" Quand y aura-t-il des observateurs qui nous rendront compte de ce que font nos hirondelles au Sénégal et nos cailles en Barbarie ? "
- Comte de Buffon, 1737
" Mal nommer les choses, c'est ajouter au malheur du monde "
- Albert Camus

dimanche 31 octobre 2010

31, 1 fauvette passerinette arrive, le rougequeue continue sa route


* Bango. Marigot de Lampsar, coté limoneux -


MATIN, 8h30 -
Températures plus clémentes, ciel bleu pur, mais quelques coups de vent sableux en milieu de journée 
Arrivée des cormorans africains (phalacrocorax africanus, long-tailed cormorant) juvéniles dans la baie de Lampsar-bolong de khaye, sur le même arbrisseau perchoir que l'an passé: j'en frémis pour eux, car c'est au moins la moitié du groupe qui avait fini au bout des hameçons des enfants de Bango, entre mi-novembre et fin février. Pour le moment, ce sont les pêches miraculeuses libérées par les écluses du Lampsar 'doux' qui intéressent les uns et les autres, petits et grands villageois comme les oiseaux, et il y en a pour tous ! Les cormorans ont bien compris le sens du courant d'eau; ils se perchent sur les racines des palétuviers devant lesquels le limon frétille, ou se laissent flotter à contre courant, attendant que le poisson vienne à eux...
Avec les 20- cormorans africains (phalacrocorax africanus), 5+ crabiers chevelus (ardeola ralloides, squacco heron), ~12 aigrettes des récifs (egretta gularis, western reef egret), 2 aigrettes garzettes (egretta garzetta, little egret), 2 sternes caspiennes (sterna caspia, caspian tern) au fil de l'eau, et plus loin, 1 héron cendré (ardea cinerea, grey heron) perché sur le toit d'un bloc de palétuviers rouges.
Dans le jardin: toute la journée, 2 moineaux gris (passer griseus, northern grey-headed sparrow) très chantants dans le flamboyant, à proximité de l'abreuvoir régulièrement fréquenté par 2 capucins bec-d'argent (euodice cantans, african silverbill).

APREM', 16h -

Arrivée d'1 fauvette passerinette (sylvia cantillans, subalpine warbler), adulte mâle, vite à l'abreuvoir dans le flamboyant. Le rougequeue à front blanc (phoenicurus phoenicurus, common redstart) femelle n'est plus visible depuis  29 octobre soir; le passereau a peut-être continué sa route vers le sud ou, reposé, a gagné son site d'hivernage définitif, dans la brousse steppique proche (cf. aussi notule de 2010 11 1).

SOIR, 18h15-18h30 -
Sur le marigot, dans lequel continue de se déverser le trop-plein du Lampsar 'doux':
6 sternes caspiennes (sterna caspia) pêchent / 3 grands cormorans à poitrine blanche (phalacrocorax carbo ssp. lucidus, white-breasted cormorant) en vol [intérieur des terres>N]
Sur le delta, coté mauritanien: ~70 pélicans blancs (pelecanus onocrotalus, great white pelican) remontent le fleuve Sénégal [S>N]
Derrière les blocs de palétuviers: les pygargues vocifères (haliaeetus vocifer, african fish eagle)... vocifèrent
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samedi 30 octobre 2010

29-30, les crapauds jaspés ne coassent plus: ils se repaissent !


* Bango. Berges du marigot de Lampsar -


Explosion démographique de crapauds jaspés (crapaud panthérin, crapaud panthère d'Afrique, crapaud commun d'Afrique, amietophrynus/bufo regularis, african toad), dans ma cour ! Je ne sais si c'est la conséquence d'une prohibition intégriste de toute chimie jardinière sur mon périmètre; ou si c'est la divine mousson qui a encouragé la fornication amphibienne; il n'en reste pas moins que des dizaines de ces batraciens communs trouvent largement de quoi se repaître, après les pluies et avant de passer l'essentiel des mois secs à l'ombre, humide et parfois putride, dans les canalisations, sous les dalles, sous les pots de fleurs, dans les fosses... sceptiques. Si, dès avril et jusqu'à l'installation complète des pluies de l'hivernage, nos crapauds panthérins accompagnaient de leurs coassements communicatifs les éructations mégaphoniques des adorateurs de saints locaux, la fin de l'hivernage remet au silence les seuls crapauds, trop occupés à chasser l'insecte pour s'époumoner dans l'hystérie (cf. notule de 2010 07 29-31, 'Le brouhaha des crapauds jaspés')... Les moustiques essentiellement, mais aussi de petits grillons alimentent l'orgie, presque mécaniquement car les langue visqueuses frappent aussi, mais vainement, la carapace des tenebrionidae qui déambulent dans le sable, la nuit au beau milieu des amphibiens... (cf. photos ci-contre et ci-dessous)
Pendant ce temps-là, la chouette effraie passe au-dessus du jardin, à 1h45 de la nuit sombre, libérant son chuintement étrange que j'aime tant...  
 

Ci-dessus: 2010 10 29 et 30 à Bango; crapauds jaspés et tenebrionidae en chasse nocturne / Photos par Frédéric Bacuez, DR

30, une quarantaine de martinets noirs d'automne


* Bango -

vendredi 29 octobre 2010

29, deux ultimes orages localisés


* Lampsar et bas-delta du fleuve Sénégal -

Ci-dessus: orage local larguant ses eaux sur l'océan Atlantique après avoir survolé Saint-Louis. 2010 10 29, 17h30 depuis les berges bangotines du Lampsar / Photo par Frédéric Bacuez, DR
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29, un psammophis elegans de 2 m dans la cour !

2010 10 29 midi, Bango. Venue du marigot tout proche, une belle couleuvre psammophis elegans dans le jardin / Photo par Frédéric Bacuez

* Bango. Marigot de Lampsar, coté limoneux -

Ce sont les moineaux domestiques (passer domesticus) qui nidifient sous le toit qui m'ont alerté. Descendant au sol sous les eucalyptus, bondissant et jacassant, les passereaux harcelaient en fait une très longue couleuvre de plus de 2 m, le psammophis elegans (elegant sand racer), qui se faufilait rapidement sur le sable de la cour. La couleuvre s'est alors dirigée vers un parterre d'aloe verae, se dressant parfois tel un périscope pour scruter alentour avant de se hisser sans effort dans un de mes bananiers, et disparaître par le feuillage d'un nîîm...

