes attend l'ouverture d'une fenêtre de migration favorable: laridés, pluviers, tournepierres, gravelots et chevaliers patientent tandis que d'importants bataillons d'hirondelles rustiques tuent le temps en ville, dans le capharnaüm des quartiers populeux de la Langue de Barbarie. Le vent du nord est soutenu et frais, chargé de sable - comme souvent. La police veille et patrouille, à dada sur son quad... 
" Vous faites quoi, ici ? 
- De l'observation ornitho en mer ! " 
Un œil vers le trépied, un autre vers le large, et le flic fluo pousse sa monture jusqu'à l'extrémité du bosquet dunaire, sur la frontière (oui, oui, exactement au dernier filao) pour embrasser le paysage vers le nord, les confins maures et ses migrations humaines... Un petit tour et puis s'en va, retour à la base de Goxuumbacc, à l'abri des éléments. Trois heures à scruter l'horizon, pfffff... on n'est pas des branleurs d'ornithologues, nous, dans les corps-à-billets... "
- In https://www.facebook.com/frederic.bacuez

2015 03 23 9h sur la plage de Sal Sal face au vent du nord
Avec Abdoulaye Sow / © Photo par Moïse Guiré














23 mars, Journée mondiale de la météorologie. On avait cru, au regard des prévisions météorologiques, que cette fin mars se présenterait sous les meilleurs auspices pour la migration prénuptiale des oiseaux ayant hiverné au sud du Sahara. Hélas... Notre ami et expert britannique es météo Paul Wildlifewrighter a révisé son enthousiasme (et ses cartes météo, courtesy cf. ci-dessus), et avec lui les illusions d'Ornithondar... Un fort vent du nord virant légèrement nord-ouest sur les marges sénégalo-mauritaniennes, une poche de froid exceptionnel et tardif au sud du Haut-Atlas marocain - 1° à Tafraoute, dans l'Anti-Atlas !-, des pluies soutenues dans le nord du royaume mettent provisoirement un frein à la migration printanière de nos oiseaux. 

Les migrants (ailés) patientent à la sortie de Goxuumbacc !

On le vérifie très vite dès les premiers mètres dans la lande de Sal Sal, au-delà des ultimes maisons de Goxuumbacc, à l'extrémité septentrionale de la Langue de Barbarie: des centaines de laridés, dont un impressionnant contingent de sternes pierregarin (sterna hirundo), se tiennent serrés les uns contre les autres, entre pêcheries et lagon; de même pour les limicoles: si les courlis corlieux (numenius phaeopus) semblent vouloir faire durer le plaisir deltaïque pendant quelques jours encore, les chevaliers aboyeurs (tringa nebularia) et les grands gravelots (charadrius hiaticula), les pluviers argentés (pluvialis squatarolagrey plover) et les tournepierres à collier (arenaria interpres ssp. interpresruddy turnstone) sont en formation, par petits groupes impatients d'entamer (ou poursuivre) la longue remontée printanière par le littoral saharien. Seulement, il y a ce foutu vent de face, quasi plein nord ! Alors, ils patientent, dans les herbes rases de la steppe sablonneuse ou sur les berges immédiates du lagon, entre Sal Sal et Bopp Thior (cf. galerie de photos en bas de notule). Même constat dans les quartiers de la Langue, tout spécialement à Goxuumbacc, dernière agglomération humaine avant les éléments: des centaines d'hirondelles rustiques (hirundo rustica)* virevoltent dans le chaos péri-urbain, gobant tout ce qui vole - et la mouche ne manque pas, ici !- en attendant un retournement des vents ou, à défaut, un virage à l'ouest des alizés. Dans les sables de la lande et de la plage, une pie-grièche à tête rousse (lanius senator) a bien des difficultés pour se maintenir face aux assauts du vent de midi: elle se réfugie dans le premier filao du bosquet frontalier. Ornithondar et les siens ne sont pas en reste: abandonnant lâchement notre vigie dunaire, on va casser la graine au bord du lagon - tournant le dos aux grains de sable picotant !

