" Quand y aura-t-il des observateurs qui nous rendront compte de ce que font nos hirondelles au Sénégal et nos cailles en Barbarie ? "
- Comte de Buffon, 1737
" Mal nommer les choses, c'est ajouter au malheur du monde "
- Albert Camus

lundi 31 octobre 2011

7 milliards ! Déjà qu'avec 13 millions au seul Sénégal...

Ci-dessus: RN2, entre le pont de Ndiawdoun et l'université Gaston Berger de Sanar... ' I love you'... / Photo par Rozenn Le Roux pour Ornithondar

* Terre et monde -

Lire: http://www.slateafrique.com/61577/afrique-jusqua-66-des-naissances-non-enregistrees-dans-certains-pays-ong
En rappel: http://ornithondar.blogspot.com/2011/08/17-collateral-un-homme-sur-trois-sera.html

30-31, Bynack, autre balbu d'Ecosse, du Lampsar au Khant

2011 10 30, balbuzard pêcheur aux marais de Todé, pile poil là où Bynack est passé - ou s'est arrêté- ce jour, venant de Bango avant de remonter vers Mbarigo
(cf. cartes GoogleEarth ci-après) ! / Photo par Rozenn Le Roux pour 
Ornithondar


* Du marigot de Lampsar, coté saumâtre (Bango) au marigot de Khant (Mengueye Boye)-

Voir: http://www.rspb.org.uk/wildlife/tracking/lochgartenospreys/index.aspx
Et http://www.rspb.org.uk/community/placestovisit/lochgartenospreys/f/915/p/50493/390428.aspx












Ci-dessous: 2011 08, baguage et pose d'un émetteur sur le jeune Bynack
/ Photo courtesy Highland Foundation for Wildlife and Loch Garten Osprey Project

Bynack est un jeune balbuzard pêcheur de sexe masculin, éclos le 24 mai dernier au Loch Garten Sanctuary, en Écosse - où furent réintroduits par Roy Dennis les premiers balbuzards qui avaient totalement disparu de Grande-Bretagne au cours du XXe siècle. A peine un mois et quelques jours d'apprentissage sur le site de sa naissance - premier vol le 16 juillet !, et Bynack a entamé sa première migration vers l'Afrique de l'ouest le 21 août 2011, doté de sa bague bleue et d'un petit GPS. Presque un vagabondage tant le jeune rapace a pris son temps pour atteindre les confins du fleuve Sénégal, le 10 octobre, où il profite des dépressions encore en eau dans le virage nord du fleuve, et dont l'épicentre est la zone de Keur Macène, entre Dara à l'est et le Tianbrank à l'ouest (cf. carte GoogleEarth ci-après); il vagabonde intensément dans ce périmètre de décrue durant 20 jours, du 10 au 29 octobre - tout de même... Avec un bref retour dans les dunes rouges du Trarza (2011 10 19); et deux incursions en Goulothie sénégalaise, au nord (2011 10 11) et à l'est (2011 10 12) du parc national du Djoudj (PNOD).



* Un mois et une semaine de villégiature française (22 08 - 29 09) puis, soudainement une accélération de sa migration après les Pyrénées espagnoles; dès le 5 octobre, Bynack survole le parc national du Toubkal dans les cimes du Haut-Atlas marocain et atteint déjà le 8 octobre le parc national du Banc d'Arguin (PNBA), en Mauritanie.


Écosse-Sénégal, un vagabondage de deux mois !

Le 30 octobre, plus de deux mois après son départ des hautes terres écossaises, et après vingt jours à la courbe du fleuve Sénégal coté nord, Bynack continue de descendre vers le sud par la berge mauritanienne: il traverse le parc national du Diawling (PND), vis à vis du Djoudj sénégalais, et via le Barhoum Guèyéloubé il entre au pays de la Teranga - ah ah... par le Petit Bras du fleuve Sénégal et la pointe sud de l'Île aux Bois... Voilà les mangroves de Thiolet qu'il survole en délaissant sur sa droite la presqu'île très occupée par des balbuzards adultes toujours farouchement territoriaux. Bynack franchit le marigot de Lampsar, dans le champ d'observation de mon belvédère de Keur Lampsar ! Je ne suis malheureusement pas là, occupé à rechercher Leri, un autre balbuzard 'satellisé', gallois celui-là, en perdition (?) du coté des Trois-Marigots ! (cf. notules)


Un balbu vu par deux fois dans Bango-village: Bynack ?

Sur la berge bangotine du Lampsar, un 'boutiquier' riverain du camp militaire nous affirme avoir remarqué un grand rapace blanchâtre perché sur un grand arbre des alentours. Rentrant de mon premier périple dans la zone des Trois-Marigots, j'aperçois à mon tour, de la fenêtre du taxi qui me ramène au bercail vers 17h, un balbuzard fièrement perché au sommet d'un gigantesque filao du bord de route, regardant de haut le cantonnement de la soldatesque, précisément là où passe le tracé GPS de la journée bangotine de Bynack (cf. carte GoogleEarth ci-dessous) ! Il y a des coïncidences, parfois...


Bynack au marais de Todé... en même temps qu'Ornithondar !

C'est en rentrant à Keur Lampsar que j'apprends que Bynack, après avoir quitté Bango ce même 30 octobre, a fréquenté les abords immédiats des marais de Todé, arpentés toute la journée par Ornithondar. Exactement l'endroit - et l'arbre- que notre photographe Rozenn Le Roux a immortalisé avec son jeune balbuzard sur fond de dune rouge (cf. carte Google Earth ci-après à gauche), pour la Une de cette notule (cf. photo en haut) ! Bynack ? Pas moyen de voir une antenne sur le manteau du rapace... Mais il y a de ces coïncidences, bis repetita... A moins que Bynack n'ait bifurqué ici (cf. cartes GoogleEarth ci-après), précisément parce que les lieux étaient déjà occupés et bien gardés par le balbu photographié !?*

* Nota d'actualisation: précisions venues d'Ecosse: " I've looked at Bynack's data for the 30th at 17.00 and his co-ordonates were 16.03883 - 16.89600. "
Janine Pannett, du Dyfi Osprey Project au Pays de Galles me signale par ailleurs que Bynack " looks as though he has moved back up north to Djoudj NP again " (2011 11 8 22h55).
















