" Quand y aura-t-il des observateurs qui nous rendront compte de ce que font nos hirondelles au Sénégal et nos cailles en Barbarie ? "
- Comte de Buffon, 1737
" Mal nommer les choses, c'est ajouter au malheur du monde "
- Albert Camus

mercredi 11 avril 2018

Le martinet horus, une espèce de plus à la liste des oiseaux du Sénégal [une découverte conjointe Senegal Wildlife & Ornithondar, 2018 01-02]

Martinet horus - apus horusHorus Swift
au-dessus de la Doué et dans les sables de l’harmattan sahélien !
Près de Gamadji Saré 2018 02 12, 16h35 / © Photo par Frédéric Bacuez, tous droits réservés

* La Doué, vers Gamadji Saré-


Vendredi 5 soir et samedi 6 janvier 2018 matin
Lundi 2 février 2018 soir-

Avec Bram Piot (Senegalwildlife/Dakar) et Filip Verroens (Natuurpunt/Belgique) [2018 01 5-6]
Avec Daniel Nussbaumer (Nos oiseaux/Suisse) [2018 02 12]

Ci-contre: au-dessus de la Doué, Bram Piot écoute et scrute les martinets qui voltigent puis entrent dans des terriers dans la falaise d'ocres
Entre Gamadji Saré et Ndioum 2018 01 5, 17h59 / © Photo smartphone Frédéric Bacuez

IMPORTANT:
ce billet est le pendant francophone de l'article anglophone de mon camarade Bram Piot,
 'Those mystery Swifts: Horus, new to Senegal !', à lire ICI sur Senegal Wildlife, 2018 04 10

En lien:
5-6, la Doué: 2 pluvians fluviatiles, 2 guêpiers à gorge rouge, 8 cratéropes fauves et plus...,
par Frédéric Bacuez in Ornithondar, 2018 01 6
4-7, Ornithondar et Senegal Wildlife: 3 jours dans la moyenne vallée - l'essentiel du carnet...,
par Frédéric Bacuez in Ornithondar, 2018 01 7
Northern Specials (Part I), par Bram Piot in Senegal Wildlife, 2018 01 21
Et: Deux espèces de plus sur la liste des oiseaux du Sénégal - et une troisième par suivi satellitaire !, in Ornithondar, 2018 04 1

Tous mes/nos remerciements aux camarades des deux expéditions, Daniel Nussbaumer, Bram Piot et Filip Verroens, et pour leur(s) contribution(s), directes ou indirectes, et/ou leur(s) expertise(s), passées ou... à venir, à [liste par ordre alphabétique et non exhaustive]:
Mohamed Amezian, François Baillon, Clive Richard Barlow, Rafa Benjumea, Jérémy Calvo, Simon Cavaillès, Claude Chappuis, Callan Cohen, David Cuenca, Ron Demey, Gerald Driessens, Jacques Franchimont, Miguel Lecoq, Benoît Maire, Carlos Sanchez, Niels Van Duivendijk, etc.

Et ça commence...
Première citation de notre découverte, par BirdLife International - Africa !
Voir: ICI sur BirdLife International, page Facebook 2018 04 11
Et à la Une de Xeno-canto dès ce matin, "major range extension" !

Sources et références:
- Swifts. A Guide to the Swifts and Treeswifts of the world, par P. Chantler & G. Driessens, Pica Press, 1995
Horus Swift (Apus horus), par P. Chantler & P. Boesman in Handbook of the Birds of the World Alive (HBW), par J. del Hoyo, A. Elliott, J. Sargatal, D. A. Christie & E. de Juana, (eds.), Lynx Edicions, Barcelona (Espagne), 2018
- Birds of Western Africa (2e édition), par Nik Borrow & Ron Demey, Helm Field Guides, Christopher Helm ed., Londres (Grande-Bretagne), 2014
Apus horus (Horus Swift), in The IUCN Red List of Threatened Species, 2016 10
Horus Swift, in The Atlas of Southern African Birds
Geographical variation in the Swifts Apus horus and Apus caffer, par R. K. Brooke (Rhodésie/Zimbabwe), in Durban Museum Novitates (Afrique du Sud), Vol. IX Part. 4, 1971 02 1

Ci-dessous:
des martinets inconnus du Sénégal au-dessus de la Doué...
Entre Gamadji Saré et Ndioum 2018 01 5, 14h41 / © Photo par Frédéric Bacuez, tous droits réservés

"Those mystery swifts...

