" Quand y aura-t-il des observateurs qui nous rendront compte de ce que font nos hirondelles au Sénégal et nos cailles en Barbarie ? "
- Comte de Buffon, 1737
" Mal nommer les choses, c'est ajouter au malheur du monde "
- Albert Camus

samedi 27 août 2011

27, passée d'un soir d''hivernage'

* Bango. Marigot de Lampsar, coté limoneux -

Nota: au-dessus du marigot de Lampsar, à la passée du soir, si le 'printemps' est aux dendrocygnes veufs (et quelques fauves), l'hivernage (la mousson ouest-africaine) est aux hérons pourprés (et quelques autres comme des hérons striés et des crabiers chevelus). A partir de 18 heures, chaque soir, plusieurs dizaines des ardéidés au vol lent arrivent, seuls ou en petits groupes lâches, des confins saint-louisiens de Roup et se dirigent dans la moire crépusculaire vers l'amont du Lampsar, au gagnage nocturne.

SOIR-
Toujours le pygargue vocifère (haliaeetus vocifer, african fish eagle) subadulte, en survol ou perché dans la mangrove de Thiolet.
1 chevalier gambette (tringa totanus, common redshank) en vol [mangroves de Thiolet>Lampsar 'doux'].
19h10-19h50-
En vol O>E: héron pourpré (ardea purpurea, purple heron), 27 ind. - dont deux gros spécimens / Crabier chevelu (ardeola ralloides, squacco heron), 4 + 1 / Héron strié (butorides striata, green-backed heron), 3 /
En vol E>O: bihoreau gris (nycticorax nycticorax, black-crowned night heron), 3 /
19h35, 1 faucon chicquera (falco chicquera, red-necked falcon) passe rapidement devant la berge; revu un peu plus tard, au crépuscule, traversant le marigot au ras des eaux [rive sud>baie de Lampsar-bolong de Khaye].
1 oedicnème du Sénégal (burhinus senegalensis, Senegal thick-knee) s'envole des rives de la baie [de Lampsar-bolong de Khaye>Bango].
19h40, envol des microchiroptères (au moins 2 sp.).
19h45, dizaines de roussettes paillées (eidolon helvum) dans le ciel crépusculaire du marigot [arrivant de leur dortoir diurne de la Gouvernance à Saint-Louis].
Aucun engoulevent (caprimulgus).

27, la huppe a pupulé: l'Aïd, ce sera mardi... ou mercredi

* Bango. Marigot de Lampsar, coté limoneux -

MATIN-
Temps: retour du ciel bleu et de la chaude moiteur.
Entendu: coucous didric (chrisococcyx caprius) et touracos gris (crinifer piscator).
Marigot: 11 sternes naines (sterna albifrons ssp. guineae, west african little tern) / Le pygargue vocifère (haliaeetus vocifer, african fish eagle) subadulte survole les bosquets de palétuviers de Thiolet.
A midi, 1 varan du Nil (varanus niloticus, Nile monitor) traverse le marigot au plus large [déchetterie près de la caserne>mangroves de Thiolet].

MIDI-
13h, pendant un bon quart-d'heure, 1 huppe fasciée (upupa epops ssp. senegalensis, west african hoopoe) se met à pupuler à la cantonade du haut d'un eucalyptus du jardin; à cent mètres du minaret de la petite mosquée de Bango et sa huitaine de haut-parleurs multidirectionnels. A deux jours de l'Aïd el-fitr (Korité, au Sahel),  comme sur les fastueuses tapisseries perses de jadis et comme dans 'Le langage des oiseaux'*,  célèbre récit initiatique du mystique persan Farid-ud-dîn 'Attar, la messagère d'amour* dans le Coran opine de la tête tout en chantant, attirant autour d'elle une tourterelle maillée (streptopelia senegalensis, laughing dove), qui se pose sur la même branche à moins d'un mètre sur sa droite, puis un bulbul des jardins (pycnonotus barbatus, common bulbul) à sa gauche, tandis qu'alentour des souïmangas à poitrine rouge (chalcomitra senegalensis, scarlet-chested sunbird) font la ronde. C'est une scène bien troublante. Il faudra que j'en touche deux mots à mes hôtes sénégalais qui, outre le saint livre dans ses versions synthétisées (et probablement très orientées)  made in Karachi ou Ryad, connaissent évidemment sur le bout de la langue poète la parabole d'Attar - "l'âme du soufisme", dixit le non moins fameux poète Rûmî. Vu le temps que certains consacrent aux envolées mégaphoniques, à l'exclusive de tout le reste - de vrais mystiques soufis, quoi !- je ne doute pas un instant de la hauteur de toutes nos belles âmes et de la profondeur de leur érudition en matière de littérature et de mystique "islamiques": c'est inné. 


' Un autre oiseau dit à la huppe: "j'aime l'or; l'amour de l'or est en moi comme l'amande dans sa pellicule. Tant que je n'aurai pas l'or dans ma main comme j'aurais une rose, je ne pourrai m'épanouir délicieusement comme cette fleur. L'amour du monde et de l'or du monde m'a rempli de vains désirs et m'a privé de l'intelligence des choses spirituelles."
La huppe répondit: "ô toi qui es dans l'ébahissement par l'effet d'une forme extérieure ! toi dont le coeur ne vit jamais l'aurore de la valeur réelle des choses ! apprends que tu n'as pas cessé d'être nyctalope, et que tu es resté , comme la fourmi, étreint par une vaine apparence. Attache-toi au sens des choses et ne t'inquiète pas de la forme; le sens est l'essentiel, la forme n'est qu'embarras. Sans la couleur, l'or ne serait qu'un métal ordinaire; cependant tu es séduit par sa couleur comme l'enfant. S'il te détourne de Dieu, il est pour toi une idole." (...)'
- 'Le langage des oiseaux', par Farîd-ud-dîn 'Attar

Ci-contre: huppe fasciée pupulant à Bango
/ 2008 04, courtesy photo par Philippe Boissel, DR


* Voir les notules:
http://ornithondar.blogspot.com/2009/09/2-de-la-huppe-chez-les-soufis.html
http://ornithondar.blogspot.com/2010/11/8-une-huppe-fasciee-la-reine-des.html
Et http://ornithondar.blogspot.com/2009/09/20-korite-des-senegalais-aid-el-fitr.html

mardi 23 août 2011

22-23, 'ma' guignette est de retour


Ci-dessus et ci-après: 2011 09 13 16h20, le chevalier guignette de la berge est encore en plumage de mue postnuptiale
/ Photos par Rozenn Le Roux pour Ornithondar

* Bango. Marigot de Lampsar, coté limoneux -

- 2011 08 22:

APREM'-
Temps: brumes de chaleur humide et d'évaporation.
9 sternes naines (sterna albifrons) pêchent devant les premiers blocs de palétuviers du marigot.
SOIR-
18h30, 30- sternes naines (sterna albifrons, little tern) pêchent au ras des eaux limoneuses du marigot.
Vu en direct: l'arrivée sur 'ma' rive de 'mon' chevalier guignette (actitis hypoleucos, common sandpiper)*, rentré d'Europe un peu amaigri par le grand voyage migratoire postnuptial. Le petit limicole, qui a amorcé sa mue d'automne (le dos est encore tacheté, cf. photos), s'empresse de picorer la vase pour se nourrir.
2 limicoles non identifiés, de petite taille, passent vite en chantant par-dessus le jardin et le quartier [vol N>S] en chantant continuellement.
CREPUSCULE-
A la nuit tombante, 'mon' chevalier guignette est toujours en train de se remplir la panse !