* Lire sur OrnithomediaLes hirondelles reviennent-elles plus tôt qu'il y a trente ans ?, 2015 03 20

Sal Sal: une buse au-dessus, un puffin des Anglais au large 

A quelques minutes près, nous aurions pu l'identifier: il n'en reste pas moins qu'une buse pas de chez nous était peu après 9h du matin, haut dans le ciel, en train de s'éloigner vers le nord, à la verticale des landes puis des bolongs de Sal Sal ! S'agissait-il d'une buse variable dont la race orientale vulpinus dite des steppes (si fréquente en Ethiopie, en hiver) serait ici paradoxalement moins rare en visiteur d'hiver que la commune buse variable buteo d'Europe occidentale ? Ou alors d'une buse féroce de la race maghrébine cirtensis qui aurait momentanément fui les frimas sud-marocains pour faire un tour sur l'autre versant du Sahara ? Difficile à dire même si j'opterais volontiers pour la seconde hypothèse, croyant déceler dans la photo (cf. ci-dessous) faite de l'animal (très) lointain un soupçon de roux... Un soupçon, on peut spéculer, non ?

2015 03 23, buse sp. au-dessus de Sal Sal
/ © Photo par Frédéric Bacuez

Au large*, au-delà des déferlantes et dans les embruns voilés de sable aérien, si la plupart des sternes et des guifettes épousent la surface des eaux pour progresser vers le nord, on ne peut pas dire que c'est le grand rush - le vent du nord fait son effet ! En revanche, les fous de Bassan (morus bassanus) sont toujours là, exclusivement des 1ère et 2e années et, c'est notre chance, un sujet de 3e année qui approche le rivage d'assez près (cf. photo ci-après), pile poil à la frontière (virtuelle) sénégalo-mauritanienne... Plus loin encore, dans la longue-vue, deux coches sympathiques: un labbe parasite (stercorarius parasiticus) et, surtout, un puffin des Anglais (puffinus puffinus), malheureusement trop loin pour être photographiés. Le puffin paraissait trop ramassé, et surtout d'une envergure moindre pour être un puffin fuligineux, le plus fréquent au large de Dakar (Lire ICI sur Ornithondar, 2015 02 20). Les deux espèces font partie des rares pélagiques à approcher le rivage de la Grande Côte sénégalaise: le labbe entre même régulièrement par la brèche de la Langue de Barbarie pour vagabonder au-dessus du fleuve, à l'aval du pont Faidherbe (Lire ICI sur Ornithondar, 2012 01 3).

* Lire aussi: L'importance des côtes du Sahara Atlantique marocain pour les migrations et l'hivernage de plusieurs espèces marines, in Go-South 2015 04 17
Et: Adult and juvenile European seabirds at risk from marine plundering off West Africa, par D. Grémillet, C. Péron, P. Provost & A. Lescroel, in Biological Conservation 182, p. 143-147, 2015


Ci-dessous: 2015 03 23 au large des filaos de Sal Sal, pélicans blancs et goélands d'Audouin accompagnent les embarcations de pêche 
/ © Photos par Frédéric Bacuez




2015 03 23, au large de Sal Sal, un fou de Bassan (morus bassanus) de 1ère AC / © Photo par Frédéric Bacuez


