" Quand y aura-t-il des observateurs qui nous rendront compte de ce que font nos hirondelles au Sénégal et nos cailles en Barbarie ? "
- Comte de Buffon, 1737
" Mal nommer les choses, c'est ajouter au malheur du monde "
- Albert Camus

mardi 30 juin 2009

30, météo : cumul des pluies de mousson 2009, juin


* Nord du Sénégal -

JUIN, CUMUL DES PLUIES DE MOUSSON 2009

- Fleuve Sénégal, d'aval en amont :
Saint-Louis : 3,7 mm (2008 : 8,3 mm)
Bango : 4,0 mm (2008 : 5,4 mm)
Podor : 3,4 mm
Matam : 76,5 mm
Bakel : 38,4 mm

- Intérieur et Ferlo, d'ouest en est :
Louga : 23,9 mm
Linguere : 32,1 mm
Ranerou : 69,6 mm

Nota : la mousson démarre sensiblement à la même période qu'en 2008 : l'an passé, première 'bruine' sur le bas delta, le 28 juin (1,0 mm à Bango; 1,5 mm à Saint-Louis) suivie le 30 d'une pluie de 4,4 mm à Bango et de 6,8 mm à Saint-Louis. Le taux d'humidité me semble par contre plus élevé que l'an passé, et autrement plus important qu'en 2007, année où la première averse n'était tombée sur Saint-Louis que... le 29 juillet ! Et même si tous les organismes chargés de l'observation des phénomènes météorologiques d'Afrique occidentale prédisent une mousson peu active, en émettant cependant beaucoup de réserves, on attendra... pour voir. Inch'Allah, car ici c'est Sénégal !
____________________________________________________________________

lundi 29 juin 2009

29, alcyons et pigeons se regroupent


* Bango. Marigot de Lampsar, coté saumâtre -
Très forte pression atmosphérique : moiteur chaude extrême... Pas d'alizés ! Et les nuages du sud se sont affaiblis avant la fin de journée...
Pluies : Podor, 0,5 mm / Matam, 5,2 mm.
SOIR-
19h, 6 pigeons roussards (de Guinée; ou des rôniers, columba guinea, speckled pigeon) sont regroupés sur les toitures de mon voisin (cf. photo ci-dessous à droite); depuis quelques jours, c'est en bandes qu'ils évoluent; ce soir, 1 + 5 passent au dessus du marigot
Idem pour les alcyons pies (ceryle rudis, pied kingfisher) dont une huitaine bruyante évoluent dans la baie qui relie le Lampsar au bolong de Khaye; outre les grilles immergées du voisin, le couple d'alcyons pies (et deux rejetons, je crois) commencent à utiliser l'extrémité surélevée de mon mur d'enceinte pour mieux scruter les rives du Lampsar (cf. photo ci-dessous à gauche)...
1 grande aigrette (egretta alba, great egret) arpente mon bout de plage, comme d'habitude (cf. photo ci-dessous, au centre)










NUIT-
22h20, cri aigre d'1 chouette effraie (tyto alba, barn owl) -deuxième fois ce mois- en chasse nocturne
____________________________________________________________

dimanche 28 juin 2009

28, un vol de +7000 travailleurs à bec rouge


* Bango. Marigot de Lampsar, coté saumâtre -

Quelques coups de tonnerre et il est tombé, pendant cinq minutes vers 0H45 dans la nuit, une pluie qui n'a même pas atteint 0,1 mm... (traces, aussi, à Saint-Louis, Podor, Louga, Linguere; ce 28 soir, des traces à Ranerou, 0,5 mm à Bakel, et 32,5 mmm à Matam)
MATIN-
2 échasses blanches (himantopus himantopus, black-winged stilt) et 1 héron cendré dans la baie
Vol de 2 vanneaux du Sénégal
APREM'-
13h, 1 guêpier à gorge blanche (merops albicollis, white-throated bee-eater) passe et traverse le marigot, mais aucun guêpier de Perse, ce jour !
SOIR-
17h, 1 alcyon pie perché sur mon mur d'enceinte, tout près de moi / le couple de souïmangas à longue queue vient réclamer sa douche quotidienne quand j'arrose le jardin !...
17h15, 1 courlis corlieu (numenius phaeopus, whimbrel) -sans cri- haut dans le ciel [N>S : Lampsar>Roup], probablement un estivant
19h15, passage S>N en plusieurs groupes, en moins de 10 mn, de 55 hérons gardeboeufs (bubulcus ibis, cattle egret)

+7000 travailleurs à bec rouge (quelea quelea, red-billed quelea) en vol dense, étiré et ondoyant, arrivent des confins mauritaniens, survolent bas les mangroves du Lampsar et gagnent sans doute les rizières de Mboubeune

Ci-contre : vol de quelea quelea, travailleurs à bec rouge, dans la vallée du fleuve Sénégal / 2007 11, courtesy photo Fanny Feray


2 martinets des maisons (apus affinis, little swift) croisent au dessus du marigot en compagnie d'1 hirondelle rustique (hirundo rustica, barn swallow) -à rectrices plus courtes : femelle ou juvénile ?- en estivage
5 pigeons de Guinée [sur toits du voisin] / 1 choucador à oreillons bleus / 2 corbeaux pies / Mouettes à tête grise, moins nombreuses, passage du soir Lampsar>delta plus court et moins abondant
19h25, 1 échasse blanche, criante, passe au dessus du jardin [lac de Bango>marais de Thiolene]
2 hérons cendrés traversent le marigot vers la caserne de Bango / 1 héron pourpré (ardea purpurea, purple heron) résident [Khor>Île aux Bois]
19h31, en même temps : 3 guifettes noires (chlidonias niger, black tern) [Lampsar 'eau douce'>delta], 1 spatule sp. (platalea alba, spatule d'Afrique ? Ou, peut-être, european spoonbill balsaci, spatule d'Europe balsaci, nicheuse du Banc d'Arguin mauritanien, erratique en saison des pluies ? ?) [fleuve Sénégal>Roup], 1 héron cendré [Lampsar 'eau douce'>pointe Thiolene]
4 alcyons pies + 3 + 3 [Lampsar 'eau douce'>mangroves] : on dirait des adultes avec juvéniles
5 aigrettes sp; [Thiolene>Roup] / 1 vanneau éperonné [Thiolene>caserne de Bango]
3 hérons cendrés dans la baie du marigot
19h40, 1 grande aigrette [Lampsar 'eau douce'>mangroves]
1 guifette seule au ras de l'eau du marigot [Lampsar 'eau douce'>delta]
19h47, premier oedicnème du Sénégal (burhinus senegalensis, senegal thick-knee) de la soirée, qui passe au dessus de moi