* Voir aussi la notule: http://ornithondar.blogspot.com/2011/09/16-17-les-deux-guignettes-de-la-berge.html


- 2011 08 23:
MATIN-
De bonne heure, 'mon' chevalier guignette très occupé à se nourrir sur la berge. 
~10h45, 2 rolliers d'Abyssinie (coracias abyssinicus, abyssinian roller) juvéniles en vol [Thiolet>E] / 1 autre rollier d'Abyssinie à 13h45 [Thiolet>quartier].
APREM'-
16h45, jardin: 1 camaroptère à dos vert (camaroptera brachyura, green-backed camaroptera).
SOIR-
18h40, 1 pygargue vocifère (haliaeetus vocifer, african fish eagle) à sa place habituelle [palétuviers de Thiolet] / Les 2 hirondelles rustiques juvéniles estivantes.
Au crépuscule, les roussettes paillées (eidolon helvum) en vol O>E.

dimanche 21 août 2011

21, 32 tantales ibis, 28 hérons pourprés, 24 flamants roses

* Bango. Marigot de Lampsar, coté limoneux -

MATIN-
Dès 9h, on entend passer les courlis corlieu (numenius phaeopus, whimbrel) en migration N>S...
10h, 1 faucon chicquera (falco chicquera, red-necked falcon) en vol plané accélère pour échapper à un petit oiseau qui veut l'éloigner des rives de mon jardin ! Le petit rapace se dirige vers la digue des deux Lampsar.
Presque aussitôt: 1 huppe fasciée (upupa epops, hooppoe) en vol papillonnant par-dessus les bosquets de palétuviers rouges et le marigot [venant de la digue n°1>'forêt' limitrophe de la caserne].
APREM'-
On entend encore passer des courlis corlieu (numenius phaeopus).
Après 17h30, 15+ sternes naines (sterna albifrons ssp. guineae, west african little tern) pêchent groupées devant les mangroves de Thiolet / 1 chevalier guignette (actitis hypoleucos, common sandpiper) s'envole du rivage bangotin, entre village et caserne, et traverse le marigot [>baie de Lampsar-bolong de Khaye] / 1 hirondelle rustique (hirundo rustica, barn swallow), estivante juvénile, en vol au-dessus de la berge [Lampsar 'doux'>caserne] / 1 seul guêpier de Perse (merops persicus, blue-cheeked bee-eater).
1 souïmanga à longue queue (cynniris pulchellus, beautiful sunbird) rejoint les cimes d'un eucalyptus du jardin [venant du village].

Temps: ciel toujours couvert, avec un grand vent ininterrompu qui pousse des entrées maritimes basses vers l'intérieur des terres.

SOIR et CRÉPUSCULE, après 19h15-
Malgré les vents, jolis passages de grands oiseaux... qui peinent, tout de même...
Dans la passe de Thiolet: 24 flamants roses (phoenicopterus roseus, greater flamingo) puis 32 tantales ibis (mycteria ibis, yellow-billed stork), en vols S>N; les grands échassiers adoptent en vol des stratégies qui leur permettent de progresser contre les vents contraires et tourbillonnants: comme une grande vague et les uns derrière les autres dans la traversée de la passe, puis épousant le moindre relief arboré: je les vois s'engouffrer entre les rideaux de palétuviers pour remonter l'étroit bolong de Dakhar-Bango, à l'abri du vent...
Grande aigrette (egretta alba, great egret), 1 + 1 + 1 / Chevaliers sylvains (tringa glareola, wood sandpiper), 4 en vol migratoire [N>S] / Bihoreau gris (nycticorax nycticorax, black-crowned night heron), 1 [O>E] + 1 [S>N à 19h35] + 3  [E>O] / Courlis corlieu (?, numenius phaeopus, whimbrel), 3 au loin [en vol N>S] / Crabier chevelu (ardeola ralloides, squacco heron), 4 à 19h40 [en vol S>N] / Héron pourpré (ardea purpurea, purple heron), 28 en tout [SO>E].
19h25, brièvement les 2 faucons chicquera (falco chicquera, red-necked falcon) au-dessus du marigot (cf. notule: http://ornithondar.blogspot.com/2011/08/20-21-deux-faucons-chicquera-toujours_21.html).
19h40, 2 + 1 oedicnèmes du Sénégal (burhinus senegalensis, Senegal thick-knee) en vol crépusculaire d'inspection bavarde du marigot ! [comme chaque soir, envol des rives N de la baie du bolong de Khaye].
Et seulement 3 roussettes paillées (eidolon helvum) - dont 1 atterrit dans les arbres du jardin.

20-21, deux faucons chicquera, toujours bien discrets

* Bango. Marigot de Lampsar, coté limoneux -

Depuis quelques jours, deux faucons chicquera (falco chicquera, red-necked falcon) se font plus visibles*; comme à chaque 'hivernage' - surtout à partir du mois d'août quand notre mousson est bien installée sur le delta. S'il est partout au sud du Sahara le plus commun des petits rapaces diurnes, on  dit le faucon 'à cou roux' résident à l'année dans le bas-delta du fleuve Sénégal, dès lors qu'il trouve des palmiers pour nidifier - en particulier les rôniers (palmier de Palmyre, borassus)... qui sont absents du bas-delta. A Bango, les faucons utilisent d'autres espèces de palmiers, dans quelques jardins 'bourgeois' et au centre du village, colonisés par les tisserins gendarmes (ploceus cucullatus), et sans doute les cocotiers des vergers. Cependant, bien que régulièrement observable d'août à novembre sur les bords du Lampsar, je ne vois pas le petit rapace au coeur de la saison sèche: ce serait alors sa période de nidification; à moins que certains couples ne refluent temporairement vers le sud en saison d'harmattan ? Une chose est certaine: le faucon chicquera est fort discret; chasseur crépusculaire et du petit matin, il reste perché pendant de très longues heures, invisible à l'abri des feuillages ou des palmes; immobile, avant de se lancer pour intercepter petits oiseaux et insectes en plein vol, quand la lumière déclinante handicape ses victimes.


Ci-dessous: faucons chicquera au Mali, 2007 07 à Djenné (à g.) et 2005 12 à Nioro-du-Sahel (à d.)

/ Photos par Thierry Helsens pour African Bird Club


samedi 20 août 2011

19-20, tandis que la pluie remonte par la côte...


Ci-dessus: tandis que les pluies d'août longent le littoral pour atteindre la Mauritanie... / Photo par Frédéric Bacuez

* Bango. Marigot de Lampsar, coté limoneux -

Nota: augmentation significative des passages migratoires de deux espèces du paléarctique, le courlis corlieu (numenius phaeopus) et la sterne hansel (gelochelidon nilotica): la composition et la fréquence des troupes en vol N>S se sont nettement renforcés; ce 20 août, le vol de  courlis corlieu le plus important comprenait tout de même 44 individus. Quant aux sternes hansel, avant les énormes passages d'altitude à venir, ce sont des bandes vagabondes qui descendent tranquillement vers le sud. A noter une première apparition des martinets noirs (apus apus) migrateurs, qui ont daigné descendre des nimbes pour chasser les insectes dans le ciel de Bango.

- 2011 08 19:

A partir de 0h20 et pendant une bonne partie de la nuit, il a plu sur le bas-delta du fleuve Sénégal.
Pluies du 18 au 19 08:
- Fleuve Sénégal, de l'amont vers l'aval: Bakel, 0,2 mm (18 08) et 60,5 mm (19 08) / Matam, 0,1 mm (18 08) et 101,0 mm (19 08) / Podor, 29,0 mm (19 08) / Bango, 21,0 mm (19 08) / Saint-Louis, 41,9 mm (18 08) et 0,4 mm (19 08)
- Intérieur, du Ferlo au Ndiambour: Ranerou, 7,1 mm (18 08) et 26,8 mm (19 08) / Linguere, 19,4 mm (18 08) et 32,2 mm (19 08) / Louga, 31,7 mm (18 08) et 3,2 mm (19 08)

MIDI-
A partir de 11h35, on entend pendant une vingtaine de minutes le chant d'1 martin-chasseur strié (halcyon chelicuti, striped kingfisher), en plusieurs points du quartier.
Dès 12h, les sternes naines (sterna albifrons ssp. guineae, west african little tern) pêchent tout au long des palétuviers rouges immergés.
APREM'-
15h, on entend 1 barbican de Vieillot - deux types de cris (lybius vieilloti, Vieillot's barbet).
15h20, traces de pluie.
Dans le courant de l'aprem': parmi les martinets des maisons (apus affinis, little swift) résidentiels, apparition pendant quelques dizaines de minutes d'une troupe de ~35 martinets noirs (apus apus, common swift) dans le ciel bangotin. Et puis pfitt ! Disparus, remontés dans les nimbes...
Passage migratoire postnuptial de sternes hansel (gelochelidon nilotica, gull-billed tern) en augmentation, en troupes lâches [N>S et E>O], toute la fin d'aprem'.
16h10, 7 courlis corlieu (numenius phaeopus, whimbrel) en migration: semblent s'envoler des marais du Lampsar 'doux', passent plein ouest au-dessus des mangroves de Thiolet et filent vers le sud par la péninsule et la passe de Thiolet. Entendu d'autres corlieu à 18h.
19h10, encore 15 courlis corlieu (numenius phaeopus) [par le même itinéraire que ceux de 16h10, cf. ci-dessus].
1 puis 1 puis  1 hirondelles rustiques (hirundo rustica, barn swallow), toutes estivantes juvéniles [comme chaque soir, venant du Lampsar 'doux'>caserne].