Nota: le psammophis elegans (décrit par Shaw en 1802) est l'un des quatre colubridae (de la famille des couleuvres, dont psammophis sibilans/phillipsi, décrit par Linnaeus en 1750, également commun; psammophis shokari, décrit par et psammophis sudanensis, décrit par Werner en 1919, plus rarement observé) du Sénégal, du nord au sud, l'une des 32 espèces de psammophis connues d'Afrique. Le psammophis elegans est aussi l'un des serpents le plus fréquemment rencontré au Sénégal (55 espèces de serpents actuellement recensées dans le pays, dont une quinzaine dangereuses, encore loin des ~70 espèces connues de Tanzanie, et des 81 espèces identifiées pour l'ensemble de l'Afrique occidentale soudano-sahélienne et sahélo-saharienne*). Souvent écrasé sur les routes du pays, c'est le seul que je croise régulièrement dans les plaines alluviales, y compris en pleine saison sèche. Mais pas de quoi frémir: ce gracieux serpent n'est pas vénéneux. De couleur gris-jaune, aisément identifiable par sa minceur extrème et les trois bandes longitudinales soulignées de noir qui en renforcent la finesse, cette couleuvre - qui mesure en moyenne 1,70 m- a une tête aplatie aux reflets de couleur jaunâtre, ponctués de noir. Le psammophis elegans se nourrit essentiellement de lézards (scinques, geckos, acanthodactyles).

* Voir: 'Guide des serpents d'Afrique occidentale - savane et désert', par Jean-François Trape et Yousouph Mané (IRD Editions, 2007)
Sur les serpents du Sénégal: http://www.pathexo.fr/documents/articles-bull/T95-3-Env4.pdf

Ci-après: quizz ! Cherchez le serpent - la tête surtout !!! 
2010 10 29 midi, psammophis elegans des berges bangotines à l'assaut d'un bananier (à d., bien chercher l'alpiniste de haute voltige !) /
/ Photos par Frédéric Bacuez


28-29, des centaines de pélicans blancs remontent vers le Djoudj


* Lampsar et fleuve Sénégal -

Ci-dessus et en bas: 2010 10 28 soir, des centaines de pélicans blancs remontent le fleuve Sénégal vers le Djoudj sénégalais et le Diawling mauritanien pour une nouvelle saison de nidification / Photos  par Frédéric Bacuez, DR

Comme chaque année à pareille période, des milliers de pélicans blancs (pelecanus onocrotalus, great white pelican) en âge de reproduction remontent le fleuve Sénégal. En longues écharpes ondoyantes, le 28 octobre au soir, autour de 18 heures, plusieurs centaines de notre emblème saint-louisien, en bandes successives de 50 à 100+ individus chacune, traversaient le delta (cf. photo ci-dessus), enjambaient la péninsule de Thiolet et ses mangroves (cf. photo ci-après) pour remonter par-dessus le grand fleuve vers les parcs nationaux contigus du Diawling (Mauritanie) et du Djoudj (Sénégal) où nos énormes palmipèdes nichent de fin novembre à début février. Le 29 octobre après 11 heures, 120+ autres pélicans passaient au-dessus de Bango, tandis que vers 13 heures deux énormes vols ascensionnels étaient au loin visibles en amont du fleuve, au-delà de Diawas.
 

Ci-dessus: 2010 10 28 soir, des centaines de pélicans blancs remontent le fleuve Sénégal, en passant par dessus les mangroves de Thiolet
Ci-dessous: 2010 10 29 matin, 120+ pélicans blancs, en route vers les confins transfrontaliers du Djoudj-Diawling, survolent la pirogue distraite qui a oublié de relever son moteur en passant sur les filets de pêche...
/ Photos par Frédéric Bacuez

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28-29, l'arrivée des sternes pour l'orage


* Bango. Marigot de Lampsar, coté limoneux -



Ci-dessus, de haut en bas:
- 2010 10 28, 17h. Ultimes jours de chaleur propice aux baignades, premières intrusions des sternes dans le Lampsar

- 2010 10 29, 17h30-17h50. Tandis qu'un ultime orage se dirige vers Saint-Louis, une cinquantaine de sternes pierregarins, caspiennes et hansels font leur entrée dans le Lampsar
/ Photos par Frédéric Bacuez, DR
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jeudi 28 octobre 2010

28, tandis qu'on parle biodiversité déclinante, à Nagoya (Japon)...


* Bango. Marigot de Lampsar, coté limoneux -


Ci-dessus: crane de (gros) phacochère commun (phacochoerus africanus, warthog) sur les berges du Lampsar limoneux, tandis que passe une aigrette des récifs / Photo par Frédéric Bacuez, DR

mardi 26 octobre 2010

26, deux pélicans gris de retour sur le Lampsar


* Bango. Marigot de Lampsar, coté limoneux -
MATIN, ~8h-9h,
ciel bleu pur, pleine lune bien visible, température plus clémente
~8h: 1 sterne hansel survole le marigot
4+ chevaliers guignettes / 5 alcyons-pies / 1 aigrette garzette perchée [baie de Lampsar-bolong de khaye]
4 hérons cendrés dans les mangroves
2 pélicans gris nagent prudemment entre les bosquets de palétuviers rouges et l milieu du marigot tandis qu'un varan du Nil fait sa quotidienne traversée entre les mangroves de la rive nord et la décharge qui jouxte la caserne de la rive sud (cf. photo ci-après)
8h30: entendu: touracos gris, 2 / Huppe fasciée, 1, brièvement au loin
On entend désormais régulièrement les chevaliers aboyeurs
9h: 3 corbeaux pies / 3 aigrettes des récifs / 1 pygargue vocifère collé au train par 1 milan parasite


Ci-dessus: deux pélicans gris (à g.) et un varan du Nil (au milieu), derrière les filets de pêche tendus en travers du marigot, regagnent la sécurité des mangroves du Lampsar limoneux  / 2010 10 26, photo par Frédéric Bacuez

SOIR -
~17h30, seconde ouverture de l'écluse pour libérer le Lampsar 'doux' de son trop-plein:
Quelques sternes sp. et mouettes à tête grise arrivent pour profiter des poissons emportés par le rejet des eaux du Lampsar 'doux'
1 balbuzard pêcheur remonte le marigot limoneux par la rive sud [>Lampsar 'doux']