Back in January, when Frédéric (Ornithondar), Filip and I visited the middle Senegal valley, we stayed the night at Gamadji Sare on the Doue river bank in the far north of the country. We had some really good birds here, sch as Egptian Plover, Red-throated Bee-eater, Fulvous Babbler, Cricket Warbler, and Seehbom's and Isabelline Wheatears. We also encountered a flock of swifts which we initially took for White-rumped Swifts (Martinet cafre) has these has been reported from the Senegal valley before and since in Senegal this is the only swift with a white rump the than Little Swift (Martinet des maisons). However, something felt not quite right for this species, and luckily Frédéric was able to take a number of decent pictures - not an easy feat with these birds ! Subsequent study of the pictures revealed that the birds did indeed not quite fit White-rumped Swift, and that they were something else... Frédéric was lucky to pay a second visit to the same site, in mid February, and despite very dusty conditions he obtained even better pictures. These provided a more definite clue to the identity of these mystery swifts, which we now feel confident are nothing less than HORUS SWIFTS !!!! "
- Bram Piot pour Senegalwildlife

Read more / Lire la suite:
'Those Mystery Swifts: Horus, New to Senegal', 
par Bram Piot in Senegalwildlife, 2018 04 10
Une co-production Senegalwildlife & Ornithondar, 2018 04 10 et 11
Listen / Ecouter:
un enregistrement sonore, par Bram Piot: ICI sur Xeno-Canto, 2018 01 6, 8h30

Et voilà ! Enfin, on se lance... Après trois mois de suspense, de débats, de consultations, d'expertises aux quatre coins du petit monde de l'ornithologie, le verdict peut tomber. Malgré l'énormité de cette trouvaille, nous avons fini par accepter ce que nous avions pourtant vite pensé de ce "joli sac de nœuds" [Simon Cavaillès dixit, 2018 01 29]; et nous ne pouvons plus attendre ! Priorité donc à notre camarade Bram Piot pour annoncer urbi et orbi la nouvelle: le Sénégal peut s’enorgueillir d'avoir augmenté en 2018 sa liste d'oiseaux de deux espèces (homologuées ou c'est tout comme) ! Et c'est avec joie, et une réelle fierté que je me trouve être, avec Bram, l'un des deux 'découvreurs' pour le pays, son drapeau et notre gloriole, d'une de ces espèces. Insolite découverte au demeurant, pour des latitudes sahéliennes, d'un oiseau dont l'aire de distribution connue la plus proche (cf. carte ci-après) se situe tout de même très très loin vers le sud-est du spot où nous l'avons trouvé, ici au Sénégal. Et pas un oiseau esseulé, mais quelque dix-huit (~18) sujets, selon Bram, en début janvier; et trois (3+) à quatre sujets, pour Daniel Nussbaumer et moi, à la mi février. Dont deux paires entrant et sortant de trous/terriers dans la falaise d'ocres bordant la Doué, un effluent du fleuve Sénégal, aux alentours de Gamadji Saré. L'oiseau, vous demandez-vous ? Pour certains, peut-être, ce sera juste un de ces apodidés afrotropicaux, assez bien répandus en Afrique orientale et australe; pour nous, en revanche, c'est une coche qui dit beaucoup de tout ce qu'il reste à découvrir dans notre région ouest-africaine, et qui enthousiasmera le landerneau ornithophile, on n'en doute pas: c'est le martinet horus (Apus horus, Horus Swift) !

" Quelque dix-huit sujets en début janvier; 
et trois à quatre par temps poussiéreux à la mi-février "

Bram Piot décrit parfaitement notre oiseau dans son billet: son jizz, sa morphologie, son éthologie, sur la base de la cinquantaine de mes photos prises sur le spot et mises à disposition pour expertise. Mon premier jeu d'images, des 5 et 6 janvier, nous avait durant un mois tenu en haleine: s'agissait-il de martinets cafres (Apus caffer) en compagnie de quelques martinets des maisons d'Afrique de l'ouest (Apus affinis ssp. aerobates) ? Nous n'étions pas convaincus. Peut-être alors une hybridation entre ces deux espèces, déjà observée ailleurs, notamment en Espagne ? Cela faisait cependant beaucoup d'hybrides sur un même site. Quant aux deux apodidés sus-cités: Affinis est commun, largement répandu au Sénégal et dans la région ouest-africaine. Caffer est dans notre Sahel sénégalais, et sur sa Grande Côte (in Borrow & Demey, 2014) un hivernant (?), ou un dispersif déjà documenté de Richard-Toll; il demeure en Afrique occidentale un résident peu fréquent, y compris au Sénégal, à la différence de son aire de répartition le long du Rift où l'espèce est commune dans les agglomérations urbaines. Mon deuxième jeu d'images, de mi-février, en dépit de conditions atmosphériques exécrables (sables oranges de l'harmattan en suspension) sera bien plus prometteur. Des trois à quatre oiseaux bien observés le 12 février en fin de journée, l'un d'eux, au plumage fort usé (cf. photo ci-après), est franchement coopératif et nous survole à courte distance, à faible hauteur, Daniel Nussbaumer et moi. In situ comme devant les photos, nous n'avons guère de doute: il ne s'agit pas de martinets connus de cette partie du Sénégal, ni du Sahel d'Afrique occidentale. Exit surtout Apus caffer, le martinet cafre, celui qui lui ressemble le plus. Les nôtres sont autrement plus massifs, bien que la taille est globalement similaire; même queue fourchue, cependant un peu plus courte chez nos oiseaux; le croupion blanc est nettement plus épais, et descend surtout jusque sur les flancs - c'est ce qui frappe le plus quand on regarde les martinets évoluer dans le ciel. La tête paraît plus globuleuse que chez d'autres apodidés, avec un marquage au cou souvent plus beige que blanc, assez large; et pas de pointes blanches aux secondaires, quand on peut le vérifier, à la différence du martinet cafre. Quant au vol, il est puissant comme celui d'un martinet noir, pâle ou des maisons, alors que celui du cafre est léger, gracieux, aérien. Le photographe remarque aussi que nos martinets "mystérieux" sont particulièrement agiles, rapides, virant à angles droits pour changer de direction, soudainement, brutalement, en tout cas bien plus abruptement qu'Affinis et Caffer. Le preneur de sons tente de capturer les cris des martinets qui virevoltent devant les talus d'ocres (cf. vidéo ci-après et ICI sur Xeno-Canto), malgré les camions qui rugissent au sud sur la route nationale... En les "comparant avec les sonagrammes de Horus et Cafre (sur la base Xeno-Canto et les sons de Chappuis), ça correspond bien plus à du Horus là aussi." [corr. B.P. à F. B., 2018 03 18]