- 2011 08 20:
Temps: encore plus qu'hier, ciel noir sur l'Atlantique: de longs rubans de nuages remontent vers la Mauritanie par la côte (cf. photo en haut), on voit se suivre les rideaux de pluies qui s'abattent sur le littoral. Le vent qui tourbillonne en mer ramène parfois vers l'intérieur, et sur le Lampsar, de brèves bruines comme du crachin celte...
Pluies: Bango, traces (13h15-13h20; 14h, il pleut intensément sur la pointe de la caserne et la passe de Thiolet, pendant quelques minutes; 15h45)

MATIN-
Dès 9h, 2 courlis corlieu (numenius phaeopus, whimbrel) au dessus du quartier en vol migratoire N>S / 7 guêpiers à gorge blanche (merops albicollis, white-throated bee-eater) en vol chantant au-dessus de la digue bangotine [vagabondage NO>S] / Coucous didric (chrysococcix caprius) / 1 hirondelle rustique (hirundo rustica, barn swallow), estivante juvénile.
MIDI-
Le pygargue vocifère (haliaeetus vocifer, african fish eagle) de retour sur le même perchoir du même bloc de palétuviers rouges de Thiolet; il vocifère un peu puis reste longuement en place, silencieux, en majesté.
APREM'-
16h15, 44 courlis corlieu (numenius phaeopus, whimbrel) en migration postnuptiale N>S [par-dessus le quartier].
1 choucador à longue queue (lamprotornis caudatus).
SOIR, après 19h-
1 martin-pêcheur huppé (alcedo cristata, malachite kingfisher) traverse à la vitesse de l'éclair le jardin, à travers les branches des arbres feuillus [mangroves de Thiolet>intérieur du quartier].
Encore et toujours le vol lent et serein des hérons pourprés (ardea purpurea, purple heron) [SO>E] / Seulement deux paires de dendrocygnes veufs (dendrocygna viduata, white-faced whistling duck).
De plus en plus de sternes hansel (gelochelidon nilotica, gull-billed tern) en migration postnuptiale N>S [surtout dans la passe de Thiolet].
2 faucons chicquera (falco chicquera, red-necked falcon) se prennent le bec en plein vol, à quelques mètres au-dessus des eucalyptus, puis traversent ensemble le marigot, effrayant au passsage 1 hirondelle rustique (hirundo rustica, barn swallow), estivante juvénile contrainte de virer à 190° (cf. notule: http://ornithondar.blogspot.com/2011/08/20-21-deux-faucons-chicquera-toujours_21.html).
1 coucal du Sénégal (centropus senegalensis, Senegal coucal) est attiré par les deux nids voisins des souïmangas à poitrine rouge (chalcomitra senegalensis, scarlet-chested sunbird) et des tisserins minules (ploceus luteolus, little weaver): le coucal est installé sur une branche de l'eucalyptus, houspillé en vain par les petits oiseaux qui s'inquiètent à juste raison pour leurs oisillons ! Je fais tout pour effrayer le gros coucou, carnivore à ses heures: rien n'y fait, ni le jet de cailloux ni les gesticulations de mes bras; seule la tombée de la nuit le fait s'envoler !... 

jeudi 18 août 2011

18, le varan débarrasse la berge des poissons-qui-puent...

Ci-dessus et dessous: 2011 08 18 midi, un varan du Nil immature inspecte la berge bangotine de l'aigrette des récifs, au pied de ma balustrade...
/ Photos par Frédéric Bacuez

* Bango. Marigot de Lampsar, coté limoneux -

De 11h45 à 12h30, 1 varan du Nil (varanus niloticus, Nile monitor) immature sorti des eaux limoneuses se met à inspecter sans peur la berge du Lampsar, coté Bango - ce qui est rare, mais se répète chaque année en saison pluvieuse. Attiré par l'odeur de quelques poissons morts disséminés sur la rive, et qui commencent à sentir fort avec la moiteur, le reptile passe directement sous ma balustrade et fait le tour complet des herbages, la langue tout en éveil, buttant contre les parois de la 'kasbah' monumentale de mon voisin... L'aigrette des récifs (egretta gularis, cf. photo ci-dessus) et les chats ne paraissent pas plus curieux ou effrayés que cela. Ayant nettoyé les restes pétrifiés enfouis dans l'herbe verte, le varan se remet tranquillement à l'eau, contourne la pirogue amarrée de Seyni et nage avec légèreté - comme s'il y avait un flotteur sous la poitrine du saurien-, bien décidé à faire la tournée de toutes les popotes: direction la digue 'des deux Lampsar' et sa déchetterie artisanale... Il y a de quoi faire, là-bas !











MATIN-
Depuis l'oreiller... Entendu: tisserin gendarme (ploceus cucullatus) mâle, barbican de Vieillot (lybius vieilloti), huppe fasciée d'Afrique (upupa epops), touracos gris (crinifer piscator), calaos à bec rouge (tockus erythrorhynchus), gonolek de Barbarie (laniarius barbarus) !...
Le couple d'amarantes du Sénégal (lagonosticta senegalensis, red-billed firefinch), toujours près de la haie de bougainvillées - où ils nichent: la femelle au sol ne bouge quasiment pas quand j'avance vers elle.
10h20, 7 + 5 courlis corlieu (numenius phaeopus, whimbrel) en migration postnuptiale NE>SO. Toute la matinée, on entend les courlis se rassembler dans la plaine alluviale où ils font transit après la traversée du Sahara, avant de poursuivre vers le sud / Suivis par 10 dendrocygnes veufs (dendrocygna viduata, white-faced whistling duck).
10h40-11h, 1 pygargue vocifère (haliaeetus vocifer, african fish eagle) perché à la cime d'un bloc de palétuviers rouges vocifère longuement avant que 2 autres pygargues cerclant dans le ciel de Bango ne lui répondent; le concert dure bien une vingtaine de minutes ! A 11h30, le pygargue des mangroves cercle à basse altitude au-dessus de la baie de Lampsar-bolong de Khaye.
1 échasse blanche (himantopus himantopus, black-winged stilt) en vol O>E au-dessus des palétuviers de Thiolet / 1 héron cendré (ardea cinerea, grey heron)
10 pélicans blancs (pelecanus onocrotalus) cerclent au-dessus du jardin / 2 coucous didric (chrysococcix caprius, didric cuckoo) se poursuivent dans le ciel de Bango, en silence.
2 + 1 sternes hansel (gelochelidon nilotica, gull-billed tern) en vol E>O / Assez nombreuses bandes de travailleurs à bec rouge (quelea quelea, red-billed quelea), en tout sens /

MIDI-
11h50, ~100 pélicans blancs (pelecanus onocrotalusgreat white pelican) cerclent en spirale verticale au-dessus des marais de Lampsar 'doux' avant de décrocher par petits effectifs vers Bango.  10 ind. en vol dans la passe de Thiolet à 12h35.
Apparition des premières sternes naines (3) (sterna albifrons ssp. guineae, little tern) avec la marée montante: elles seront ~15 à 16h.
APREM'-
14h10, 1 grand cormoran à poitrine blanche (phalacrocorax carbo ssp. lucidus, white breasted cormorant) nage / 1 mouette à tête grise (larus cirrocephalus, grey headed gull) en plumage nuptial.
~16h, 1 hirondelle rustique (hirundo rustica, barn swallow), juvénile estivante, revue le soir en sens inverse.
16h55, 11 courlis corlieu (numenius phaeopus, whimbrel) en vol NE>SO, en formation (V) / 3 + 1 sternes hansel (gelochelidon nilotica) assez haut en vol N>S
SOIR, 19h30-
Sortie crépusculaire d'1 faucon chicquera (à cou roux, falco chicquera, red-necked falcon), qui passe devant la balustrade et disparaît aussitôt vers la 'forêt' de la caserne (voir aussi la notule: http://ornithondar.blogspot.com/2011/08/20-21-deux-faucons-chicquera-toujours.html)
4 courlis corlieu (numenius phaeopus, whimbrel) en vol N>S / 9 + 1 hérons pourprés (ardea purpurea, purple heron) en vol du soir SO>E / Les dendrocygnes veufs (dendrocygna viduata), par deux + 9 ind. en vol E>O / 2 + 1 bihoreaux gris (nycticorax nycticorax, black-crowned night heron) en vol E>O / 1 crabier chevelu (ardeola ralloides, squacco heron) et 2 hérons gardeboeufs (bubulcus ibis, cattle egret) en vols SO>E.