Coucher de soleil:
Sur le fleuve Sénégal, gigantesque troupe de flamants sp. au loin (plusieurs centaines), remontant vers le nord
Descendant le fleuve vers le sud, quelques groupes de limicoles migrateurs
2 dendrocygnes veufs / Quelques hérons cendrés, dont un vol de 8 ind. [S>N]
Des chevaliers aboyeurs passent / Alcyons pies / Chevaliers guignettes / Aigrettes des récifs /
Un vol de ~12 hérons garde-boeufs [S>N]
Quelques cormorans africains, immatures, en vol, souvent seuls

lundi 25 octobre 2010

25, deux grands chanteurs tropicaux dans le jardin


* Bango. Marigot de Lampsar, coté limoneux -


Ci-dessus: 2010 10 25 14h15, Bango; dans les eucalyptus riverains du marigot: à g., barbican de Vieillot - à d., martin-chasseur strié
/ Photos par Frédéric Bacuez

En début d'après-midi, deux des plus grands chanteurs d'Afrique, 1 barbican de Vieillot (lybius vieilloti, vieillot's barbet) et 1 martin-chasseur strié (halcyon chelicuti, striped kingfisher) se mettent de concert à pousser leurs vocalises puissantes - en particulier le martin-chasseur, qui habite l'intérieur du quartier mais s'est rapproché des berges du marigot d'où s'élèvent désormais vers le ciel des dizaines d'agrions et autres libellules, proies rêvées... Du faîte d'un eucalyptus l'oiseau tonitruant s'élance puis se décide à traverser le marigot pour rejoindre les palétuviers de l'autre rive. Le barbican, quant à lui, passe du kordia en fleurs aux branches plus basses de l'eucalyptus et semble, en bon imitateur, très intéressé par le chant du martin-chasseur strié... Ce matin déjà, ce sont les 2 touracos gris (crinifer piscator, western grey plantain-eater) des parages qui ont rejoint 1 coucal du Sénégal (centropus senegalensis, senegal coucal) poursuivi... par 1 tourterelle maillée (streptopelia senegalensis, laughing dove) jusque dans les mêmes eucalyptus du jardin: et tout ce beau monde d'y glousser ou roucouler par contagion synchronisée !
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La peau des pythons de Seba, encore et toujours...


* Bango, sur les berges du Lampsar -




Ci-dessus: août 2010 à Bango, python trophée... / Photos DR pour Ornithondar


Mauvaises - et récurrentes - nouvelles d'hivernage pour la biodiversité bangotine, pendant mon séjour européen: les deux hippos de la rivière se seraient fait la belle, du coté du barrage de Diama - mais les demoiselles ont souvent la bougeotte pendant les pluies ! Quant aux grands serpents, leur peau ne vaut toujours pas lourd, mais on se les arrache, dans l'indifférence unanime ! J'ai pu récupérer hier ces photos prises à Bango entre le 15 et le 20 août: encore un python de Seba(e) de belle taille (cf. photos ci-dessus) attrapé par un enfant sur les rives du Lampsar d'eau douce, particulièrement fournies en végétation après les pluies record de la mousson. Pendant ce temps-là, les coups de feu braconniers sur les phacochères se moquent superbement des préparatifs de la prochaine saison officielle de chasse en cours au Ranch de Bango...

dimanche 24 octobre 2010

24, c'est la fin de l'hivernage à Saint-Louis


* Bango. Marigot de Lampsar, coté limoneux -


Ci-dessus: au-dessus du Lampsar limoneux, un alcyon pie fait le saint-esprit dans les alizés revenus, porteurs de sable et d'assèchement
/ 2010 10 24 ~17h. Photo par Frédéric Bacuez

Les oiseaux de midi avaient le bec haletant,  accablés par la pression atmosphérique extrême. Chaleur et moiteur les contraignaient à fréquenter les abreuvoirs malgré la menace féline. Soudainement à 15h15, les alizés comme une grande vague ont remonté le marigot, charriant les premiers sables volants depuis la côte dunaire. Dès la fin d'après-midi, le changement radical d'ambiance annonce la fin de l'hivernage, et bientôt le début des longs mois secs: ce soir, une légère brume, des remous sur le marigot, et un vent propice au vol stationnaire des quatre à cinq alcyons pies (ceryle rudis, pied kingfisher) de mon bout de rivière (cf. photo ci-dessus).

Saison des pluies (mousson, dit 'hivernage' sous les tropiques africaines) historique sur nos confins présahariens ! Records de pluies un peu partout en Afrique occidentale, du Sahel aux côtes du Golfe de Guinée (cf. notule de 2010 10 17), un bilan largement excédentaire pour l'ensemble des stations du Sénégal, avec des différentiels par rapport à la norme des trente dernières années particulièrement spectaculaires dans le Ferlo sud et... dans le delta du fleuve Sénégal (cf. ci-après). On restera cependant inquiet quant à l'extrème versatilité des averses en sachant qu'au Sénégal le mois de septembre a parfois enregistré, à lui-seul, 70 % du cumul pluviométrique de toute la saison (19 mai et 19 juin-17 octobre dans le delta du fleuve Sénégal):

- Fleuve Sénégal, de l'estuaire vers l'amont:
Saint-Louis: 587,1 mm (contre une norme moyenne de 221,1 mm, soit un positif de 266 %)
Bango: 646,5 mm * !! (dont 408,6 mm pour le seul mois de septembre; et 87,8 mm pour le seul 17 octobre !)
Podor: 386,0 mm (contre une norme moyenne de 195,9 mm, soit un positif de 197 %)
Matam: 577,9 mm (contre une norme moyenne de 330,0 mm, soit un positif de 175 %)
Bakel: 699,5 mm (contre une norme moyenne de 492,7 mm, soit un positif de 142 %)
- Intérieur, Ndiambour et Ferlo:
Louga: 444,4 mm (contre une norme moyenne de 283,7 mm, soit un positif de 156 %)
Linguere: 788,2 mm (contre une norme moyenne de 372,5 mm, soit un positif de 211 %)
Ranerou: 749,8 mm (contre une norme moyenne de 372,5 mm, soit un positif de 201 %)

* En rappel, histoire de remettre les pluviomètres à l'heure:
moyenne annuelle de: Abidjan, 1650,0 mm et korhogo, 1400,0 mm (Côte d'Ivoire, sud et nord) / Ouagadougou (Burkina Faso), 748,0 mm / Tanger (Maroc), autour de 800,0 mm / Et ... Paris (France), 641,0 mm...

Ci-dessous: 2010 10 24, une demi-heure avant le basculement des vents et la poussée des alizés, baignade dans le marigot limoneux; l'eau, la boue et les herbes camouflent encore tout ce que les Hommes jettent au pauvre fleuve...
/ Photo par Frédéric Bacuez

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24, 5 espèces de passereaux européens dans le jardin !