 Ci-dessus: Bynack visite la région du Lampsar/Ngalam/Trois-Marigots / Cartes Ornithondar
Ci-dessous: 2011 10 30, aire de Todé; vue O/NO depuis la dune boisée d'euphorbes (affût 1) / Photo par Rozenn Le Roux pour Ornithondar


De Todé au Khant, Bynack l'Ecossais chez Leri la Galloise !

En longeant les marais de Todé, Bynack remonte vers les serres à tomates des Grands Domaines du Sénégal (Compagnie fruitière de Marseille, France) et va dormir quasiment au bord de la route nationale du nord (RN2, Saint-Louis/Rosso-frontière mauritanienne), en surplomb de la vallée rétrécie du Lampsar. Le 31 octobre, se croyant peut-être dans une version tropicalisée des Highlands de son pays natal, Bynack visite toutes les dépressions dites des Trois-Marigots, où il va rencontrer une multitude de balbuzards, pour la plupart des juvéniles et immatures comme lui. Notre Écossais atteint le marigot de Khant, qu'il survole précisément là où nous recherchons sa cousine Galloise Leri. La densité de ses jeunes congénères sur le site l'incite sans doute à se déporter vers le Gandiolais, au sud-ouest du delta: un survol des mangroves relictuelles et du lagon de Gueumbeul, un détour par Rao (cf. notule) et hop ! retour vers les marges des Trois-Marigots: Bynack se pose enfin pour la nuit à l'extrémité nord du Khant: la même dépression pour Bynack, au nord, que pour Leri, au sud.

Ci-dessous: 2011 0 30. Trois balbuzards pêcheurs au marais de Todé / Photos par Rozenn Le Roux pour Ornithondar


Les jeunes balbuzards repoussés des meilleurs spots par leurs aînés

Il y a un regain significatif des populations du balbuzard pêcheur en Europe, particulièrement là où il avait disparu - parfois depuis quatre siècles. De la Pologne à la Grande-Bretagne et des pays Baltes au Portugal, la protection et la réintroduction le plus souvent réussie de ce splendide oiseau* suscitent un engouement populaire exceptionnel. On oublie cependant un peu vite, pour le balbuzard comme pour tant d'autres raretés sauvées de l'extinction (de la cigogne noire au phragmite aquatique !), que 'nos' oiseaux vivent le plus clair de leur temps... en Afrique, certains individus dès la fin de juillet jusqu'au mois de mai suivant ! Pour ces oiseaux migrants, l'Europe n'est qu'une maternité. En ce qui concerne les balbuzards européens, dont l'essentiel des effectifs niche sur le pourtour de la mer Baltique et sur les confins russes, le premier voyage des jeunes de l'été les conduit vers l'Afrique de l'ouest parfois pour trois années complètes ! Sur place, les bons spots - eau pérenne, poissons suffisamment nombreux et de qualité, tranquillité - deviennent d'année en année de plus en plus chers. Singulièrement au Sahel, et donc dans le delta sénégalo-mauritanien, qui dépend très fortement non pas de la pluviométrie dans la région de Saint-Louis mais de celle qui a eu lieu très en amont, de juin à septembre, du Fouta Djalon guinéen aux environs du barrage de Manantali, au Mali. C'est cette eau qui peu à peu va alimenter le fleuve dont la grande crue, très (trop) contrôlée à l'aval (pour le bien quasi exclusif des rizières locales !), inondera fin septembre-début octobre les bolongs, marigots, tannes et autres marais de la région. En scrutant les tracés GPS des balbuzards désormais suivis par satellite, on voit vite que les jeunes évitent le Djoudj, le Diawling, le fleuve Sénégal à l'amont comme à l'aval du barrage de Diama, le Gandiolais, et se cantonnent dans l'arrière pays, qui s'assèche vite dès janvier. Les adultes comme les immatures qui ont su gagner leur bout de domaine repoussent intensément leurs petits frères et soeurs. Il n'y a pas de bataille, mais les seuls piaulements du propriétaire des lieux suffisent à éloigner le jeune impétrant... Il lui faudra attendre le départ des adultes et nouveaux reproducteurs pour se rapprocher des sites favorables abandonnés par ses aînés... J'ai souvent observé, à cette occasion, le rapprochement de deux voire trois juvéniles pour conquérir ces nouveaux espaces tout juste délaissés.

dimanche 30 octobre 2011

30, dans les dépressions de Toddé (Trois-Marigots, 1/3)

2011 10 30. Grues couronnées au-dessus des marais de Toddé / © Photo par Rozenn Le Roux pour Ornithondar


* Au sud de Toddé, à l'ouest de Ngaye (Trois-Marigots) -

~8h30-16h15.
Avec Céline, Rozenn Le Roux, Cheikh Aïdara. A pied.
Temps: ciel bleu, soleil très vif atténué de temps à autre par un vent du large encore (trop) doux...

OISEAUX / 68 espèces cochées, 3 sp. entendues
MAMMIFÈRES / 2 espèces cochées
ARACHNIDES / 1 espèce vue
ODONATES / plusieurs espèces