samedi 27 juin 2009

27, le ballet aérien des guêpiers


* Bango et marigot de Lampsar -
SOIR, 18h15-19h15-
D'abord 2 guêpiers de Perse (merops persicus, blue-cheeked bee-eater), puis 9, puis au moins 19 ensemble, chassent au dessus du quartier, parfois à très basse altitude, chantant sans cesse, avant de gagner vers 19h10 les mangroves du Lampsar
A 18h35, 3 guêpiers à gorge blanche (merops albicollis, white-throated bee-eater), chantant, passent au dessus du jardin, traversent le marigot pour gagner les mangroves
Acrobaties aériennes des milans parasites (milvus migrans parasitus, yellow-billed kite) dans les alizés renforcés, notamment 2 qui s'accrochent par les serres pour chuter en vrille avant de se séparer quasiment au ras de l'eau du marigot (spectaculaire 'bagarre' assez fréquente chez les milans)
Le nombre de mouettes à tête grise est en baisse lors des passages du soir vers le delta
Passage d'1 canard à bosse (sarkidiornis melanotos, knob-billed duck) [Lampsar 'eau douce'-pointe Thiolene]
Toujours le passage des tisserins à tête noire, via les grands eucalyptus du jardin, avant la traversée du marigot en longeant la digue
Atterrissage sur la plage de : 1 grande aigrette / 1 aigrette (dimorphe) des récifs
Dans le jardin : un couple de souïmangas à longue queue, tous deux en plumage nuptial, et visiblement prêts à la reproduction / 2 souïmangas à poitrine rouge, mâles en plumage nuptial / 2 bulbuls (communs) des jardins
____________________________________________________________________

27, estivage à Bango d'un balbuzard pêcheur


* Bango. Marigot de Lampsar, coté saumâtre -

MATIN, ~10h-
+14 milans parasites (milvus migrans parasitus, yellow-billed kite) tournoient dans les ascendants au dessus du marigot et du quartier, brièvement rejoints par 1 balbuzard pêcheur (pandion haliaetus, osprey) subadulte, estivant à Bango, régulièrement observé sur les rives du Lampsar, des deux cotés de la rivière.
_____________________________________________________________________

vendredi 26 juin 2009

26, +400 pélicans dans les ascendants de Bango


* Bango. Marigot de Lampsar, coté saumâtre -

APREM', 12h30-
Un vol compact de +400 pélicans blancs (pelecanus onocrotalus, great white pelican) tournoie dans les ascendants de la presqu'île de Thiolene, au dessus des plaines alluviales puis des mangroves. Le vol se disloque peu à peu en plusieurs troupes, certaines partant vers la Mauritanie, d'autres vers le Lampsar (~60), vers Khor (15), et deux importantes formations (+150 et ~160) continuant leur ronde vers la pointe Thiolene.

Ci-dessous : 2009 06 25. Pélicans blancs en vol ascendant au dessus des mangroves de Thiolene et du Lampsar
/ Photos par Frédéric Bacuez dit Fretback













1 cormoran africain / 2 dendrocygnes veufs / 1 vanneau éperonné / 1 grande aigrette / 1 aigrette (dimorphe) des récifs

Nota : le Lampsar est en hautes eaux; premier (et faible) franchissement du cordon sableux par la marée, devant chez moi...

SOIR, vers 19h-
Retour des alizés et d'un (relatif) radoucissement atlantique...
2 guêpiers de Perse (merops persicus, blue-cheeked bee-eater) très bruyants au dessus du quartier, 7 autres au dessus du marigot et des palétuviers du Lampsar 'saumâtre'
1 souïmanga à poitrine rouge (chalcomitra senegalensis, scarlet-chested sunbird), adulte mâle en plumage nuptial, attaque violemment 1 souïmanga à longue queue (cynniris pulchellus, beautiful sunbird), adulte mâle également en plumage nuptial, qui doit battre en retraite
_____________________________________________________________________

jeudi 25 juin 2009

25, la RN2 Dakar-St-Louis, après la première pluie


* Route nationale n°2, Dakar/Saint-Louis -
MATIN-
Après la pluie généralisée de l'avant-veille au soir, les paysans labourent ou continuent de nettoyer leurs champs; brumes de moiteur, de plus en plus importantes en allant vers le nord. Le Front intertropical (FIT) est redescendu sur la diagonale Mbour-Diourbel-Ranérou-Matam, mais la chaleur humide a transformé le delta du fleuve Sénégal en étuve... Le soir, il pleuvra sur : Bakel (14,0 mm) et Matam (15,9), Ranerou (20,2) et Linguere (2,2), Podor et Louga (traces).

- Banlieue dakaroise, et de Thiès à Kébémer :
En vol, quelques cormorans africains [Technopole], 15 dendrocygnes sp. au dessus de Pikine [vers Malika] (et 4 pélicans blancs le 2009 06 20), 3 vers Diamniadiao
Ibis falcinelles et aigrettes sp. [marigot à Mbao]
Hérons gardeboeufs [juchoir à Bargny, cf. ci-contre]
En vol, 3 aigrettes garzettes [vers Sebikhotane], et +50 limicoles non identifiés, S.N. [peu avant Thiès]
Martinet des maisons et +2 rolliers variés [surtout Thiès et région]
Une bande de choucadors à longue queue, au sol / 2 vanneaux à tête noire en vol [après Thiès]
Choucadors à oreillons bleus [surtout sud de Kébémer] / Choucadors à ventre roux [surtout nord de Kébémer]

Ci-dessus : 2009 04. Juchoir de hérons gardeboeufs, Bargny / Courtesy photo Gérard Bacuez

- Nord :
Nombreuses tourterelles maillées (streptopelia senegalensis, laughing dove), partout / Quelques guêpiers nains (merops pusillus pusillus, little bee-eater), partout
Très nombreux alectos à bec blanc (bubalornis albirostris, white-billed buffalo weaver), en bandes, et cratéropes bruns (turdoides plebejus, brown babbler)
Calaos à bec rouge (tockus erythrorhynchus kempi, western red-billed hornbill), plusieurs
Souïmangas à longue queue / Tisserins sp.
Louga et le Ndiambour :
1 faucon chicquera (falco chicquera, red-necked falcon) sur fil électique (2009 06 20) / 1 martin-chasseur strié (halcyon chelicuti, striped kingfisher) sur fil électrique [après Louga]
1 vautour oricou (torgos tracheliotus, lappet-faced vulture) sur un arbre [peu avant Louga]
3 vanneaux (caronculés) du Sénégal (vanellus senegallus, african wattled lapwing) dans creux de dune humidifié [vers Mpal]
1 pie-grièche méridionale (lanius meridionalis, southern grey shrike), postée sur un arbuste [après Louga] / 1 rollier d'Abyssinie (coracias abyssinicus, abyssinian roller) en vol S.N [vers Mpal] / 3 pigeons de Guinée (columba guinea, speckled pigeon) au sol [entre Mpal et Rao]

Mammifères :
1 patas (cercopithecus patas, patas monkey) assis au pied d'un acacia, face à l'arbre, bord de la route double voie Bargny-Thiès [au lieu dit "Ravin des voleurs"]
1 patas mort sur le bas coté de la route nationale, la tête déchiquetée; et, à quelques dizaines de mètres, 1 patas dans la forêt classée de Gandon, derrière les protections grillagées !