Ci-dessous:
martinet horus - Apus horus, Horus Swift, en plumage usé
A la verticale de la Doué et des falaises d'ocres
Vers Gamadji Saré 2018 02 12, 16h28 / © Photo par Frédéric Bacuez, tous droits réservés

"Vous avez bien une nouvelle espèce pour le Sénégal"

Simon Cavaillès et Benoît Maire, qui ont déjà observé le martinet horus en Ethiopie, penchent aussi pour cette espèce, toujours sur la base de mes photos jetées au monde comme bouteilles à la mer. Benoît Maire, Jacques Franchimont et Mohamed Amezian confirment qu'ils ne connaissent pas cette espèce de leur périmètre marocain, pas plus de la zone méditerranéenne. Jusqu'à présent. Mohamed [2018 02 13] résume bien leur avis: " les réponses [cf. ci-après, ndlr.] de Jacques et Benoît sont très claires. Vous avez bien une nouvelle espèce pour le Sénégal. " Et tac. Pourquoi se torturer les méninges, et s’abîmer les yeux, quand on peut faire simple, concis, expéditif ?!

" L'échancrure de la queue, la largeur du croupion blanc, qui déborde sur les cotés, 
la couleur interne des ailes et même quelque chose de presque roussâtre sur la tête (...) "
- F. Bac. à B. P., 2018 01 9

" Le croupion blanc paraît trop étendu pour du Cafre, car il descend bien sur les flancs (...). 
Je ne vois pas de blanc sur le bord de fuite à la base de l'aile. Vous avez fait attention à ça sur le terrain ? 
La tête est quand même nettement brunâtre (...) 
- S. C. à B.P. & F. Bac., 2018 01 29

En tout cas ce ne sont pas des martinets cafres: 
queue pas assez longue et fourchue, trop de blanc au croupion 
et surtout aucune trace de liseré blanc à l'extrémité des secondaires, détail caractéristique du Cafre. "
- B. M. à M. A. pour Ornithondar, 2018 02 3

" (...) Quant à la majorité des autres photos, si pas toutes, 
ce ne sont pas pour moi des Martinets des maisons, ni des Martinets cafres 
(la queue ne me semble pas assez fourchue, le blanc du croupion me semble trop étendu en particulier vers les flancs 
et il n'y a pas non plus de pointes pâles aux secondaires (...)) "
- prof. J. F. à M. A. pour Ornithondar, 2018 01 31

" Une telle tâche gigantesque à la gorge...
Les sous-caudales sombres dessus et dessous sont aussi bien visibles. "
- G. D. à B. P., correspondances

A tout maître tout honneur, le dernier mot sera pour Gerald Driessens, "l'illustrateur de l'ouvrage de référence pour les martinets" du monde, rappelle opportunément Bram Piot. De ses correspondances adressées à mon camarade de Dakar, retenons finalement ceci: "Aucune possibilité que les Cafres aient un tel croupion large et une telle étendue de la gorge et des sourcils (même le front)." "Le fait que vous en ayez vu autant ensemble, bien sûr, signifie qu'ils ne peuvent pas être des hybrides, comme Ron [Demey] l'a déjà indiqué." "De plus je suis tout à fait convaincu qu'avec la structure de la queue sur la photo 7122 [troisième photo ci-après, ndlr.] vous pouvez prouver que c'est Horus."