Temps: couvert toute la journée, deux ondées insignifiantes n'ont même pas mouillé les sols les plus ombragés... Cette journée est celle de ce qu'on appelle loin au sud, en savane, 'la pluie du 15 août': autour de cette date, le ciel roule ses nuages de toutes les teintes de gris, on ne voit pas une once de ciel bleu, et il pleut deux, trois, quatre fois et parfois plus encore, de petites averses très bretonnes pendant ving-quatre à soixante douze heures d'affilée... avant le retour des trombes tropicales ! On sait aussi qu'on est alors à mi-parcours de 'l'hivernage'. Malheureusement sur les marges saint-louisiennes, après tant d'années à savourer le charivari de la mousson en pays de savanes, on fait... grise mine, ici... A la maison, on est toujours à se demander: "c'est quand, l'hivernage ?" ! Pourtant il est tombé des sceaux pas loin d'ici (cf. notule ci-dessous), ces deux derniers jours !... On hérite seulement de la moiteur et des moustiques. Et des délestages, même pour un pipi de pipistrelle !
Pluies: Bango, traces (12h35 et 16h) 

mercredi 17 août 2011

17, plus de 25 sternes naines écument le marigot

* Bango. Marigot de Lampsar, coté limoneux -

MATIN-
Pluies des 16 au/et 17 août:
- Fleuve, de l'amont vers l'aval: Bakel, 21,5 mm (16 08) et 43,5 mm (17 08) / Matam, traces (16 08) et 29,7 mm (17 08) / Podor, 20,1 mm (16 08) et 18,0 mm (17 08) / Bango, 4,0 mm (17 08) / Saint-Louis, 4,1 mm (16 08) et 0,5 mm (17 08)
- Intérieur, du Ferlo au Ndiambour: Ranerou, 22,0 mm (16 08) et 13,8 mm (17 08) / Linguere, 37,7 mm (16 08) et 64,1 mm (17 08) / Louga, 0,7 mm (16 08) et 1,1 mm (17 08)
Après la petite pluie bangotine du 17 août matin (7h05-7h20 et 8h25-8h35): on entend les calaos à bec rouge (tockus erythrorhynchus) ainsi que de tonitruants coucous didric (chrysococcix caprius) et guêpiers de Perse (merops persicus).

10h30, 3 courlis corlieu (numenius phaeopus, whimbrel) en vol N>S font demi-tour au-dessus du marigot et gagnent ou regagnent les marais du Lampsar 'doux' - ou les plaines alluviales adjacentes.

Attentive observation de 8 sternes naines (sterna albifrons ssp. guineae, west african little tern) qui volent, plongent et émettent de petits cris au ras des eaux limoneuses: il s'agit de spécimens afrotropicaux de la sous-espèce guineae, en plumage postnuptial. En début d'après-midi, elles seront plus de 25 à cribler de leurs plongeons légers la surface des eaux de la baie de Lampsar-bolong de Khaye - mais elles ne seront plus que 5 à 16h. Pour reprendre leurs forces, les sternes se laissent parfois déporter vers l'aval du marigot puis reviennent à l'attaque en longeant les bosquets de palétuviers.
Ci-dessus: sterne naine, Nigeria 2011 08 / Photo par John Sawyer, pour African Bird Club

Nota: pas évident de différencier la sous-espèce africaine guineae de la sous-espèce nominale albifrons. L'afrotropicale est sporadiquement distribuée et ne niche qu'en certains points d'Afrique occidentale, en petit nombre: les rivages des fleuves Niger et Benoué, les lagons côtiers du Ghana au Bénin, la Gambie, et la côte sénégalo-mauritanienne du Cap-Vert au banc d'Arguin. Dans le bas-delta coté sénégalais, elle niche en colonies lâches surtout dans le Gandiolais: au parc national de la Langue de Barbarie (PNLB) et sur les lagons de Gueumbeul (RSG). Mais il lui arrive fréquemment de nidifier autour des lagons et dépressions asséchées à proximité de Saint-Louis, et dans une moindre mesure au parc national du Djoudj (PNOD), plus en amont du delta. La saison de reproduction s'étale, en fonction des aléas, de fin avril à juillet mais a généralement lieu dans le bas-delta début mai. Dès le mois d'août on peut voir de petites bandes de 10 à 30 individus - adultes en plumage postnuptial et juvéniles- se disperser sur le cours du fleuve et ses affluents, en quête des alevins de saison.

MIDI-

12h30, un groupe de ~12 cratéropes bruns (turdoides plebejus, brown babbler) traversent le marigot en vol N>S / Assez nombreuses bandes de travailleurs à bec rouge (quelea quelea, red-billed quelea), surtout en vols S>N.
13h30, 7 (2 + 5) choucadors à longue queue (lamprotornis caudatus, long-tailed glossy starling) en vol au dessus de la berge bangotine [>caserne] / 1 hirondelle rustique (hirundo rustica, barn swallow), juvénile estivante, passe [caserne>intérieur Bango].

17, collatéral: un Homme sur trois sera africain...


Ci-dessus: 2011 08 16, mairie de Saint-Louis-du-Sénégal, à 'L'Etat Civil'... / Photo par Frédéric Bacuez

* Afrique subsaharienne -

Ces derniers mois, L'ONU et l'INED* français peaufinent leurs graphiques sur les perspectives démographiques de notre espèce en 2050 et 2100: décidément, il va falloir que les sous espèces que notre condescendance tolère encore se résignent à rejoindre Muséums et autres zoos, il n'y aura pas de place pour toutes les créatures divines, Allah - et les autres- jacta est !... Alors qu'en décembre nous serons 7 milliards sur Terre, en 2100 nous partagerons notre bonheur avec 3,1 milliards de bouches supplémentaires à nourrir. Et comme les pays pauvres - pardon, en voie-de-développement- représenteront près de 86% des ces mêmes bouches, on prie pour que les Compagnies fruitières des pays riches qui font pousser leurs tomates sous nos cieux ensoleillés et humainement peu onéreux nous les réexpédient alors depuis l'Europe à prix coûtant... Ah oui, car l'Afrique, dans ce souk-là, sera passée de 800 millions à 3 milliards 600 millions d'habitants, ou - c'est plus parlant- de 1 Homme sur 7 à 1 sur 3, oui oui... Aucun démographe ne nous dit cependant si les 54 pays du lupanar africain*1 auront - enfin- amorcé le développement de leurs citoyens afin que ceux-ci ne restent pas les moins instruits, les plus déshérités et les plus prolifiques - paradoxe humain suprême !  Le regretté Dom Helder Camara*2, archevêque "rouge" de Recife (Brésil, IDH/PNUD*3 2010, 75e/182) et père de la théologie de la Libération avait bien résumé la situation: "plus la table du pauvre est chiche, plus son lit est fécond". En Afrique malheureusement, n'attendez-pas des religieux  qu'ils soient moins archaïques et féodaux que leurs sociétés: à quelques exceptions catholiques près, plus réacs' qu'eux, ça n'existe pas ! Comme un journaliste le dit sans rire, l'Afrique va "monter en puissance" - démographique s'entend: le Nigeria - IDH/PNUD 2010, 158e/182, qui n'aura plus de pétrole mais Boko Haram et ses succédamnés (sic)- sera le 3e pays le plus peuplé, passant de 152 millions à 389 millions d'habitants, encore loin derrière la Chine (IDH/PNUD 2010, 92e/182), rétrocédée à la seconde place, et l'Inde (IDH/PNUD 2010, 134e/182),  victorieuse sur le podium. En 2050, quatre pays africains, la Tanzanie (IDH 151e/182), l'Ouganda (IDH 157e/182), la RDC (IDH/PNUD 2010, 176e/182) et l'Ethiopie (IDH 171e/182) seront du top 20, rejoints avant la fin du siècle par le Soudan (IDH 150e/182), le Malawi (IDH, 160e/182), la Zambie (IDH/PNUD 2010, 164e/182), le Niger (IDH 182e/182) - j'en frémis déjà... pour les générations à venir ! Quasiment tous les pays subsahariens rivalisent pour plastronner dès lors dans le peloton des sociétés humaines les moins malthusiennes*4; même le Kenya (IDH/PNUD 2010, 147e/182), longtemps un must de la culbute sans frein ni capote, est déclassé: le Niger - une vaste steppe en proie à la désertification et aux indifférences naturelles*5- est actuellement numéro un - et bonnet d'âne pour l'Indice de Développement Humain, il n'y a pas de hasard: 7,68 mômes par femme... analphabète. Afriques occidentale, centrale et orientale: à l'exception du Ghana (3,78 enfants/femme - IDH/PNUD 2010, 152e/182), pas une contrée en dessous de 4 enfants par femme (4,86 au Sénégal*6 - IDH/PNUD 2010, 166e/182; 5,69 en Mauritanie - IDH 154e/182; 6,14 au Burkina Faso - IDH 177e/182; et 7,29 au Mali - IDH 178e/182) ! Et ailleurs, 'elles' font comment pour résister aux assauts des hommes responsables ? Eh bien, elles vont à l'école - je parle de vraie école, pas les quatre parpaings avec un toit de tôles sous le cagnard posés au milieu de nulle part, avec des maîtres qui en savent à peine plus que leurs élèves... mais avec l'(extrême) onction de la Banque Mondiale, de l'Unicef et de toutes leurs maçonneries, la main sur le coeur. Partout ailleurs après l'Europe, d'Asies en Amériques on a fait de sorte que le qualitatif soit plus 'valorisant' que le quantitatif - ou que l'esbroufe. Autrement, pour rivaliser avec les prouesses reproductrices du berceau de l'humanité et dessiner au coupe coupe sa destinée, on a comme référents non-africains des ensemenciers de la meilleure graine: à plus de quatre rejetons par matrice dans les recoins de la péninsule arabique (Yemen, IDH/PNUD 2010, 140e/182), au Pakistan (IDH 141e/182) et en Afghanistan (IDH 181e/182), le boum démographique - en sus des autres explosions-, y est aussi béni que sous nos latitudes orgasmiques - rien que des alcôves prophétiques, tiens tiens...