* Saint-Louis, pont Faidherbe -
Quelques sternes naines (sterna albifrons, little tern) et -40 guifettes noires (chlidonias niger, black tern) au bas de la passerelle, à l'aval du fleuve

Ci-dessus : 2009 06 25, vers 17h. Le Lampsar sous la grisaiile, après la pluie du 23 au soir
/ Photo par Frédéric Bacuez dit Fretback
________________________________________________________________________________________________

mercredi 24 juin 2009

23, première (petite) pluie sur le delta


* Delta du fleuve Sénégal. Saint-Louis. Bango -
Première pluie sur le delta du fleuve Sénégal, dans la soirée du 23 juin 2009 :
Saint-Louis : 3,7 mm
Bango : 4,0 mm
Nota : si en amont du fleuve, quelques poussées des vents de mousson à la mi juin avaient arrosé Matam (rien ce 23 juin, mais un cumul de 22,9 mm à cette date) et Podor (1,1 mm et cumul de 2,9 mm), le Ferlo sud en est à sa seconde vague de pluies : Linguere, 20,2 mm (cumul de 29,9 mm); Ranerou, 1,2 mm (cumul de 38,2 mm). Le Ndiambour assoiffé a lui aussi bénéficié des vannes du ciel, avec une première et belle averse de 23,9 mm sur Louga; les paysans peuvent continuer le nettoyage et la préparation de leurs champs...En rappel, ce 23 juin : Dakar, 0,5 mm (cumul: 0,6 mm) et Thiès, 10,0 mm (première pluie).

Post scriptum : est-ce la bénédiction des cieux ? Les premiers impacts du film Home de Yann Arthus-Bertrand (cf. cédule de 2009 06 5) ? Après Mbour, voilà que la nouvelle municipalité de Saint-Louis et l'association Saint-Louis Ville Propre lancent leur set settal, le grand nettoyage (des insalubrités...) de la cité : à partir du 27 juin, la ville sera donc divisée en secteurs (Sor sud : du 27 06 au 2 07 / Langue de Barbarie : du 3 07 au 8 07 / Sor nord : du 9 07 au 14 07 / Île : du 15 07 au 20 07 / Bango : du 21 07 au 26 07 / N'Gallele : du 27 07 au 01 08) pour plusieurs semaines de collecte des ordures, de balayage et de récurage... Il y a de quoi occuper les ndar ndar, et la jeunesse, pendant tout l'été. Si cette noble initiative pouvait s'inscrire dans la durée, ce serait là un grand pas pour redonner quelque lustre à la capitale du nord !
(Source : http://www.saintlouisdusenegal.com/)
________________________________________________________________________________

jeudi 18 juin 2009

18, le vieux pêcheur et les milans parasites


* Bango. Marigot de Lampsar, coté saumâtre -
APREM'-
+15 milans parasites (à bec jaune, milvus migrans ssp. parasitus, yellow-billed kite) font des acrobaties aériennes autour du vieux pêcheur à l'épervier qui arpente quotidiennement les berges du marigot, matin et soir. Avec leurs serres, les rapaces récupèrent sur le sable ou à la surface de l'eau les petits poissons délaissés, ou parfois des prises pas assez surveillées par le vieil homme... Pas toujours adroits, occupés par leurs chamailleries les milans manquent, cette fois, de m'étourdir : une de leurs captures d'un bruit sourd tombe sur la terrasse, à coté de moi...


Ci-dessus et ci-dessous : 2009 06 18, les milans parasites et le vieux pêcheur du Lampsar / Photos par Frédéric Bacuez dit Fretback














Nota :
Il est difficile, à distance, de différencier les deux sous-espèces de milans (milvus migrans, black kite) présentes au Sénégal : le milan noir proprement dit (milvus migrans migrans, black kite), migrateur du paléarticque, et le milan parasite (à bec jaune, milvus migrans parasitus, yellow-billed kite), résident d'Afrique subsaharienne. Le milan noir ssp. migrans est particulièrement abondant, d'octobre à avril, sur les rizières du moyen delta, moins en aval du barrage de Diama. A cette saison, la seule différence entre les deux sous-espèces est l'habitat : si les milans résidents parasitus se comptent par milliers à Saint-Louis (important dortoir dans les cocotiers et le château d'eau de Sor !) et les villages environnants (au moins une trentaine sur les berges sud du Lampsar, de part et d'autre de la digue), le milan noir migrans évite, pour l'hiver, les agglomérations et préfère fréquenter les plaines alluviales de la région.
____________________________________________________________________

mardi 16 juin 2009

16, spectaculaire défilé de pélicans sur le delta


* Bango. Marigot de Lampsar, coté saumâtre -
SOIR, 19h30-
Un spectaculaire vol ondulant de ~240 pélicans blancs (pelecanus onocrotalus, great white pelican) à la queue leu leu et à basse altitude au dessus de la passe de Thiolene, descend le fleuve Sénégal vers l'aval; sans aucun doute en provenance du complexe mauritano-sénégalais du Diawling-Djoudj. C'est de saison, les adultes emmènent les juvéniles de l'année en errance estivale, notamment dans la région de Saint-Louis (d'importants rassemblements notés vers Khor, la Langue de Barbarie vers l'hôtel Diamarek, et dans l'ancien estuaire du parc national de la Langue de Barbarie/PNLB).
3 + 9 dendrocygnes veufs [Lampsar 'eau douce'-Delta], comme le 2009 06 15
_____________________________________________________________________

lundi 15 juin 2009

15,...le FIT de la mousson pousse vers le nord...


* Bango. Nord du Sénégal -

Première remontée significative des vents de mousson vers le nord du Sénégal. Le Front Inter Tropical (FIT) qui s'était stabilisé ces dernières semaines sur un axe Banjul-sud de Matam, s'est soudainement positionné sur la diagonale Bargny-Thiès-Linguere-Saldé, soit les 3/4 du pays. S'il est tombé quelques gouttes sur Dakar (0,1 mm), ce matin, des amas nuageux d'importance devraient donner, enfin, quelques averses sur le sud-est du pays: Kolda, Simenti et Kédougou, Tambacounda (avant-hier, déjà, comme Kaolack, hier). Cette année, la mousson est pour l'heure peu active sur les régions où elle est déjà installée, en Casamance et sur toutes les zones de savane d'Afrique occidentale. Le delta du fleuve Sénégal ne s'inquiète donc pas...


Ci-dessus : 2009 06 15 au crépuscule. Intrusion nuageuse de la mousson, par l'amont du fleuve ... Bientôt une première pluie ?
/ Photo par Frédéric Bacuez dit Fretback


Nota :
si les guêpiers à gorge blanche (merops albicollis, white-throated bee-eater) sont déjà arrivés, on devrait bientôt voir apparaître dans le ciel deltaïque, avec la remontée du FIT, les migrateurs intra africains, les premiers martins-chasseurs, d'autres martins-pêcheurs, plus de hérons striés, et les inévitables coucous et autres euplectes de saison. Peu à peu, les effectifs de calaos vont se renforcer. A suivre...

SOIR-
20h05-20h11, sortie crépusculaire de 4 engoulevents à longue queue (caprimulgus climacurus, long-tailed nightjar) et des habituels microchiroptères
20h12, 12 dendrocygnes veufs en file indienne [Lampsar 'eau douce'-Khor]
Sur le Lampsar 'eau saumâtre': 1 seul bihoreau gris / 1 héron cendré

dimanche 14 juin 2009

14, un guêpier à gorge blanche passe...