En conclusion...
"Vous avez fait fort, pour le Sénégal" 
"A moins qu'il y ait quelque part des martinets que nous ne connaissons pas."
"ça reste un groupe intrigant"
- Gerald Driessens, correspondances avec Bram Piot

Ci-dessous:
martinet horus - Apus horus, Horus swift, en plumage usé
Au-dessus des talus d'ocres de la Doué, 
vers Gamadji Saré 2018 02 12, 16h27 / © Photo par Frédéric Bacuez, tous droits réservés
Ci-dessus:
répartition d'Apus Horus
les mentions d'Afrique occidentale et le site de notre découverte sénégalaise
 par Senegal Wildlife / Ornithondar du 2018 01 4
F. B., sur la base de la cartographie IUCN Red List

Répartition et habitat

Notre découverte ouvre de nouvelles perspectives pour l'espèce, peu documentée de toute l'Afrique atlantique. On sait que sur le versant ouest du continent, le martinet horus est présent dans la bande littorale de l'Angola et des deux Congo, sur quelques sites du Gabon (souvent des sujets de forme sombre), puis sur les marges camerounaises et nigérianes. Vers l'ouest ensuite, quelques rares mentions, accidentelles (?), du W nigérien, du lac Tchad, des plateaux nigérians - et c'est tout. Les dernières données de Apus Horus en Afrique occidentale sont de 2004 [in African Bird Club, ABC] et proviennent du nord-ouest du Ghana, précisément du parc national de Mole (Mole NP), juste au sud de Nazinga (RGN, Burkina Faso) que j'ai bien fréquenté, jadis. Et que connaît parfaitement le biologiste François Baillon, qui rappelle fort à propos une vérité élémentaire: "tu n'ignores pas que tous les Apodidae se déplacent sur des distances considérables, aussi en fonction des conditions météo locales." Et de me raconter ce souvenir d'août 1995, dans la plaine Tikar (centre du Cameroun), avec ses dix espèces d'apodidés (affinis, parvus, sabini, cassini, ussheri, sladeniae, aequatorialis, melanopygia et horus) : " juste 1 Horus identifié (mais pas certain qu'il était seul) dans un vol polyspécifique de 120 à 150 individus d'Apus apus, aequatorialis, parvus et cassini. [Il y avait un] essaimage important de termites ailés, par milliers au-dessus de la mosaïque périforestière (...)" [conversation F. Bai. & F. Bac. 2018 04 11].

Nos martinets horus fréquentaient en janvier et février un site tout à fait conforme à leur habitat traditionnel en Afrique orientale et australe: si dans toutes ces régions, ainsi qu'au Cameroun, ce martinet a une préférence pour des plateaux d'altitude variable (au-dessus de 700-750 m dans l'Adamoua et ses replats limitrophes, mais bien plus haut dans les massifs sud-africains), nous sommes ici bien plus bas (10-15 m). Cependant, au bord de la Doué, un effluent paisible du fleuve Sénégal, la berge méridionale est constituée d'un aplomb de falaises d'ocres particulièrement friables dans lesquelles nidifient des martins-pêcheurs sp. et surtout des guêpiers sp. Nous observons au moins deux paires des martinets horus qui à l'évidence utilisent des trous/terriers placés à quelque six-huit mètres au-dessus de la rive de la Doué, très basse à cette époque et dégageant une longue plage (cf. photos en bas de notule). A plusieurs reprises, et soudainement, certains quittent le groupe de haute voltige, piquent et entrent dans les tunnels pour en ressortir quelques minutes plus tard. Le Rhodésien/Zimbabwéen R. K. Brooke décrivait déjà en 1971 un habitat similaire, des rives du Chari (Tchad), vers l'ouest, et du Nil Bleu (Soudan), vers l'est, à la province du Cap (Afrique du Sud): "(...) breeds, as far as is known, only in holes in vertical banks made by other birds, those excavated by members of the Meropidae, Alcedinidae, Hirundinidae and Sturnidae being largely favoured." (in Geographical variation in the Swifts Apus Horus and Apus Caffer). Nous avons même assisté, en janvier, au coucher d'une paire, en toute fin de journée [01 5]; puis assisté à sa première sortie matinale, le lendemain [01 6]. Un bon présage pour une reproduction locale, ce qui donnerait à notre découverte un surcroît d'intérêt. Bram Piot devrait revenir dans la moyenne et haute vallée du fleuve Sénégal pendant la saison humide - ça tombe bien... Nous n'en avons pas fini avec la belle trouvaille de ce début d'année 2018.

Il est d'ailleurs admis qu'au contact de l'Afrique centrale et occidentale, loin de notre vallée sénégalaise il faut encore le rappeler ici, la présence d'Horus n'est pas permanente. Selon des auteurs sud-africains, l'espèce serait partiellement migratrice, du sud vers le nord avant reflux (mais à quel moment ?), et serait même en lente expansion, avec une tendance à l'augmentation de ses effectifs, jamais abondants, en tout cas peu grégaires au regard d'autres espèces d'Apodidae. Les mentions incidentes de Centrafrique, du Niger, du Nigeria, du Tchad et surtout du Ghana tendraient à confirmer ces observations australes. Comme l'écrit fort justement Bram Piot dans le billet de Senegal Wildlife, "it's always exciting of course to find an addition to a country's species list, but in this case we have a highly unexpected record since it comes down to a range extension of no less than 1 600 km, and because the species may even breed here. Plus, one can now safely assume that Horus Swift occurs in Mauritania, Mali and Burkina Faso, and why not in northern Cote d'Ivoire and NE Guinea too", voire même au-delà du fatidique 21°N, frontière virtuelle entre l'Afrotropical et le Paléarctique occidental (WP). A vos jumelles, têtes en l'air !