* Bango. Marigot du Djeuss, coté limoneux -

Ci-dessus: rougequeue à front blanc femelle dans un jeune baobab; berges du Djeuss limoneux
Ci-après: quelques espèces de passereaux migrateurs (rougequeue à front blanc, rousserolles sp., fauvette des jardins) dans un épineux
/ 2010 10 24 entre 12 et 14h, photos par Frédéric Bacuez

Journée exceptionnelle sur les berges du Djeuss: en milieu de journée, dans un recoin du jardin entre la frondaison épaisse d'un cerisier d'Afrique, les branches épineuses d'un tout jeune acacia et le perchoir d'un baobab encore en feuilles, voilà qu'apparaît la femelle d'un rougequeue à front blanc (phoenicurus phoenicurus, common redstart), agitée mais peu farouche, aux cotés d'abord d'1 rousserolle turdoïde (acrocephalus arundinaceus, great reed warbler) bien observée (avec ses fines rayures grises sur le bas du cou et le haut du poitrail), puis d'1 rousserolle effarvatte (acrocephalus scirpaceus, european reed warbler) et d'1 fauvette des jardins (sylvia borin, garden warbler). En fin de journée, 1 pouillot véloce (phylloscopus collybita, common chiffchaff) arrive du marigot et se pose dans les hauteurs d'un eucalyptus.
Nota 1: ces passereaux venus d'Europe occidentale vont passer l'hiver sous nos tropiques. Mais si après la dure traversée du Sahara, tous prennent quelque repos (de quelques dizaines de minutes à plusieurs jours) sur nos rivages aquatiques, rousserolle turdoïde et fauvette des jardins vont continuer vers le sud -le Golfe de Guinée pour la première; les savanes arborées et forestières pour la seconde- tandis qu'un certain nombre de rougequeues et de rousserolles effarvattes resteront dans notre delta jusqu'en mars ou avril avant de reprendre les routes du nord. Bienvenue, et... bonne chance !

Nota 2: autour des passereaux migrateurs en transit, quelques oiseaux résidents de nos tropiques: 4 bulbuls des jardins (pycnonotus barbatus, common bulbul), des souïmangas à poitrine rouge (chalcomitra senegalensis, scarlet-chested sunbird) - dont des juvéniles presque sevrés-, et même 1 choucador à longue queue (lamprotornis caudatus, long-tailed glossy starling) assoiffé qui tente de se rapprocher d'une vasque d'eau ! Au petit matin, 1 pic goertan (dendropicos goertae, grey woodpecker) tambourine le flamboyant; toute la journée, 1 crombec sitelle (sylvietta brachyura, northern crombec) bien bavarde escalade troncs et branches des arbres du jardin, venant même se mettre à l'abri/à l'ombre sous le toit de la maison !!! Autour des abreuvoirs perchés dans le flamboyant, au zénith étouffant, deux couples de capucins bec d'argent (euodice cantans, african silverbill), 1 moineau gris (passer griseus, northern grey-headed sparrow) et la tourterelle maillée (streptopelia senegalensis, laughing dove) qui nidifie régulièrement dans le bel arbre viennent se désaltérer, quelques heures avant le basculement salvateur des vents... Cela ne trouble guère une paire de moineaux domestiques (passer domesticus, house sparrow), madame et monsieur visiblement très pressés, qui démontent consciencieusement un nid sommaire de brindilles abandonné dans l'arbre à étages (terminalia), et en transfèrent illico les matériaux sous ma toiture... Idem pour le discret tisserin minule (ploceus luteolus, little weaver) qui inspecte régulièrement son nouvel ouvrage tissé et pendu aux tiges d'eucalyptus, juste en dessous du précédent nid - qui avait pourtant bien résisté aux intempéries de la mousson -, dans le vent.

mercredi 20 octobre 2010

19-20, les premiers alizés... vite essoufflés


* Bango. Marigot de Lampsar, coté limoneux -


Quelques résidus de mousson sur le Sénégal, du nord au sud: le Front Inter Tropical (FIT) est redescendu sur les confins guinéens aussi vite qu'il était remonté sur nos 'rivages' sahéliens, dans un ultime et tardif  spasme saisonnier (cf. notules des 17 et 18 octobre).
Au nord, en remontant le fleuve Sénégal: Podor: 0,1 mm, le 18 10 / Matam: traces, le 19 10 et 1,9 mm le 20 10 / Bakel, 28,0 mm le 20 10 /
Au Ferlo sud: Ranerou, 2,3 mm le 20 10 /

Il n'a pas fallu long feu après l'averse diluvienne du dimanche 17 octobre pour que les tout premiers alizés marins ne se lèvent et remontent le marigot, même timidement, dès l'après-midi du mardi 19, et trop brièvement, jusqu'au soir du lendemain... Au croisement des deux saisons, après la mousson et avant l'harmattan, si les oiseaux afrotropicaux -dont l'emblématique coucou didric- ont déjà quitté le nord sahélien pour redescendre vers des latitudes plus boisées, les résidents comme les aigrettes des récifs (egretta gularis, western reef egret; cf. photo ci-après) occupent le terrain avant l'arrivée massive des ardéidés et autres limicoles venus du nord maghrébin et européen. D'autres, enfin, comme les calaos, les rolliers d'Abyssinie ou les choucadors à longue queue (lamprotornis caudatus, long-tailed glossy starling; cf. photo ci-dessous) vont refluer vers le sud, eux-aussi, en laissant sous nos cieux leurs jeunes immatures, non reproducteurs, au moins pour une année.


Ci-dessus: 2010 10 19 au matin, quelques heures avant le retour des alizés, sur le Lampsar: aigrette des récifs et choucadors à longue queue en vol au dessus des hautes eaux limoneuses du marigot / Photo par Frédéric Bacuez, DR
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lundi 18 octobre 2010

18, après le déluge...


* Bango, marigot de Lampsar, coté limoneux -

Ci-dessus: 2010 10 18. Coucher de soleil au lendemain d'un déluge (ultime ?) sur le Lampsar / Photo par Frédéric Bacuez, DR

- Comme si de rien n'était: après les pluies diluviennes de septembre et du 17 octobre, les habitudes aquatiques ont vite repris leur routine: les enfants inspectent les filets de pêche (cf. photo ci-dessus) à bord de la pirogue paternelle, avant de bientôt braconner les oiseaux qui vont arriver en nombre; et les hommes psalmodient et/ou "fraudent"... Bientôt la Tabaski, et si la Mauritanie livre généreusement du gaz à un état sénégalais éhonté  incapable d'accueillir des méthaniers prévisionnels au port de Dakar, les lointains Bangotins ne croient qu'en leurs marabouts et autres bouts de ficelle des petits trafics importés de l'autre rive du fleuve, du sucre, du sel, du thé, pendus au téléphone portable avec leurs cousins maures au bout du marigot, de l'autre coté de la passe de Thiolet...  