* Bango. Marigot de Lampsar, coté saumâtre -
MATIN-
8h30, sur les vasières du Lampsar, coté mangrove :
Cormoran africain, 1 [au faîte d'un bosquet de palétuviers, sur même branche occupée en hiver par 1 balbuzard pêcheur !] / Héron cendré, 7 / Grande aigrette, 6 / Aigrette garzette, 1 / Héron gardeboeuf, 1 / Chevalier aboyeur, 1 / Dendrocygne veuf, seulement 2 visibles [sur la vase en bord d'eau] ! / Alcyon pie, 2 [se perchent sur palétuviers] /
9h30, jardin :
Bulbul (commun) des jardins, 2 / Moineau gris, 2 / Moineau domestique /
Des souïmangas à longue queue et souïmangas à poitrine rouge réclament une douche au moment de l'arrosage du jardin !...
11h30, 6 pélicans blancs en vol, venant de Khor vers le Lampsar
APREM', 17h10-
1 guêpier à gorge blanche (merops albicollis, white-throated bee-eater) passe S-N en chantant
1 scinque sp. dans le sable du jardin
____________________________________________________________________

vendredi 12 juin 2009

12, les hippos, Coumba Bang* visibles du Djeuss


* Djeuss d''eau douce', à la confluence du Ngalam -

SOIR, ~17h-19h-
En pirogue à moteur et à pied
Participants: Anouk Vacher et Frédéric Bounoure. Et notre piroguier Massaw, avec son fils Lamine















































































Le duo d'hippopotames amphibies (hippopotamus amphibiushippopotamus) qui a élu domicile à la confluence des rivières Djeuss et Ngalam, dans le lit du Lampsar, est en cette saison bien visible à la pointe de l'île qui leur sert de repaire. Ces hippopotames, les seuls au nord du Sénégal, sont très probablement deux femelles : une mère adulte et son petit, également une femelle d'environ dix à quinze années. Les canines et incisives me paraissent en effet relativement petites pour être celles de mâles, chez qui elles débordent souvent des lèvres inférieures. La rumeur veut qu'à l'origine, au cours des années 90, il y avait trois hippos; possible. Cependant, si ces hippos sont bel et bien arrivés il y a une quinzaine d'années, l'errance qui les a menés de la Falémé ou des confins maliens jusqu'au Lampsar de Sanar-Bango n'est pas le fait du (seul) hasard : chez les hippos, toute cellule familiale à l'origine d'un nouveau noyau (de 5 à 30 individus, en moyenne) est fondée par une femelle, qui peut abandonner son groupe originel extrèmement hiérarchisé, et dans lequel chaque membre doit violemment tenir son rang. Si en effet la femelle n'y trouve plus sa place, elle le quitte, accompagnée de un à quatre de ses rejetons successifs pour réinventer plus loin une nouvelle cellule familiale, seule unité sociale stable chez les hippos... Le nomadisme de la mère peut parfois durer, et dans le cas des hippopotames du Lampsar, on les a vus dans la dernière décennie du siècle passé, passer à Guidakhar, sur le fleuve Sénégal entre Dagana et Richard-Toll, traîner aussi dans la passe de Thiolet et même aux abords du pont Faidherbe de Saint-Louis avant qu'ils n'élisent domicile en amont de Sanar. L'eau pérenne, en quantité, la hauteur et le débit relativement stables du cours d'eau, la faiblesse des courants, leur permet de passer la journée complète immergés, avec possibilité de poser les pieds sur certains fonds vaseux tout en gardant la tête hors de l'eau. L'environnement immédiat n'est pas défavorable : berges basses, quelques bancs sableux, notamment devant le lodge Thioubalo du Ranch de Bango (où ils aiment à paître, la nuit), et la présence sécurisante d'une grande île à la jonction du Ngalam et du Lampsar-Djeuss (même si celle-ci est devenue une presqu'île accessible aux bovins depuis que le chenal la séparant de la terre ferme est obstrué par les arbres morts et les amas limoneux). Les rives sud de l'île, coté Ngalam, sont aisées d'accès, peu colonisées par les massettes. Les berges nord du Lampsar, aussi, notamment à hauteur des rizières de Mboubeune, permettent l'accès à de jolies prairies riveraines, dont les pelouses rases sont visiblement très fréquentées par les mastodontes. Par contre, la prolifération des typhas australis n'est pas de leur préférence; et si l'immense typhaie devant l'Université Gaston Berger de Sanar peut leur procurer un abri en cas de danger, les hippopotames ne goûtent pas les joncs et autres typhacées, leur préférant les graminées rampantes des étroites prairies riveraines du Lampsar. Et si le domaine vital diurne des hippos se réduit aux eaux de la rivière, la nuit peut les amener vers des paturages loin de leur refuge aquatique. S'il est rare que nos artiodactyles descendent le Lampsar au delà des herbiers du Thioubalo, il arrive qu'en fin de saison pluvieuse et jusqu'en décembre, alors que la crue du fleuve Sénégal charrie limons et eau douce de l'amont, les deux hippos franchissent la digue qui préserve le Lampsar des remontées salines pour quelques escapades devant le village et la caserne de Bango, voire dans la passe de Thiolet; c'est rare - Au Gabon, en Tanzanie, les hippopotames peuvent être côtiers, voire insulaires comme aux Bijagos de Guinée Bissau; la salinité n'est donc pas rhédibitoire... Il ne reste plus à nos deux hippopotames du Lampsar qu'à ahaner pour que vienne, inch'Allah un jour, le compagnon qui fera prospérer la petite communauté des 'chevaux du fleuve'. Donner chair à la déesse mythique des flots, Coumba Bang*; et faire oublier la disparition, en 1992 vers Thiong, du dernier lamantin du bas delta...



Ci-dessus : 2009 06 12, vers 18h : à la confluence des rivières Djeuss et Ngalam, deux hippopotames amphibies sont les Coumba Bang vivants des eaux du Djeuss 
/ Courtesy © photos par Anouk Vacher (ci-dessus et en médaillon, en bas au centre) et Frédéric Bounoure

* Coumba Bang : déesse protectrice des eaux du fleuve Sénégal
> Voir aussi : mon article sur l'histoire de 'nos' hippos, illustré de photos nocturnes prises par Gatien Dardenne; et une vidéo de 2009 05 27, par Eddy Graëff, à:

Lire les cédules précédentes :
- 2009 02, mi février, photos des hippos du Lampsar
- 2008 11 23, les hippos ahanent devant chez moi !
- 2008 09 12, un hippo, ça laisse des traces !
- 2008 03 8, les hippos du Lampsar ne sont pas un mythe


12, Lampsar, mouettes rieuses et guifettes noires estivent


* Lampsar 'eau douce', confluence du Djeuss et du Ngalam -
SOIR, ~17h-19h-
En pirogue motorisée et à pied
(Participants : Anouk Vacher et Frédéric Bounoure. Avec Massaw, son fils Lamine, et Fretback)