OISEAUX / 45 espèces cochées
AUTRES / 1 espèce vue

- Coté océan:
Vu:
  1. Puffin des Anglais (puffinus puffinus, Manx shearwater), 1 ind. bien visible au-delà des principales déferlantes, ne rasant pas systématiquement les creux de la houle, volant à quelques mètres au-dessus de l'eau puis planant vers le bas pour disparaître pendant quelques instants. Assez compact, avec une envergure autrement moins grande que celle des autres puffins, labbes et fous.
  2. Fou de Bassan (morus bassanus, northern gannet), uniquement des ind. en solitaire, tous des 1ère et 2e années (cf. photo ci-dessus) à l'exception d'1 ind. de 3e AC, le plus distinct - s'approchant même du littoral (cf. photo ci-après).
  3. Pélican blanc (pelecanus onocrotalus, great white pelican), assez nombreux ind. pêchant ou reposant en mer + petits groupes de 5 à 8 ind. en déplacement S>N [vers la Mauritanie] ou faisant la navette entre l'océan et les lagons intérieurs du bas-delta (voir ci-après).
  4. Grand cormoran à poitrine blanche (phalacrocorax carbo lucidus, white-breasted cormorant), 1 à 2 ind. en mer, en vol
  5. Balbuzard pêcheur (pandion haliaetus, osprey), 1 ind. bagué (probablement d'Allemagne) en migration prénuptiale S>N, à faible hauteur à la verticale de l'estran (cf. photo ci-dessous) + 1 autre ind. venant du lagon se reposer sur les piquets cernant le cimetière maure de la plage (coté océan) 
  6. Milan parasite (milvus parasitus, yellow-billed kite), ~6 ind. reposant dans les filaos frontaliers: s'envolent à notre arrivée et seuls deux ind. restent alentour.
  7. Buse sp. (buteo buteo ssp. ou buteo rufinus ssp., common buzzard ou long-legged buzzard), 1 ind. en vol migratoire S>N observé fugacement à la verticale de Sal Sal (mais trop haut et loin pour être bien photographié)
  8. Bécasseau sanderling (calidris alba, sanderling), vol de ~12 ind. [demi cercle océan>plage]
  9. Labbe parasite (stercorarius parasiticus, Arctic skua), au moins 1 ind. en mer, au large
  10. Goéland brun (larus fuscus ssp., lesser black-backed gull), tous ind., essentiellement des juvéniles de 1ère et 2e AC, en vols S>N
  11. Goéland d'Audouin (larus audouinii, Audouin's gull), tous ind. en vol S>N
  12. Goéland leucophée (larus cachinnans michahellis, yellow-legged gull), beaucoup plus nombreux qu'envisagé, tous ind. en vol S>N (cf. photo en haut de notule)
  13. Sterne caspienne (sterna caspia, Caspian tern), quelques ind. en vol S>N
  14. Sterne royale (sterna maxima, royal tern), en moindre nombre que sur le fleuve
  15. Sterne caugek (sterna sandvicensis, sandwich tern), en très grand nombre, en vol S>N
  16. Sterne pierregarin (sterna hirundo ssp. hirundo, common tern), en petit nombre en vol S>N
  17. Guifette leucoptère (chlidonias leucopterus, white-winged tern), très nombreux ind. au ras des flots marins, tous en vol S>N
  18. Pie-grièche à tête rousse (lanius senator, woodchat shrike), 1 ind. se protégeant des vents forts de midi dans un filao [du bosquet frontalier]
  19. Corbeau pie (corvus albus, pied crow), un cc peu farouche [autour du bosquet de filaos frontalier]
AUTRES:
Oxypode sp. (oxypoda sp., 'crabe fantôme', 'ghost crab'), 1 ind.

2015 03 23, pélican blanc et fou de Bassan de 3e AC au large de Sal Sal / © Photo par Frédéric Bacuez
2015 03 23 10h10, balbuzard pêcheur bagué (possible d'Allemagne) en migration sud>nord à la verticale de l'estran, plage de Sal Sal
/ © Photo par Frédéric Bacuez