 Ci-contre: .alcyon-pie et aigrette des récifs au-dessus du Lampsar 2010 10 21 matin / Photos par Frédéric Bacuez

- Pendant ce temps, quid des oiseaux du marigot, en cet automne vert, humide, inondé ? Eh bien, on ne les voit pas tout de suite: les quelques hérons cendrés autochtones se cachent dans les mangroves; les alcyons pies (cf. photo ci-dessus à d.) et au moins 1 martin-pêcheur huppé sont à la fête, comme la résidente aigrette des récifs (cf. photo ci-dessus à g.), comme les visibles pygargues vocifères africains et les balbuzards pêcheurs déjà venus d'Europe. Chez les migrants, des bergeronnettes grises sont là, d'autres passent, et mon chevalier guignette a retrouvé la pirogue de Seyni comme poste d'observation, d'où il chante à tue-tête, peut-être pour effaroucher trois de ses congénères qui ne peuvent profiter de la berge encore noyée et dangereusement fournie en herbage. 9 échasses blanches font la navete entre le lac de Bango, exceptionnellement haut, et les rives du marigot qu'elles ne peuvent guère accoster. 1 corbeau et les milans patrouillent, comme d'habitude. J'ai entendu 1 courlis corlieu, entendu et apercu 1 chevalier aboyeur; seulement deux dizaines de dendrocygnes passent d'un Lampsar à l'autre; un premier groupe de cormorans africains est venu survoler la baie où ils se feront bientôt massacrer par les gamins; juste 3 sternes, une pierregarin, une caugek et une royale, tournent avec légèreté au dessus des eaux rouges. Dans les environs immédiats, j'ai entendu glousser les touracos gris, grincer les choucadors à longue queue. Dans le jardin luxuriant, un coucal, les bulbuls et un couple d'amarantes, certes, mais pas un passereau migrateur pour le moment: 1 pic goertan a tambouriné dans le flamboyant; 2 souïmangas, un adulte multicolore et un juvénile, 2 capucins bec-d'argent à l'abreuvoir, et tout juste 2 moineaux - bizarre... Dans les airs, le retour vers le village, par dessus les boeufs à heure fixe, de 3 buphages piqueboeufs... Ce n'est pas encore le rush aviaire: il n'y a pas d'Arche de Noë après le déluge...

- Nota: Ah si, j'avais oublié ! Dès le soir de mon retour, au loin dans la plaine alluviale: un 'poum ! poum' bientôt familier ! Rebelote, le 'chasseur' de phacochères a sans doute fait mouche, une fois de plus. Hors saison de chasse, comme à la veille de mon départ (cf. notule de 2010 07 27, 'Poum ! poum ! Et un phaco sur le dos du braco !!!'). Tout le monde s'en fout, c'est peut-être pour cela que je l'avais déjà oublié... Vivement un séminaire à perdiems sur la question du braconnage, organisé - et financé, cela va sans dire- par l'Office (français) de la chasse, ah ah !!! Quatre jours plus tard, c'est une peau de python de Seba(e) que l'on me propose d'acheter... Décidément, l'année internationale de la biodiversité bat son plein à Bango de Saint-Louis-du-Sénégal !

dimanche 17 octobre 2010

17, moiteur tenace, encore la pluie puis un déluge !

* Marigot de Lampsar, coté limoneux -


Ci-dessus: 2010 10 17, le Lampsar limoneux, un 17 octobre sous la pluie comme au coeur d'une mousson du sud.... / Photo par Frédéric Bacuez


Depuis quelques années, partout en Afrique de l'Ouest soudano-sahélienne on se dit - avec certains observateurs scientifiques- que le cycle trentenaire de bonne pluviométrie est bel et bien de retour ! A chaque mousson, bien que définitivement versatiles, les pluies mettent du temps à s'installer mais ont tendance à se prolonger jusqu'en octobre, avec de plus en plus de force dévastatrice ***. Sur nos confins pré-désertiques, peu arrosés, le mois de septembre a été pluvieux comme jamais ou presque ! Mais vingt-trois jours après l'ultime averse - un des quatre déluges de septembre, 76,2 mm à Bango le 24 -, voilà que l'humidité ne veut plus s'estomper quand le 15 octobre à Saint-Louis voit, normalement, les alizés retrouver leur souffle et repousser les vents de mousson vers le sud-est. Cet après-midi, plouf ! un ou presque deux nuages et, en moins d'une heure, une honorable averse nous avait gratifiés de 8,2 mm - ce qui est considéré comme une bonne pluie en Europe tempérée !-, avant le retour aussi soudain du soleil mijoteur. Car, revers de l'exubérante verdure et du fleuve rouge et gonflé, une désagréable moiteur chaude comme l'étuve accable le corps encore enivré par les éthers alpestres
... Mais on n'avait pas vu ce qui remontait du sud, sans grondement ni vent: dès 15h40 et durant huit heures, il tombera sans interruption des hallebardes sur le Lampsar comme vache d'Abondance qui pisse ! 79,6 mm !!! un 17 octobre, je vous demande un peu, même en savane je n'avais jamais vu cela de ma vie, à cette date; il fallait venir sur ces 'marges présahariennes' ('Sahel', en arabe) pour recevoir un tel sceau d'eau au lendemain de mon retour 'd'après mousson' !!!

- Bango: 8,2 mm (13h10-13h55) et 79,6 mm (15h40-23h; traces ensuite et le 18 à 10h15), soit 87,8 mm - son cumul saisonnier le plus important après l'averse de 90,0 mm du 8 septembre.

- Saint-Louis (même pas sortie de ses inondations de la mi septembre **): 99,1 mm - soit sa seconde plus grosse averse de la saison *, après les 105,0 mm du 7 septembre, ces deux déluges cumulant à eux-seuls plus des 3/4 d'eau d'une mousson normale à Saint-Louis !!! 