Vu:
  • Cormoran africain (phalacrocorax africanus, long-tailed cormorant), 1 + 5 ind. en vol + 2 ind. nageant / 
  • Grand cormoran à poitrine blanche (phalacrocorax carbo ssp. lucidus, white breasted cormorant), troupe de ~45 ind. remontant au loin le Lampsar vers l'amont / 
  • Pélican blanc (pelecanus onocrotalus, great white pelican), gros vol de ~65 ind. cerclant en compagnie d'une vingtaine de tantales ibis et presque autant de pélicans gris / 
  • Pélican gris (pelecanus rufescens, pink-backed pelican), ~20 ind. cerclant parmi des pélicans blancs et des tantales ibis + 2 nageant dans le 'lac' de Todé / 
  • Héron cendré (ardea cinerea, grey heron), dont deux cadavrestués à la tête (cf. notule: http://ornithondar.blogspot.com/2011/10/30-un-aigle-de-bonelli-hiverne-tode.html), probablement par un pygargue vocifère - qui a un faible pour l'ardea cinerea - ou un aigle de Bonelli, dont nous avons vu un ind. piquer en vrille à la verticale de l'échassier déjà mort pour se poser juste à coté ! / 
  • Héron pourpré (ardea purpurea, purple heron), 1+ ind. / 
  • Crabier chevelu (ardeola ralloides, squacco heron) / 
  • Aigrette des récifs (egretta gularis, western reef egret) / 
  • Aigrette garzette (egretta garzetta, little egret) / 
  • Grande aigrette (egretta alba, great egret) / 
  • Aigrette intermédiaire (egretta intermedia, intermediate egret) / 
  • Héron garde-boeufs (bubulcus ibis, cattle egret), dont un groupe de 19 ind. au repos au sol / 
  • Héron strié (butorides striata, green-backed heron) / 
  • Blongios nain (ixobrychus minutus, little bittern), 1 mâle à l'envol et repos immédiat quelques mètres plus loin dans les massettes de taille moyenne: à coup sûr un migrateur d'Europe de la ssp. minutus, ici en transit / 
  • Tantale ibis (mycteria ibis, yellow-billed stork), 23 à 25 ind. cerclant au milieu d'un gros vol de pélicans des deux espèces / 
  • Cigogne noire (ciconia nigra, black stork), 1 ind. vu deux fois / 
  • Spatule (blanche) d'Europe (platalea leucorodia, european spoonbill), 1 ind. en vol N>S / 
  • Spatule d'Afrique (platalea alba, african spoonbill), 2 juvéniles à l'envol du marais herbeux, parmi les ardéidés / 
  • Balbuzard pêcheur (pandion haliaetus, osprey), 3 ou 4 ind.
  • Busard des roseaux (circus aeruginosus, eurasian marsh harrier), 2 à 3 ind. / 
  • Aigle de Bonelli (aquila fasciataBonelli's eagle), 1 juvénile au plumage encore frais - encore des teintes roussâtres-, en piqué ailes repliées légèrement en vrille, superbe ! / 
  • Francolin à double éperon (francolinus bicalcaratus, double-spurred francolin), 4 ind. à l'envol / 
  • Râle à bec jaune (amaurornis flavirostra, black crake), 1+ ind. / 
  • Grue couronnée (balearica pavonina ssp. pavonina, black crowned crane), 2 ind. (cf. photo en haut) / 
  • Échasse blanche (himantopus himantopus, black-winged stilt) / 
  • Avocette élégante (recurvirostra avosetta, pied avocet), 1 ind. (cf. photos ci-après) / 
  • Vanneau éperonné (vanellus spinosus, spur-winged lapwing) / 
  • Vanneau (caronculé) du Sénégal (vanellus senegallus, african wattled lapwing), dont un groupe de 7 ind. / 
  • Gravelot  pâtre (charadrius pecuarius, Kittlitz's plover) / 
  • Grand gravelot (charadrius hiaticula, common ringed plover) / 
  • Barge à queue noire (limosa limosa, black-tailed godwit) / 
  • Courlis corlieu (numenius phaeopus, whimbrel), 1 ind. / 
  • Bécasseau variable (calidris alpina, dunlin) / 
  • Bécasseau cocorli (calidris ferruginea, curlew sandpiper), au moins 1 ind. identifié parmi les bécasseaux variables, le plus abondant des limicoles du jour / 
  • Bécasseau minute (calidris minuta, little stint), quelques ind. / 
  • Chevalier culblanc (tringa ochropus, green sandpiper) / 
  • Chevalier sylvain (tringa glareola, wood sandpiper) / 
  • Chevalier gambette (tringa totanus, common redshank) / 
  • Chevalier aboyeur (tringa nebularia, common greenshank) / 
  • Sterne hansel (gelochelidon nilotica, gull-billed tern) / 
  • Sterne caspienne (sterna caspia, caspian tern), 1 ind. / 
  • Pigeon roussard (de Guinée, columba guineae, speckled pigeon) / 
  • Tourterelle pleureuse (streptopelia decipiens, african mourning dove) / 
  • Tourterelle maillée (streptopelia senegalensis, laughing dove) / 
  • Coucal du Sénégal (centropus senegalensis, Senegal coucal), 1 ind. / 
  • Martin-pêcheur huppé (alcedo cristata, malachite kingfisher), 2 ind. / 
  • Alcyon pie (ceryle rudis, pied kingfisher) / 
  • Martin-chasseur strié (halcyon chelicuti, striped kingfisher), 1 ind. (cf. notule: http://ornithondar.blogspot.com/2011/11/30-le-martin-chasseur-strie-nest-pas.html) / 
  • Guêpier nain (merops pusillus ssp. pusillus, little bee-eater) / 
  • Guêpier de Perse (merops persicus, blue-cheeked bee-eater), 1 ind. / 
  • Rollier d'Abyssinie (coracias abyssinicus, abyssinian roller), 1 ind. / 
  • Calao à bec rouge (tockus erythrorhynchus ssp. kempi, northern red-billed hornbill) / 
  • Cochevis huppé (galerida cristata, crested lark) / 
  • Moinelette à oreillons blancs (eremopterix leucotis, chestnut-backed sparrow lark) / 
  • Bergeronnette printanière ssp. flava (motacilla flava, yellow wagtail) / 
  • Bergeronnette grise (motacilla alba, white wagtail) / 
  • Traquet motteux (oenanthe oenanthe, northern wheatear), nombreux / 
  • Hypolaïs obscure (hippolais opaca, western olivaceous warbler), 1 ind. / 
  • Fauvette passerinette (sylvia cantillans, subalpine warbler) / 
  • Pouillot véloce (phylloscopus collybita, common chiffchaff) / 
  • Pouillot de Bonelli (phylloscopus bonelli, western bonelli's warbler) / 
  • Cisticole des joncs (cisticola juncidis, zitting cisticola) / 
  • Pie-grièche à tête rousse (lanius senator, woodchat shrike), 2+ ind. / 
  • Tisserin à tête noire (ploceus melanocephalus ssp. melanocephalus, black-headed weaver) / 
  • Travailleur à bec rouge (quelea quelea, red-billed quelea) / 
  • Astrild-caille à face noire (à lunettes, ortygospiza atricollis, black-faced african quailfinch) / 
  • Bengali zébré (sporaeginthus subflavus, zebra waxbill) / 
  • Amarante (commun) du Sénégal (lagonosticta senegala, red-billed firefinch) /


Ci-dessus: une avocette élégante s'élève élégamment du marais et tournoie au-dessus de nos têtes.
Ci-dessous, de haut en bas: avocette élégante et grand gravelot en plumage internuptial - vanneaux éperonnés, crabiers chevelus, aigrettes sp. et limicoles dont chevaliers aboyeurs, bécasseaux variables et grands gravelots - envol d'ardéidés de cinq espèces, deux spatules d'Afrique et un courlis corlieu - envol d'ardéidés et un traquet motteux sur tamarix senegalensis.
/ 2011 10 30 à Toddé, © photos par Rozenn Le Roux pour Ornithondar


Entendu:
Pygargue vocifère (haliaeetus vocifer) / Grue couronnée (balearica pavonina) / Huppe fasciée ssp. senegalensis (upupa epops) / Tchagra à tête noire (tchagra senegalus) /
Nids coloniaux d'alectos à bec blanc (bubalornis albirostris) et de tisserins à tête noire (ploceus melanocephalus).