Post-scriptum: on ne surveille pas assez les Apodidae dans les cieux, sous nos cieux en particulier. Notre collègue Mohamed Amezian vient de publier un article passionnant dans Maghreb Ornitho, relatant le suivi par balises satellitaires en 2013-2014 de plusieurs martinets unicolores (Apus unicolor, Plain Swift), une espèce inféodée aux îles Canaries, à Madère et au littoral atlantique marocain de la région d'Agadir. Surprise ! La technologie et l'équipe de Tristan Norton (in African Bird Club et SOC, 2018) nous révèlent que cette espèce vient hiverner dans la région guinéenne de l'Afrique occidentale après avoir traversé, inévitablement, l'espace aérien de notre région (Mauritanie, Mali, Sénégambie)... Allez, une prochaine première coche pour la liste du Sénégal ?!
Lire: Geolocator study reveals that Plain Swifts winter in equatorial West Africa, in MaghrebOrnitho 2018 03 29

Horus
"celui qui est au-dessus", "le lointain", 
fils d'Isis et d'Osiris, est dans l'Egypte antique
le dieu de l'azur, des espaces célestes
- des sables de l'harmattan aussi ?

Ci-dessous:
martinets horus au-dessus de la Doué, par temps calme [01 5] et dans le chasse-poussière de l'harmattan [02 12]
 Ente Gamadji Saré et Ndioum 2018 01 5-6 & 02 12 / © Photos par Frédéric Bacuez (détails), tous droits réservés
Un grand merci à Jérémy Calvo pour la post-production !

In situ...
Avec les martinets horus !

Ci-dessous:
Bram Piot en preneur de sons
Et les deux équipes au boulot - (janvier et février, c'est à la couleur des photos qu'on fera la différence !
2018 01 5-6 & 02 12 au-dessus de la Doué, vers Gamadji Saré / © Vidéo et photos smartphone Frédéric Bacuez
Ecouter l'enregistrement ICI sur Xeno-Canto, par Bram Piot 2018 01 6, 8h30
- Cliquer sur les photos pour agrandir -


mardi 3 avril 2018

3, N2: buffet nécrophage à volonté, les vautours à foison [additif 2018 04 13]

Vautour de Rüppell et jeune vautour fauve
Au bord de la N2 dans la région de Mpal- Louga-Kébémer-Guéoul
2018 04 3, 14h31 / © Photo par Frédéric Bacuez

* N2 Saint-Louis-du-Sénégal/Thiès -


MIDI/APREM'-
En voiture. Avec Njoko et Sidiki B.O.

Comme d'habitude sur la route nationale N2 Saint-Louis-Thiès, c'est entre Mpal et Guéoul qu'il faut ouvrir l’œil si l'on veut avoir une chance de rencontrer nos alliés les vautours; dans les cieux ou au sol, pour l'oeuvre de salubrité publique. Sauf que chez les volatiles, le set setal clamé urbi et orbi par les Hommes du cru, ce n'est pas un slogan et du vent. Lorsque la saison des pluies a été avare, c'est le cas en cette année 2017-2018, les troupeaux domestiques se rapprochent des routes dont les accotements demeurent plus longtemps que la souffreteuse "savane" garnis de maigres herbages, de pailles et de... détritus, sachets y compris. On trouve alors sur les bas-cotés de la voie bitumée d'innombrables cadavres de bovidés, chevaux, ânes, moutons dont on ne sait, à la vérité, s'ils ont été percutés par un de ces nombreux véhicules qui roulent ici à tombeau ouvert (sic), s'ils sont morts de faim ou plus prosaïquement d'occlusion intestinale - bouffer du plastique et du carton, ça remplit la panse, certes, mais ça obstrue aussi et surtout...