- Fleuve Sénégal, en remontant vers l'amont:
Podor: 4,8 mm (et 0,8 mm le 16) / Matam: 10,5 mm (1,2 mm le 16; 4,9 mm le 15; 0,5 mm le 14) / Bakel: 6,0 mm (2,0 mm le 16; 9,8 mm le 15; traces le 14; 12,0 mm le 11)
- Intérieur et Ferlo:
Louga: 70,9 mm (traces le 13) / Linguere: 39,4 mm / Ranerou: 2,5 mm (3,9 mm le 14)

* La plus forte pluie du jour et de la semaine au Sénégal. C'est un événement: Saint-Louis, deuxième station la plus sèche du pays après Podor a été ce 17 octobre 2010, et de loin, la ville la plus arrosée par ce regain d'hivernage !
** Lire aussi sur http://www.saintlouisdusenegal.com/: " Hivernage 2010: ça n'était donc pas fini ! "

*** Lire un résumé des intempéries sur l'Afrique de l'Ouest (pays les plus touchés: Bénin, Nigeria, Niger, Tchad, Burkina Faso) : http://www.pfcmc.com/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=23316&Cr=inondations&Cr1=
Et aussi, pour le Bénin, pays le plus affecté cette année (environ 60 morts et 120 000 sans-abris au 19 octobre) : http://www.pfcmc.com/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=23381&Cr=B%E9nin&Cr1=
Ainsi que: http://www.africa1.com/spip.php?article4453, "A Cotonou, des milliers de déplacés après les inondations" et http://www.lemonde.fr/afrique/article/2010/10/22/680-000-personnes-touchees-par-les-inondations-au-benin_1429957_3212.html (2010 10 22)

16-17, 2 balbus européens, 2 pygargues africains, voisins


* Bango. Marigot de Lampsar, coté limoneux -


A peine rentré à Bango sur les bords de 'mon' marigot, j'ai cherché du regard mes balbuzards pêcheurs (pandion haliaetus, osprey) au long du Lampsar; au loin, dans la baie abritée par la pointe Thiolet, les pêcheurs ont eu la bonne idée de replanter un pieu au milieu des eaux, comme en 2008-2009. J'y ai tout de suite repéré 'le' balbuzard, déjà en poste pour un nouvel hiver tropical, loin de ses quartiers d'été européens. Les 16 et 17, c'est en couple que deux balbus ont recommencé leur routinière tournée de la rivière, partant des environs du bolong de Dakhar-Bango pour inspecter le marigot limoneux, survoler la baie de Lampsar-bolong de khaye, et si la prise est bonne, comme ce matin, continuer vers le Lampsar d'eau douce pour l'y dévorer en paix.


Ci-dessus: 2010 10 17 midi, balbuzard pêcheur en vol au dessus des palétuviers du Lampsar limoneux / Photo par Frédéric Bacuez 

Quant au couple de pygargues vocifères (haliaeetus vocifer, african fish eagle; un autre couple a son aire dans un eucalyptus riverain du Lampsar coté eau douce) qui affectionne les trois petits arbres solitaires plantés au bout de la pointe Thiolet, entre Lampsar et delta, il est particulièrement actif, très vocaliste, même sous les averses du jour, tournoyant parmi les milans parasites (milvus migrans ssp. parasitus), tantôt à haute altitude, tantôt très bas au dessus du marigot. Ce midi pour la première fois, alors que les gros poissons bondissent encore à la surface des eaux rougeoyantes et hautes, je les ai surpris s'abattant sur la mangrove, au beau milieu de hérons cendrés (ardea cinerea) qui se sont envolés et dispersés, affolés. Je ne sais si les aigles 'pêcheurs' voulaient  'chasser', ou bien seulement se poser dans les palétuviers. On sait qu'en Afrique orientale et australe, les aigles pêcheurs ont un faible pour les flamants, en particulier les flamants nains (phoeniconaias minor; observations des lacs Bogoria et Baringo, au kenya). Ce comportement carnassier des pygargues n'a pas été vraiment étudié en Afrique occidentale.


Remarque: les balbuzards pêcheurs (migrateurs d'Europe occidentale et du nord, de passage et hivernants en Afrique subsaharienne - les oiseaux du bassin méditerranéen étant sédentaires) et les pygargues vocifères (résidents d'Afrique) se croisent et se recroisent entre pointe Thiolet et Lampsar 'doux', volant parfois très près les uns des autres, sans agressivité ni conflit. A la pointe Thiolet, les pygargues se perchent dans les arbres tandis que les balbuzards restent volontiers au sol dans la steppe buissonnante pour y manger leurs prises de pêche ou même s'y reposer.
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samedi 16 octobre 2010

16, la néphile du Sénégal annonce l'automne sahélien


* Bango. Marigot de Lampsar, coté limoneux -

 
Ce 15 octobre, ce n'est pas un oiseau qui m'accueille dans le jardin des bords du Lampsar, mais un arthropode: une néphile du Sénégal (nephila senegalensis, cf. photos ci-dessous), belle araignée longiligne qui apparaît dans sa gigantesque toile dès le milieu de la mousson, et dont les rejetons, en brousse, se rassemblent en nombre jusqu'à la veille de l'harmattan, le grand vent d'est désséchant, transformant d'octobre à décembre les boqueteaux en véritables labyrinthes de soie collante... Cette année, ma néphile a  construit son piège dans un jeune baobab - dont les feuilles vertes, en cet hivernage exceptionnel, ne jaunissent pas encore.

Ci-dessus: 2010 10 16. Bango, néphile du Sénégal, feuilles de baobab et milans parasites à bec jaune / Photos par Frédéric Bacuez

Frankie goes to... Dakhar-Bango !


* Bango. Marigot de Lampsar, coté limoneux -

" Le marigot de Dakhar-Bango, Sénégal, lieu de mon enfance", par Frankie Pain - et la contribution ornithologique de Fretback ! (cf. aussi le commentaire lié à la notule ci-après, "Clin d'oeil...") :  
http://lamangou1.blogspot.com/2010/10/le-marigot-de-dakar-bango-senegal-lieu.html (2010 10 12)

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Clin d'oeil: choc culturel chez les bêtes...


* Bango, Saint-Louis-du-Sénégal -



Ci-dessus: comme chien et chat, disent-ils... Affaire d'éducation, à la vérité ! Bango, 2010 10 17 matin / Photo par Frédéric Bacuez
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vendredi 15 octobre 2010

15, Dakar-St.Louis, des oiseaux quand la mousson s'en va


* De Dakar à Saint-Louis par la RN2 -


3e année bangotine sur les berges du Lampsar...
' Corne et bougies' / Courtesy Matthieu Cupillard, Dakar 2010 


En cette fin d'hivernage (la mousson africaine), les 270 kilomètres qui séparent la capitale sénégalaise de l'ancienne capitale de l'empire français d'Afrique occidentale sont verdoyants - et troués au-delà de Louga ! -, bien que jaunissants du coté de kébémer, le village natal de notre vénéré timonier.