Ci-dessus: 2011 10 30, Toddé. Couche et fuite de phacochère / © Photo par Rozenn Le Roux pour Ornithondar

AUTRES:

1 couche (cf. photo ci-dessus à g.) et de nombreux labours de phacochères (mousson) / Crottes de chacal doré (canis aureus).
  • Phacochère commun (phacochoerus africanus, common warthog), 1 ind. levé du marais herbeux encore en eau, pas très affolé ! (cf. photo ci-dessus à d.) / 
  • Rat roussard du Nil (arvicanthis niloticus, african unstriped grass rat), 3 ind. [enclos de 'concession' peuhle].
  • Néphile du Sénégal (nephila senegalensis, Senegal golden silk orb weaver), 2 ind. avec juvénile (une seule toile)
  • Odonates, plusieurs sp. (cf. photos ci-dessous)

Ci-dessous: 2011 0 30, quelques odonates de différentes espèces / © Photos par Rozenn Le Roux pour Ornithondar


* Vergers de Bango -

Fin d'APREM'-

30, un aigle de Bonelli hiverne à Toddé, waouh !

Ci-dessus: 2011 10 30 15h, zone de Todé, un aigle de Bonelli immature, un rarissime hivernant dans le nord du Sénégal !
/ Photo par Rozenn Le Roux pour Ornithondar, tous droits réservés


* Entre Todé et Mengueye, zone amodiée des Trois-Marigots -

APREM'-
C'est en recherchant le balbuzard pêcheur Leri, née cet été au Pays de Galles et suivie par GPS dans sa première migration vers nos latitudes, que j'ai l'insigne honneur d'observer sur site un aigle de Bonelli (aquila fasciata, Bonelli's eagle) juvénile - peut-être de 1er hiver, le plumage n'est même pas encore usé !-, le plus menacé des rapaces de France, et en déclin rapide partout sur son aire de répartition de type méditerranéenne, du Portugal, à l'ouest, à la Chine méridionale, à l'est. La présence hivernale de l'aigle de Bonelli est exceptionnellement observée au sud du Sahara, jusqu'alors exclusivement du littoral mauritanien. Depuis quelques années cependant, quelques observations fugaces d'aigle(s) de Bonelli avaient été notées de la zone de... Bango, dans le delta du fleuve Sénégal et rapportées par l'African Bird Club*. Pour ma part, l'an passé*, bien qu'à distance, j'avais pu identifier sa silhouette de profil - caractéristique !- , du coté de Mboubeune, un peu au nord de la région des Trois-Marigots.

Nota: en sachant que les adultes sexuellement matures se reproduisent sur le pourtour méditerranéen de mi-octobre (parades nuptiales) à début avril (fin de nidification), toute observation d'aigle de Bonelli dans le bas-delta du fleuve Sénégal ne peut être que celle d'un sujet juvénile/immature/subadulte, non reproducteur. L'hivernage de quelques aigles sous nos cieux est en réalité de l'erratisme qui se fait également en Crau et Camargue françaises, en Espagne, voire au Maroc. Observations et photographies peuvent être soumises à Ornithondar, à l'African Bird Club et au Programme français de protection de l'aigle de Bonelli (cf. site web en bas de notule). Merci. 

* 2004 01 26.

Ci-dessus et dessous: 2011 10 30 14h45, un aigle de Bonelli survole le 'lac' et les marais de Todé
/ Photos par Rozenn Le Roux pour Ornithondar, tous droits réservés



















De 13h à 15h, nous observons l'aigle juvénile en train de survoler les mares saisonnières, au creux des deux cordons dunaires boisées, d'une part d'acacias en bon état, et de l'autre de formations à euphorbes. Les marais sont parsemés d'herbiers plus ou moins denses; un site suffisamment hospitalier, en cette période post-mousson, pour accueillir de beaux effectifs d'ardéidés - dont un blongios nain (ixobrychus minutus) !- et quelques farouches cigognes noires (ciconia nigra) hivernantes - jusqu'à 7 ind. le 2011 11 3. L'écoulement souterrain des eaux drainées de la mousson finit par former au sud des dunes un vaste lac peu profond, peut-être alimenté, aussi, par le débordement des eaux de la rivière Ngalam toute proche. Nous découvrons deux cadavres de hérons cendrés (ardea cinerea, grey heron), dont un individu tout juste tué (à la tête, ensanglantée) et gisant dans les sables entre lac et marais. L'aigle de Bonelli survole en altitude l'ardéidé, et soudain se met à descendre en vrille, ailes repliées, pour se poser au sol à quelques mètres de l'échassier, comme mu par la curiosité. Est-ce lui qui a tué le héron cendré ? Ou plutôt un pygargue vocifère - haliaeetus vocifer, dont nous entendons les cris alentour, sans le repérer ce jour, nous le verrons le 3 novembre-, qui a la réputation d'avoir un faible pour les hérons cendrés, quand il est rassasié de poissons ?... (sur mon bout de marigot du Lampsar, j'ai eu l'occasion de voir les 'aigles pêcheurs' fondre sur les regroupements des hérons cendrés sur les vasières et mangroves de Thiolet !) Si l'aigle de Bonelli se nourrit à 50% de lapins/lièvres et d'écureuils sur ses sites de reproduction, le reste de l'année il est plus opportuniste: pigeons, corvidés, laridés et même des passereaux font alors 80% de son régime alimentaire, complété de lézards et autres reptiles. Avec l'aigle ravisseur - aquila rapax, résident dans notre région-, l'aigle de Bonelli est dans le bas-delta du fleuve Sénégal le super prédateur du ciel ! Car bien que plus petit que d'autres aigles (au nord du Sahara: l'aigle royal, aquila chrysaetos; au sud du Sahara: l'aigle martial, polemaetus bellicosus), l'aigle de Bonelli possède des serres presque aussi imposantes... Agile, rapide, efficace, notre aigle du jour plane avec légèreté, et peut chasser au ras du sol en poursuite comme les grands aigles mais aussi en piqué comme un faucon pèlerin (falco peregrinus). Pas étonnant que les Perses et les Assyriens en aient fait jadis un symbole de puissance - et de victoire, le représentant ailes déployées au-dessus de leurs étendards. Les Romains avaient, quant à eux, fait de l'aigle de Bonelli l'oiseau de Jupiter, messager des dieux.