Année sèche, y'a bon pour les vautours

On m'avait dit qu'en ce moment, la route est constellée de ces dépouilles et que par conséquent les vautours s'y sont installés à buffet ouvert ! On le vérifie très vite, entre treize et quinze heures. Trois bêtes à nettoyer, parmi tant d'autres non consommées on se demande bien pourquoi. La première est une vache, toute chaude: à 13h15, trois vautours fauves (gyps flvus fulvus, eurasian griffon vulture) et deux vautours de Rüppell (gyps rueppellii, Rüppell's griffon vulture) tentent chacun de leur coté d'ouvrir les entrailles arrières de la défunte tandis que trente-cinq (35) à quarante (40-) de leurs collègues attendent à l'ombre d'un dattier du désert (balanites aegyptiaca), en compagnie d'un (1) vautour charognard (necrosyrtes monachus, hooded vulture), esseulé. Bon plan pour nos vautours fauves, le seul des vulturidés du jour qui nous arrive du Paléarctique occidental, le seul aussi à ne pas être inscrit à la triste liste rouge des espèces en voie d'extinction rapide; au contraire de ses cousins d'Afrique, gyps fulvus est même en plein regain grace à d'énergiques et très efficaces mesures de protection. On comprendra pourquoi les fauves sont chaque hiver toujours plus nombreux à séjourner sous nos latitudes... Ce 3 avril, les vautours fauves sont tous de jeunes sujets - on le voit à leur collerette ébouriffée-, qui remontent progressivement vers l'Europe méditerranéenne. En route, ils trouvent par ici de quoi prendre des forces pour traverser le Sahara et rejoindre nos camarades ornithos du Djébel Moussa (Maroc) puis le détroit de Gibraltar. Un peu plus loin à 13h30, la bête a été consommée, c'est vite fait; il reste un groupe compact de vautours, encore une trentaine (30+) d'individus, toujours des fauves et des Rüppell mêlés, il faut un peu se reprendre avant de s'éloigner vers un reposoir, l'ombre et la sieste méritée. A 14h, le déjeuner est aussi consommé, les vulturidés digèrent par petits groupes - encore à peu près trente cinq (~35) sujets. Plusieurs nécrophages arrivent encore de l'orient pour participer des ripailles: dans le ciel bleu, des vautours de Rüppell, surtout, des vautours fauves et au moins deux (2vautours africains (gyps africanus, african white-backed vulture). Hélas, un des vulturidés - un fauve, il me semble- n'aura pas survécu à la curée, il a été percuté par un véhicule passant à toute vitesse, tous klaxons ouverts; il gît au milieu de la chaussée. Celui-là ne retrouvera pas son Europe natale...

Lire sur Ornithondar:
Vautours du Njaambur: le spectacle fait illusion, hélas il s'éteint à petit feu..., par Frédéric Bacuez 2017 03 30

Additif [2018 04 13]:
outre les vautours fauves (gyps f. fulvus) et quelques percnoptères d'Egypte (neophron percnopterus), hivernants méditerranéens de plus en plus régulièrement observés sous nos latitudes soudano-sahéliennes, un vulturidé du Paléarctique occidental autrement plus rare commence à apparaître dans les cieux de l'Afrique de l'ouest: il s'agit du vautour moine (aegypius monachus, Cinereous Vulture) ! Quatre mentions entre 2005 et 2013, notamment par notre camarade Simon Cavaillès, et deux en 2018, toutes ou presque du Sine Saloum et de son arrière-pays ! Last but not least, une première observation d'un sujet bagué (avec somptueuse photo !) en Mauritanie, le 9 décembre 2017 [par le Banc d'Arguin Reizen, Pays-Bas], et une première mention pour la Gambie, le 24 février dernier [par l'Occipitalis Station et le Fondo de Amigos del Buitre - FAB, Espagne] ! Aucune donnée du périmètre d'Ornithondar, hélas... Mais tout laisse à deviner que nous sommes obligatoirement survolés, levons donc ici aussi les yeux vers le ciel !

Lire sur Maghreb Ornitho:
New records of Cinereous Vulture (Aegypius monachus) in Senegal, par Mohamed Amezian 2018 03 18
First record of Cinereous Vulture (Aegypius monachus) for Mauritania, par Mohamed Amezian 2018 01 14
First record of Cinereous Vulture for The Gambia, par Mohamed Amezian 2018 04 8
Et: Cinereous vulture recorded on video in The Gambia – a first for the West Africa country, in Vulture Conservation Foundation (VCF)

Ci-dessous, de haut en bas et de g. à d.:
sur la N2, la curée des vautours et les risques qu'ils prennent...
Vautours fauves et vautours de Rüppell
2018 04 3 au zénith / Photos par Frédéric Bacuez
- Cliquer sur les photos pour agrandir -