Ci-dessus : devant le lodge Thioubalo, sur les rives du Lampsar 'eau douce' : guifettes noires et mouettes à tête grise en plumages internuptial et nuptial, quelques mouettes rieuses en phase nuptiale, dendrocygnes veufs et 1 sterne caspienne en plumage internuptial / Courtesy photo Frédéric Bounoure, 2009 06 12
OISEAUX / 29 espèces vues, 1 entendue
MAMMIFERES / 2 espèces vues

VU : > Cormoran africain (phalacrocorax africanus, long-tailed cormorant), plusieurs troupes descendant le Djeuss vers l'aval du Lampsar, dont une de 22 individus <> Héron cendré (ardea cinerea, grey heron), quelques [et traces de patte sur 'Île aux hippopotames'] <> Crabier chevelu (ardeola ralloides, squacco heron), plusieurs [sur les deux rives du Lampsar, et 1 en vol avec 2 hérons gardeboeufs <> Héron gardeboeuf (bubulcus ibis, cattle egret) dont en vol une troupe de 12, et 2 avec 1 crabier chevelu / Grande aigrette (egretta alba, great egret), 2 <> Dendrocygne veuf (dendrocygna viduata, white-faced whistling duck), -100, avec mouettes 2 sp., sternes caspiennes et guifettes noires [berges des marais du Thioubalo, cf. photo ci-dessus] <> Ouette d'Egypte (alopochen aegyptiaca, egyptian goose), 2 [berges des marais du Thioubalo], avec dendrocygnes veufs et mouettes 2 sp. <> Pygargue vocifère (haliaeetas vocifer, african fish eagle), 1 + 1 [+ aire chez Gatien Dardenne, cf. photo ci-après] <> Balbuzard pêcheur (pandion haliaetus, osprey), 1 estivant descend le Lampsar au-dessus des typhaies de la berge nord <> Milan parasite (à bec jaune; milvus migrans parasitus, african black kite), quelques <> Râle à bec jaune (amaurornis flavirostra, black crake), 1 <> Talève sultane (porphyrio porphyrio, purple swamphen), 3 [vers lodge Thioubalo] + 1 [lisière de typhaie] <> Jacana à poitrine dorée (actophilornis africana, african jacana), +1 <> Oedicnème du Sénégal (burhinus senegalensis, senegal thick-knee), quelques avec vanneaux éperonnés ['Île aux hippopotames'] <> Vanneau éperonné (vanellus spinosus, spur-winged lapwing), 1 survole les hippopotames (cf. photo ci-dessous au centre) et +5 bruyants et en survol (cf. photo ci-dessous à droite) sur 'Île aux hippopotames [coté Ngalam] <> Sterne caspienne (sterna caspia, caspian tern), -10 en vols solitaires sur le Lampsar et 2 sur berges des marais du Thioubalo (cf. photo ci-dessus) <> Guifette noire (chlidonias niger, black tern), assez nombreuses et de toutes les phases de plumage (internuptial majoritairement, mais quelques unes en plumage nuptial, cf. photo ci-dessus), dont un vol de +10, et aussi sur flotteurs des filets de pêche en travers du Lampsar <> Mouette rieuse (larus ridibundus, black-headed gull), au moins trois en plumage nuptial (cf. photo ci-dessus) au milieu des mouettes à tête grise, dendrocygnes veufs et guifettes noires [berges des marais du Thioubalo], probablement en estivage <> Mouette à tête grise (larus cirrocephalus, grey-headed gull), +100 [berges des marais du Thioubalo] avec mouettes rieuses, dendrocygnes veufs et guifettes noires, toutes phases de plumage (internuptial et nuptial à égalité, cf. photo ci-dessus] <> Tourterelle pleureuse (streptopelia decipiens, african mourning dove) <> Martinet des maisons (apus affinis, little swift) [au-dessus du Lampsar, près de Bango] <> Guêpier de Perse (merops persicus, blue-cheeked bee-eater), +5 ['Île aux hippopotames'] <> Guêpier nain (merops pusillus pusillus, little bee-eater), plusieurs [tout au long du Lampsar, rives nord en typhaies et arbustes riverains] <> Hirondelle de rivage (riparia riparia, common sand martin), dont un vol de ~10 sur 'Île aux hippopotames' <> Bulbul (commun; pycnonotus barbatus, common bulbul) des jardins, 2 <> Travailleur à bec rouge (quelea quelea, red-billed quelea), vols [venant des rizières de Mboubeune] <> Tisserin à tête noire (ploceus melanocephalus melanocephalus, black-headed weaver) <
> Tisserin minule (ploceus luteolus, little weaver), 1 femelle [au pied d'un kordia, avec amarantes du Sénégal] <> Amarante (commun) du Sénégal (lagonosticta senegala, red-billed firefinch), une bande de ~10 [au pied d'un kordia, impasse Gustave Pelloux] avec 1 tisserin minule <

ENTENDU : > 1 gonolek de Barbarie (laniarius barbarus, yellow-crowned gonolek) [rives nord du Lampsar] <

> Hippopotame amphibie (hippopotamus amphibius, hippopotamus), 2 [Lampsar, confluence du Djeuss et du Ngalam, cf. ci-dessous et rapport suivant] <> Phacochère commun (phacochoerus africanus, common warthog), 1 femelle adulte avec +3 marcassins jouant entre les tamarix ['Île aux hippopotames'], à proximité d'une typhaie <




















Ci-dessus, de g. à d., 2009 06 12 soir : la maison de Gatien Dardenne sous les eucalyptus des pygargues - les deux hippopotames du Lampsar survolés par 1 vanneau éperonné - vanneau éperonné en vol au-dessus de l''Île aux hippopotames' / Courtesy photos Frédéric Bounoure, D.R
_______________________________________________________________________________________________

jeudi 11 juin 2009

11, des flamants dans la nuit du Lampsar



* Bango. Marigot de Lampsar, coté saumâtre -
NUIT, 21h30-
Entendu les cris caractéristiques (konk konk) de flamants roses (phoenicopterus roseus, greater flamingo) passant au dessus du Lampsar

2009 06 10 -
Chaleur diurne, importante augmentation du taux d'humidité, depuis le 2009 06 9 au soir. Le Front Inter Tropical (FIT), stabilisé depuis quelques semaines sur une diagonale Ziguinchor-Falémé via Tambacounda, a donné quelques pluies bien modestes sur le sud-est du Sénégal.
+4 martinets des palmes (cypciurus parvus, african palm swift) croisent au dessus de la maison

2009 06 9 -
APREM', 13h45-
1 pélican gris (pelecanus rufescens, pink-backed pelican) au long des mangroves
Chant d'un barbican de Vieillot (lybius vieilloti, vieillot's barbet), au loin
Sur la plage : 2 alcyons pies / 2 vanneaux éperonnés
NUIT-
Toujours les cris des oedicnèmes du Sénégal
> Dans le jardin, le rat géant de Gambie (cricetomys gambianus, gambian giant pouched rat) a aménagé son (nouveau) terrier sous la vieille souche d'un eucalyptus, au milieu des aloe verae et des pervenches d'Afrique; il lui arrive, en ce moment, de grimper au kordia (?)
____________________________________________________________________

lundi 8 juin 2009

8, cette fois, le dernier passage d'hirondelles


* Bango. Marigot de Lampsar, coté saumâtre -
APREM', 14h45-
31 pélicans blancs survolent Thiolene et la baie où nage 1 pélican gris
SOIR-
1 grande aigrette sur la plage
19h25, passage N.NE de : 8 hirondelles rustiques <> 2 crabiers chevelus
Nota : cette fois, c'est l'ultime passage de printemps des hirondelles rustiques vers le nord nuptial...
Le couple de vanneaux éperonnés, qui occupe souvent la plage depuis quelques jours, survole le jardin en criant
1 bihoreau gris fait le tour du marigot / 1 sterne royale en pêche
Pas de dendrocygne veuf !
NUIT, 23h-
Cris des oedicnèmes du Sénégal
____________________________________________________________________

dimanche 7 juin 2009

7, coeur de pélicans


* Fête des mères...