Nota: et les oiseaux, dans tout ça ? Déjà que le Nigeria est l'un des pays les plus éradicateurs de la gent ailée, je vous laisse deviner leur sort...

Post-scriptum: lire en parallèle 'Homo Sapiens, une espèce qui ne mérite plus son nom', un article de l'écrivain australien Julian Cribb, paru dans la revue britannique Nature: http://www.nature.com/nature/journal/v476/n7360/full/476282b.html et rapporté par Yves Miserey dans le quotidien français Le Figaro: http://cgi5.lefigaro.fr/sciences/2011/08/17/01008-20110817ARTFIG00521-homo-sapiens-une-espece-qui-ne-merite-plus-son-nom.php

* Institut National des Études Démographiques (France)
*1 Sur les 40 pays du monde les plus féconds, 36 sont africains (cf. http://www.populationdata.net/index2.php?option=palmares&rid=8&nom=Indice-fecondite)
*2 Sur Dom Helder Camara: http://fr.wikipedia.org/wiki/H%C3%A9lder_C%C3%A2mara
*3 Indice de Développement Humain-IDH/Programme des Nations Unies pour le Développement-PNUD, 2010; voir le classement: http://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_pays_par_IDH
*4 Thomas Robert Malthus, économiste anglais (1766-1834) qui le premier perçut dans l'augmentation incontrôlée de la population humaine une menace pour l'équilibre du monde et la subsistance même de l'espèce humaine.
*5 Lire: http://www.slateafrique.com/28817/fortes-pluies-au-niger-sept-morts-et-dimportants-degats
*6 Je demande au jeune homme qui entretient ma cour: "Maman, elle a combien d'enfants ?" "- trois garçons, trois grandes soeurs, et moi"... ce qui nous fait donc sept. Et A. de m'assurer aussitôt, en riant: "c'est pas beaucoup ! je connais  (de familles dans le village) qui en ont beaucoup plus".

lundi 15 août 2011

15, deux coucous geais par-dessus le jardin !

 Coucou geai adulte, Extrémadure (Espagne) 
2009 03 / Courtesy © Photo par John Wright pour Wrightswanderings

* Bango. Marigot de Djeuss, coté limoneux -

MATIN, 7h45-9h-

Dans le quartier:

  • 7h50, 2 perruches à collier (psittacula krameri, rose-ringed parakeet), mâle et femelle, passent en jacassant, toujours aussi pressées... [O>E] + 1 autre plus tard dans le début de matinée [O>E]
  • 8h05, 11 flamants roses (phoenicopterus roseus, great flamingo) passent lentement par-dessus le quartier en vol S>N
  • 1 coucou didric (chrysococcix caprius) chante à la cime de son prosopis préféré du quartier
  •  Entendu les calaos à bec noir (tockus nasutus)

Confluence Djeuss-Sénégal:

  • ~30 spatules blanches (platalea leucorodia, eurasian spoonbill) en vol N>S
  • 2 balbuzards pêcheurs (pandion haliaetus, osprey) se suivent de près, dans la passe de Thiolet [N>S]

Sur le marigot:

  • 1 martin-pêcheur huppé (alcedo cristata, malachite kingfisher) traverse au ras de l'eau [N>S] 
  • 1 hirondelle rustique (hirundo rustica, barn swallow), estivante immature 
  • 2 sternes caspiennes (sterna caspia, caspian tern)  
  • 11 sternes naines (sterna albifrons ssp. guineae, little tern) [jusqu'à 8h30 et au moins 3 ind. de retour à 12h45] 
  • 3 alcyons pies (ceryle rudis), au moins  
  • Les guêpiers de Perse (merops persicus) et les martinets des maisons (apus affinis
  • 2 vanneaux éperonnés en vol [N>S]  
  • 1 chevalier gambette (tringa totanus) passe en vol O>E [>Lampsar 'doux'] + revu 1 plus tard s'envolant en criant de la berge bangotine [entre quartier et caserne] 
  • 3 coucous didric (chrysococcix caprius, didric cuckoo) ensemble et chantant en vol [mangroves>par-dessus la caserne]

Dans le jardin:

  • 2 coucals du Sénégal (centropus senegalensis) de bonne heure dans les hauteurs des eucalyptus 
  • 1 amarante du Sénégal (lagonosticta senegalensis), mâle  
  • Moineaux domestiques (passer domesticus), 
  • bulbuls des jardins (pycnonotus barbatus
  • 2 capucins bec-d'argent (euodice cantans) à l'abreuvoir (du baobab)

1 crombec sitelle (sylvietta brachyura, northern crombec) fait le tour du tronc du kordia, ce qui déclenche le même processus pour 1 acanthodactyle rugueux de Bosc (acanthodactylus boskianus, Bosc's lizard) dérangé par le petit oiseau acrobatique... et sans queue (cf. photo ci-contre). Au pied de l'arbre, la première toile et sa jeune néphile du Sénégal (nephila senegalensis, Senegal golden silk orb weaver) !

Ci-contre: crombec sitelle à l'assaut du kordia ! / Photo par Frédéric Bacuez


Souïmangas à poitrine rouge (chalcomitra senegalensis, scarlet-chested sunbird) et tisserins minules (ploceus luteolus, little weaver) toujours très actifs: j'ai vu l'un des premiers entrer dans son (deuxième) nid (de la saison), et vu les seconds nourrir des oisillons qui ne cessent de gazouiller depuis hier dans un nid que je n'avais pas repéré, bien camouflé dans les pendantes d'eucalyptus.

2 coucous geais* adultes (clamator glandarius, great spotted cuckoo, cf. photo en haut) volent par à-coups en passant juste au dessus des eucalyptus et de la maison; les élégants s'éloignent par le quartier, probablement vers la 'forêt' d'acacias au delà la caserne.

SOIR-
18h30, 3 chevaliers gambettes (tringa totanus, common redshank) en vol NE>SE / 1 bihoreau gris (nycticorax nycticorax, black-crowned night heron) immature en vol E>O
19h, 1 pygargue vocifère (haliaeetus vocifer, african fish eagle) s'envole des marais de Lampsar 'doux' [>mangroves de Thiolet]
Quelques groupes de dendrocygnes veufs (dendrocygna viduata), le premier héron pourpré (ardea purpurea) du soir.