- Coté lagon:
Vu:
  1. Pélican blanc (pelecanus onocrotalus, great white pelican), plusieurs groupes au repos [berges de l'île de Bopp Thior]
  2. Pélican gris (pelecanus rufescens, pink-backed pelican), 5 ind. se reposant sur les ruines du pont de Bopp Thior - et un ind. pêchant dans le lagon non loin de nous (cf. photo ci-après)
  3. Grand cormoran à poitrine blanche (phalacrocorax carbo lucidus, white-breasted cormorant), 5 ind. au repos avec des pélicans gris sur les ruibnes d'un pont + groupe de 10+ ind. au reposoir avec des pélicans et des dencrocygnes [au sud de l'île de Bopp Thior]
  4. Cormoran africain (phalacrocorax africanus, long-tailed cormorant), quelques ind.
  5. Anhinga (roux) d'Afrique (anhinga rufa, african darter), 1 ind. en vol N>S [au-dessus de l'île de Bopp Thior]
  6. Héron garde-bœuf (bubulcus ibis, cattle egret), sur les tas de détritus divers, évidemment...
  7. Aigrette des récifs (egretta gularis ssp. gularis, western reef egret), quelques ind.
  8. Aigrette garzette (egretta garzetta, little egret), 1 ind.
  9. Grande aigrette (egretta alba, great egret), 1 ind.
  10. Héron cendré (ardea cinerea, grey heron), 1 ind.
  11. Dendrocygne veuf (dendrocygna viduata, white-faced whistling duck), troupe de 200+ ind. avec de nombreux juvéniles de l'année (cf. photos ci-après)
  12. Balbuzard pêcheur (pandion haliaetus, osprey), 2 ind. immatures (12h55) se poursuivant au-dessus de l'île de Bopp Thior (coté lagon)
  13. Milan parasite (milvus parasitus, yellow-billed kite)
  14. Grand gravelot (charadrius hiaticula ssp. hiaticula, common ringed plover), dont groupe de 20 ind. avec deux tournepierres
  15. Gravelot pâtre (charadrius pecuarius, Kittlitz's plover), plusieurs ind. dans la lande, en mue prénuptiale
  16. Vanneau éperonné (vanellus spinosus, spur-winged lapwing)
  17. Pluvier argenté (pluvialis squatarola, grey plover), 6 ind. dans un groupe mixte avec sept barges à queue noire
  18. Barge à queue noire (limosa limosa ssp. limosa, black-tailed godwit), 7 ind. dans un groupe mixte avec six pluviers argentés + 8 ind. dans un groupe avec quatre chevaliers aboyeurs
  19. Courlis corlieu (numenius phaeopus ssp. phaeopus, whimbrel), plusieurs ind. sur les rives du lagon (cf. photo ci-après)
  20. Chevalier aboyeur (tringa nebularia, common greenshank), dont un groupe de 15+ ind. prêt pour la migration prénuptiale + 4 ind. au sein d'un groupe de huit barges
  21. Tournepierre à collier (arenaria interpres ssp. interpres, ruddy turnstone), 1 + 10 + 6 ind. en stationnement autour des séchoirs à poissons de Goxuumbacc + 2 ind. avec vingt grands gravelots
  22. Goéland brun (larus fuscus, lesser black-backed gull)
  23. Goéland leucophée (larus cachinnans michahellis, yellow-legged gull)
  24. Mouette à tête grise (larus cirrocephalus ssp. poiocephalus, grey-headed gull)
  25. Mouette rieuse (larus ridibundus, black-headed gull), un certain nombre d'ind. en plumage nuptial avant leur migration
  26. Sterne caspienne (sterna caspia, Caspian tern)
  27. Sterne caugek (sterna sandvicensis, sandwich tern), des dizaines d'ind. remontant le bolong de Bopp Thior ou stationnant aux marges nord de Goxuumbacc
  28. Sterne pierregarin (sterna hirundo ssp. hirundocommon tern), plusieurs centaines d'ind. en mue prénuptiale stationnant aux marges nord de Goxuumbacc (cf. photos en bas de notule)
  29. Pigeon roussard (de Guinée, columba guinea, speckled pigeon), 2 ind. en vol [entre les étals des pêcheries et le cimetière maure]
  30. Cochevis huppé (galerida cristata ssp. senegallensis, crested lark)
  31. Hirondelle de rivage (riparia riparia, common sand martin)
  32. Hirondelle rustique (hirundo rustica, barn swallow), quelques ind. en migration malgré le vent contraire, un groupe de ~6 survolant des amas de têtes de poissons secs + un grand nombre volant à l'intérieur de la cité, en particulier à Goxuumbacc et le long du petit bras du fleuve (en attente de vents plus favorables)
  33. Bergeronnette grise (motacilla alba, white wagtail), 1 ind. [aire de stationnement des taxis-brousse mauritaniens, à Goxuumbacc]
  34. Bergeronnette printanière (motacilla flava, yellow wagtail)
  35. Corbeau pie (corvus albus, pied crow), 6 ind. ensemble dans la partie dégradée de Sal Sal
  36. Moineau domestique (passer domesticus ssp. indicus, house sparrow), fréquente Goxuumbacc jusqu'aux étals des pêcheries en lisière de Sal Sal

Ci-dessous, de g. à d.: 2015 03 23, au bord du lagon de Sal Sal: 
l'envol des dendrocygnes veufs - un pélican gris - un courlis corlieu / © Photos par Frédéric Bacuez


2015 03 23, vol de dendrocygnes veufs au-dessus du fleuve Sénégal.
Au fond, le quartier continental de Sor, vu depuis la lande de Sal Sal / © Photo par Frédéric Bacuez

Ci-dessous: 2015 03 23, nuée de sternes pierregarins (sterna hirundo)
accompagnées de quelques caugeks, mouettes rieuses, mouettes à tête grise et goélands divers 
/ © Photos par Frédéric Bacuez



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