Pour les mamans, France, Jeannette et Martine, et une future maman, Fanny, un coeur de pélicans bangotins par mon ami Alain Fournier (http://www.alain-fournier.fr/), ...

Ci-dessus : coeur de pélicans blancs (pelecanus onocrotalus, great white pelican) sur les typhaies du Lampsar, Bango 2009 02 14
/ Courtesy photo Alain Fournier, DROITS RÉSERVÉS
________________________________________________________________________________________________

samedi 6 juin 2009

5, HOME survole la maison des pélicans du Djoudj


* 5 juin, Journée mondiale de l'environnement -



" Lorsque des scientifiques nous annoncent rien de moins que la sixième grande extinction d'espèces vivantes, la nôtre y comprise, la nouvelle nous touche moins que le résultat du match de la veille ou la météo du week-end à venir ! "
- Yann Arthus-Bertrand

C'est une opération médiatique à la verticale du seul défi vital de ce siècle; mondialisé à souhait, spectaculaire comme notre époque et notre société l'aime... A grand renfort d'annonces, l'opus 2009 du photographe et cinéaste français Yann Arthus-Bertrand, Home, a été diffusé le 5 juin simultanément dans 134 pays dont le Sénégal, vu par 100 millions de spectateurs, sur grands et petits écrans, relayé par plus de 100 chaînes de télévision dont la RTS sénégalaise, par les mastodontes YouTube et Google sur internet - libre de droits jusqu'au 14 juin -, et devient immédiatement accessible à prix coûtant sur supports DVD et même en (Beau) livre. En mécènes stratégiques, l'industriel François-Henri Pinault et le cinéaste-producteur-distributeur Luc Besson ont déboursé dans la communion pas moins de 12 millions d'euros pour permettre la diffusion planétaire de ce documentaire en guise d'énième cri d'alarme.
Home est la dernière déclinaison d'un travail de dix années, de deux ans de tournage dans 54 pays et 120 lieux. Un nouvel avatar des nombreux documentaires, albums et expositions photos de Yann Arthus-Bertrand qui depuis quelques années nous éblouit, d'en haut, de la diversité d'une Terre en grand danger. Entre la sombre vision d'Une vérité qui dérange (2006), de David Guggenheim avec l'ancien vice-président américain et Prix Nobel 2007 Al Gore, et l'époustouflante allégorie d'Un jour sur terre (2007), de Mark Linfield et Alaister Fothergill, Home survole en 1h50 -raccourcies à 1h30 sur la chaîne publique France2, allez comprendre cette mesquinerie ?!- la planète bleue qui en voit de toutes les couleurs.
Un (trop) beau film, c'est paradoxalement le reproche que je lui ferais. Esthétisant et distant (sic), plein de bons sentiments, Home veut éviter tout clash, c'est d'époque : le nivellement par le (juste) milieu... C'est la faute à personne, "nous" sommes tous (co)responsables, sans hiérarchie autre que celle qui répète que 20% de l'humanité ingurgite 80% des ressources de la Terre. Des chiffres, il faut être sérieux, mais pas d'images incriminantes, pas de faits relatant la 'lutte' souvent mortelle entre les uns (au hasard : les Pygmées, les Ogonis, les Bushmen, les Aborigènes, les Canaques, ou les Sans-terre, ou les pêcheurs artisanaux spoliés par les navires usines des grandes puissances, etc.) et ces autres indicibles qui assurent leur richesse et le confort consumériste de leurs obligés. Car 'on' a besoin de tout le monde, sur le pont lacrymal de la bonne volonté d'un soir; même des 'gentils méchants' qui ont les cordons de la bourse... A l'heure où j'écris cette notule, tandis que les débats télévisuels qui ont suivi le film, au Nord comme au Sud, avaient souvent réuni sur un même plateau oecuménique d'authentiques écologistes (Ali Haidar d'Oceanium, à Dakar), des environnementalistes endimanchés et de compassionnelles taupes de l'industrie foreuse, des heurts d'une extrême violence -déjà 34 morts !- opposent indiens et policiers péruviens : en cause, le quadrillage accéléré de l'Amazonie par les pétroliers du cru ! Black out médiatique planétaire, cela va de soi dans le monde merveilleux du consensus collectiviste, pour le plus grand profit des mêmes, toujours les mêmes... Il n'y aura donc pas de polémique autour de Home quant au fond comme il y en eut autour du controversé pamphlet de Hubert Sauper, Le cauchemar de Darwin (2005), qui reliait la désertification du lac Victoria et la paupérisation de ses riverains à la puissance prédatrice d'obscurs industriels de la perche du Nil... Arthus-Bertrand n'est pas Sauper, on ne joue pas dans la même cour; et comme d'autres gentils Bertrand, Yann a crevé son abcès idéologique, lui, il est, comment disent-ils déjà, ah oui : il est pragmatique... Bonne pensance (sic) contre mauvaise semence, tyrannie soft de la massification, élévation des bonnes âmes paternes qui prennent de la hauteur parce qu'elles ont compris la complexité des choses; toujours la même ritournelle ensorcelleuse, à grands coups de rotors ! Tous responsables, et pas de coupables.

" Vu du ciel, tout est relativement beau "
- Yann Arthus-Bertrand

Six ans après l'exposition à la piscine olympique de Dakar de 134 de ses 500 000 photographies de La Terre vue du ciel, Yann Arthus-Bertrand n'a pas oublié le Sénégal. Dans les dix premières minutes de Home, la vie animale commence peu ou prou avec le survol panoramique du nichoir des pélicans blancs du Djoudj, clin d'oeil au film de Jacques Perrin, Le peuple migrateur (2001), tourné en partie dans notre delta avec nos fameux volatiles... Quelques images furtives, aussi, des pêcheurs de Kayar et de la décharge de Mbeubeuss à Malika (banlieue dakaroise), fumante et survolée par les milans parasites. Autant de plans joliment filmés, sous d'astucieuses lumières graphiques. Mais quid de l'invasion par les déchets d'un pays défiguré, inculte mais consommateur (n'en déplaise à l'autre, ça en fait donc un pays particulièrement mondialisé !) ? Ça saute pourtant bien aux yeux, même d'en haut ! Mais suis-je donc bête : le plastique, c'est affaire aussi de pétroliers... Pour sûr qu'avec le film, leur premier engagement pour la planète sera, dès demain, de stopper net la production gracieuse des sachets qui engorgent fleuves et océans, asphyxient tortues et dauphins marins, étouffent vaches et moutons terrestres...