OISEAUX / 16 espèces cochées

Vu:
  • Vautour charognard (necrosyrtes monachushooded vulture - Critically endangered/CR-En danger critique, statut 2015, sur la Liste rouge de l'UICN des espèces menacées de disparition), 1 ind. à la curée, un kilomètre avant le marché de Sakal [N2 en venant de Saint-Louis] + 1 ind. vers Piré à trente kilomètres au nord de Thiès
  • Vautour africain (gyps africanusafrican white-backed griffon vulture Critically Endangered/CR-En danger critiquesur la Liste rouge de l'UICN des espèces menacées de disparition), 2 ind. cerclent à six kilomètres avant le marché de Sakal puis quelques ind. arrivant à la curée à onze kilomètres de Kébémer [N2 en venant de Saint-Louis]
  • Vautour de Rüppell (gyps rueppelliRuppell's griffon vultureCritically Endangered/CR-En danger critiquesur la Liste rouge de l'UICN des espèces menacées de disparition), plusieurs ind. à la curée - second en nombre après les vautours fauves [N2 en venant de Saint-Louis] 
  • Vautour fauve (gyps f. fulvuseurasian griffon vulture), dizaines d'ind. à la curée, un kilomètre avant le marché de Sakal puis dix kilomètres avant Louga [N2 en venant de Saint-Louis]
  • Elanion blanc (elanus c. caeruleus, black-shouldered kite), 1 ind. [roneraies avant les 'vanniers']
  • Milan noir (milvus migrans migrans, black kite), 1 ind. dès les premiers boisements de rôniers
  • Milan d'Afrique à bec jaune (Milan parasite, milvus aegyptius ssp. parasitus, yellow-billed kite), 4+ ind. [au sud de Mekkhe] + 2 ind. [Tivaouane]
  • Perruche à collier (psittacula k. kramerirose-ringed parakeet), 1 ind. [Mekkhe]
  • Touraco gris (crinifer piscator, western grey plantain-eater), 1 ind. en zone arborée [au sud de Mekkhe]
  • Martinet des palmes (cypsiurus p. parvusafrican palm swift)
  • Rollier d'Abyssinie (coracias abyssinicusabyssinian roller), 1 ind. [N2 apès Guéoul en venant de Saint-Louis] + 1 ind. chassant au sud de Piré
  • Huppe fasciée ssp.(upupa epops ssp., hoopoe ssp.), 1 ind. en vol [roneraies avant les 'vanniers']
  • Choucador à oreillons bleus (lamprotornis c. chalybaeusgreater blue-eared glossy-starling)
  • Choucador à ventre roux (lamprotornis pulcherchestnut-bellied starling)
  • Moineau domestique indien (passer domesticus ssp. indicus, -indianhouse sparrow) [Mekkhe]
  • Serin à croupion blanc du Sénégal (crithagra leucopygia ssp. riggenbachiSenegal white-rumped seedeater), 1 ind. [dans un village du Njambour]

Ci-dessous, de haut en bas et de g. à d.:
vautour de Rüppell - vautour fauve - vautour africain
vautour de Rüppell (à g.) et vautours fauves (à d.) à la curée 
vautours de Rüppell
vautours fauves et de Rüppell mêlés
Trois sites au bord de la N2 au nord et au sud de Louga 2018 04 3 au zénith / © Photos par Frédéric Bacuez
- Cliquer sur les photos pour agrandir -

dimanche 1 avril 2018

Deux espèces de plus sur la liste des oiseaux du Sénégal - et une troisième par suivi satellitaire !

L'oiseau innomé
par Victor Brauner (1903-1966)
from Gherasim Luca Ce Château pressenti, etching with hand-coloring on wove paper, 10.80 x 13.64 cm (1958)

* Sénégal -

Ceci n'est pas un poisson d'avril !

Des premières et une seconde pour le Sénégal 
- et l'année 2018 est loin d'être finie...

L'année 2018 restera peut-être dans les annales de l'histoire ornithologique sénégalaise: une nouvelle espèce a d'ores et déjà rejoint la liste des oiseaux du pays de la Teranga; il s'agit du paléarctique pipit farlouse (anthus pratensis, meadow pipit - lagune de Yene-Todé, sud de Dakar le 1er janvier 2018). Le néarctique bécasseau de Bonaparte (aujourd'hui bécasseau à croupion blanc, calidris fuscicollis, white-rumped sandpiper) remarqué sur les lagons du Technopole à Dakar-Pikine le 25 mars 2018 s'avère être en définitive, le 8 avril, un bécasseau de Baird (calidris bairdii, Baird's sandpiper). Seul un croupion différencie ces deux espèces quasi identiques. Cette dernière observation, sans être une première, n'en est pas moins la seconde mention du petit limicole sous nos tropiques sénégalaises. Et toutes ces sympathiques et nord-américaines coches sont le fait de notre complice Bram Piot de Senegal Wildlife (lire ses billets ci-après).
Par ailleurs, nous sommes désormais en mesure de vous annoncer la découverte conjointe par Senegal Wildlife & Ornithondar d'une troisième espèce pour la liste sénégalaise, afrotropicale celle-ci, et cette fois dans notre septentrion, découverte dont nous vous tiendrons informés et dévoilerons le nom très bientôt.

Lire:
Baird’s Sandpiper – Second Record for Senegal par Bram Piot in Senegal Wildlife 2018 03 31 actualisé 2018 04 8 suite à American Golden Plover again, and Baird’s vs. White-rumped Sandpiper
And we’re off to a good start… with a new species for Senegal, par Bram Piot in Senegal Wildlife 2018 01 1

Post scriptum: une quatrième espèce aurait pu/pourrait être ajoutée à la liste 'nationale' suite à la découverte des quartiers d'hiver en zone guinéenne de l'Afrique occidentale du martinet unicolore (apus unicolor, plain swift), une espèce inféodée aux îles Canaries, à Madère et récemment confirmée sur le littoral atlantique marocain dans la région d'Agadir. Hélas, faute de pression d'observation et en raison d'une désespérante atonie voire aboulie ornithologique sous ces latitudes subsahariennes, ce serait un miracle que tel oiseau soit remarqué lors de son survol du Sénégal (avéré par géolocalisation satellitaire et, à la décharge des fins limiers sénégaulois, sans doute à de hautes altitudes).