Pluies: Podor, 4,9 mm / Ranerou, traces

- 2011 0 14:
APREM'-
2 colious huppés (urocolius macrourus, blue-naped mousebird) s'envolent des eucalyptus [>digue bangotine]
SOIR-
18h15, 3 courlis corlieu (numenius phaeopus, whimbrel) en migration postnuptiale N>S par-dessus la cour
5 guêpiers de Perse (merops persicus, blue-cheeked bee-eater) et 1 hirondelle rustique (hirundo rustica, barn swallow), estivante juvénile

Pluies: Matam, 4,9 mm / Podor, 2,5 mm / Ranerou, 0,3 mm

Aparté: aux falaises de Sidi Moussa (Maroc), in memoriam

* Falaises de Sidi Moussa, Bouknadel (Maroc) -



Ci-dessus: 1985 11, crique au pied des falaises de Sidi Moussa, Bouknadel (nord de Rabat-Salé, Maroc) / Photos par Frédéric Bacuez
Ci-dessous: 1985 11, Sidi Moussa à l'automne, après le départ des faucons d'Eléonore vers... Madagascar ! / Photo par Frédéric Bacuez

C'est avec une indicible joie - mais un brin d'étonnement- que j'apprends par le blog 'Moroccan birds'*1 des ornithologues marocains Mohamed Ameziane et Abdelhak Elbanak (Université de Tétouan) que la colonie de faucons d'Eléonore (falco eleonorae, Eleonora's falcon) installée dans les falaises côtières de  Sidi Moussa existe toujours, à quelques kilomètres au nord de la capitale chérifienne ! Il y a trente ans, mes premiers émois d'ornithologue en herbe s'étaient affirmés dans ce cadre minéral grandiose, quand je regardais les rapaces s'élancer depuis les falaises pour chasser les oiseaux au-dessus de l'océan ! Imad Cherkaoui et Adel Bouajaja (SEO/BirdLife Maroc, Salé) viennent d'y faire un recensement estival (2011 07 31), avec de belles photos*1: cette année,  une vingtaine de couples y nichent*2 tant bien que mal, de plus en plus repoussés vers le nord des 12 kilomètres de grès sableux et instables du quaternaire qui se succèdent dès les faubourgs de Salé : les faucons grégaires n'occupent plus que quelques unes des quarante criques, sur les six  kilomètres qui précèdent la célèbre plage des Nations. Car après des décennies de dénichage et de tirs depuis le haut des falaises, c'est désormais l'urbanisation galopante de la métropole de Rabat-Salé qui pourrait mettre un terme à la seule colonie continentale au monde du maritime faucon d'Eléonore ! Les lotissements péri-urbains et les cultures sous serre grignotent la lande qui servait de terrains de chasse, en retrait des aplombs, non seulement aux faucons de quatre espèces (eleonorae, peregrinus, naumanni, tinnunculus) mais aussi aux chevêches d'Athéna (athene noctua) et aux oedicnèmes criards (burhinus oedicnemus) que j'observais, enfant, derrière la ferme laitière de Nortamer. Même si le biome de 300 hectares*3 est répertorié parmi les Sites d'intérêt biologique et écologique (SIBE, un équivalent marocain des Natura 2000 européens) du royaume, aucune mesure de protection ou de surveillance saisonnière (les faucons d'Eléonore sont présents sur les lieux de mai à octobre) n'a été accordée à cet ensemble sauvage de falaises et de promontoires, d'éboulis et de criques au large desquels croisent non seulement les faucons mais aussi, dès l'automne, entre autres espèces pélagiques, des milliers de fous de Bassan (morus bassanus) et labbes sp. (stercorarius sp.)  hivernant dans les froides et solaires eaux marocaines.

*1 Lire et voir les photos: http://moroccanbirds.blogspot.com/2011/08/eleonoras-falcons-at-bouknadel-colony.html
Ainsi que la galerie photos de faucons d'Eléonore aux falaises de Sidi Moussa, par Rih Saad: http://www.index-dev.net/photors/Web/
Et un dessin par Miguel Angel Pinto d'un faucon d'Eléonore de Sidi Moussa à: http://moroccanbirds.blogspot.com/2011/09/drawing-of-eleonoras-falcon-by-miguel.html
*2 A Sidi Moussa: peut-être 72 couples nicheurs en 1966 à raison de 6 couples par kilomètre de falaise, 63 couples en 1972-1974 et 134 adultes et juvéniles comptés en 1972, 22 à 33 couples en 1980, 21 à 24 couples  en 1981, 5 à 10 couples au début des années '90, 20 à 25 couples à la fin des années 2000 (chute de 80 à 90% dans les falaises sud et de 60 à 70% au centre, mais légère remontée des effectifs dans les falaises nord). Au niveau national: 200 couples nicheurs en 1968, 150 couples en 1974, 80- couples en 1980, 725+ couples nicheurs en 2010 (grâce aux Îles Purpuraires d'Essaouira, 678+ couples nicheurs recensés en 2001-2002 contre 180 couples en 1999).
*2 Quelques espèces d'oiseaux nicheurs des falaises de Sidi Moussa: faucon d'Eléonore (falco eleonorae, Eleonora's falcon), faucon pèlerin (falco peregrinus, peregrine falcon), faucon crécerelle (falco tinnunculus, common kestrel), faucon crécerellette (falco naumanni, lesser kestrel), goéland leucophée (larus cachinnans, yellow-legged gull), chevêche d'Athéna (athene noctua, little owl), pigeon biset (columba livia, rock dove), martinet pâle (apus pallida, pallid swift), monticole bleu (monticola solitarius, blue rock thrush), grand corbeau (corvus corax, raven).

Nota 1: 
les falaises atlantiques de Sidi Moussa hébergent l'une des deux colonies marocaines du très méditerranéen faucon d'Eléonore: si la Mare nostrum européenne accueille 95% des effectifs mondiaux du faucon maritime (soit de 5 900 à 6 200 couples nicheurs, 17 700 à 18 600 individus), le Maroc peut s'enorgueillir d'abriter l'unique population continentale connue - découverte en 1966 seulement, en l'occurrence celle de Sidi Moussa/Bouknadel, au maximum 25 couples nicheurs - et une colonie insulaire, celle des Îles Purpuraires au large d'Essaouira, identifiée dès 1868, désormais parmi les plus viables de l'espèce: plus de 700 couples nicheurs en 2010 ! Appelé là-bas afalkay ('mignon', 'beau', en langue  berbère), on croit savoir que le nom local du faucon d'Eléonore vient du kabyle afalku, qui veut dire faucon; on pense que le roi kabyle Juba II, connu pour ses traités sur les oiseaux, les animaux et les plantes, ayant résidé dans la maison romaine de la Grande Île des Purpuraires y trouva probablement les gracieux faucons et leur attribua le surnom afalkay.  Quant au nom scientifique "d'Eléonore", il s'agit d'un hommage à Eléonore d'Arborée de Sardaigne (v.1350-1404) à l'origine d'une première législation protégeant les rapaces. Il est urgent de l'appliquer à Sidi Moussa !

Nota 2: on pourra voir en complément:
-  un document de 1981 par Michel Thévenot et Patrick Bergier: http://www.go-south.org/11_Biblio/thevenot_&_al_1981_falco_eleonorae.pdf
-  des photos d'un 'Eléonore' en pleine mer entre Canaries et Maroc !: http://www.beneluxnaturephoto.net/forumf/index.php?topic=114187.0

samedi 13 août 2011

12-13, grand vent: au bonheur des sternes naines et des guêpiers de Perse


Ci-dessus: 2011 08 13 matin, les vagues limoneuses du grand vent gênent l'aigrette des récifs dans sa pêche... / Photo par Frédéric Bacuez
 

* Bango. Marigot de Lampsar, coté limoneux -

- 2011 08 13:
Temps: le vent de la mer a soufflé sans interruption depuis la soirée du 12 août, toute la nuit, et jusque l'après-midi de ce jour; au matin, la pirogue de Seyni avait tellement pris l'eau des vagues limoneuses que son barda commençait à quitter l'esquive inondée... (cf. photo ci-dessus)

MIDI-
16+ sternes naines (sterna albifrons ssp. guineae, little tern) profitent du grand vent pour mener des opérations de pêche collective le long des bosquets de palétuviers rouges. Elles se laissent pousser par les alizés jusqu'au bloc le plus en amont de la mangrove puis redescendent le marigot contre le vent, facilitant leur vols stationnaires avant plongeons sur les petits poissons et autres alevins bousculés par les remous du limon...
10+ guêpiers de Perse (merops persicus, blue-cheeked bee-eater) se joignent à la fête d'Eole et font des acrobaties au ras des eaux pour boire ou attraper quelque insecte ailé, à grand renfort de cris de joie...