Ce matin, au marché du petit village de Bango, au milieu des sachets (é)ventés, le miracle ! On parlait du film de Yann Arthus-Bertrand. C'est bien là la prouesse de Home : stimuler la prise de conscience des petites gens; pari réussi, mais que peut faire le laissé-pour-compte quand le gaz manque chroniquement et que de petits malins réapprennent vite le bonheur de se faire un peu d'argent en faisant ratiboiser le peu d'arbres qui restent dans les plaines alluviales du fleuve ? Que peut-il faire quand la gestion des déchets urbains, depuis des lustres, est d'abord un moyen sans vergogne de plumer " les partenaires " du Nord et de s'en mettre plein les fouilles ? Ces vérités dérangeantes, banalement humaines, et la vigilance de tous les instants des puissants qui manipulent ne peuvent qu'interroger. Même s'il est "trop tard pour être pessimiste", le fatalisme accable des millions d'Africains quand la feinte et le je-m'en-foutisme de 'nos' (ir)responsables continuent de nous mener en bâteau. Eux, ils sont déjà dans leur arche. Par la voix off du doux Jacques Gamblin, Yann Arthus-Bertrand le dit avec candeur : la nature (et ceux qui se font humbles devant elle) compte en milliards d'années; je complèterais : nos gouvernants comptent en quinquennats ou septennats à répétition, ils n'ont pas ce temps ni cette patience-là; encore une affaire d'ego... L'époque et sa société du spectacle perpétuel n'invitent pas à l'humilité.
J'ai peur qu'il en aille de Home comme il en va des grand-messes cathartiques, des festivals cultureux (sic) comme des épopées footballistiques héroïques. Passé l'émoi et la "fraternitude" de bon aloi, les gens bien reviennent vite à ce qui caractérise fondamentalement l'Homme : la couardise et l'oubli. Le proverbe rwandais ne s'y trompe pas : "on ne guérit pas l'homme de la satiété", ou de son désir de satiété. 10 ans pour sauver notre maison commune ? L'enjeu n'est peut-être pas de notre échelle, tout simplement hors de tout entendement humain. D'aucuns ont autorisé le rêve d'Arthus-Bertrand, certes. Karen Blixen, en d'autres temps qui voyaient déjà le massacre des grandes faunes d'Afrique orientale, lui aurait sussuré : "en vérité, rêver c'est le suicide que se permettent les gens bien élevés". Pas d'inquiétude pour saint Yann, le vertige héliporté est bien trop juteux pour ne faire que rêver*... !

" On a vu la planète comme un gisement de ressources qu'il faut transformer en dollars "
- Pierre Rabhi, paysan, philosophe, fondateur du mouvement Terre et Humanisme

* Lire l'une des rares contoverses sur Home et ses trois mentors :
Et aussi un article critique de Clara Dupont-Monod dans Marianne n°632 du 30 mai 2009 : "YAB, chevalier du ciel ?"
Nota : proposé par le groupe CFAO Sénégal, Home a été projeté le 5 juin aux saint-louisiens qui avaient eu l'honneur d'être invités -probablement celles et ceux qui s'impliquent avec enthousiasme dans la sauvegarde de leur petit bout de planète !? Le film sera regardable par le commun des mortels ndar ndar qui n'aurait pas eu de télé hier soir, le 23 juin à l'Institut culturel français Jean Mermoz (ICL, http://www.ccfsl.net/)

Home, un film de Yann Arthus-Bertrand, une coproduction Elzevir Films et EuropaCorp, 2009
Sur internet, libre d'accès jusqu'au 14 juin 2009 : http://youtube.com/user/homeprojectFR/
Un film 'compensé carbone'. Voir : http://www.actioncarbone.org/








________________________________________________________________________________

jeudi 4 juin 2009

mai-juin, centaines de guifettes au pont Faidherbe


* Saint-Louis. Pont Faidherbe, fleuve Sénégal -
En mai et début juin, des centaines de guifettes noires et de guifettes leucoptères survolent le fleuve Sénégal au niveau du pont Faidherbe, au rythme des marées tantôt en amont tantôt en aval de la structure métallique. Au ras de l'eau, elles profitent des tourbillons occasionnés par les piliers du pont qui font remonter en surface les poissons pour y pêcher en grand nombre, après l'hiver et juste avant la période nidificatrice. Cependant, la majorité d'entre elles sont des estivants, des guifettes immatures et subadultes non encore reproducteurs; même si beaucoup de guifettes noires, tout particulièrement, arborent un plumage quasi nuptial (noir et gris), aucune des trois espèces de guifettes (noire; leucoptère; moustac) présentes sous nos latitudes ne niche au Sénégal...
Extrêmement abondantes sur le littoral en hiver et lors des passages migratoires, les guifettes noires (chlidonias niger, black tern) sont les plus maritimes des trois espèces de guifettes, bien qu'on les voit fréquemment jusqu'au Djoudj. Cependant, de mai à août, d'importantes bandes d'estivants sont observées jusqu'à hauteur de Richard-Toll, en amont du fleuve, et sur tous ses affluents. Si les guifettes leucoptères (chlidonias leucopterus, white-winged tern), tout l'hiver sur nos eaux douces -au marigot du Djoudj, elles aiment suivre les pirogues des visiteurs !- laissent quelques erratiques jusque fin juin, les guifettes moustac (chlidonias hybrida, whiskered tern), de passage et erratiques d'hiver, sont observées en petit nombre hivernal au Djoudj, mais surtout au printemps, de mars à mai, notamment sur les rizières du delta, jusqu'à Richard-Toll. A ces quelques exceptions près, ces deux espèces sont totalement absentes de notre région de mai à septembre.

Ci-dessous : guifettes leucoptères au Djoudj / Courtesy photo Alain Fournier, DROITS RÉSERVÉS

- 2009 06 2, ~16h30 : +500 guifettes noires très bruyantes juste en aval du pont Faidherbe : 80% en livrée hivernale, 10% en plumage nuptial, 10% en mue prénuptiale
Un peu plus loin vers l'aval, ~15 sternes naines (sterna albifrons, little tern) pêchent en plongée et quelques sternes royales (sterna maxima, royal tern) pêchent en surface
- Rappel 2009 05 29, ~11h : +200 guifettes noires et quelques leucoptères en aval du pont Faidherbe
____________________________________________________________________

mercredi 3 juin 2009

3, un vanneau à tête blanche dans le ciel bangotin !