Ci-dessous: 2011 10 30, zone de Todé, deux cadavres de hérons cendrés, probablement tués par un aigle de Bonelli ou un pygargue vocifère
/ Photos par Rozenn Le Roux pour Ornithondar


















Les temps ont bien changé. Les persécutions, les empoisonnements, puis les coups de feu gratuits, les dérangements multiformes sur leurs sites de nidification (escalade, parapente), le grignotage des forêts méditerranéennes par les lotissements et l'habitat humain 'individualisé', la 'fermeture' faute d'usage des garrigues et maquis - leurs terrains de chasse, et la  raréfaction de leurs proies ont fait décliné l'aigle de Bonelli, partout mais surtout autour de Mare Nostrum:  estimés à 20 000 oiseaux dans le monde, les effectifs de l'aigle de Bonelli sont aujourd'hui d'un millier de couples en Europe (750 couples en Espagne, 110 c. au Portugal, 120 c. en Grèce, 40 c. à Chypre). En France, les populations que l'on croyait stabilisées dans les années 80' de l'autre siècle (40 à 50 couples) ont continué de s'affaisser, lentement mais sûrement jusqu'en 2004, avec seulement 23 couples. Les efforts déployés pour stopper l'hémorragie semblent depuis vouloir inverser la courbe: 29 couples reproducteurs de 2006 à 2009, 30 couples reproducteurs en 2010 avec 33 poussins, 31 couples en 2011 avec 27 poussins*, et une présence sur sept départements du sud-est de l'hexagone.

* En 2010, l'ami Thibault d'Arles (http://www.thibaultgermain.com/) m'avait signalé la mort d'aigles dans sa région, entre  Sainte-Victoire et Crau, haut-lieu de vagabondage des juvéniles aquilins... et des hordes de chasseurs-du-dimanche...




* Voir: www.aigledebonelli.fr


Ci-contre: 2011 10 30 aprem', aigle de Bonelli près du lac de Todé

/ Photos par Rozenn Le Roux pour Ornithondar

30, le martin-chasseur strié n'est pas farouche


Ci-dessus: 2011 10 30, pont de Ndiaowdoune sur le Ngalam. Le délicat martin-chasseur strié dans la mangueraie
/ Photo par Rozenn Le Roux pour Ornithondar

* Pont de Ndiaowdoune sur le Ngalam -

Fin d'APREM'-
1 martin-chasseur strié (halcyon chelicuti, striped kingfisher) est perché sur une grosse branche horizontale d'un vénérable manguier, d'un petit verger ouvert sur le bas-coté de la route nationale Saint-Louis/Rosso, d'un coté, sur les roselières de la rivière Ngalam, de l'autre, à quelques mètres des vannes du pont de Ndiaowdoune.

Ci-contre: 2011 10 30, mangueraie des bords du Ngalam
/ Photo par Rozenn Le Roux pour Ornithondar

Nota:
dans la petite famille des martins-chasseurs présents au Sahel - et dans notre delta*, le martin-chasseur strié  est le plus petit et le moins coloré, certes, mais aussi le moins sauvage de ces efficaces embrocheurs d'odonates. Son plumage terne (un joli bleu apparaît à l'envol) et son indolence en font un oiseau peu visible alors qu'il n'est pas rare, au moins localement sur la limite septentrionale de son aire de répartition - qui s'arrête aux deux rives du fleuve Sénégal. Par expérience, je crois que c'est un oiseau qui aime surprendre: il se trouve souvent là où on ne s'attend pas à le voir, ni forcément à observer d'autres oiseaux... Je ne l'ai qu'exceptionnellement rencontré en pleine brousse. En revanche, cherchez-le près des routes, dans les vergers villageois, les cimetières et les parcs d'hôtels, il se présentera plus volontiers que ses cousins sur les poteaux et fils télégraphiques ! A Sor, en saison des pluies, j'en voyais un qui prenait grand plaisir à gober les agrions au-dessus d'une minuscule ornière d'eau, au milieu de la grand'piste et des taxis jaune qui passent devant les Domaines & Impôts de Saint-Louis !

Outre le martin-chasseur strié (halcyon chelicuti): le martin-chasseur du Sénégal (halcyon senegalensis) et le martin-chasseur à tête grise (halcyon leucocephala).

vendredi 28 octobre 2011

28, la mort de l'hypolaïs obscure


Ci-dessus: l'hypolaïs obscure du jardin a été tuée par des chats / Photo par Rozenn Le Roux pour Ornithondar

* Bango. Marigot de Lampsar, coté limoneux -

mercredi 26 octobre 2011

15-26, Rao-peuhl 1/2: les mystères de Joe le balbu' écossais


Ci-dessus: 2011 10 26. Les chèvres de Rao-peuhl à l'unique abreuvoir des environs, le point d'eau qu'a survolé à plusieurs reprises Joe le balbu d'Ecosse suivi par satellite, à la mi octobre, avant de se volatiliser...

Ci-dessous: 2011 10 26. Cheikh Aïdara et Frédéric au bord du point d'eau de Joe

/ Photos par Rozenn Le Roux pour Ornithondar

* Au nord du lac asséché de Rao-peuhl, à l'ouest de la RN2 Rao/Saint-Louis -

L'ami Tim MackrillProject Officer du Rutland Osprey Project ('Projet Balbuzard du Rutland', Leicestershire, Angleterre, Grande-Bretagne) a demandé à Ornithondar d'enquêter sur l'étrange disparition au Sénégal d'un balbuzard pêcheur écossais bagué et suivi par satellite par Roy Dennis et le Highland Foundation for Wildlife * ('Fondation pour la Nature des Hautes Terres', Ecosse, Grande-Bretagne). Le jeune rapace, prénommé Joe, est d'une fratrie de trois balbuzards nés au début de l'été 2011 dans l'aire la plus nordique d'Ecosse; il effectue sa première migration vers nos tropiques où il devrait séjourner deux à trois années complètes avant d'entamer son premier retour prénuptial vers ses landes natales du Nord. La traversée du Channel, de la France, de l'Espagne, du Maroc et de la Mauritanie a été normale, sans encombre. Le 27 septembre, c'est en abordant le Sénégal par les exploitations sucrières de Richard-Toll que notre aventurier novice a commencé de grandes divagations nord-sud jusqu'en Gambie puis sud-nord, visiblement en quête d'une villégiature sécurisante. Si possible loin de ses congénères adultes et immatures qui passent beaucoup de temps en septembre-octobre à éloigner ces nouveaux venus sur 'leurs' domaines aquatiques (fleuves et grandes rivières affluentes, lagunes et littoral maritimes) précédemment conquis de haute lutte...