- 2011 08 12:

APREM'-
On entend passer les courlis corlieu (numenius phaeopus) en migration N>S, de temps en temps...
SOIR-
1 martin-pêcheur huppé (alcedo cristata, malachite kingfisher) a mal maîtrisé le vent qui secoue le marigot: il manque de me percuter à la balustrade mais réussit un virage in extremis pour s'enfoncer dans l'épaisseur de mon raisinier d'Afrique !
1 hirondelle rustique (hirundo rustica, barn swallow), juvénile estivante, vient profiter des courants aériens qui se fracassent contre la muraille blanche de mon voisin pour faire quelques voltiges avant de regagner le Lampsar 'doux' plus abrité.
Les guêpiers de Perse (merops persicus), encore plus actifs, avec le vent !

- 2011 08 11:
SOIR-
~16h20, 17 pélicans blancs (pelecanus onocrotalus, great white pelican) en vol S>N.
19h, 2 perruches à collier (psittacula krameri, rose-ringed parakeet), 1 mâle (longue queue) et une femelle (queue plus courte), en vol O>E au-dessus du quartier.

vendredi 12 août 2011

12, un serpent africain ligné haché menu

* Lampsar 'doux'. Vers le Ranch de Bango -



Un serpent noirâtre d'environ un mètre a été mis en déroute dans la cour d'une maison bangotine des rives du Lampsar, coté eau douce. Tué au coupe coupe, plutôt deux fois qu'une, sait-on jamais... Le dangereux intrus combattu à grands renforts de courage et de cris assassins est cependant le 'grand' serpent le plus... inoffensif qui soit, une des deux espèces de serpents des maisons africains (ex lamprophis/boaedon sp., house snake sp.). D'aucuns, chez les 'collectionneurs' et autres cinglés des lointains dénaturés prêts à tout pour donner une âme à leurs salons, disent même que ce sont les serpents les plus "sympathiques" qui soient ! Et assurément les plus voraces... des mangeurs de petits rongeurs... Il s'agit ici d'un probable serpent africain ligné (boaedon lineatus, african house snake), largement répandu en Afrique subsaharienne, avec une population isolée dans le sud-ouest marocain. Particulièrement prolifique (sa saison des amours, c'est tout le temps... et madame peut pondre 10 à 15 oeufs cinq à sept fois par an !), le serpent des maisons porte bien son nom: on le trouve fréquemment près des greniers, des garde-manger, des cuisines et jusque dans les coins douche où il aime occuper tuyaux d'évacuation et sols frais quand il fait chaud. Absolument inoffensif, en rien agressif, ce serpent est le meilleur prédateur que l'on puisse héberger pour se débarrasser des souris et autres rats à mamelles multiples qui pullulent sous nos latitudes. Hélas, la peur et l'ignorance (en partage universel) en font la cible parfaite de nos haines ataviques d'une Nature insoumise.


Ci-dessus et dessous: 2011 08 12,  en Afrique un bon serpent des maisons est un serpent mort... / Photos Ornithondar 

jeudi 11 août 2011

11, les 'mange-mil' sont dans la plaine


Ci-dessus: 2011 08 11 7h30 du matin, l'envol des travailleurs à bec rouge / Photo par Frédéric Bacuez

* Plaine alluviale du fleuve Sénégal -

11, travailleurs, glaréoles et chevaliers dans la plaine en boue

Ci-dessus: 2011 08 11 matin, les quelea remontent la plaine alluviale du fleuve Sénégal, vers le nord / Photo par Frédéric Bacuez


* Plaine alluviale du fleuve Sénégal -

7H10-15h. A pied, seul et botté.
Temps: ciel (désespérément) bleu; chaleur et moiteur extrêmes dès 10h du matin...

Ci-contre: en vue d'une vingtaine de spatules d'Afrique au gagnage / Photo par Frédéric Bacuez

OISEAUX / 65 espèces vues, 2 espèces entendues

MAMMIFÈRES / 2 espèces vues
REPTILES / 1 espèce vue
AUTRES / 2 espèces vues


Oiseaux du jour
: spatule d'Afrique, chevalier stagnatile, combattant varié, glaréole à collier, travailleur à bec rouge,

Cormoran africain (phalacrocorax africanus, long-tailed cormorant), au plus 3 ind. /
Pélican blanc (pelecanus onocrotalus, great white pelican), 17 ind. cerclant (~10h) et 4 survolant la plaine S>N (12h30) /
Héron cendré (ardea cinerea, grey heron), quelques, souvent deux par deux [plutôt en plaine alluviale] / Héron pourpré (ardea purpurea, purple heron), pour le moment confinés au(x) marais [de Lampsar 'doux'], dont 1 à l'envol, très près + 1 en vol S>N [au-dessus de la plaine alluviale] / Bihoreau gris  (nycticorax nycticorax, black-crowned night heron), 2 en vol N>S direct et soutenu  après 8h ! - possibles migrateurs du paléarctique /
Crabier chevelu (ardeola ralloides, squacco heron) / Aigrette des récifs (egretta gularis, western reef egret) / Héron garde-boeufs (bubulcus ibis, cattle egret), 2 + 2 en vol S>N / Aigrette garzette (egretta garzetta, little egret) / Grande aigrette (egretta alba, great egret) / Héron strié (butorides striata, green-backed heron) / Tantale ibis (mycteria ibis, yellow-billed stork), 2 immatures et 3 ind. au gagnage avec des spatules d'Afrique [plaine alluviale du fleuve Sénégal] / Spatule d'Afrique (platalea alba, african spoonbill), de 17 à 20 ind. au gagnage toute la matinée, remontant et descendant une dépression en eau [plaine alluviale], remuant de leurs spatules le fond vaseux sans arrêt (un bref repos collectif après 11h), en compagnie de quelques tantales ibis et des aigrettes garzettes + 1 spatule en arrivée N>S (10h50) + 1 ind. en arrivée N>S se pose dans une autre dépression (12h) puis 5 ind. arrivant au marais de Lampsar 'doux' (~14h30) /
Dendrocygne veuf (dendrocygna viduata, white-faced whistling duck), quelques paires installées dans les herbes inondées + deux vols (12 + ~20) / Oie-armée de Gambie (plectropterus gambensis, spur-winged goose), 1 femelle seule en vol AR vers le groupe de spatules et tantales au gagnage /

Ci-dessous: plume d'oie-armée de Gambie dans la plaine alluviale du fleuve Sénégal
/ 2011 08 11 matin, photo par Frédéric Bacuez



Pygargue vocifère (haliaeetus vocifer, african fish eagle), 2 (couple) / Balbuzard pêcheur (pandion haliaetus, osprey), 1 ou 2 [à contrejour, en vol avec poisson dans les serres par dessus les typhaies venant du Lampsar 'doux'; dans la plaine alluviale du fleuve Sénégal, une femelle très occupée à vouloir absolument déchiqueter son poisson sur un arbre - le sol devenant boueux est peu propice au dépeçage ? /
Râle à bec jaune (amaurornis flavirostra, black crake) / Talève sultane (porphyrio porphyrio ssp. madagascariensis, african swamphen), 5+ - peu à cause de l'heure médiane et de l'extrême chaleur / Jacana à poitrine dorée (actophilornis africana, african jacana), 1 + 3 en pature / Oedicnème du Sénégal (burhinus senegalensis, Senegal thick-knee), 3 [steppe inondable de la plaine alluviale, près du camp saisonnier des pêcheurs Thioubalo] / Échasse blanche (himantopus himantopus, black-winged stilt), ~5 / Glaréole à collier (glareola pratincola, collared pratincole), ~100 ind. disséminés au sol [dans la plaine alluviale du fleuve Sénégal] dont 10+ à l'abreuvoir; certaines s'élèvent pour me houspiller de très près ! / Vanneau éperonné (vanellus spinosus, spur-winged lapwing), dont 1 à l'abreuvoir à midi / Vanneau (caronculé) du Sénégal (vanellus senegallus, african wattled lapwing), 2 (couple) déchainés à mon encontre [digue n°2] /