* Bango. Marigot de Lampsar, coté saumâtre -MATIN, brumes vaporeuses de chaleur, après une première nuit douce et plus humide; augmentation significative de la moiteur au cours de la journée-

1 coucal du Sénégal /
9h05, 1 vanneau à tête blanche (vanellus albiceps, white-headed lapwing), de passage S.-N.NE au dessus du marigot, avec cris stridents continus, et une brève voltige suivie d'un piqué ailes repliées sur les palétuviers de la mangrove avant de poursuivre sa route

Ci-contre : vanneau à tête blanche, Benoué, Cameroun
/ Photo par Paul Noakes, droits réservés (in African Bird Club)


Nota : des cinq espèces de vanneaux fréquentant le nord du Sénégal (les tropicaux : vanneau éperonné, vanneau à tête noire, vanneau caronculé du Sénégal; et le paléarticque vanneau huppé, hivernant occasionnel), le vanneau à tête blanche est le plus rare (observations sporadiques). Sa présence saisonnière, non nicheuse, n'est avérée au nord du 15° N., exclusivement dans le delta du fleuve Sénégal, grosso modo entre le lac de Guiers et l'estuaire du fleuve Sénégal, qu'à la faveur des remontées du front intertropical (FIT) précédant la mousson. Comme le pluvian fluviatile (ex pluvian d'Egypte; pluvianus aegyptus, egyptian plover 'crocodile bird'), lui aussi rarissime dans le delta alors que c'est un oiseau familier et typique des bancs de sable et de rochers des fleuves d'Afrique subsaharienne, le vanneau à tête blanche affectionne les langues sableuses et/ou rocheuses des grands cours d'eau. Les deux oiseaux ont en commun l'habitude de débarrasser les crocodiles de leurs sangsues, jusque dans la gueule des sauriens ! Mais des crocos, il n'y en a plus que dans le marigot du Djoudj (PNOD)...

mardi 2 juin 2009

2, Bango: une civette morte sur la piste du Ranch


* Bango -

Le samedi 30 mai 2009 au matin, Cheikh Aïdara a ramassé sur le bas-coté de la piste du Ranch de Bango, au tournant qui suit l'impasse Gustave Pelloux, une civette d'Afrique (civettictis civetta, african civet) morte depuis la nuit, la tête ensanglantée. Au regard de la peau recueillie et nettoyée aux fins de conservation par l'ami Aïdara, le mammifère était visiblement un subadulte (Ltc. 63 cm; Q. 52 cm; Hg. 30 cm)

Ci-contre et ci-dessous : 2009 06 2 matin. La civette d'Afrique accidentée le 2009 05 30, fourrure et peau / Photos par Inno


Nota : la civette d'Afrique est de tous les viverridae (famille regroupant aussi les genettes et mangoustes sp.) celui qui ressemble le plus à un chien (de 7 à 20 kg). De taille moyenne mais relativement bas sur pattes, c'est un animal (adulte, long de 68 à 95 cm) au pelage marqué de bandes et tâches noirâtres plus ou moins distinctes, à poils rêches, avec une crinière érectile mais peu fournie qui va du front à la queue (longue de 40 à 53 cm). Mammifère nocturne, la civette sort des fourrés et de la végétation riveraine (typhaies, jonchaies) où elle passe la journée pour chasser en solitaire à terrain découvert, sur un territoire qu'elle marque des sécrétions odorantes de ses glandes périnéales. La civette a l'habitude de suivre les mêmes chemins et de déposer urines et excréments aux mêmes lieux qui lui servent de latrines. Sa démarche est déconcertante : dos voûté et tête au ras du sol, elle semble tituber lorsqu'elle marche lentement. Omnivore (baies, fruits, racines) à tendance carnivore (rongeurs, oiseaux et leurs oeufs, voire du petit gibier et de la charogne) la civette est connue pour manger des fruits toxiques, des insectes puants, des sauteriaux et des vers, des mille-pattes et des termites, des escargots et des batraciens, des lézards et des serpents, et même des poissons et des crustacés; elle peut occasionnellement visiter les basses-cours. Elle a la réputation de défendre courageusement sa progéniture (de 2 à 4 petits en général; reproduction possible toute l'année en Afrique de l'Ouest), grognant et hérissant la crinière en bondissant sur place sur ses quatre pattes !


Au sud du Sahara, la civette est l'objet de superstitions très anciennes. En Afrique orientale, des civettes (fungo, en langue swahili) sont gardées captives pour en recueillir le musc sécrété par leurs glandes odorantes très développées, recherché pour la parfumerie. En Afrique de l'Ouest, l'animal est braconné aussi pour ses pouvoirs supposés et la peau est souvent utilisée comme petit tapis ou selle de cheval -comme chez les Mossè du Burkina Faso où on appelle la civette parinyego. Au Sénégal, il était de tradition chez les Peuhls (la civette est daga en langue pulaar, chikori en langue wolof) de se moquer par des expressions du genre : "tu sens la civette !", et d'inviter ses proches à ne jamais oublier de rentrer les instruments agricoles de peur que la civette ne s'y frotte... L'animal a en effet la manie de se frotter le cou et les épaules sur des objets et toutes sources d'odeurs agréables, y compris sur ses proies fraîchement attrapées...








2, la route tue aussi les animaux !


* Nord du Sénégal -


Les routes africaines ne sont pas seulement dangereuses pour les Hommes et les animaux domestiques qui laissent un lourd tribut à la mauvaise qualité des routes et pistes, à la déliquescence du parc automobile, et au fatalisme des premiers. Les automobilistes sénégalais ne sont pas, loin s'en faut, les plus mauvais conducteurs du continent; cependant, la présence permanente de boeufs, d'ânes, de caprins et d'ovins sur les bas-cotés des routes, au Sahel tout particulièrement, joue en permanence avec l'effet de surprise, le hasard, notre destin... On ne compte plus le nombre de carcasses entre Kébémer et Gandon, qui attirent des dizaines de vautours, dont certaines espèces devenues rares dans le monde, à leur tour fréquemment percutés par les véhicules. Si les chauffeurs sénégalais, à la différence par exemple de bien des automobilistes burkinabè, ne prennent pas un malin plaisir à écraser les animaux, à poil ou à plumes, qui se retrouvent face aux pare chocs ou aux pare brises -tout de même très souvent fissurés !-, les accidents avec la faune sont innombrables. Outre les rolliers d'Abyssinie, le jour, les engoulevents, la nuit, chez les oiseaux, les petits mammifères sont les premières victimes de la route : les écureuils terrestres (du Sénégal; euxerus erythropus, striped ground squirrel), le jour, les genettes communes (genetta genetta, common genet), la nuit. Parfois, des espèces 'noctambules' plus grosses comme les chacals sp., voire les civettes d'Afrique (cf. rapport de 2009 06 2 suivant) sont percutées et agonisent sur le bord des routes et des pistes. Plus étonnant : il y a quelques années, c'est une hyène tachetée (crocuta crocuta, spotted hyaena) qui a été tuée au carrefour de la route qui va de Richard Toll à Rosso. Quant à la petite route goudronnée qui court à travers la forêt d'acacias depuis l'aérodrome jusqu'au village de Bango, il est fréquent d'y voir les dépouilles déchiquetées d'écureuils et même de genettes (janab en langue wolof; cf. photos ci-après), victimes de la vitesse excessive des automobilistes nocturnes.














Ci-dessus : crâne de genette commune (ou genette d'Europe; genetta genetta, common genet), récupéré sur le cadavre d'un animal écrasé sur la route de Bango. C'est la seule espèce de genetta présente en zone sahélienne, la même qu'au Maghreb et qu'en Europe méditerranéenne
/ Photos par Inno

Nombre total de pages vues