Les errements sénégambiens de Joe

Dans le Sahel sénégalais, Joe progresse vers le sud par le lac de Guier avant de bifurquer vers le sud-ouest, passant au nord de Louga puis au-dessus des dunes mortes du Ndiambour. Notre rapace atteint la côte à quelques encablures au nord-ouest du 'désert' de Lompoul avant de longer la Grande Côte à l'arrière de son cordon dunaire reboisé. Dépassant le village de pêche de Mboro, via les Niayes Joe se repose du coté de Sebikhotane, aux portes du Grand Dakar, dans un grand verger de la région. Du 29 septembre au 1er octobre, Joe survole les banlieues de la péninsule du Cap-Vert - quelle drôle d'idée !, prenant tout de même quelques précautions en fréquentant les rares espaces verts et humides de la gigantesque conurbation bien peu accueillante: la dépression dite de la Technopole (Pikine) et le périmètre de reboisement de Mbao. En ressortant du vaste chaos néo-urbain, Joe inspecte attentivement - quelle idée encore plus saugrenue !- les parages bien peu écologiques de l'immense cimenterie Lafarge (Rufisque-Bargny)... Au tour de la Petite Côte d'être visitée par Joe, qui ne s'est pas éternisé du coté de Mbour, préférant atteindre le delta autrement plus adéquat du Sine Saloum; une semaine durant (1-8 octobre), notre vagabond prend plaisir, j'en suis certain, à être tantôt en Gambie (Numi national park et Tanji Bird Reserve) tantôt au Sénégal (delta du Saloum, aval comme amont). Bizarrement dès le 8 octobre, Joe se remet à progresser... mais vers le nord, d'où il venait - un peu comme s'il entamait une migration prénuptiale ! Par Kaolack, Joe remonte vers le Sahel et atteint rapidement le bout du lac de Guier - qu'il avait longé à l'aller !, aux confins de la vallée fossile du Ferlo, où il stationne du 9 au 11 octobre: ce jour-là, Joe vire plein ouest et atteint en début d'après-midi les faubourgs est de Rao (cf. ci-dessous à droite), gros village wolof sur la route nationale N2 Saint-Louis/Dakar, au seuil du delta du fleuve Sénégal.

Ci-dessous: à d., 2011 10 11, signaux GPS de Joe aux portes est de Rao - à g., 2011 10 11-15, les trajets et situations de Joe à l'ouest de Rao, au-delà du lac asséché de Rao-peuhl / Courtesy Roy Dennis, Highland Foundation for Wildlife
Légendes: points de couleurs = points de contact GPS - rond de couleur bleu clair = unique point d'eau probablement utilisé par Joe (cf. aussi photo en haut)













Silence radio

A partir du 15 octobre, les signaux émis par Joe deviennent irréguliers et s'estompent peu à peu, avant de s'éteindre en un silence angoissant. Roy Dennis et mes autres correspondants britanniques pensent aussitôt au pire: Joe pourrait être mort, tombé à la renverse, comme souvent. Et sur le dos de l'oiseau, il y a l'émetteur et sa batterie rechargeable au soleil ! Plusieurs hypothèses pessimistes occupent les esprits: le rapace a-t-il été abattu, au fusil d'adulte ou à la fronde d'enfant ? Attaqué et dévoré par un animal errant ? Blessé, malade, empoisonné ? Ou plus prosaïquement son barda technologique sur le manteau s'est-il dégradé, pour une raison ou pour une autre: l'antenne cassée, tordue, pliée ? L'eau ou la poussière auraient-elles eu raison d'un GPS fragile, défectueux, pas loin d'être encore expérimental ?

Ornithondar sur les lieux, en quête d'indices

Ce n'est que le 26 octobre que Rozenn Le Roux, Cheikh Aïdara et moi-même pouvons nous rendre sur site: précisément sur la rive nord du lac de Rao-peuhl... dont les images satellitaires de 2010 (une saison des pluies jamais revue depuis 1967 !) ne montrent pas qu'en réalité ledit lac est déjà asséché cette année, malgré trois ultimes pluies du 30 septembre au 17 octobre. Autrefois cette dépression était durablement en eau, avant que les aménagements hasardeux de la vallée du fleuve Sénégal et surtout le non entretien du canal du Gandiolais et des vannes du plan d'eau ne finissent par l'assécher - et de faire disparaître un abreuvoir attractif... pour le bétail des éleveurs Peuhls... Les seuls points d'eau en ce début de saison sèche sont localisés dans les bas-fonds naturels qui s'étirent parallèlement au lac mort, au-delà de sa rive nord, jusqu'à la route goudronnée où des marais herbeux se sont formés autour du chenal abandonné (cf. carte ci-après).

Ci-dessous: La zone fréquentée par Joe, plan d'ensemble / Carte Ornithondar

Les derniers signaux de Joe proviennent d'un périmètre boisé de vénérables prosopis qui bordent au nord un bas-fond herbeux en forme de demi-lune (cf. carte ci-dessus), labouré par les phacochères communs. Un point d'eau dégagé ferme le bas-fond en son extrémité nord-est, un tout petit point fréquenté par les chèvres (cf. photo en haut) et les boeufs des fermes qui dominent au sud-est le lac asséché, au sommet des premières collines dunaires du Ndiambour. Un chemin relie les mêmes habitations aux champs arachidiers, plus au nord (cf. carte): en cette période de fenaisons, les charrettes font le va et vient, chargées des fanes d'arachides. De nombreux petits oiseaux s'abreuvent rapidement: des travailleurs à bec rouge, des tisserins vitellins et à tête noire, des tourterelles, quelques alectos. Une bande de hérons gardeboeufs est probablement fidèle au site, même si nous avons trouvé dans les environs trois cadavres récents de ces oiseaux familiers des Hommes...