Gravelot pâtre (charadrius pecuarius, Kittlitz's plover, le seul limicole résident de la liste ci-après), 1 non reproducteur trottine [dans la steppe inondable à proximité d'un cadavre de vache] / Grand gravelot (charadrius haticula, common ringed plover), 1 [mare réunissant cinq espèces de limicoles] + 2 en vol N>S + 3 en vol E>O + quelques groupes instables au fil du jour / Barge à queue noire (limosa limosa, black-tailed godwit), seulement 2, chacune en vol prospecteur / Courlis corlieu (numenius phaeopus, whimbrel), un vol de 18 ind. en migration postnuptiale N>S, à 7h15 [au-dessus des mangroves de Thiolet, cf. photo ci-dessous] + ind. solitaires ici et là [dans la plaine alluviale] / Bécasseau minute (calidris minuta, little stint), 2 ind. se posent brièvement sur la vase saumâtre d'une vaste dépression inondée, à proximité de glaréoles / Chevalier culblanc (tringa ochropus, green sandpiper), pour le moment moins nombreux que les sylvains mais déjà en augmentation depuis la dernière sortie / Chevalier sylvain (tringa glareola, wood sandpiper), toujours en nombre, tout particulièrement au milieu des herbes vertes inondées - dont 7 ind. à l'envol + 2 en vol N>S / Chevalier guignette (actitis hypoleucos, common sandpiper), partout, bien qu'arrivés après les sylvains: certains déjà en solitaires en cours d'installation 'territoriale' pour l'hiver, d'autres en petits groupes en transit avant de poursuivre leur migration plus au sud / Combattant varié (philomachus pugnax, ruff), dont 1 mâle qui porte encore une partie de son plumage nuptial et reste très 'combatif' envers les 2 femelles qui l'accompagnent + 1 + 2 en vol / Chevalier gambette (tringa totanus, common redshank), petits effectifs mais plus nombreux qu'en 'hiver' pur: probablement des stationnements provisoires avant continuation plus au sud / Chevalier aboyeur (tringa nebularia, common greenshank), quelques dont 4 à l'envol [bas-fond des spatules d'Afrique] / Chevalier stagnatile (tringa stagnatilis, marsh sandpiper), 1 + 1  qui passe à midi juste à coté de moi (en affût) /

A ce jour, fréquence des chevaliers dans la plaine alluviale du fleuve Sénégal, nota:
- Chevalier sylvain, abondant
- Chevalier gambette, assez nombreux
- Chevalier guignette et chevalier aboyeur: pas encore aussi abondants qu'en 'hiver'
- Chevalier culblanc: sporadique (pour l'instant, mais seront les plus fidèles à leurs sites d'hivernage, plus tard)
- Combattant varié: quelques dont un mâle en mue postnuptiale
- Chevalier stagnatile: deux, tout de même !

Ci-dessous: au-dessus des mangroves, 18 courlis corlieu matinaux en vol migratoire postnuptial
/ 2011 08 11 7h15, photo par Frédéric Bacuez 



Mouette à tête grise (larus cirrocephalus, grey-headed gull), 1 [marais de Lampsar 'doux'] / Goéland railleur (larus genei, slender-billed gull), 1 solitaire nage sur une grande dépression inondée puis s'envole / Sterne hansel (gelochelidon nilotica, gull-billed tern), la seule sterne visible en plaine; certains ind. toujours bien présents (comme si elles couvaient) dans la même steppe boueuse proche du camp saisonnier des pêcheurs /
Tourterelle pleureuse (streptopelia decipiens, african mourning dove) / Tourterelle maillée (streptopelia senegalensis, laughing dove) / Tourterelle masquée (oena capensis, namaqua dove), surtout en petites bandes, de 3 à 7 ind. / Pigeon roussard (columba guinea, speckled pigeon), un seul vol groupé S>N / Coucal du Sénégal (centropus senegalensis, Senegal coucal), 2 + 1 / Engoulevent à longue queue (caprimulgus climacurus, long-tailed nightjar), 2 dont une femelle - très grise - bien observée / Martinet des maisons (apus affinis, little swift) / Martin-pêcheur huppé (alcedo cristata, malachite kingfisher), 1 perché sur tamarix étêté au bord du marigot où je suis en affût + 2 (couple) sur branche basse d'un acacia en fleurs, au-dessus du marigot [au pied de digue n°2] / Alcyon pie (ceryle rudis, pied kingfisher), plusieurs couples / Guêpier nain (merops pusillus ssp. pusilllus, little bee-eater), dont au moins 6 perchés [nord de marais de Lampsar 'doux'] / Guêpier de Perse (merops persicus, blue-cheeked bee-eater) / Rollier d'Abyssinie (coracias abyssinicus, abyssinian roller), 1 juvénile + 1 adulte en vol S>N + 6 ind. en migration intrafricaine à 11h35 (transhumance S>N saisonnière) [plaine alluviale du fleuve Sénégal] /
Cochevis huppé (galerida cristata, crested lark) / Moinelette à oreillons blancs (erepmoterix leucotis, chestnut-backed sparrow lark), 1 mâle et 2 femelles en vol S>N [plaine alluviale] / Hirondelle rustique (hirundo rustica, barn swallow), 1 juvénile estivante en chasse [au dessus de la plaine alluviale du fleuve Sénégal] / Prinia modeste (prinia subflava, tawny-flanked prinia) / Cisticole des joncs (cisticola juncidis, zitting cisticola), nombreuses en vols de parade nuptiale / Souïmanga à longue queue (cynniris pulchellus, beautiful sunbird) / Moineau doré (passer luteus, sudan golden sparrow), dont un gros vol groupé [plaine alluviale] / Tisserin à tête noire (ploceus melanocephalus ssp. melanocephalus, black-headed weaver) / Travailleur à bec rouge (quelea quelea, red-billed quelea), en millions ! Eveil des dortoirs du Lampsar 'doux' à 7h15, énormes envols surtout de 7h20 à 7h50 puis incessantes remontées S>N de troupes surtout jusqu'à 9h45 (cf. photos) / Euplecte franciscain (euplectes franciscanus, northern red bishop), mâles en plumage nuptial (cf. photos), 3 dont un en plumage encore rosé (mue nuptiale inachevée) / Euplecte vorabé (euplectes afer, yellow-crowned bishop), 1 mâle en plumage nuptial avec 2 femelles / Astrild-caille à face noire (ortygospiza atricollis, black-faced african quailfinch), quelques, sortant des herbes rases de la plaine et s'élevant dans le ciel en chantant / Amarante du Sénégal (lagonosticta senegala, red-billed firefinch), 1 mâle + 2 (couple)
Entendu: Râle à bec jaune (amaurornis flavirostra) / Guêpier de Perse (merops persicus) / Pic goertan (dendropicos goertae, grey woodpecker) / Cisticole roussâtre (cisticola galactotes, winding cisticola)


Ci-dessus: une grande aigrette passe au-dessus de deux patas assoupis dans un arbre immergé du marais de Lampsar 'doux'
/ 2011 08 11 aprem'. Photo par Frédéric Bacuez


Patas 'singe rouge' (cercopithecus patas, patas monkey), 2 assoupis dans un acacia immergé [marais de Lampsar 'doux'], accablés par la chaleur étouffante: j'en vois un qui sans cesse pique du nez et a du mal à rester assis sur sa branche... (cf. photo ci-dessus)
Rat roussard du Nil (arvicanthis niloticus, african unstriped grass rat), 1 traverse la digue en bondissant pour se réfugier sous un buisson de salicorne + 3 jouant tout en collectant des feuilles (pour calfeutrer le terrier) de branches d'acacia abattu par des 'bûcherons'...
Empreintes de la nuit: de chacal doré (canis aureus) et de mangouste ichneumon (herpestes ichneumon, cf. photo en bas)

Varan du Nil (varanus niloticus, Nile monitor), 4 + 1 juvénile traversant sans peur la piste-digue n°1 malgré l'arrivée d'un taxi... urbain...

Périophtalme atlantique, nombreux.
Callinecte, 1 vivante bien vue en train de chasser juste en dessous de deux martins-pêcheurs huppés: à l'aide de ses pinces, le crabe balaye la rive de son marigot pour attirer dans l'eau d'éventuelles proies.


















Ci-dessus: cadavre de vache et carcasses (innombrables) de callinectes au beau milieu de la plaine alluviale bientôt inondée

Ci-dessous: empreintes de la nuit de mangouste ichneumon, adulte (sortant d'une vaste mare d'inondation)
/ 2011 08 11 matin, photos par Frédéric Bacuez

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