Vu, notamment:
Héron mélanocéphale, 1 [au sortir de la péninsule du Cap-Vert] /  Vautour (gyps) africain, deux groupes de 10-15 chaque, adultes [environs d'agglomérations entre Mekhé et Louga] /  Vautour charognard (percnoptère brun), un groupe de ~10 [Guéoul], quelques solitaires [en grande banlieue de Dakar]  / Milan parasite à bec jaune, évidemment [ciel de la péninsule du Cap-Vert: Grand Dakar] / Coliou huppé, quelques, à plusieurs reprises [entre Guéoul et Saint-Louis] / Rollier d'Abyssinie [surtout au nord de Louga] / Rollier varié, sur les fils téléphoniques [y compris entre Louga et le début du delta saint-louisien, mais en moindre nombre qu'au sud de Guéoul] / Calao à bec rouge, partout / Calao à bec noir, en moindre nombre que son cousin à bec rouge / Pie-grièche méridionale, 1 [vers Thiès] / Corvinelle à bec jaune [région de Thiès] / Choucador à ventre roux, de plus en plus fréquent en remontant vers le nord / Alecto à bec blanc /

Sur la route, un mustélidé écrasé:
Zorille commune (ictonyx striatus, zorilla), 1 [entre Tivaouane et Mekhé]
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lundi 11 octobre 2010

Aparté: Annecy et la Réserve naturelle du Bout du lac


* Réserve naturelle du Bout du lac, Annecy, Haute-Savoie, France -

C'est une belle petite réserve de 90 hectares comme il en existe des milliers en France et en Europe, l'une des deux qui protègent les ultimes biomes naturels du lac d'Annecy (avec la réserve du Roc de Chère): créée en 1974 sur les lieux mêmes de la réintroduction en 1972 du castor d'Europe - emblème de la réserve - et gérée par le Conservatoire des espaces naturels de Haute-Savoie (ASTERS), la réserve naturelle du Bout du lac a permis la conservation de roselières aquatiques et terrestres, de landes à saules cendrés, de prairies de fauche, de taillis d'aulnes, et, autour des rivières l'Ire et L'Eau morte, d'une belle ripsylve et d'une petite forêt de chênes pédonculés. On y a recensé plusieurs espèces de reptiles et de batraciens (crapaud commun et grenouille rousse), de papillons et de libellules, des brochets, perches et tanches, 699 espèces de plantes, dont la rare liparis de Loesel, et 342 espèces animales, dont le castor d'Europe pour les mammifères et la harle bièvre pour les oiseaux. Les bords du lac attirent en hiver quelques bataillons de canards dont les fuligules milouins et morillons. A la bonne saison, les roselières abritent plusieurs espèces nicheuses de passereaux typiques de ces formations végétales, dont les locustelles (luscinioïdes) et les rousserolles (turdoïdes), oiseaux qui en ce début d'automne sont déjà partis vers l'Afrique équatoriale, pour les secondes (cf. notule de 2010 10 24, observation personnelle d'une turdoïde de passage à Saint-Louis), et vers le Sahel pour les premières, hivernant notamment dans le delta intérieur du Niger (Mali) et dans celui du fleuve Sénégal (Mauritanie-Sénégal)...
Voir aussi: http://www.asters.asso.fr/france/DT1194359520/diaporama/index.html/typeid-14


Ci-dessus: 2010 10 11 aprem', les roselières de la réserve naturelle du Bout du lac (d'Annecy), Haute-Savoie / Photo par Frédéric Bacuez

Vu:
Grèbe huppé, 2 (également plusieurs immatures sur un canal d'Annecy) / Faisan à collier, 2 mâles et 2 femelles / Gallinule poule d'eau, 1 juvénile (également 1 adulte dans les roselières d'Annecy ville) / Foulque macroule (lac) / Mouette rieuse (lac) / Goéland sp., 1 au loin  / Pic épeiche, 1 / Rougegorge familier, 3 / Tarier pâtre, 1 mâle / Merle noir / Grive litorne, ~3 / Pouillot véloce, 1+ / Mésange à longue queue, ~6 + 1+ / Mésange nonnette / Mésange charbonnière / Mésange bleue / Mésange noire, 1 / Sitelle torchepot, 2 (vues deux fois) + 2 / Geai des chênes, ~10 (également 1 en vol vers Sévrier) / Pinson des arbres / Serin cini / Tarin des aulnes / Bouvreuil pivoine, 2 /
Entendu:
Martin-pêcheur d'Europe, 2 s'interpellant / Pic vert, 1 / 
Etourneau sansonnet, 5 en vol  (vers Sévrier)

Ecureuil roux, 1 (vu deux fois)
Traces de castors d'Europe, de sangliers, de chevreuils
Terrier de blaireau

Ci-dessus: réserve naturelle du Bout du lac. A g., l'Ire, pour les cincles plongeurs - A d., L'Eau Morte, pour les castors d'Europe
/ 2010 10 11 aprem', photos par Frédéric Bacuez

* Parc de l'Europe et anciens haras d'Annecy -
Vu:
- Lac: Grèbe huppé, 1 / Cygne tuberculé / Foulque macroule / Canard colvert / Mouette rieuse / Goéland cendré /
- Parc: Pic épeiche, 1 [cris et tambourinages; également 1 en vol au club de tennis municipal] / Pouillot véloce / Sitelle torchepot / Merle noir / Corneille noire, dont 1 hybride de corneille mantelée / Moineau domestique /  Grimpereau brachydactyle (des jardins) / Mésange bleue / 
- Haras: Epervier d'Europe, 1 / Mésange à longue queue, 4 / Grimpereau brachydactyle (des jardins), 1 / Hypolaïs ictérine, 1 / Gobemouche gris, 2  en halte migratoire vers l'Afrique subsaharienne (2010 09 20) / Gobemouche noir, 5 à 6 en halte migratoire vers l'Afrique subsaharienne (2010 09 20) / Merle noir, 1 femelle / Corneille noire 