Notre  hypothèse

Un premier constat: Joe a survolé à de nombreuses reprises le petit point d'eau, et c'est dans son prolongement nord-ouest que 'nous' l'avons perdu !  Pas de traces particulières, pas de plumes au sol, pas de cadavre; pas d'émetteur ou d'antenne, en tout cas pas où nous avons ardemment cherché des indices comme une aiguille dans une botte de foin, en l'occurrence ici des herbes jaunissantes bien vivantes...
En étudiant la configuration des lieux, nous avons l'intime conviction que Joe a tenté de pêcher dans le trou d'eau qui ne doit pas excéder en son milieu 50 cm d'une eau boueuse pourtant animée: on y voit frémir des poissons du genre silures ainsi qu'une énorme nèpe peu engageante... Notre jeune rapace aurait plongé ici et le fracas aurait déplacé ou endommagé son matériel satellitaire. C'est à nos yeux l'hypothèse la plus probable, et la moins dramatique. Nous avons interrogé de nombreuses personnes in situ: des adolescents revenant avec des sacs d'herbage sur les épaules; un berger peuhl menant son troupeau à l'abreuvoir puis en brousse; un jeune homme ramenant ses chèvres au bercail; des enfants rapportant du bois en charrette: l'oiseau ne semble pas connu, même dessiné par Nik Borrow ! Alors que certains savent qui est le circaète mangeur de serpents...

Un balbuzard au loin, could be Joe ?

Vers 16h15, pour rejoindre la route nationale en longeant un marais à dendrocygnes et une ancienne carrière à patas, nous avons l'heureuse surprise d'apercevoir dans le lointain, venant par le sud-est un balbuzard (peut-être un mâle, en plus !): malheureusement trop loin (cf. photo ci-dessous) pour deviner une bague ou une antenne sur l'oiseau. Le balbuzard survole tranquillement en altitude le lac asséché de Rao-peuhl avant de cercler dans les ascendants pour se laisser déporter vers l'ouest et le Gandiolais. Et si c'était Joe, le balbu d'Ecosse ?

* Lire: http://www.roydennis.org/osprey/index.asp?id=247&sid=244
Lire aussi, sur le second déplacement d'Ornithondar à Rao et la découverte des restes de Joe in situ:
http://ornithondar.blogspot.com/2011/12/13-ornithondar-retrouve-les-restes-de.html


Ci-dessous: 2011 10 26 fin d'aprem', un balbuzard au loin... / Photo par Rozenn Le Roux pour Ornithondar

26, des indices dans les brousses de Rao-peuhl


* Brousses de Rao-peuhl -

26, les oiseaux dans la brousse de Rao-peuhl

2011 10 26, dans le bas-fond: chèvres et phacochère, vanneaux éperonnés et pigeons 
/ © Photo par Rozenn Le Roux pour Ornithondar


* Tout début de la vallée du fleuve Sénégal, à l'ouest de Rao -

Avec Cheikh Aïdara et Rozenn Le Roux, à pied.
8h-17h35.

OISEAUX / 60 espèces + 2 cochées, 1 sp. entendue
MAMMIFÈRES / 3 espèces (sauvages) cochées
REPTILES / 3 espèces vues
INSECTES / 3 espèces

Ci-contre: 2011 10 26 14h50, au nord du bas-fond herbeux et de son point d'eau, près du lac asséché à l'ouest de Rao / © Photo par Frédéric Bacuez