Lire:
Geolocator study reveals that Plain Swifts winter in equatorial West Africa, par Mohamed Amezian in Magheb Ornitho 2018 03 29
Geolocator study reveals that Canarian Plain Swifts Apus unicolor winter in equatorial West Africa (PDF), par Tristan Norton, P. Atkinson, C. Hewson & Eduardo Garcia del-Rey, in African Bird Club & Sociedad Ornitologica Canaria, 15 pp, 2018

lundi 19 mars 2018

Hiver 2017-2018 au Sénégal: un afflux exceptionnel de hiboux des marais [additif 2018 03 19]

Ci-dessus:
à g., hibou des marais trouvé mort sur un accotement de la N2, au nord du Ndiaël (RSAN)
2018 01 22 / Courtesy © photo par Alix & Daniel Mignot pour Ornithondar
à d., hibou des marais, steppe à halophytes vers Ndiébène, Gandiolais
2017 12 25 / Courtesy © photo par Bram Piot in Senegal Wildlife

* Pour le Sénégal, dans sa moitié nord -

On peut maintenant parler d'afflux. Certes d'un petit afflux, mais il s'agit bel et bien d'une année à hiboux des marais (asio flammeusshort-eared owl), au Sénégal. Car en cet hiver 2017-2018 (début novembre-mars), les mentions du rapace paléarctique ont été plus nombreuses que d'habitude, au pays de la Teranga, surtout quand les frimas touchent plus fortement que ces dernières années les pays au nord du Sahara. Les tropiques, son soleil; sa poussière, ses immondices... Treize mentions d'Asio flammeus pour le seul Sénégal, avec pas moins de vingt-et-un (21) oiseaux vus, dont trois (3) dans notre septentrion - deux vivants, un mort. C'est un record ! Sans compter des données de Gambie et Guinée-Bissau, aussi de la saison. Tout cela a donc poussé notre camarade Bram Piot, parmi les heureux cocheurs de l'espèce on s'en serait douté, à rédiger une notule pour Senegal Wildlife, le 2 décembre dernier*1. Depuis, Bram n'en finit plus de réactualiser son billet tant les mentions dudit hibou se succèdent dans le pays. D'autant que j'avais un peu oublié de lui transmettre la photographie d'un sujet trouvé mort au nord du Ndiaël, sur le bas-coté de la route nationale (N2) de Saint-Louis à Rosso (probablement percuté par un véhicule), triste image prise puis transmise à Ornithondar par Alix & Daniel Mignot, arpenteurs inlassables de la vallée du fleuve Sénégal. Ces données sont à mettre en relation avec la découverte à l'automne-hiver 2017-2018 de hiboux des marais morts dans le Sahara marocain, spécifiquement de la région de Dakhla où la pression d'observation naturaliste est la plus forte dans cette zone*2.

On trouvera ci-après*1 une énième mise à jour de l'article, peut-être pas la dernière !

Lire:
*1 Short-eared Owl in Senegal, par Bram Piot pour Senegal Wildlife, 2017 12 2 actualisé 2018 03 10 [Sénégal]
*Several dead Short-eared Owls near Dakhla, par Patrick Bergier in Go-South 2018 01 29 [Maroc]
Et sur Ornithondar:
Un hibou des marais dans 'La Langue de Barbarie', 2015 11 15
Djoudj, des raretés observées par Nik Borrow, 2010 01 22

Nota 1: en invitant mes aficionados à lire avant tout le billet de Bram, je me contenterai ici de relever les plus récentes données de l'oiseau faites dans la moitié septentrionale du pays, tout spécialement de la basse vallée du fleuve. Longtemps, c'était quasi exclusivement du Djoudj (de cinq à vingt mentions de 1990 à 1993) que nous arrivaient les signes d'un hivernage de l'espèce, local, régulier, probablement annuel. Plus récemment, d'autres données ont commencé à poindre ici et là, de l'embouchure du fleuve par exemple. Mais ne nous emballons pas; comme l'écrit Bram Piot, seulement sept données (9 individus au total) ont été dûment recensées de 2010 à 2018 en provenance de notre périmètre septentrional:


Nota 2: je n'ai pas le feeling, avec le hibou des marais. Jamais coché, ni au Sénégal ni ailleurs. Près de Bango dans la plaine de crue, le 11 février 2013 à l'aurore, peut-être un sujet en vol mais rien n'est moins sûr. Et en France, le 23 septembre 2017 avec mon complice Jérémy Calvo dans l'Illwald alsacien, cette fois au crépuscule, les très mauvaises photos d'un rapace nocturne chassant sur la prairie en lisière de forêt pourraient être celles d'un hibou des marais mais aussi d'un hibou moyen-duc (asio otus). Le comité d'homologation alsacien n'a pas été convaincu à 100% pour pouvoir valider notre observation. Je l'aurai, je l'aurai un jour...

"Les deux hiboux étaient sur la même longueur de plage et alternaient à surveiller la mer !"
- Brett Gleitsmann à Frédéric Bacuez, correspondance 2018 03 19

Ci-dessous:
Hiboux des marais sur la plage saint-louisienne de l'Hydrobase
2014 12 14 / Courtesy © photos par Brett Gleistmann pour Ornithondar

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