5 08 - 11 10, aparté: Bargy, le fief du gypaète barbu

Ci-contre: au dessus du plateau de Samance (1350-1600m), Sur Les Tours (à g.), le Buclon (2072 m), Le Jalouvre (2408 m) et la Cuchat,  Pointe Blanche (au fond à d., 2438 m)
/ 2010 10 6 aprem', photo par Frédéric Bacuez

* Plateau de Samance, Haute-Savoie, France -

OISEAUX / 75 espèces vues, 1 entendue
MAMMIFÈRES / 13 espèces vues, 1 entendue
REPTILES / 3 espèces vues

Vu:
Héron cendré, 1 en vol [devant le Lachat de Chatillon] + ~3 [régulièrement immobiles dans les prés entre Thônes et Bluffy] / Milan noir, 1 en migration N>S [par dessus la klippe des Annes] /  Circaète Jean-Le-Blanc, au moins un couple [plateau de Samance surtout, mais aussi pierriers abrupts au sud du Roc des Tours, falaises du Jallouvre, col de la Colombière et bois des Candus entre Tête et Chapeau d'Aufferand] / Gypaète barbu, au moins un couple et 1 juvénile [ensemble du Bargy mais aussi Aufferand, Klippe des Annes et même domaine skiable du Lachat de Chatillon] / Vautour fauve, 1 (vu deux fois le même jour) [bas du Bargy et survol de la klippe des Annes] / Epervier d'Europe / Autour des palombes / Buse variable, jusqu'à 8 ensemble / Aigle royal, un couple / Faucon pèlerin, 1+ / Faucon crécerelle, jusqu'à 6, un couple permanent sur le plateau de Samance / Tétras lyre, 1 mâle et 2 femelles / Coucou gris d'Europe, 1 / Martinet (alpin) à ventre blanc / Martinet noir / Pic vert, 1 + 1 au moins / Pic épeiche, 1+ [clairière des Parchets et vieux conifères du Bois de Cotagne] / Hirondelle de rochers / Hirondelle de fenêtre / Hirondelle rustique / Pipit farlouse (des prés) / Pipit des arbres / Pipit spioncelle / Bergeronnette grise / Bergeronnette des ruisseaux / Accenteur alpin / Accenteur mouchet / Rouge-gorge familier / Tarier pâtre / Tarier des prés / Rougequeue noir / Traquet motteux [plateau de Samance plutôt autour du Roc des Tours] / Merle noir / Merle à plastron / Grive litorne / Grive draine / Grive musicienne / Fauvette grisette / Fauvette à tête noire / Pouillot fitis / Pouillot véloce / Roitelet huppé / Roitelet triple bandeau / Mésange huppée / Mésange nonnette / Mésange boréale alpine / Mésange bleue / Mésange charbonnière / Mésange noire / Sitelle torchepot / Tichodrome échelette, 1 [en vol au dessus du plateau de Samance>Buclon] + 1 [falaises du Roc de Charmieux] / Grimpereau des bois, 1 + 1 / Troglodyte mignon / Cincle plongeur, 2  [torrent du Borne] / Pie-grièche écorcheur, 2 couples sur le plateau de Samance et 2 juvéniles suivis jusqu'à l'envol migratoire: le jeune mâle parti pour l'Afrique orientale le 2010 09 21 ou 22 , la jeune femelle le 2010 10 2 au matin / Gobemouche noir, 1 mâle adulte en halte migratoire (mais encore en plumage nuptial) [quartier de Samance] / Casse-noix moucheté / Geai des chênes / Pie bavarde / Chocard à bec jaune / Corneille noire / Grand corbeau / Niverolle alpine / Moineau domestique / Pinson des arbres / Venturon montagnard / Serin cini / Linotte mélodieuse / Tarin des aulnes / Chardonneret élégant / Verdier d'Europe / Bouvreuil pivoine / Bruant fou / Bruant jaune / Bruant ortolan, 1 seul, en halte migratoire /
Entendu: 1 rapace nocturne non identifié.

Ci-dessous: à g., renard au réveil, plateau de Samance (2010 10 3) - à d., chamois, haut de la Gaudinière, au pied du Roc des Tours (2010 10 6)  
/ Photos par Frédéric Bacuez (cliquer dessus pour agrandir)

















Chevreuil, régulièrement 3 femelles et 1 mâle [plateau de Samance] + 1 [Roche de l'Eton] (brocards, avec une fois aboiements d'alerte) / Renard roux, 1 [Saint-Jean-de-Sixt] + 1 immature (mâle), vu à de nombreuses reprises [plateau de Samance, cf. photo ci-dessus à g.] + 3 ensemble ( mâle adulte, femelle et juvénile) [bas du Buclon] / Chamois, 3 [Combe des Fours] + 2 [pierriers au dessus des Frasses d'en haut, sud de la falaise du Roc des Tours] + 1 allongé au soleil [Roc des Tours: sur les Tours] + 1 peu farouche mais sifflant intempestivement [chalet d'en haut de la Gaudinière, cf. photo ci-dessus à d.] / Bouquetin des Alpes, dizaines, réguliers sur les crêtes ou les alpages les plus hauts, parfois aux cotés de moutons [entre Buclon et Jallouvre ou entre Jallouvre et Pointe Blanche], mais aussi 2 juvéniles - dont un affaibli- [au pied du Buclon], 11+ juvéniles [sous le Roc des Tours coté sud-ouest], 1 jeune mâle immature [dans un boqueteau sous le Roc des Tours coté ouest] / Marmotte des Alpes, dont 1 bien observée Sur les Tours / Lièvre variable, 1 [plateau de Samance] / Ecureuil roux, 5-  / Muscardin, 1+ [Bois de la Rama] / Musaraigne sp. / Campagnol roussâtre / Campagnol des neiges / Mulot à gorge jaune / Pipistrelle sp., 2 [quartier et plateau de Samance] /
Entendu: cerf élaphe, brame [forêts face nord de l'Almet]

Orvet fragile (anguis fragilis), 1 [plateau de Samance] / Couleuvre à capuchon, 1 juvénile [plateau de Samance] / Lézard des murailles (podarius muralus) /

Lire aussi:
http://louiscrex.skyrock.com/362664394-Le-Col-de-la-Colombiere-en-Haute-Savoie-paradis-des-ornitho.html
Et le blog d'un tout jeune gars du coin, précisément du Reposoir, à deux pas de la maison de l'autre coté de la Klippe des Annes, Thibaut Deschamps, 16 ans, passionné et passionnant: 
http://thibautdeschamps.canalblog.com/

Ci-dessous: les Aravis et la Pointe Percée au crépuscule, depuis la maison / Photo par Frédéric Bacuez

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