Vu:
  • Cormoran africain (phalacrocorax africanus, long-tailed cormorant), 1 ind. / 
  • Grand cormoran à poitrine blanche (phalacrocorax carbo ssp. lucidus, white breasted cormorant), vol de ~130 ind. / 
  • Pélican blanc (pelecanus onocrotalus, great white pelican), 2 + ~40 ind. / 
  • Héron cendré (ardea cinerea, grey heron), 1 ind. en vol / 
  • Héron garde-bœufs (bubulcus ibis, cattle egret), ici et là avec vaches, moutons et chèvres, et deux envols de 10 et 12 ind. parmi les bovins ou à l'abreuvoir + plusieurs cadavres plus ou moins récents autour du bas-fond / 
  • Dendrocygne veuf (dendrocygna viduata, white faced whistling duck), dont envol de 67+ ind. / 
  • Oie-armée de Gambie (plectropterus gambensis, spur-winged goose), 1 femelle / 
  • Balbuzard pêcheur (pandion haliaetus, osprey), 1 ind. / 
  • Milan noir (milvus migrans ssp. migrans, black kite) / 
  • Faucon à cou roux (ex chicquera), 3 ind. (deux adultes et un juvénile, falco chicquera, red-necked falcon) [bosquet de la rive sud du lac asséché] / 
  • Échasse blanche (himantopus himantopus, black-winged stilt), 2 ind. / 
  • Vanneau éperonné (vanellus spinosus, spur-winged lapwing), dont 38 ind. avec un phacochère / 
  • Vanneau (caronculé) du Sénégal (vanellus senegallus, african wattled lapwing) / 
  • Grand gravelot (charadrius hiaticula, common ringed plover) / 
  • Chevalier sylvain (tringa glareola, wood sandpiper) / 
  • Combattant varié (philomachus pugnax, ruff), un envol de 13 ind. [bas-fond herbeux humide] / 
  • Sterne hansel (gelochelidon nilotica, gull-billed tern) / 
  • Pigeon roussard (de Guinée, columba guinea, speckled pigeon), nombreux ind., en bandes, en vol ou aux points d'eau / 
  • Tourterelle vineuse (streptopelia vinacea, vinaceous dove) / 
  • Tourterelle pleureuse (streptopelia decipiens, african mourning dove) / 
  • Tourterelle maillée (streptopelia senegalensis, laughing dove) / 
  • Tourterelle masquée (oena capensis, namaqua dove) / 
  • Tourtelette d'Abyssinie (turtur abyssinicus, black-billed wood dove) /
  • Pigeon biset (féral ou ssp. gymnocycla ?, columba livia, rock dove), 2 ind. à l'envol avec des pigeons roussards et des vanneaux éperonnés (cf. photo
  • Coliou huppé (à nuque bleue, urocolius macrourus, blue-naped mousebird) / 
  • Martin-chasseur strié (halcyon chelicuti, striped kingfisher), 2 + 1 ind. / 
  • Guêpier nain (merops p. pusillus, little bee-eater)/ 
  • Guêpier de Perse (merops persicus ssp. chrysocercus, blue-cheeked bee-eater)/ 
  • Rollier d'Abyssinie (coracias abyssinicus, abyssinian roller) / 
  • Irrisor noir (rhinopomastus a. aterrimus, black scimitarbill), 2 ind. /  
  • Calao à bec rouge (tockus erythrorhynchus ssp. kempinorthern red-billed hornbill), plusieurs ind., souvent par paire / 
  • Barbion à front jaune (pogoniulus c. chrysoconus, yellow-fronted tinkerbird) / 
  • Cochevis huppé (galerida cristata ssp. senegallensis, crested lark) / 
  • Moinelette à oreillons blancs (eremopterix leucotis ssp. melanocephalus, chestnut-backed sparrow lark) / 
  • Hirondelle de rivage (riparia riparia, common sand martin) / 
  • Hirondelle rustique (hirundo rustica, barn swallow) / 
  • Hirondelle des mosquées (cecropis s. senegalensis, mosque swallow) / 
  • Bergeronnette printanière femelles ssp. flava (motacilla flava ssp. flava, yellow wagtail) / 
  • Rougequeue à front blanc (phoenicurus phoenicurus, common redstart) / 
  • Traquet motteux (oenanthe oenanthe, northern wheatear), plusieurs ind. bien installés pour l'hiver + 1 cadavre trouvé dans la brousse herbeuse (cf. notule) / 
  • Tarier des prés (saxicola rubetra, winchat), 1 ind. / 
  • Traquet (fourmilier) brun (myrmecocichla aethiops, northern anteater chat) / 
  • Fauvette passerinette (sylvia cantillans, subalpine warbler) / 
  • Pouillot véloce (phylloscopus collybita, common chiffchaff) / 
  • Erémomèle à dos vert (eremomela pusilla, Senegal eremomela), 1 ind. / 
  • Prinia modeste (prinia subflava, tawny-flanked prinia) / 
  • Cisticole des joncs (cisticola juncidis, zitting cisticola) / 
  • Pririt du Sénégal (batis senegalensis, Senegal batis), 1 femelle / 
  • Souïmanga à poitrine rouge (chalcomitra s. senegalensis, scarlet-chested sunbird) /
  • Souïmanga pygmée (hedydipna platura, pygmy sunbird) / 
  • Pie-grièche à tête rousse (lanius senator, woodchat shrike) / 
  • Brubru africain (nilaus afer, brubru), 1 ind. / 
  • Corbeau pie (corvus alba, pied crow), 2 ind. cerclant avec deux pélicans / 
  • Choucador à ventre roux (lamprotornis pulcher, chestnut-bellied starling) / 
  • Tisserin minule (ploceus luteolus, little weaver) / 
  • Tisserin vitellin (ploceus vitellinus, vitelline masked weaver) / 
  • Alecto à bec blanc (bubalornis albirostris, white-billed buffalo weaver), en plumage internuptial, assez nombreux + 1 ind. au point d'eau + nids coloniaux avec des choucadors / 
  • Travailleur à bec rouge (quelea quelea, red-billed quelea), vols + au point d'eau - toujours en plumage nuptial / 
  • Amadine cou-coupé (amadina fasciata, cut-throat finch), 3 ind. (2 mâles et 1 femelle) avec des moinelettes (cf. notule http://ornithondar.blogspot.com/2011/10/26-le-cou-coupe-un-granivore-peu.html) / 
  • Capucin bec-d'argent (euodice cantans, african silverbill), groupe de 11 ind. perchés sur tamarix senegalensis /
Entendu:
Francolin à double éperon (francolinus bicalcaratus, double-spurred francolin) /

* Vallée du fleuve (Gandiolais et passe de Leybar)-
  • Héron cendré (ardea cinerea), dizaines d'ind. / 
  • Aigrette des récifs (egretta gularis), dizaines d'ind. / 
  • Gonolek de Barbarie (laniarius barbarus), 2 ind. [sur fil électrique, route de Bango] / 
  • Échasse blanche (himantopus himantopus) /

AUTRES:
  • Phacochère commun (phacochoerus africanus, common warthog), 2 + 2 ind. (cf. photo ci-dessus) / 
  • Patas singe rouge (cercopithecus patas, patas monkey), 40+ ind. / 
  • Lièvre à oreilles de lapin (de Crawshay, des buissons, lepus saxatilis, scrub hare), 4 à 5 ind. /
1 chat (domestique) errant [brousse] + 1 cadavre de chien [lit du lac à sec]
  • Varan (gris) de savane (varanus exanthematicus, savannah monitor), 2 ind. / 
  • Agame des colons (margouillat, agama agama, rainbow lizard), 1 femelle / 
  • Acanthodactyle rugueux de Bosc (acanthodactylus boskianusBosc's lizard), 1 ind.
Traces de varan du Nil (varanus niloticus), 2 ind.
Péloméduse roussâtre, 1 carapace légèrement écaillée... (cf. photo ci-dessous au centre)


2011 10 26, 10h30: deux phacochères dans la brousse post-mousson - un joli camaïeu de jaune et de vert...
© Photo par Rozenn Le Roux pour Ornithondar

Ci-dessus, de g. à d.: fourmilière - carapace de péloméduse roussâtre - mante religieuse 
/ © Photos par Rozenn Le Roux pour Ornithondar


  • Mante religieuse, 1 femelle (cf. photo ci-dessus à droite)
  • Néphile du Sénégal (nephila senegalensis), femelle (énoôrme !) et mâle (tout riquiqui !, cf. photo ci-dessous)
  • Nèpe sp. ('scorpion d'eau'), 1 ind. fort impressionnant: laccotrephus fabricii ?
Une grosse fourmilière... (cf. photo ci-dessus à gauche)



Ci-dessus: néphiles du Sénégal, fin de saison... Madame et son tout petit monsieur...
Ci-dessous: la troupe de patas remonte, comme nous, sur la RN2 et la traverse prudemment: beaucoup de jeunes ainsi que des bébés tout sombres sous le ventre des mères... 
2011 10 26  / © Photos par Rozenn Le Roux pour Ornithondar

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